COMPTE-RENDU – Muhammad, au-delà des représentations

*Compte-rendu publié par Mahrukh Arif

Pour une présentation de la conférence, merci de cliquez sur le lien suivant.

Le plan de la conférence était le suivant :

1) Les propos introductifs, par Roukaiya Ruheemun

2) De l’Arabie Préislamique à l’avènement de Muhammad et son Apostolat, par Aminata Touré

3) Des persécutions à la victoire, par Aneeqa Rehman

4) Quelques représentations actuelles autour de la personne de Muhammad, par Mahrukh Arif

Propos introductifs

***

* Par Roukaiya Ruheemun

Ces dernières années, les médias n’ont pas arrêté de critiquer le personnage central de l’islam, Muhammad (pssl). Qu’il s’agisse des caricatures, des moqueries, de ses relations avec les femmes. L’islam et son prophète étaient au centre de toutes les railleries.

Face à ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur, l’association musulmane ahmadiyya ne pouvait pas rester silencieuse. Il était de son devoir d’utiliser, à son tour, sa liberté d’expression pour mettre en avant le véritable statut du Prophète de l’islam.

A l’image de cette histoire que l’on ne peut pas expliquer en quelque mots, la vie du Prophète de l’Islam. Le Saint Coran  réfère sa grandeur : Rahmatulil Alamine.

Rahmatulil Alamine signifie que Muhammad a été envoyé comme miséricorde pour l’Humanité toute entière. Cette notion est pourtant quasi absente des articles de presse ou des livres écrits sur le Prophète de l’islam. Et nous sommes là, pour mettre en avant l’élégance et la beauté des enseignements de l’islam.

 Voici comment les non Musulmans ont honoré le Prophète de l’Islam.

Mahatma Ghandi disait à propos de Muhammad, « « Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. »

Je conclurais par cette somptueuse phrase d’Annie Besant : « Il est impossible, pour quelqu’un qui étudie la vie et le caractère du grand Prophète d’Arabie, pour quelqu’un qui sait comment il enseignait et de quelle façon il vivait, d’avoir d’autre sentiment que le respect pour ce prophète prodigieux, l’un des grands messagers de l’Etre Suprême. Même si mes discours contiennent bien des choses qui sont familières à beaucoup d’entre vous, chaque fois que moi-même je les relis, je sens monter en moi une nouvelle vague d’admiration, un nouveau sentiment de révérence, pour ce prodigieux grand maître arabe »

*Par Aminata Touré

L’Arabie avant l’avènement de l’islam

 

Avant l’avènement de l’islam, l’Arabie était idolâtre. Les arabes étaient, sur le plan de la civilisation et du progrès social, un peuple arriéré. C’était un peuple illettré ; On ne comptait aucune école sur tout le territoire de l’Arabie. Seule une poignée d’hommes savait lire et écrire. La bonté et l’estime réciproques n’existaient pas.

imageSur le plan moral, ils étaient considérés comme des barbares et avaient des défauts exécrables ; l’adultère, le vol, l’oppression des orphelins et l’accaparement de leurs biens, le meurtre, le brigandage et les crimes de toutes sortes étaient chose courante  ils s’adonnaient à la boisson alcoolisée avec excès, les jeux de hasard étaient très largement répandus,

Dans cette société, la femme avait la pire des conditions ; elle n’avait aucun statut ni aucun droit. Les filles nouveau nées étaient enterrées vivantes. Un homme pouvait « prendre » autant de femmes qu’il souhaitait. Quant aux femmes esclaves, elles servaient à satisfaire les désirs sexuels. Bien que ce peuple possédait certaines vertus, entre autre la bravoure qui atteignait parfois un niveau remarquable, les vices dépassaient de loin les qualités. C’est parmi un tel peuple que naquit le Saint Prophète Muhammad (saw).

Une enfance et une jeunesse exemplaires

Orphelin de père dès sa naissance, sa mère mourut lorsqu’il n’avait que 6 ans et il fut remis à son grand-père Abdul Mutalib qui, à son tour, mourut lorsqu’il allait avoir huit ans. Il fut par la suite confié à son oncle Abu Talib. Dès son plus jeune âge, il était un garçon pas comme les autres. Il était calme, posé, plein de dignité et de sagesse. Au seuil de sa jeunesse, il était un parfait exemple de moralité, de droiture et de sobriété.

Il débuta sa vie comme berger et, par la suite, il fit du commerce et devint un négociant prospère. D’ailleurs, il obtint le titre de Al-Amin c’est-à-dire le fiable, le véridique, en raison de son honnêteté et de son intégrité dans les affaires. On le montrait du doigt avec admiration en disant que c’était quelqu’un en qui on pouvait faire confiance.

