COMPTE RENDU – « La place de la femme en Islam », retranscription du séminaire du samedi 11 mai 2013

Cette étude correspond à la retranscription écrite du séminaire organisé par les femmes l’Association Musulmane Ahmadiyya de France le samedi 11 mai 2013. Les sujets étaient répartis de la sorte :

  • Introduction à l’Islam Ahmadiyya, par Munira Duboory (non retranscrite dans le compte-rendu)
  • Les femmes avant l’arrivée de l’Islam, par Aminata Touré
  • Les droits de la femme avec l’avènement de l’Islam, par Aneeqa Rehman
  • La condition actuelle de la femme musulmane, par Mahrukh Arif.

Pour obtenir le PowerPoint du séminaire, cliquez ici.

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INTERVENTION

LE STATUT DE LA FEMME AVANT L’ARRIVEE DE L’ISLAM

(par Madame Aminata Touré)

Introduction

L’égalité entre les hommes et les femmes ne va pas de soi. Il suffit de remonter l’histoire du 20ème siècle pour s’en rendre compte. Il y a 50 ans une femme ne pouvait pas travailler sans l’autorisation de son mari, il y a 65 ans une femme ne pouvait pas voter, il y a un siècle une femme ne pouvait pas disposer librement de son salaire.

Quelles sont les raisons ayant poussés l’homme à considérer la femme comme étant inférieure à lui ?

L’histoire de la femme part de la religion. Les mentalités se sont forgées sur d’anciens mythes et certaines croyances telles que la femme a été créée non en même temps que l’homme mais à partir de l’homme. Cela signifie en réalité que la femme est redevable à l’homme de sorte que cette redevabilité se mue en soumission. La femme est également le malheur du genre humain car c’est elle qui, dans la mythologie judéo-chrétienne, à inciter Adam à manger le fruit interdit. Elle est ainsi le symbole de la tentation.

Le statut de la femme sous la Grèce Antique

Dans n’importe quelle société et à n’importe quelle époque, les relations amoureuses sont intimement liées au statut social des deux sexes et, plus spécialement, à celui de la femme.

ancient-greece-womanEn Grèce Antique, les femmes ne jouissaient d’aucun droit civique et politique et, par conséquent, leur statut était inférieur à l’homme. La femme avait des rôles pour lesquelles elle était vraiment destinée, celui de la mère ou celui de compagne de l’homme rien de plus, rien de moins.

Pour le rôle de la mère, on pourrait dire qu’il était l’objectif de chaque femme, le but de sa vie. Chez elle, la femme était la maîtresse incontestée.

En ce qui concerne sa position sociale, la femme ne pouvait se livrer à des actes judiciaires, ni posséder ni acheter ni vendre des biens. Si elle devait passer de tels actes, elle devait nommer un tuteur pour la représenter. Elle se trouvait donc toujours sous la tutelle de quelqu’un. Cette tutelle marque également une certaine forme de dépendance de la femme vis-à-vis d’une autorité supérieure (le tuteur, le mari). On place ainsi l’homme et la femme, sur la scène sociale et en dehors de la famille, sur des niveaux fondamentalement différents.

Les femmes n’étaient pas déclarées au registre d’état civil. Les seuls droits qu’on leur reconnaissait étaient le droit de contracter un mariage légitime afin de donner des héritiers à son époux.

Si une fille unique héritait de son père, elle devenait épiclère c’est-à-dire celle qui est assise sur la propriété mais elle n’en avait de toute façon pas la jouissance puisqu’elle n’avait aucun droit judiciaire ; elle ne pouvait donc pas la vendre. Elle devait donc épouser le plus vite possible son plus proche parent du côté paternel pour que l’héritage reste dans la famille.

Les jeunes filles ne s’instruisaient pas comme les garçons, leur mère ou une vieille servante leur enseignait comment tenir la maison, tisser la laine, et parfois même, mais c’était rare, à lire et écrire.

Les jeunes filles ne sortaient pas, sauf si elles devaient se rendre au temple, à une fête religieuse ou familiale ou pour faire leurs achats personnels, et toujours accompagnées de leur tuteur ou d’une esclave. Même dans la maison, elles étaient assignées à la partie réservée aux femmes, le gynécée, situé d’habitude au premier étage.

Il était hors de question pour la jeune fille sous l’Antiquité de choisir elle-même son époux, son tuteur décidait à sa place. Les mariages étaient des unions de convenance et non d’amour véritable. Une fois mariée, le mari devenait le tuteur, et la femme continuait à vivre à la maison comme avant. La seule différence c’était que maintenant c’était elle qui la tenait. Elle veillait à tout au quotidien, élevait les enfants, s’occupait des provisions, et surveillait les esclaves, faisait le tissage pour les vêtements de toute la famille.

C’est elle qui détenait les clefs de la maison, privilège que son époux pouvait toutefois lui retirer.

Qu’elle s’attarde un peu sur le pas de sa porte et la femme perdait sa réputation. Quand il y avait des invités, elles ne pouvaient apparaître, l’homme sortait toujours seul, non seulement pour aller à son travail, ou participer à des affaires publiques, mais aussi pour rencontrer ses amis ou se distraire aux jeux et repas.

Il était autorisé aux femmes d’assister à des tragédies au théâtre, mais une femme respectable n’allait pas au théâtre quand on y jouait des comédies.

A tout moment l’homme pouvait répudier son épouse, néanmoins pas sans raison et sous certaines conditions, tout en étant marié, il pouvait entretenir une ou plusieurs concubines, se distraire avec des courtisanes ouvertement et sans avoir de comptes à rendre à personne.

Seules quelques voix à cette époque prêchaient une moralité égalitaire entre les époux, comme Aristote, Isocrate, Plaute.

Une femme qui trompait son mari était automatiquement répudiée et l’homme surpris avec une femme mariée dans le meilleur des cas pouvait s’en tirer avec une amende et au pire avec une punition qui consistait à l’humilier publiquement.

Un homme pouvait aussi répudier sa femme si elle était stérile.

Le statut de la femme au Moyen Âge (V, VIème siècles)

A la sortie de l’Antiquité Grecque, la condition sociale n’avait guère évolué à l’époque du Moyen Âge. Cependant, bien que la femme ne représente pas un être d’une importance égale à celle de l’homme, et même loin de là, quelques changements se sont opérés du côté de la participation de la femme dans le travail servant aux rémunérations de la famille.

