ALERTE – Police religieuse pour le Sri Lanka

Tamil-persecution

Tamouls au Sri Lanka

Les tensions religieuses sont connues au Sri Lanka. Entre les Cinghalais et les Tigres Tamouls, rien ne va plus. Alors que cette crise avait atteint son apogée il y a quelques années de cela, le Gouvernement souhaite désormais s’inscrire dans la prévention. Pourtant les séquelles de cette escalade de violences, même l’Hexagone en avait été le théâtre avec les incidents de la Gare du Nord. Désormais, afin d’éviter les conflits interreligieux, le Gouvernement favorise la prévention à travers une mesure de police sans précédent : la création d’une police religieuse. Mais celui qui décide de la prévention est également rattrapé par son étiquette religieuse. Le Gouvernement est en effet composé uniquement de Cinghalais et pour cause, à eux seuls ils représentent 90% des 70% des bouddhistes peuplant l’ancienne Île du Ceylan.

Les Fondamentalistes Bouddhistes

A lire ainsi, la scène peut faire penser à la situation des Royingyas de Birmanie. La minorité Tamoule représente 18% de la population du Sri Lanka mais n’a que très peu – voire aucun – d’accès aux fonctions publiques. Cette minorité, très présente dans tout le nord, la côte et une partie du centre de l’Île mais également dans le Tamil Nadu indien, fait partie intégrante du paysage Sri Lankais et, en tant que telle, demande à ce que certains droits fondamentaux leur soient reconnus.

C’est en 1953 que les choses vont réellement s’envenimer. Les Bouddhistes nationalistes décident la politique du tout cinghalais consistant à imposer le Bouddhisme comme religion d’Etat et la langue cinghalis comme langue officielle nationale. Or les tamoules sont des hindouistes et ne parlent pas le même dialecte que les cinghalais puisqu’ils parlent la langue dravidienne. C’est alors que pour faire face à cette majorité pesante et oppressante, les Tamouls se sont également organisés. Ils créent le « Front Unis de la Libération des Tamouls » souhaitant ainsi l’indépendance.

On peut apercevoir quelques résurgences du conflit indo-pakistanais. Les musulmans du Pakistan, refusant de vivre sous un nationalisme hindou, avaient également décidé de demander la création du Pakistan. Dans la même optique, les Tamouls, constituant une minorité ethnique et religieuse séparée, ils revendiquaient leur indépendance, droit qui, bien entendu, ne leur sera jamais accordé.

Plusieurs espoirs de paix seront morts-nés. Alors que les uns la souhaitent, les autres ne peuvent pas oublier le poids de l’histoire. Les Tamouls n’ont toujours pas leur indépendance et les Cinghalais continuent à instaurer une politique répressive. Dans une information révélée par le Fait-Religieux.com, les Cinghalais continuent dans ces actes de ségrégation de la minorité Tamoule puisqu’ils ont institué une police religieuse, ou, si l’on devait un instant donné une dimension Orwellienne à cet article, une police des mœurs.

Big Brother vous regarde

Désormais, les minorités au Sri Lanka sont inquiètes. Qu’ils s’agissent des Chrétiens, des Musulmans ou encore des Tamouls, tous, unanimement, regrettent la création de la police religieuse aux motifs qu’elle ne fera qu’accentuer les actes de discrimination à leur égard. Par ailleurs, à l’image de ceux qui construisent des madrassas pour marquer leur influence religieuse locale, les Bouddhistes du Sri Lanka ont également commencé la construction de temples bouddhistes dans des quartiers Tamouls.

Selon le quotidien Tamil Express, les Tamouls ne sont pas « contre » les Bouddhistes mais ces expropriations à répétition sont le fruit d’une politique autoritariste et en absence de consultation des minorités religieuses qui, pourtant, représentent 30% de la population.

L’ONU avait fait voter une résolution visant à enjoindre le Gouvernement d’arrêter les violations ouvertes et répétées des droits de l’Homme au Sri Lanka. Cette résolution visait surtout à réinstaurer l’harmonie interconfessionnelle dans cette minuscule île aux paysages pourtant si magnifiques. Or, on voit bien que l’harmonie religieuse n’est pas au rendez-vous et que désormais, cette police religieuse, pourra répandre des affiches dans les rues : « Attention, Big Brother vous regarde » !

* Par Asif Arif . Asif est à l’origine de la création de Cultures & Croyances, il en est également le Directeur & le Coordinateur Principal. Asif est élève-avocat à l’Ecole de Formation Professionnelle des Barreaux de la Cour d’appel de Paris et chargé d’enseignement (TD) de droit des contrats / droit de la responsabilité civile à l’Université de Paris Dauphine. Il est spécialisé en droit des affaires. Asif est très actif dans la promotion de l’éducation et est l’Ambassadeur des questions liées à la promotion de l’éducation en Afrique francophone du Think-Thank « Madiba – Pour une Afrique Nouvelle ». Enfin, Asif est également très actif dans le milieu des Droits de l’Homme et, plus précisément, en ce qui concerne les minorités religieuses. Il s’occupe des affaires publiques concernant les violations des Droits de l’Homme et les Persécutions subies dans le monde par la minorité religieuse Islam Ahmadiyya.

 

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