C’est ces réputations d’intégrité et d’honnêteté qui parvinrent aux oreilles d’une riche veuve au nom de Khadidja (ra) qui allait devenir sa future femme. Lorsqu’elle entendit parler du jeune Muhammad, elle souhaita qu’il conduisit une de ses caravanes de marchandises en jusqu’en Syrie. Elle le lui demanda par l’intermédiaire de son oncle Abu Talib et le jeune Muhammad accepta. L’expédition fut un grand succès et rapporta des bénéfices inespérés. Et Hadhrat Khadidja (ra) était convaincue que ce succès était en partie dû à l’intégrité et à l’efficacité de son chef.

Le mariage avec Khadija

Elle fut impressionnée par sa noblesse de caractère et exprima son désir de l’épouser par l’intermédiaire de l’une de ses amies. Le Saint Prophète (saw) était fortement réticent car, d’une part, il n’était pas assez riche pour se marier et, d’autre part, la position de Khadidja (ra) était trop élevée pour lui. Mais l’amie de Khadidja écarta toutes les difficultés en avançant des arguments, et le Saint Prophète (saw) accepta. Ainsi, il se maria à l’âge de 25 ans alors qu’elle, en avait 40. Ce fut son premier mariage. Ce que Hadhrat Khadidja a fait de formidable, c’est qu’après leur mariage, elle proposa de remettre tous ses biens et ses esclaves à la disposition du Saint Prophète Muhammad (saw).

Ainsi, lui, qui était un homme pauvre, devenu orphelin dès sa naissance, devint riche, mais l’usage qu’il fit de cette richesse, de ses biens, est demeuré une belle leçon d’humanité. Il a immédiatement affranchi les esclaves sans aucune rançon et il distribua aux pauvres la majeure partie des biens qu’il reçut. Parmi les esclaves affranchis, il y avait Zaïd qui appartenait à une famille respectable et avait été enlevé enfant et vendu de place en place jusqu’à ce qu’il atteignit la Mecque. Lorsque les parents de Zaïd apprirent qu’il se trouvait à la Mecque, ils allèrent le chercher mais Zaïd s’adressa à son père en lui  disant que son cœur était plein d’amour pour son père et sa mère, mais qu’il aimait tellement cet homme, Muhammad, qu’il ne pouvait supporter la pensée de vivre loin de lui. Le saint prophète (saw), touché par cette déclaration répondit que Zaïd était déjà un homme libre, mais que dorénavant, il sera son fils. Et le père de Zaïd en voyant cette affection s’en retourna le cœur tranquille.

Première révélation

Muhammad (saw) était un homme vraiment très humble, très attentionné et l’amour qu’il portait à Dieu était immense. Il avait horreur, des inégalités, des iniquités et des nombreux vices qu’avaient les mecquois. Tout cela l’attristait profondément. De ce fait, il a très tôt développé un penchant pour la méditation et choisit un lieu à environ 5 km de la Mecque pour ses méditations. L’endroit était une grotte creusée dans un rocher au sommet d’une colline appelée le mont Hira. Là-bas, il adorait son Seigneur nuit et jour, et pour cela Khadidja (ra) préparait de la nourriture pour plusieurs jours.

C’est à l’âge de 40 ans, dans cette même grotte, qu’il reçut sa première révélation. Il eut une vision, dans laquelle l’ange Gabriel, sous la forme d’une silhouette humaine, le commandait de réciter. « iqhra » Il répondit qu’il ne pouvait pas réciter. Mais l’ange insista et finalement lui fit réciter les 5 premiers versets de la sourate Al Alaq

Ce sont les tous premiers versets révélés au Prophète. Ces versets sont extrêmement significatifs. Ils commandaient au Saint Prophète (saw) de se lever et de se tenir prêt à proclamer le nom du Dieu unique, du créateur unique. Ces versets prédisaient le temps où le monde acquerrait toutes les connaissances par la plume (allamal inssan min alaq…) et où seraient enseignées des choses dont on n’avait jamais entendu parler (allamal insan maalam…)

Ces versets constituent un condensé du Saint Coran, car ils contiennent en substance, tout ce que le Saint Prophète (saw) devait apprendre dans les révélations successives. et sont le fondement d’un progrès immense dans le développement spirituel de l’homme. C’est une révélation qui constitue un grand événement dans la vie su Saint Prophète (saw).