La condition des femmes au moyen âge se déclinait suivant la diversité des âges et des positions sociales, suivants la place occupée dans la famille, au sein du couple par rapport à sa sexualité, et au rôle primordial de la maternité.

La vie de la femme se divisait en trois périodes :

  • L’enfance jusque 7 ans (c’est l’âge où les filles apprennent à broder et à tisser les rubans, c’est l’âge où elles peuvent être offertes à un monastère ou être fiancées).
  • La jeunesse jusque 14 ans
  • La vie de femme de 14 à 28 ans au-delà desquels elle entre dans la vieillesse.

Le mariage est arrangé par les parents dans toutes les classes

La maternité est l’un des devoirs principal de la femme mariée. Les femmes stériles sont alors parfois répudiées après des années de mariage non fécond.

Violences conjugales au Moyen-Âge

Battre sa femme était courant au Moyen Âge et parfois conseillé. Au XIII siècle, les coutumes de Beauvaisis autorisent le mari à corriger son épouse surtout en cas de désobéissance.

Brutalité, dépravations étaient données en exemple par la plupart des rois mérovingiens. Il était facile d’accuser sa femme d’adultère et de l’enfermer, voire de la tuer pour pouvoir se remarier, car les sources législatives confirmaient la suprématie de l’homme dans le foyer, ce dont il abusait impunément. Cette brutalité se retrouvait dans tous les milieux sociaux. Il y eut cependant des cas de  mariages heureux mais il était malséant d’en faire état, on ne devait pas en parler. Dans l’aristocratie, l’amour courtois avec ses règles et ses coutumes permit aux jeunes gens de s’ouvrir aux émois du monde amoureux sans en dépasser les limites.

Menace permanente sur les jeunes filles et pour les femmes mariées, le viol au Moyen Âge était pratiqué en temps de paix comme en temps de guerre. Ce crime rarement puni faisait peser sur la femme la honte du déshonneur et la grossesse redoutée. Les seigneurs se donnaient le droit de cuissage sur leurs terres qui consistait à passer la nuit de noces avec la jeune mariée sans son consentement encore moins celui de l’époux

Economie

Economiquement, en ce qui concerne le travail des femmes, les salaires féminins sont très inférieurs à celui des hommes.

Religion

L’Église catholique romaine tient une position ambivalente vis-à-vis des femmes. Créées à l’image de Dieu, et au principe d’égalité devant Dieu, s’oppose une hiérarchie terrestre qui les place dans une position subordonnée.

La misogynie des traités de théologie morale des XIVe siècle et XVe siècle est féroce

Christine de Pisan (1364-1430) plaide dans ce climat la cause des femmes, en particulier celle de Jeanne d’Arc.

Ni l’humanisme, ni la Réforme protestante n’améliorent sensiblement le statut de la femme. Pendant une courte période, les femmes profitent des ouvertures ménagées par la Réforme.

Certaines femmes saisissent l’opportunité qui leur est offerte pour se faire prédicatrices ou se mêler de théologie. Elles bénéficient également de l’effort d’alphabétisation entrepris à partir des années 1560 à travers le catéchisme.

Cette liberté de parole est cependant rapidement étouffée. Luther dissout les communautés religieuses et c’est le retour de la femme au foyer.

Plusieurs figures féminines, comme Marguerite de Navarre ou Renée de France, continuent cependant de jouer un rôle de première importance dans le développement de la nouvelle doctrine.

Le Révolution Française (1789 – 1799)

Si les femmes participent activement à la Révolution Française, les revendications de certaines, comme Olympe de Gouges, auteure de la Déclaration des droits de la femme, ne sont pas prises en compte par les députés.

La volonté des femmes de participer à la vie publique est rapidement freinée par la majorité des révolutionnaires qui refusent notamment de les voir armées ou bénéficier d’un droit de vote, à quelque niveau que ce soit.

Même si seule une minorité de militantes souhaite ces attributions, toutes les revendications sont fortement critiquées, au point même où les habitudes traditionnelles (présence des femmes dans les manifestations, dans les troupes, éventuellement comme combattantes) sont récusées.

XIXe siècle

En France, la voie aux féministes s’est ouverte au 19e siècle et elles concentreront leur lutte sur l’accession des filles à l’éducation et à l’instruction.

Dans la perspective féministe, jusqu’au milieu du XXe siècle, les sociétés occidentales accordent un traitement favorisant les hommes et assujettissant5 les femmes, tant au point de vue du droit que des usages et coutumes. En effet, les traditions accordent une importance particulière au rôle social de femme au foyer, qui doit se consacrer aux tâches ménagères, à la reproduction et à l’éducation des enfants.

L’histoire des femmes en France

Compte tenu de mon temps de parole limité, je me permets de vous rappeler quelques dates principales :

  • 1945
    • La notion de «salaire féminin» est supprimée. «À travail égal, salaire égal» s’inscrit dans la législation française. Plusieurs lois rappellent ce principe en 1972, 1983 et 2005, notamment.
    • 29 avril: premier vote féminin, lors des élections municipales.
    • 1946
      • Le préambule de la Constitution consacre le principe de l’égalité des droits.
  • 1970
    • Instauration de l’autorité parentale conjointe, suppression du chef de famille.
  • 1975
    • Le divorce s’obtient par consentement mutuel.
    • 1972
      • Loi sur l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes.
      • 1974
        • Loi Veil autorisant la contraception y compris aux mineures.

Le statut de la femme sous l’Arabie Préislamique

Dans la société arabe, la femme n’avait aucun statut ni droit. Il était tenu pour honorable de mettre à mort les filles nouveau nées. C’est, cependant, une erreur de croire que l’infanticide se pratiquait à grande échelle, car une institution aussi dangereuse n’aurait pas pu se pratiquer dans un pays sans avoir des conséquences démographiques substantielles.

La vérité est, qu’en Arabie, comme d’ailleurs en Inde ou dans tout autre pays où l’infanticide a existé, il a été limité à un certain nombre de familles. Celles qui le pratiquaient avaient soit une idée imbue de leur statut social, soit des nécessités particulières. Peut être ne pouvaient-elles pas trouver de prétendants convenables pour leur fille, et que sachant cela, elles préféraient les mettre à mort dès leur naissance, soit en les enterrant vivantes, soit en les étouffant.

Le mal de cette institution résidait plus dans sa sauvagerie et sa cruauté que dans ses effets sur le plan démographique. Seule la vraie mère était considérée comme une mère dans la société arabe. Les belles-mères n’avaient pas le statut de mère et rien n’empêchait un beau-fils d’épouser sa belle-mère à la mort de son père. Les mariages polygames étaient très répandus et le nombre de femmes qu’un homme pouvait prendre était illimité. De même, un homme pouvait prendre pour femme plusieurs sœurs en même temps.

C’est parmi un tel peuple et dans de telles conditions, que le saint prophète Mohamad (saw) a été suscité il y a environ 1400 ans de cela.

Avec son avènement, l’Islam est officiellement la première religion à accorder à la femme un statut jamais reconnu auparavant. Le Saint Prophète Muhammad (saw) a vigoureusement défendu les droits des femmes. Il a établi ses droits de succession leur a donné des droits égaux à ceux des hommes.

L’égalité morale, spirituelle et économique des hommes et des femmes comme propagés par l’Islam est incontestable. Le Saint Coran, contient des centaines d’enseignements qui s’appliquent, sans distinction, aux hommes et aux femmes.

Les versets spécifiques du Saint Coran qui s’adressent aux hommes ou aux femmes, traitent soient de leurs différences physiques ou du rôle que chacun d’eux doit jouer dans la fibre morale que la société islamique envisage.

 

Conclusion

En occident, c’est à partir du Moyen Âge que les femmes se sont soulevées, afin accéder à l’égalité avec les hommes alors qu’il y a 1400 ans de cela, un homme s’est levé seul, face à tous, pour déclarer que les femmes ont des droits égaux à ceux des hommes.

Encore à ce jour, au Moyen-Orient, les Saoudiennes ne peuvent pas sortir en public sans être accompagnées d’un homme de leur proche entourage, ce qui leur interdit de travailler, de voyager ou avoir accès aux services médicaux sans l’autorisation d’un père, un mari, ou même un fils. Mais cette question sera traitée dans la troisième partie de notre intervention à savoir : pourquoi, les musulmans, qui ont des directives claires contenues dans le Saint Coran sur les droits des femmes, traitent ils la femme comme un objet sans valeur, encore à ce jour ?

J’épuise ici mon domaine d’intervention. Il convient à présent de laisser place à ma consœur qui va nous expliquer l’héritage laissé par l’Islam concernant les droits de la femme. En gardant ces développements à l’esprit, vous comprendrez pourquoi l’Islam amène une Révolution en l’an 610.

INTERVENTION

LES DROITS DES FEMMES AVEC L’AVENEMENT DE l’ISLAM

(par Madame Aneeqa Rehman)

Comme vous venez de l’entendre, que ce soit en Arabie ou ailleurs, la femme n’avait aucun statut. Elle était considérée comme un objet sans valeur, sans droit, contrainte seulement à servir et faire plaisir aux hommes.

Le respect des filles :

Rien que la naissance d’une fille était synonyme de honte. Avant l’arrivée de l’Islam, les arabes avaient pour habitude d’enterrer vivantes leurs petites filles par crainte de faire face à l’humiliation publique. Leurs épouses, bien qu’ayant le cœur lourd, ne pouvaient rien dire.

Le Saint Coran évoque cette horrible coutume dans la sourate Nahl, chapitre 16, V 59-60 :

« Et lorsqu’on apporte à l’un d’entre eux la nouvelle de la naissance d’un enfant du sexe féminin, son visage s’assombrit, en raison du chagrin intérieur qu’il refoule.

Il se cache des gens à cause de la mauvaise nouvelle qu’il a reçue : Doit-il la garder malgré la honte, ou l’enterrer dans la poussière ? En vérité, mauvais est ce qu’ils jugent. »

Le Saint Fondateur de l’Islam a rejeté radicalement cette affreuse coutume, en honorant l’arrivée d’une fille à la maison et a dit :

«  Quiconque prend en charge, trois filles, les éduque, les marie et les traite convenablement entrera au paradis. »

Muhammad (pssl) avait pour habitude de se lever pour accueillir sa fille Fatima.

Il faut savoir que l’Islam ne fait aucune distinction entre filles et garçons en terme de droits et d’éducation, bien au contraire, dans un hadith de Muslim, il est rapporté que : « L’acquisition de la connaissance est le devoir de tout musulman, homme ou femme. »

Contrairement à ce qu’il est dit, l’Islam déclare que le consentement de la jeune fille est obligatoire pour contracter valablement un mariage.

Le respect des épouses :

Le Saint Fondateur a établi aussi le respect des épouses en déclarant : «  Le meilleur d’entre vous est celui qui traite le mieux sa femme ».

L’épouse a la faveur de pouvoir posséder des biens, acheter ou vendre ce qu’elle souhaite sans la permission de son mari. Elle peut travailler si elle le souhaite et ses biens ne lui appartiennent qu’à elle, sans devoir rendre compte à son époux. Son mari ne peut les lui prendre, à moins qu’elle le fasse de son propre gré.

Cette permission fut donnée pour la première fois en 1817 en Grande Bretagne.

Le meilleur exemple que l’on trouve dans l’histoire islamique est celui de Hadhrat Khadidja (ra), la première épouse du Saint Fondateur de l’Islam (pssl).

Le Cinquième Calife de la Communauté Islamique Ahmadiyya, Hadhrat Mirza Masroor Ahmad (que Dieu l’aide), a dit dans son discours du 26 Juillet 2008 adressé aux femmes membres de la Communauté Ahmadiyya, à l’occasion de la Convention Annuelle de la Grande Bretagne :

« Les enseignements islamiques sont sans ambigüité. Si les femmes n’ont pas le droit de faire certaines tâches, ce n’est pas parce qu’elles en sont incapables, ni que leurs droits en sont menacés, mais c’est uniquement que Dieu Le Tout Puissant a divisé certaines tâches entre les Hommes et les femmes. Certains rôles sont mieux adaptés aux hommes et d’autres aux femmes ».

 Ainsi, il est dit dans la Sourate Al Nisa, Chapitre 4 Verset 35 :

«  Les Hommes sont les gardiens des femmes, parce qu’Allah a fait que les uns surpassent les autres, et parce qu’ils dépensent de leurs biens. »

Il est clairement expliqué que les Hommes ont le devoir de subvenir aux besoins de leur famille et qu’uniquement pour cette cause, il est accordé la supériorité aux hommes de par leur responsabilité.

La femme a le droit d’héritage tout comme l’homme comme énoncé dans la Sourate Al Nisa Verset 8 :

« Pour les Hommes, il  y a une part dans ce que laissent les parents et les proches parents, et pour les femmes il y a une part dans ce que laissent les parents et les proches parents, qu’il s’agisse d’un grand ou d’un petit héritage ».