Il fut remplit de crainte à l’idée d’assumer la responsabilité que Dieu plaçait sur ses épaules. Il adorait tellement son Seigneur, mais étant un humain il avait cette crainte de le décevoir. Après cela, il entra chez lui agité et les traits tirés. Khadîdja (ra) lui demanda ce qui s’était passé, et il lui raconta toute l’histoire et lui fit part de ses craintes en disant :

« Faible comme je suis, comment pourrais-je porter la responsabilité que Dieu propose de mettre sur mes épaules ». Khadidja répondit : « Dieu est garant, Il ne t’a pas envoyé Sa parole pour que tu t’en montres indigne, et qu’il doive t’abandonner ensuite. Comment Dieu pourrait-il faire une telle chose puisque tu aides les pauvres et les infortunés à porter leur fardeau ? Tu es en train e faire revivre les vertus qui avaient disparu de notre pays. Tu traite les hôtes avec honneur et tu aides ceux qui sont dans la détresse. Peux-tu donc être poursuivi par le jugement de Dieu ? ».

Premiers convertis et persécutions

En apprenant la nouvelle, Ali, son cousin de 10 ans, Zaïd l’esclave et Abu bakr, son ami d’enfance crurent immédiatement en lui. Les premiers croyants de l’Islam furent donc ce petit groupe composé de sa femme, son cousin, l’esclave affranchi, son ami et lui-même.

Lorsque les mecquois et leurs chefs apprirent cela, ils en rirent et déclarèrent que ces hommes avaient perdu l’esprit. Le Saint Prophète commença à prêcher à son entourage. Ensuite la sphère s’élargit ; les jeunes hommes, les esclaves et les femmes commencèrent à se grouper autour de lui. Les mecquois, en  voyant ce changement, en s’apercevant que le mépris et les moqueries des gens cédaient peu à peu à l’approbation et à l’attachement au Saint Prophète et à son message prirent peur et décidèrent d’agir autrement c’est-à-dire de ne plus seulement se moquer, mais d’instaurer la persécution pour les faire abandonner.

Pourquoi ce message les offensait tant. Parce que ce message apportait la revendication ferme de l’existence du Dieu unique, et que ce message d’espoir que Muhammad (saw) présentait venait contrecarrer tous leurs plans, toutes leurs pratiques et toutes leurs habitudes. C’était une menace grandissante pour eux. Eux qui adoraient les idoles, eux qui s’adonnaient aux beuveries, eux qui pratiquaient les jeux de hasard, eux qui prenaient autant de femmes qu’ils souhaitaient et qui les humiliaient de la pire manière qui soit, eux qui maltraitaient les esclaves…. Ce message mettait un stop à tous ces vices et ces immoralités. Il était donc plein d’espoir pour les opprimés, les femmes allaient enfin avoir des droits. Elles commencèrent à espérer, à sourire et à revivre. Les esclaves sentirent que le jour de leur affranchissement était venu  et les voies du progrès allaient enfin s’ouvrir largement devant les jeunes gens.

Mais les mecquois n’étaient pas prêts à l’accepter. Ainsi celui qui était jadis admiré de tous, dont le nom était sur les lèvres à chaque coin de rue, fut, lui et ceux qui crurent en lui persécutés cruellement. Les esclaves furent trainés sur des pierres et du sable brulant. Bilal, le premier esclave noir  à accepter l’islam fut allongé sur le sable brûlant par son maitre ; on le couvrit de pierres et le fit piétiner par des garçons en lui demandant de renoncer au Prophète et à son message et de chanter les louanges de divinités mecquoises. Bilâl se borna à répéter « Ahad…Ahad… »Exaspéré, son maître finit par le  remettre entre les mains des voyous qui attachèrent une corde autour de son cou et  le trainèrent  à travers la ville sur des pierres aigües. Son corps saigna abondamment, mais il continua à murmurer « Ahad… Ahad »  et à être torturé inhumainement. Plus tard, Abu Bakr payera sa rançon et il sera libéré.

Les femmes furent honteusement torturées. Parmi elles Hadhrat Soumaya ; elle fut la première femme martyre de l’islam. Elle et sa famille furent torturées de façon totalement inhumaine. Elle fut battue, exposée des jours en plein soleil sans eau ni nourriture par son maître. Mais elle  resta ferme. Son mettre ayant épuisé toutes les idées incongrues pour la faire abandonner, finit par la remettre entre les mains d’Abu Jahl, qui multiplia les tortures physiques et morales. Et, exaspéré par son inflexibilité, Abu Jahl finit par la tuer en lui plantant un coup de lance dans le vagin.