Dans le verset 12 de la Sourate Al Nisa, les parts d’héritage sont déterminées par Allah. Dieu dit : Allah vous ordonne au sujet de vos enfants qu’un garçon aura autant que la part de deux filles… Cette fixation émane d’Allah. Assurément, Allah est Omniscient et Sage».

En effet, comme Dieu le dit Lui-même, cette fixation est pleine de sagesse. C’est le garçon, et donc le mari qui prendra la charge des dépenses, la fille elle conservera ses biens pour sa propre personne.

Ce droit d’héritage fut accordé aux femmes qu’en 1790 en France pour la première fois.

Un autre point qu’il est important de noter est la polygamie, sujet souvent controversé. La polygamie n’est pas seulement une faveur pour les hommes, mais c’est plus un soulagement pour les femmes. Cette autorisation a été donnée par Dieu dans des situations particulières d’après guerre. Les hommes sont autorisés et ou chargés de prendre jusqu’à quatre femmes pour éviter que des femmes se retrouvent seules, ou avec des enfants sans gardiens. Cette permission n’est donné que si l’homme pense pouvoir être juste envers toutes, sans quoi il est préférable d’en n’épouser qu’une.

Le respect de la mère :

L’Islam relève l’importance du respect des parents, notamment de la mère. Il est rapporté qu’un homme vint voir le Saint Prophète (pssl) et lui demander pour qui devait-il porter le plus d’amour et Muhammad (saw) lui répondit : pour sa mère. Ce dernier posa sa question de nouveau et il reçut la même réponse trois fois, puis Muhammad (pssl) répondit son père.

Dans une autre tradition, il est rapporté que le paradis gît sous les pieds de la mère. De par son éducation et son respect nous pouvons gagner le paradis.

Muhammad (pssl) a dit : « Le monde est une provision et la meilleure des provisions est une femme pieuse».

Conclusion

Voilà comment  l’Islam a mis fin à toutes les cruautés faites aux femmes et a relevé leur statut d’une manière exceptionnelle plus de 14 siècles auparavant, alors que les sociétés dites civilisées n’ont pu accorder ces droits que quelques décennies avant.

Il est indispensable que pour comprendre ces véritables enseignements, on ne se base que sur les textes authentiques, soit le Saint Coran et la vie du Saint Fondateur de l’Islam et non sur le comportement indigne et totalement extrémiste de certains  musulmans. Les femmes en Islam sont des femmes ayant les mêmes droits que les hommes autant dans les affaires mondaines que dans la spiritualité… Elles sont libres et non soumises comme nous avons l’habitude d’entendre sans que nous ne cherchions véritablement à comprendre.

INTERVENTION

LA CONDITION ACTUELLE DE LA FEMME MUSULMANE

(par Madame Mahrukh Arif)

Introduction

Après la présentation des différents droits que la femme s’est vu accorder après l’avènement de l’Islam, dirigeons notre regard sur la condition actuelle des femmes musulmanes. On pense souvent que la seule identité dont la femme musulmane dispose se construit à travers celle de son mari ou à travers la soumission à son mari. Elle souffrirait donc d’une crise identitaire où elle serait condamnée à rester en deça de l’homme voire à ses pieds.

Cette crise identitaire ne s’est pas seulement ressentie dans les pays musulmans en particulier. Lorsque Simone de Beauvoir écrit le Deuxième Sexe en 1949, elle évoque la même souffrance, la même impression de ne jamais pouvoir atteindre la grandeur de l’homme. Le credo qui paraît en filigrane tout le long des pages est bien qu’aucune femme n’a de destin tout tracé. Simone de Beauvoir, excluant tout déterminisme chez l’humain, s’intéresse donc autant à l’infériorisation de la femme en tant que fait qu’à ses causes, lesquelles ne sauraient provenir d’un quelque ordre naturel.

L’existentialisme implique l’entière responsabilité humaine et, ainsi, Beauvoir incrimine presque autant les femmes, dont elle dénonce la passivité, la soumission et le manque d’ambition, que les hommes, qu’elle accuse de sexisme, de lâcheté et parfois de cruauté. Elle estime en conséquence que l’émancipation féminine réussira grâce à la volonté solidaire des hommes et des femmes. Selon elle, les deux grands faits qui permettraient à la femme de s’émanciper sont le contrôle des naissances et l’accès au monde du travail.

Si Simone de Beauvoir justifie ce phénomène par l’existentialisme – elle exclue toute forme de religiosité de son champ de réflexion. Pour elle, la religion contribue aussi à dévaluer la femme – nous aujourd’hui, femmes musulmanes ahmadis, nous allons tenter de montrer à travers uniquement le Saint-Coran et la vie du Prophète Muhammad (pssl) la place de la femme en Islam qui est d’une importance toute aussi capitale que celle de l’Homme.

Pour répondre à ces questions, procédons par étapes. Etapes qui vont consister à prendre les quatre plus grands préjugés à l’égard de la place de la femme dans la religion musulmane ; le voile : marque -t-il la domination ? / adultère : quelles punitions ? / battre la femme : autorisée ?

Avant de commencer à élaborer mon argumentaire, j’aimerais mettre en évidence un point essentiel : on ne peut pas porter un jugement sur une religion seulement par la pratique de certains.

Dans les pays musulmans, où la religion et l’Etat ne sont pas séparés, des pratiques politiques sans rapport avec l’Islam sont appliquées et, malheureusement, justifiées par la religion.

Il y a donc l’enseignement de base et la pratique. Tout le problème de l’interprétation du texte religieux se pose. En ce qui concerne les musulmans Ahmadis, nous privilégons avant tout la vie du Saint Prophète Muhammad (saw) et la manière dont il appliquait le Coran : sa femme Aicha disait qu’il était l’incarnation vivante du Coran.

Or le Prophète Muhammad (saw) avait annoncé l’arrivée d’un Messie qui arriverait dans les derniers temps pour réformer un Islam qui serait pratiqué par des soi-disants « ulémas » de la foi. L’interprétation présentée en face de vous concernant les différents points abordés est donc l’interprétation que le Messie, Hadhrat Mirza Ghulam Ahmad (as), a explicité sous révélation divine. Ce faisant, il a défié la modernité, cette modernité qu’aujourd’hui les islamistes – que ce soit en Egype, en Lybie ou autre – ne parviennent pas à défier.

I – Le voile : marque-t-il la domination ?

Avant toute chose, il est important, à mon sens de comprendre l’origine de cette pratique. Très souvent, les gens en font une spécificité de la religion musulmane alors qu’en réalité cette pratique est essentiellement venue du judaïsme qui s’est plus tard maintenue dans le christianisme.

Dans la tradition juive, le voile était portée par les femmes mariées, comme signe de chasteté. L’absence du port du voile constituait l’identité d’une prostituée. Un passage de la Genèse en témoigne lorsque Rebbeca voyant Isaac – son mari – se couvre la tête.

« Découvre tes cheveux, retrousse ta robe, découvre tes cuisses », dit le prophète Isaïe (47, 2) pour humilier Babylone – ville maudite.

Ainsi bien que le port du voile n’a pas fait l’objet d’une prescription bien spécifique, la tradition rabbinique a établi un certain « code de modestie » qui impose le port d’un couvre-chef aux femmes mariées. Quant à la pratique, aujourd’hui elle varie beaucoup.

En réalité, c’est le christianisme qui a établi le port du voile comme obligatoire. Ainsi que l’évoque Paul aux Corinthiens.

Paul aux Corinthiens :

Première épître aux Corinthiens, 11 : 2-16.

 3 Je veux pourtant que vous sachiez ceci : le chef de tout homme, c’est le Christ ; le chef de la femme, c’est l’homme ; le chef du Christ, c’est Dieu. 4 Tout homme qui prie ou prophétise la tête couverte fait affront à son chef. 5 Mais toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à son chef ; car c’est exactement comme si elle était rasée. 6 Si la femme ne porte pas de voile, qu’elle se fasse tondre! Mais si c’est une honte pour une femme d’être tondue ou rasée, qu’elle porte un voile ! 7 L’homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l’image et la gloire de Dieu ; mais la femme est la gloire de l’homme. 8 Car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme, 9 Et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. 10 Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance, à cause des anges. 11 Pourtant, la femme est inséparable de l’homme et l’homme de la femme, devant le Seigneur. 12 Car si la femme a été tirée de l’homme, l’homme naît de la femme et tout vient de Dieu. 13 Jugez par vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être voilée ? 14 La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas qu’il est déshonorant pour l’homme de porter les cheveux longs ? 15 Tandis que c’est une gloire pour la femme, car la chevelure lui a été donnée en guise de voile. 16 Et si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude et les églises de Dieu non plus.

Ici deux choses sont a noter : d’une part que l’identité de la femme dans le Christianisme se construit exclusivement à travers celle de son mari, de l’homme de la côte duquel celle-ci a été tirée. Saint-Paul affirme clairement que la femme a été crée pour l’homme. Paul le justifie de cette façon :  «  Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance ». C’est une marque de dépendance tout comme la femme a été condamné a être dominé par son mari après le péché originel : Genèse  Chapitre 3 – 16 : « Il dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. »

Dans la religion musulmane,  le voile tends a préserver la féminité de la femme, non pas marquer sa dépendance mais affirmer son identité en tant que femme. C’est un voile qui se porte comme marque de pudeur et pour éviter tout regards indécents. Dans tous les cas, le but est la préservation de l’honneur de la femme, de sa fierté, de sa place et son rôle dans la société. Il est important que cette vision ressorte en contradiction avec la façon dont elle était perçue avant l’arrivée du Prophète Muhammad (pssl) présentée par Aminata.

Cependant, dans l’Islam le concept du voile a une philosophie beacoup plus profonde. Il ne se limite pas aux cheveux. Ni n’est-il reservé exclusivement à la femme. Dans le Saint-Coran, Chapitre 24, Surah An-Nur, Allah dit :

Verset 31 « Dis aux croyants de restreindre leurs regards et de préserver leurs parties intimes. Cela est plus pur pour eux. Assurément, Allah est très conscient de ce qu’ils font »

Verset 32 « Dis aux croyantes qu’elles restreignent leurs yeux et veillent sur leurs parties intimes, et elles ne doivent pas exposer leur beauté naturelle et ses parures, excepté ce qui en est apparant de soi, et qu’elles tirent sur leurs poitrines leurs voiles dont elles se couvrent la tête » Première partie du verset

Le commandement du voile est avant toute chose un appel à couvrir les parties intimes, un appel donc à la pudeur qui est d’abord ordonné aux hommes et ensuite aux femmes. Allah ordonne séparément les « croyants » des « croyantes » pour bien les mettre en evidence.

Concernant le deuxième verset maintenant adressé aux femmes : Dieu leur ordonne de protéger leurs parties intimes comme les hommes et de ne pas exposer « leur beauté naturelle et ses parures ». Pourquoi cet ordonnement est-il donné à la femme ? Tout simplement parce qu’il est dans la nature même de l’homme d’être attiré par la beauté d’une femme. Si la femme se met à exposer sa beauté ouvertement, elle inciterait l’homme à la regarder d’une manière désirable et mettrait encore une fois, son honneur de femme en danger. Il faut comprendre qu’avant toute chose, le voile a été ordonné à la femme pour la protéger non seulement d’un point de vue extérieure mais aussi de la pensée intérieure qu’un homme peut porter à son égard.

Pour autant, Dieu ne leur dit pas de se couvrir intégralement : « excepté ce qui est apparant de soi » : donc tout ce qui n’est plus dans l’intime et dans l’exposition.  Certaines personnes pensent que la pratique – comment le porter – n’est pas mentionné dans le Coran. Ceci est faux. Le Coran présente la manière de le porter en ces termes : «qu’elles tirent sur leurs poitrines leurs voiles dont elles se couvrent la tête ». Il est facile de résumer donc : le voile signifie couvrir les parties intimes (d’où le tirer sur la poitrine) , ne pas exposer sa beauté naturelle de façon à ce qu’elle devienne « provocation » et se couvrir la tête soit disant les cheveux qui sont partie intégrante de la beauté féminine. Rien de plus, rien de moins. C’est du moins tout ce que le Coran affirme.

PPT – La place de la femme dans l’Islam voile

Le voile est devenu – par l’interprétation fallacieuse des différents courants – une pratique qui varie. Il est clair que le voile ne peut pas se porter manière identique partout dans le monde. Il varie en fonction du climat, de la mentalité et de la société. Mais un voile qui impose un « code spécifique » de tenue n’est pas islamique. Les seules codes que Dieu mentionnent sont donnés clairement : baisser le regards, préserver les parties intimes, et les cheveux pour la femme. Aucune mention de robes, de couleur, de gants que l’on peut observé aujourd’hui chez certaines femmes n’est stipulée dans le Coran.