D’autres esclaves et même des citoyens libres qui avaient la foi subirent les mêmes cruautés ; des cruautés qui dépassaient tout ce qu’il est possible d’endurer.  Mais ces gens avaient un mental d’acier. Le message de l’islam les habitait tellement et était tellement profondément enraciné en eux que les douleurs physiques  leurs furent supportables.

Le Saint Prophète lui-même n’a pas échappé aux traitements cruels infligés aux croyants. Un jour, pendant qu’il priait, des incroyant jetèrent une cape autour de son cou et le trainèrent en l’étouffant à moitié, au point que ses yeux étaient exorbités. Une autre fois, il était en prosternation, lorsqu’on posa sur son dos des entrailles d’un chameau. Il ne pu se relevé qu’une fois le poids retiré. Une autre fois encore, il passait dans une rue lorsqu’un groupe de voyous le suivirent et lui donnèrent des gifles sur la nuque. Il était sans défense face à cette haine et cette agressivité. Sa maison était lapidée à partir de maison voisines  et des ordures et restes d’animaux abattus étaient jetés sa cuisine. A maintes reprises, on jeta de la poussière sur lui pendant qu’il priait, de sorte qu’il du se retirer en lieu sûr pour ses prières publiques.

Cependant, ces cruautés perpétrées contre le Saint Prophète et les croyants, ne restèrent pas sans effets. Des gens de bien se sentirent attirés par l’islam. Et les mecquois, s’apercevant  de cela, menèrent la tyrannie à son comble au point qu’un groupe de musulmans fut contraint de quitter la Mecque secrètement et de s’exiler en Abyssinie.

L’exil en Abyssinie et départ pour Taïf

En Abyssinie se  trouvait un roi juste et on ne tuait pas les hommes à cause de leur foi. Les mecquois en apprenant cela et  dans l’impossibilité de les rattraper, décidèrent d’envoyer une délégation dans le but de dresser le roi contre eux, en vain. Ensuite, ils trouvèrent une ruse ; faire courir la rumeur que toute la Mecque avait embrassée l’islam. En entendant cela, de nombreux musulmans décidèrent de rentrer à la Mecque mais pour constater que cela n’était pas vrai.

Malgré la persécution menée à son comble, les croyants restèrent fermes.

Les mecquois voyant que leurs efforts ne portaient toujours pas leurs fruits, décidèrent la mise en quarantaine totale des musulmans. Personne ne devait avoir un contact avec eux, ni leur acheter ou vendre quoi que ce soit. Démunis d’argent, de moyens de subsistance et de provisions, ils endurèrent de grandes privations. Ce blocus dura 3 ans jusqu’à ce que certaines personnes compatissantes parmi l’ennemi décident de se révolter et de le lever. Son épouse Khadidja et son oncle Abu Talib moururent  des conséquences de ce blocus.

Mais le moment était venu à la Mecque où personne ne l’écoutait et cela l’attristait car il sentait qu’il n’avançait pas. Il décida donc de se tourner vers une autre direction pour prêcher. Il se rendit dans la ville de Taïf située à environ 1  centaine de km de la Mecque. Mais les chefs et la population accueillir le message avec mépris. Ils envoyèrent des voyous contre lui et Zaïd qui les chassèrent de la ville à coup de pierres. Ils furent tous les deux blessés.

Le Saint Prophète était profondément peiné et abattu lorsqu’un ange descendit et lui demanda s’il aimerait que ces persécuteurs soient détruits. « Non, j’espère que de ces tourmenteurs même naîtront ceux qui adoreront le Seul, Vrai Dieu. Le Saint Prophète retourna à la Mecque et la Mecque reprit son ancienne hostilité et devint de nouveau un enfer pur lui. Malgré tout, il continua à prêcher.

Le serment d’Aqaba

Il profitait notamment du pèlerinage annuel qui rassemblait de pèlerins de tous les coins de l’Arabie  pour répandre son message.

Parmi les pèlerins, un certains nombre des gens de Médine avaient embrassé l’islam Médine était composée de deux tribus arabes et trois tribus juives qui se déchiraient. Lorsque les habitants entendirent parler du Saint Prophète, ils furent étonnés et très impressionnés car des siècles d’amitié, d’exposés et de débats n’avaient pu produire la transformation que ce maître mecquois avait produite en quelques jours. Beaucoup acceptèrent l’Islam.

En 622, toujours lors du pèlerinage, une délégation de 73 personnes retourna pour prêter allégeance au Saint Prophète (saw). Ils déclarèrent solennellement croyance dans l’unicité de Dieu et leur résolution de s’abstenir de tous les vices communs, de suivre le prophète dans toutes les bonnes œuvres. Ce serment est connu comme le grand sermon d’Aqaba.