Pour conclure sur la question du voile, il est clair que c’est un commandement de Dieu – qui est obligatoire pour toutes les musulmanes. Cependant, Dieu n’a donné à aucun le droit de l’imposer : « La ikraha fid din : il n’ y a pas de contraintes en religion ». Ce verset valable pour tout ce qui est enseigné dans le Coran et inclus la question du voile. Si quelqu’un ne le porte pas, ceci est strictement l’affaire de l’Homme et de Dieu car personne n’a la faculté de juger excepté Dieu dans la religion musulmane. Donc tout ceux qui impose le port du voile sont en contradiction même avec le Coran. La seule autorisation que le Coran donne est celui du conseil non celle de juger. Verset.

Le port du voile sans sa compréhension n’a aucun sens. La religion musulmane juge par l’intention non pas par l’acte mécanique dépourvue de toute compréhension. Le mot utilisé en arabe traduits par « parties intimes » signifie en réalité littéralement « les trous ». A ce moment, une autre compréhension du voile s’ouvre devant nous. Les trous se réfèrent aux yeux, aux narines du nez, à la bouche aussi. Comment préserver cela ? En réalité, il est ordonné de ne pas regarder des choses indécentes, de ne pas sentir des choses qui peuvent nuire et ne pas prononcer des paroles indécentes. Les musulmanes ainsi que les musulmans sont appelés à avoir un devoir de decence. Porter le voile sans comprendre cette autre philosophie ne sert à rien. Le voile est avant tout dans l’attitude. De plus, Allah dit dans le Saint-Coran qu’il a fait du peuple musulman le peuple du milieu. Par conséquent, toute pratique, tout enseignement est a effectué dans une certaine mesure. Aucun excès ou carence n’est possible. Tout est dans la mesure et la modération. C’est en gardant cela en tête que tout ce qui est mentionné dans le Coran est à comprendre.

J’aimerai maintenant poser une question à ces talibans ou ulémas de la Foi qui prétendre connaître le Coran à la lettre, où est la modération, lorsqu’ils prétendent que le Coran autorise toute forme de barbarisme à l’égard de la femme. Est-il possible que Dieu ait créé la Femme qui est tout de même au même niveau que l’homme une de Ses créatures pour qu’elle soit traitée d’une façon aussi radicalement différente ? Cela ne remettrait-il pas en question la Justice de Dieu censée être parfaite comme le reste de Ses attributs ?

II – L’adultère : conditions et punitions

Un fait très récent m’a profondément marqué et choqué. En Afghanistan, un père a éxécuté sa fille, mère de deux enfants, qui s’était enfuie avec un cousin en public. La raison invoquée : sauver l’honneur de sa famille. Le Parisien, qui a publié un article sur le sujet, écrit :

« Quelques jours auparavant, Halima s’était enfuie avec un cousin tandis que son mari et père de ses deux enfants se trouvait en Iran. Le cousin a abandonné deux jours plus tard la jeune femme, qui a fini par être retrouvée par son père et ramenée à la maison. « Mais les gens ont commencé à parler au village de ce qui était arrivé et un neveu du père, un religieux enseignant le Coran dans une école, lui a dit que sa fille devait subir la peine capitale », raconte le chef de la police provinciale, Sharafuddin Sharaf. »

«Le conseil religieux a d’abord opté pour la lapidation, mais comme le cousin est en fuite, il a été décidé de l’exécuter par balles», poursuit une militante des Droits de l’Homme sur place. Dans certaines communautés musulmanes très conservatrices, les coupables d’adultère sont parfois exécutés ensemble par lapidation. Mais y avait-il eu adultère entre Halima et son cousin ? Personne ne l’a fermement confirmé. Selon la militante, le mari d’Halima s’était opposé à l’exécution et avait même tenté de rentrer au village avant qu’elle ne se produise. Mais le père était déterminé.

Avant toute chose, j’aimerai simplement dire que ce religieux qui enseigne le Coran devrait lui-même le relire et l’étudier pour soi – il en a fortement besoin. La question de l’adultère a été traité avec beaucoup de subtilité dans le Coran et son interprétation est très spécifique. Or avant de s’intéresser à ce que le Coran affirme à propos de l’adultère, je vais procéder par la même démarche que celle du voile. Qu’enseigne la Torah et la Bible concernant l’adultère ?

Cinquième livre de la bible hébraïque :

Deutéronome 21:21

« Et tous les hommes de sa ville le lapideront, et il mourra. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi, afin que tout Israël entende et craigne.[…]« 

Deutéronome 22:21

« on fera sortir la jeune femme à l’entrée de la maison de son père ; elle sera lapidée par les gens de la ville, et elle mourra, parce qu’elle a commis une infamie en Israël, en se prostituant dans la maison de son père. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi.[…] »

Deutéronome 22:22

« Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. »

Deutéronome  22:24

« vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront, la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi.[…] »

Dans la Torah, la punition de l’adultère est donc bien la lapidation jusqu’à la mort. L’homme et la femme adultère doivent mourir. La raison est claire « oter le mal » de la société. La mise à mort se doit d’être faite au sein de la population justement pour ne pas encourager ce mal de se répandre. C’est une punition pour sauver l’honneur.

Dans la Bible, la punition de l’adultère est similaire à la Torah.

Bible :

Matthieu 5.27-28 (SEG) : « Vous avez appris qu’il a été dit : tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur. » => d’où l’importance attribué au voile dans la religion islamique.

Levicticus (20:10) : « Si un homme commet l’adultère avec l’épouse d’un autre homme – la femme de son voisin – l’homme adultère et la femme adultère doivent être mis à mort »

La punition de l’adultère dans la religion chrétienne est donc ferme et claire : la mise à mort.

La position du Coran sur l’adultère n’implique ni la lapidation ni la mise à mort. Ces deux pratiques ne figurent nulle part dans le Coran. Dans le Coran il est écrit : Sourate An-Nur, verset 3.

« L’homme et la femme adultère (ou le fornicateur et la fornicatrice) – fouettez chacun d’eux de cents coups de fouets […] et qu’un groupe de croyants assistent à leur punition ».