Pendant ce temps là, les conditions de la vie à la Mecque étaient devenues extrêmement critiques au point que le Prophète du faire partir des familles par petits groupe à Médine. D’ailleurs, il avait reçu plusieurs révélations laissant  entrevoir l’éventualité d’une émigration à Médine.

Le Saint Prophète (saw) supporta toutes les persécutions et leurs excès avec patience. Il répondait à leurs méchancetés par le bien et à leurs haines par l’humour. Il dû supporter toutes ces iniquités avec le courage inné d’un apôtre. Il avait l’habitude de se lever la nuit pour prier Dieu afin que ses compatriotes aient le discernement et obtiennent la grâce et la miséricorde divine. N’est ce pas là un comportement hors du commun.

*Par Aneeqa Rehman

De la persécution à la victoire

De la persécution à une éventuelle liberté de religion

La situation des Musulmans était devenue invivable à la Mecque. Chaque jour, sous la pression des Chefs Mecquois, les Musulmans se faisaient torturés, démembrés, injuriés,…hommes et femmes publiquement. Bien que la souffrance ait atteint son comble, le Saint Prophète (saw) et ses suivants restaient silencieux et ne répondaient pas à ces agressions. La prière et la patience furent leurs uniques armes pendant treize longues années.

En 622, lorsque le Message de l’Islam commençait à se répandre à Médine de manière importante, le Prophète (saw), émigra sous l’Ordre divin vers cette ville, qui allait devenir sa nouvelle Terre d’accueil. Il y fut accueilli avec amour et joie par les Musulmans Médinois et les Musulmans de la Mecque qui y avaient émigré avant lui.

Cette nouvelle Terre offrait aux Musulmans un nouveau souffle dans leur vie. Ils pouvaient enfin observer leurs prières en congrégation, propager le Message de l’Islam plus ouvertement, au point d’avoir un lieu de Culte où ils pouvaient se rassembler, chose inimaginable à la Mecque.

De nombreuses personnes acceptèrent l’Islam, certaines sincèrement, et d’autres d’apparence uniquement. Ainsi, certains Juifs hypocrites, s’étaient convertis juste pour s’immiscer  et intriguer contre les Musulmans. Le Saint Prophète (saw) était conscient de ce danger.

« Rétablir l’harmonie entre les différentes religions »

Le but premier du Prophète (saw) fut d’établir la Paix et l’harmonie entre les différents citoyens Médinois. En effet, Arabes (idôlatres), Juifs, Paîens, Chrétiens et Musulmans, tous allaient vivre en Communauté avec leurs différences religieuses et sociales. Pour ce faire, Muhammad (pssl)  pensa qu’il convenait donc qu’ils entrent dans un pacte qui les engage tous et qui leur assure la paix a tous.

 Un accord fut finalement conclu dont voici les termes :

Entre le Prophète (s.a.w.) de Dieu et les fidèles, d’une part, et tous ceux qui veulent souscrire a ce pacte d’autre part, il est convenu ce qui suit :

[] Si un ennemi commun attaque Médine, les juifs se rangeront aux cotes des musulmans et partageront les frais de la guerre. Les tribus juives liées par ce pacte aux autres tribus de Médine auront des droits semblables à ceux des musulmans. Les juifs conserveront leur foi, et les musulmans la leur. Les partisans des juifs jouiront des mêmes droits qu’eux. Les citoyens de Médine n’auront pas le droit de déclarer la guerre sans l’approbation du Saint Prophète ( s.a.w.), ceci sans préjudice du droit de tout individu de venger un tort individuel. Les juifs supporteront les frais de leur propre organisation, et les musulmans les leurs. Mais, en cas de guerre, ils agiront de concert. La cite de Médine sera considérée comme sacrée et inviolable par les signataires du pacte.

Tous les différends seront soumis à Dieu et au Saint Prophète (s.a.w.) pour décision. Les parties contractantes n’auront pas le droit de conclure un accord quelconque avec les

Mecquois ou leurs allies, ceci parce qu’elles se sont engagées à faire front face à l’ennemi commun ; elles resteront unies dans la paix comme dans la guerre.

image (1)Aussi, le Saint Prophète (s.a.w.) prit une autre mesure importante. Il rassembla les musulmans de Médine et leur suggéra que chacun d’entre eux devrait se jumeler avec un frère mecquois. Chaque Médinois adopta un Mecquois, comme frère et, de par cette nouvelle fraternité, les Musulmans de Médine offrirent de partager tous leurs biens avec ceux de La Mecque.

Il y avait donc là, une unité non seulement parmi les Musulmans, mais aussi tous les autres les obligeant à se respecter et s’entraider mutuellement.

Les troubles des Mecquois continuent…

Les Mecquois ne comprenant pas comment arrêter, voire éliminer cet homme qui commençait à impressionner de plus en plus de monde, firent d’abord pression sur le chef Médinois, afin qu’il chasse le Saint Prophète (saw) et ses suivants de Médine, sans quoi ils attaqueraient Médine, mais le  chef refusa.

Ainsi, les Mecquois préparaient une armée, qui sous prétexte de protéger une caravane commerciale, attaquerait Médine…cette intention était devenue une menace non seulement pour la survie du Saint Prophète (saw) et de ses Suivants et donc de l’Islam, mais aussi pour la Paix et toutes les autres tribus et religions qui y cohabitaient.

La Bataille de Badr, fut ainsi déclarée, mais là, le Saint Envoyé de Dieu reçut la révélation suivante (Coran, chapitre 62 versets 40 à 42) :

« La permission de se battre est accordée à ceux contre qui la guerre est faite, parce qu’ils ont été injustement traités – et Allah a assurément le pouvoir de les aider – ceux qui ont été injustement chassés de leurs habitations, seulement parce qu’ils ont dit : « Notre Seigneur est Allah ». Et si Allah ne repoussait pas certains hommes par d’autres, les cloîtres auraient assurément été démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d’Allah est souvent mentionné. Allah aide assurément celui qui L’aide. Allah est, en vérité, Puissant, Fort. Ceux qui, si Nous les établissons sur la terre, observeront les prières, et payeront l’impôt, et enjoindront le bien et interdiront le mal. Et c’est sur Allah que repose la fin des affaires. »

Le verset vise à signifier que l’autorisation de combattre est accordée aux victimes de l’agression. Dieu aide assurément les victimes – ceux qui ont été arrachés à leur maison à cause de leurs croyances. Cette autorisation est sage parce que, si Dieu ne repoussait pas les cruels à l’aide des justes, il n’y aurait pas de liberté de conscience et de culte dans le monde. Dieu doit aider ceux qui aident à établir la liberté et le culte. Il s’ensuit que le combat est permis à un peuple qui a souffert longtemps d’une agression délibérée – quand l’agresseur n’a eu aucune raison d’attaquer et qu’il cherche à intervenir dans la religion de sa victime. Le devoir de celle-ci, en accédant au pouvoir le cas échéant, est de rétablir la liberté religieuse et de protéger toutes les religions et les lieux saints. Son pouvoir ne doit pas servir à sa propre glorification, mais au bien-être des pauvres, au progrès du pays et à la consolidation de la paix.

Cet enseignement est aussi irrécusable qu’il est clair et précis. Il proclame le fait que les premiers musulmans eurent recours à la guerre parce qu’ils furent obligés de le faire. Autrement, les guerres d’agres­sion sont interdites par l’Islam.

Un point encore extrêmement important dans ce verset est que ce verset ne supporte pas simplement un peuple précis, mais s’adresse à tous, peu importe la religion, c’est un verset qui souligne l’importance de maintenir la Paix parmi tous les peuples. Dans le chapitre 2 versets 191 à 194, Dieu déclare en effet :

« Et combattez pour la cause d’Allāh contre ceux qui combattent contre vous, mais ne dépassez pas les limites. Assurément, Allāh n’aime pas les transgresseurs. Et en temps de guerre tuez-les partout où vous les trouverez et chassez-les d’où ils vous ont chassés, car la persécution est pire que le fait de tuer. Ne les combattez pas auprès de la Sainte Mosquée, à moins qu’ils ne vous y attaquent. Mais s’ils vous attaquent, alors combattez-les ; car telle est la rétribution pour les mécréants. Mais s’ils cessent les hostilités, alors Allāh est assurément Très Pardonnant, Miséricordieux. Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que la religion puisse être professée pour Allāh. Mais s’ils cessent le combat, alors souvenez-vous qu’il n’y a aucune hostilité sauf contre les transgresseurs. »

L’Islam n’est pas une religion belliqueuse

Il est donc permis de dire que les versets enseignent les règles catégoriques suivantes :

1) Nous ne devons recourir à la guerre que pour l’amour de Dieu et non pour des motifs personnels, pour notre propre gloire ou pour d’autres intérêt,

2) Nous ne pouvons entrer en guerre que si nous sommes nous-mêmes agressés,

3) Nous ne pouvons combattre que ceux qui nous combattent. Nous ne pouvons pas combattre ceux qui ne sont pas en guerre,

4) Même après que l’ennemi a lancé l’attaque, notre devoir est de limiter la guerre. Il est mal d’étendre la guerre, que ce soit territorialement ou par les armes employées,

5) Nous ne devons nous battre que contre une armée régulière à la solde de l’ennemi et qui combat pour lui. Nous ne devons pas nous battre contre d’autres qui se trouvent du côté de l’ennemi.