Il y a donc bien la mention des deux coups de fouets mais nulle part celle de la lapidation ou de mise à mort. Après nous avoir dit cela, le Coran donne les conditions dans lesquelles un adultère peut être confirmé. Les conditions de l’adultère sont remplie seulement lorsque quatres témoins ont vu l’homme et la femme adultère en train de comettre l’adultère, pendant l’acte sexuel. Le témoins aussi se doit de disposer de certaines qualités : c’est-à-dire d’être spirituellement élevé : pas une personne rompue aux mensonges, connue pour actes malhonnête, les conditions de validation d’un témoignage sont tellement strict que même un homme qui urine en pleine rue ne peut être acceptée car il est jugée inpudique.

Les conditions d’admission d’un adultère sont donc en pratique, quand on y pense, quasi impossible à remplir. Ces conditions strictes sont vouées à protéger la femme de toute accusation fallacieuse.

Dieu dit dans le Coran :

« Et ceux qui calomnient des femmes chastes puis ne produisent pas quatres témoins – fouettez les de quatre vingts coups de fouets, et n’acceptez plus jamais leur témoignage, et ce sont eux qui sont des trangresseurs – 

Sauf ceux qui se repentent par la suite et se corrigent : car en vérité Allah est Très Pardonnant, Miséricordieux »

Le faux témoignage est considéré comme une abomination du fait qu’elle se lie au mensonge. Concernant la femme, le faux témoignage devient encore plus maudits dans la mesure où il porte atteinte à son honneur. Dieu affirme plus loin dans le même chapitre verset 24:

« En vérité ceux qui calomnient les femmes chastes, sans méfiance et croyantes, sont maudits dans ce monde et dans l’Au-delà. Et pour eux il y aura un très grand châtiment ».

Dans le cas de cette jeune femme d’une part l’adultère n’est même pas confirmé. On nous dit d’une part que c’est parce qu’il n’est pas confirmé on a recours à l’execution plutôt qu’à la lapidation. Mais la mention de ces deux punitions ne figurent nulle part dans le Coran. L’adultère n’a pas été appuyé par quatres témoins. D’autre part, le mari de la femme était strictement contre cet execution. Aucune liberté – ni celle de la femme (qui exigeait pour être accusée que l’adultère soient appuyé par quatre témoins ni celle de l’homme, le mari de la femme, qui dispose un droit particuliers sur sa femme n’a été entendu. En somme, rien n’a été respecté : comme la plupart du temps !

Comme dans la Torah et la Bible, la présence d’un groupe de croyants, de personnes est justifiée pour empêcher l’immoralité, le mal de se répandre dans la société.

L’adultère est un sujet donc très délicat. Le Coran a clairement énoncé les règles dans lesquels un adultère peut être déclaré. La présence des quatres témoins est essentiel. Ces règles tendent à protéger la femme de manière strict.

Ce qu’il est important de noter c’est que ces punitions qui sont émises par le Torah, la Bible et le Coran dans une époque où la société était réformé dû au fait qu’un Prophète était présent pour guider la population. Ces punitions, dans les sociétés actuelles, où le mal est largement répandu ne peuvent être appliquée.

Un autre phénomène est tristement répandu chez les musulmans : battre la femme. Je me rappelle avoir discuté avec une femme qui se faisait constamment battre par son mari. Lorsqu’elle demandait à son mari, il justifiait cela par le Coran. Le Coran appelle-t-il a battre la femme délibérément ?

III- Battre la femme : position du Coran

Sourate An-Nisa, verset 35 :

« Les hommes sont les gardiens des femmes, parce qu’Allah a fait que les uns surpassent les autres et parce qu’ils dépensent de leurs biens. Ainsi les femmes vertueuses sont celles qui sont obéissantes et gardent les secrets de leurs maris avec la protection d’Allah (…) » 1ère partie du verset.

Le mot utilisé en arabe, ici traduit par « gardien » est « qawwam ». Cela signifie nullement que l’homme est le gardien de la femme dans le sens il est maître de la femme et peut la dominer comme il le souhaite. Au contraire, le mot gardien est à comprendre dans le sens « protecteur ». L’homme a le devoir de protéger la femme physiquement car sa force physique est plus grande mais aussi économiquement. Le « qawwam » est celui dépense de ses biens sur son épouse. Ne sont pas « qawwam », les fainéants, qui vivent des revenus de leurs épouses.

En ce sens, les hommes ont des devoirs vis-à-vis de la femme. Si l’homme ne remplie pas ces devoirs élémentaires, la femme a le droit de recourir au divorce dans la mesure où il ne joue plus son rôle de protecteur.

«(…) Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, admonestez-les, et laissez-les seules dans leur lit et si besoin en est châtiez-les. Alors si elles vous obéissent, ne cherchez pas de moyens contre elles. Assurément, Allah est Très Grand sans comparaison » deuxième partie du verset.

Attention. Le mot désobeissance ne renvoie pas du tout à la désobeissance au sens strict. C’est-à-dire au fait que la femme répondent non au mari ou qu’elle ne soit pas d’accord avec son mari. En réalité, l’étape de la désobeissance commence là où l’homme remplie tout ses devoirs de « gardien » et la femme trouve quand même lieu de se rebeller c’est-à-dire qu’elle cherche des vices ou des raisons de querelles là où il y en a pas. Si l’homme ne remplie pas son rôle de « gardien », la désobeissance de la femme est quasi naturelle ; elle n’est pas considérée comme attitude rebelle.

Dans ces cas de désobeissances, l’homme est appelé à garder son sang froid et ne pas divorcer brutalement ou se mettre à la battre délibérement. Ici aussi, l’avantage est donné à la femme. Il doit procéder par étapes : tout d’abord il devra la rappeller à la raison par l’entremise de bons conseils, et si cela n’est d’aucun recours, il devra interrompre pendant quelque temps les rapports conjugaux (c’est à dire sexuels) – à noter que cela constitue une punition pour le mari bien plus que pour la femme. Et si même après cela, la femme continue à garder la même attitude, le mari peut recourir seulement à cette étape à un châtiment physique seulement s’il considère qu’il peut la changer « si besoin en est ». D’autre part, le Saint Prophète Muhammad (paix soit sur lui) à imposer des conditions concernant l’application de ce verset : ne pas frapper sur le visage de la femme, ni que les coups ne doivent laisser des marques sur le corps de la femme. Nombreux sont ceux, qui abusent à tort de ce verset et s’autorise à infliger de véritables supplices à leurs femmes, alors qu’en réalité, si l’on tient compte des étapes à suivre telles qu’elles sont présentées dans le verset, dans la grande majorité des cas, il n’ y aura aucune condition d’avoir recours à la sévérité. Si une telle sévérité était le but souhaité, on en aurait trouvé au moins un exemples chez les épouses du Saint Prophète Muhammad (pssl) de son vivants, d’autant que parmi celles-ci certaines lui avaient donné l’occasion de se fâcher. Or, le prophète Muhammad n’avait jamais ne serait-ce qu’élever son doigt sur une femme.

Encore une fois, si l’on tient compte des étapes plus les conditions imposée par le Prophète Muhammad (pssl), on ne peut pas en venir aux mains. Si on ne frappe ni sur le visage, ni ne doit-on laisser des marques sur le corps, on voit bien qu’il est fortement découragée d’en venir à cette étape. Cette étape est plus une menace pour que la femme puisse se corriger. Si malgré toutes ces étapes, la femme continuent, l’homme peut recourir au divorce. Dans tous les cas, il y a volonté de protéger la femme de toute attitude rebelle, de lui donner des chances de se corriger sans que l’homme divorce brutalement. L’Islam privilégie toujours la voie de la réconciliation plutôt que la rupture.

Dans un autre verset, le lien du mariage est décrit de la façon suivante : sourate Al Baqarah verset 188 : « Elles sont pour vous un vêtement, vous êtes pour elles un vêtement ».

Tout deux se doivent d’être complémentaire : il se protège mutuellement, couvre les défauts les uns des autres, en somme maintenir un lien d’amour pure et fort.

Hadrat Mirza Ghulam Ahmad, que l’association musulmane Ahmadiyya tient pour Messie Promis attendue par toutes les religions affirmait :

« Est émasculé et dépourvu de courage, l’homme qui daigne affronter sa femme »

La qualité de « qawwam » c’est à dire de gardien dont jouis l’homme ne doit pas l’encourager à crier haut et fort sa supériorité ou dominer la femme. Ceci comme le dit le Messie Promis, est en réalité la marque d’un manque de courage et de lâcheté.

Pour conclure, sur le sujet de la condition de la femme musulmane actuelle, je tiens à dire que si elle subit aujourdh’ui les coups injustifié de son mari en pensant que cela est inscrit dans le Coran, ceci est faux. Si des fondamentalistes religieux pensent qu’en déclarant l’adultère sans avoir remplie les conditions est conforme au Coran ceci est faux. Si les gens pensent que le voile est la marque de la domination de l’homme sur la femme, ceci est faux.

Le Coran protège toujours la femme par des règles et conditions stricts que malheureusement à l’heure actuelle personne ne connaît ou applique.

Je souhaite conclure, encore une fois par une citation que je trouve absolument remarquable de Hadrat Mirza Ghulam Ahmad concernant la femme :

« Aux côtés des mauvaises habitudes, l’homme, en cette qualité (de « gardien »), doit supporter l’ensemble des défauts et rancœurs des femmes. Nous devrions mourir de honte à l’idée d’être des hommes qui partent en guerre contre les femmes. Dieu a fait de nous des hommes ; en réalité il s’agit d’une telle grâce dont le remerciement consiste à traiter une femme avec douceur et tendresse ».

Le Prophète de l’Islam, Muhammad (pssl) a toujours traité l’ensemble de ses femmes avec douceur et tendresse. Le Messie Promis telle que l’Association Musulmane Ahmadiyya le considère, a appliqué ce même principe pour sa femme. La femme en Islam jouit en réalité d’un statut extremement elevé. Malheureusement, peu sont ceux qui en sont conscient.

Cette conférence a justement été tenue pour présenter de façon clair le point de vue du véritable Islam qui n’est certainement pas celui qui fait l’une de l’actualité. Merci beaucoup.

Fin du compte-rendu.

Remerciements : Madame Nusrat Qudsia Wassim, Présidente, Madame Munira Doubory, Présentation de l’Islam Ahmadiyya, Madame Nuzhat Arif, Secrétaire de la conférence, Madame Nassim Delanoye, présidente des débats lors de la conférence.

9 Responses to COMPTE RENDU – « La place de la femme en Islam », retranscription du séminaire du samedi 11 mai 2013

  1. Pingback: COMPTE RENDU – « La place de la femme en Islam », retranscription du séminaire du samed i 11 mai 2013 | Cultures & Croyances | Boycott

  2. Dans 15 février 2017 at 17 h 03 min

    Pourquoi commencer votre analyse comparant insistant sur le fait que les femmes chrétiennes avaient moins de droit ? C’est étrange car ce genre de comparaisons montrent clairement un malaise car que vient faire la chrétienté dans le statut des femmes en Islam ?
    Puis-je alors dire de mon côté que si les femmes ont plus de droits aujourd’hui c’est peut-être suite au comportement de jésus durant sa vie et ses paroles comme
    Jésus a dit :
    « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier ? Il leur répondit : C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. »

    Répondre
  3. Drame abdoulaye 9 octobre 2014 at 17 h 48 min

    Merci beaucoup de nous avoir rappelé ce qu’on savait deja et de nous dire ce qu’on jamais entendu. Encore merci

    Répondre
  4. Pingback: RELIGIONS – Du bon usage des mots liés à l’Islam | Cultures & Croyances

  5. arricia 6 mai 2014 at 22 h 05 min

    le contenu est quelque peu interessant mais malheureusement plein de fautes de syntaxe et d’orthographe. quel dommage !

    Répondre
  6. Mahrukh Arif 22 juin 2013 at 12 h 44 min

    Thank you Ms Shahida for such great comments.

    Merci à toi Adnan.

    Répondre
  7. adnan haider 9 juin 2013 at 17 h 02 min

    tres bonne presentation, toutes mes felicitations…

    Répondre
  8. Ms. Shahida , 4 juin 2013 at 19 h 21 min

    Boht hi mohtaram aur khush-kismat memberaat,LajnaEmaillah,France,AssalamoAlaikom, Aap ko eik buht aham mozoo par Seminar munaakid karney ki Allah Taala ney taufeeq ata ki. Iss kamyaab Ijlas par aap sab ko buht buht dili Mubarakbad kabool ho. Iss seminaar mein buht aham mozoaat par tarekhi pase manzar key sath pur-maghz mokaley pesh kiye ghai jo key bari mehnat sey qalam-band kiye ghey thhey. Alhamdolillah. Thanks aur shukria Salma sahiba keh aap ney iss franseesi report ka huch hassa angrezi mein tarjama kar key MTM ko bhijwaya. jazakallah, Wassalm, Aap ki eik sister/Lajna member, Ms Shahida, Rabwah.

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