Pendant la guerre, l’immunité doit être accordée aux lieux du culte et pour l’observation des rites religieux. Si l’ennemi épargne les lieux où sont célébrées des cérémonies religieuses, les musulmans doivent également s’abstenir de combattre en de tels lieux. Si l’ennemi utilise un lieu du culte comme base d’attaque, alors les musulmans peuvent répondre à l’attaque. Ils ne pourront être blâmés de l’avoir fait. Le combat n’est pas autorisé à proximité des lieux de culte. Lancer une attaque contre de tels lieux afin de les détruire ou de les endommager est absolument interdit. Un lieu du culte employé comme base d’opérations peut inviter à une riposte. La responsabilité pour tout dommage causé au lieu incombera alors à l’ennemi et non aux musulmans.

Si l’ennemi réalise le danger et son erreur en utilisant comme base un lieu de culte et qu’il change le front de bataille, les musulmans doivent alors se conformer au changement. Le fait que l’ennemi ait lancé l’attaque à partir d’un lieu du culte ne doit pas servir de prétexte pour attaquer ce lieu. Par respect, les musulmans doivent aussi changer leur front de bataille dès que l’ennemi le fait.

Ces enseignements suffisent pour réfuter les accusations erronées accusant l’Islam d’avoir été propagé par l’épée, ou encore celles faites de nos jours disant de que « l’Islam n’est pas une religion mais une idéologie guerrière et conquérante » (Les 4 Vérités.com, 10 Novembre 2012).

Réfutation de quelques représentations

Les Musulmans extrémistes sont les premiers coupables de ces fausses accusations…ils interprètent eux-mêmes mal le Saint Coran. Ils considèrent, la Guerre Sainte comme un moyen de gagner le Paradis, en tuant sans réfléchir, hommes, femmes, ou enfants innocents en se suicidant sous des attentats kamikazes… Alors que le Saint Coran dit clairement que la seule condition permettant de répondre par la guerre est d’avoir été chassé, persécuté, et agressé d’abord. Le contexte est bien clair et précis. Chaque verset du Saint Coran doit être compris et interprété selon les conditions et contexte de l’Histoire et non mot à mot à la lettre.

Les autres religions et politiciens se servent de cette image faussée de l’Islam pour répandre une propagande anti-Islam. Comment peut-on accuser un prophète et Son Message de guerrier lorsque celui-ci recevant des flèches au visage, protégé par la fameuse main de Talha (ra), continue de supplier Son Seigneur, pour pardonner ses ennemis :

« Mon Dieu, pardonne a mon peuple car il ne sait pas ce qu’il fait »  (Muslim).

Le Prophète (s.a.w.) s’effondra au milieu des morts, ces morts qui avaient donné leur vie pour sa défense. D’autres musulmans vinrent le défendre contre de nouvelles attaques. Ils tombèrent eux aussi. Le Saint Prophète (s.a.w.) gisait, sans connaissance, parmi ces corps. »

*Par Mahrukh Arif

Quelques représentations actuelles autour de la personne de Muhammad

On a pu lire l’ensemble des traits caractéristiques du Prophète de l’Islam dans les développements précédents. Or, la société actuelle a totalement obéré ces hautes qualités morales. La bonté du Prophète envers les enfants a été changé en pédophilie envers les enfants ; le respect et statut qu’il a donné aux femmes a été changé en une passion malsaine pour les femmes. Chaque représentation actuelle correspond à une transformation de ses qualités morales en caractère amorale, le faisant passer pour un prophète malsain. Or ce sont justement des représentations que l’on véhicule à sa convenance sans prendre la peine d’étudier la vie, le caractère et la beauté de ce personnage historique pour les uns et prophète pour les autres.

Violences et Islam

Si les musulmans ont dû se battre, c’était pour préserver la liberté d’expression, de conscience, de religion non seulement des musulmans mais aussi des non musulmans et la paix sociale comme l’a très bien expliqué Aneeqa Rehman. Or, aujourd’hui, ces même libertés acquises avec tant de peine et revendications contribuent à troubler la paix sociale.

image (2)Prenons l’exemple des caricatures danoises ou françaises faites par Charlie Hebdo qui représentent le Prophète avec une bombe, comme un terroriste et un guerrier. On oublie que c’est ce même Prophète qui avait introduit des traités et des conditions de guerre très cadrées et strictes pour que toute guerre débouche sur la paix. Les guerres ont d’ailleurs été faites dans le but d’une paix. Face à ces représentations que l’on fait au nom de la liberté d’expression, la paix sociale est troublée dans la mesure où ces représentations heurtent la sensibilité religieuse des musulmans. En ce sens, la réaction violente des musulmans est un réaction quasi naturelle bien qu’elle soit pas du tout la bonne et la plus conforme à l’Islam.

Ce qu’il faut savoir c’est que ces moqueries, injures et accusations à l’encontre du Prophète Muhammad (saw) ne datent pas d’aujourd’hui. A son époque même, certain l’insultait de fou parce qu’il s’était proclamé Prophète. Face à ces accusations, le Prophète de l’Islam, Muhammad, n’a jamais préconisé la violence dans la mesure où Dieu, Allah, ne l’a jamais ordonné. Plusieurs injonctions du Coran suffisent à le prouver :

« 98. Et, en vérité, Nous savons que ton cœur se serre à cause de ce qu’ils disent. »

« 99. Mais avec les louanges de ton Seigneur, glorifie-Le et sois de ceux qui se prosternent devant lui ».

Chapitre 15, Al-Hijr.

Premièrement, ces versets démontrent deux choses, premièrement on voit que ces insultes attristaient profondément Muhammad. Plusieurs autres versets que j’aimerai citer en tant qu’exemples le montre :

« 71. Et ne t’affligent pas pour eux, et ne sois pas angoissé à cause de ce qu’ils complotent »

« 77. Que leur discours ne t’afflige donc pas. En vérité, Nous savons ce qu’ils dissimulent et ce qu’ils proclament »

Chapitre 27, An-Naml.

Deuxièmement, ces versets montrent que la réaction à avoir dans de telles situations est de se tourner vers Dieu, le glorifier et se prosterner devant Lui Seul en implorant Son aide. Dans aucun passage du Coran la violence n’est préconisée contre quiconque commet un blasphème, c’est-à-dire une insulte envers le Prophète. Au contraire, chaque verset appelle à ne pas répondre et plutôt à s’en remettre à Dieu. Dans certains pays musulmans des lois prévoient la mort ou pendaison contre celui qui commet un blasphème. Une punition aussi stricte, souvent justifiée par le Coran, mais qui n’y figure nulle part. Au Pakistan, par exemple, on se sert de ces lois pour réprimer les minorités religieuses chrétiennes, hindou et ahmadie. On instrumentalise un fait religieux – qui ne l’est en réalité pas du tout – pour opprimer ces gens. Ce qu’il faut retenir c’est qu’aucune de ces pratiques n’étaient en vigueur à l’époque du Prophète Muhammad puisqu’elles ne font tout simplement pas parties de ses enseignements.

Ce sont en réalité les nobles exemples laissés par ce noble Prophète que les musulmans ont aujourd’hui oubliés. Au lieu de cela, ils brûlent des ambassades, des drapeaux et compromettent la paix sociale. Tandis que le Prophète n’a jamais répondu par de la violence pour justement maintenir la paix sociale et ne pas créer de discordes.

La faute aujourd’hui est clairement des deux côtés : les caricaturistes qui utilisent leur liberté d’expression à tout bout de champ savent pertinemment et c’est en réalité très logique que leurs actes vont heurter la sensibilité des musulmans et les indigner. La moquerie a toujours été une arme pour blesser la personne visée, la ridiculiser et la tourner en dérision. Dans ce cas précis, la moquerie devient un motif de haine, de divisions et démonstrations de violence dont les premières victimes sont les citoyens lambda.

Ces mêmes images de musulmans utilisant la violence sont ensuite utilisées et diffusées dans le monde et des assimilations avec l’Islam sont opérées. C’est cela qui contribue à l’élaboration des représentations. Or, ces actes – comme on vient de le voir – n’ont à voir ni avec l’Islam, ni avec Muhammad (paix soit sur lui) et ses enseignements. Aucune violence ne peut être justifiée par un motif religieux puisqu’elles appellent toutes à la paix.

En réalité, ces moqueries qui sont aujourd’hui faite à l’égard du prophète Muhammad (saw) ont aussi été émises à l’égard des prophètes qui lui ont précédé. Pour tous ces prophètes aussi, nous condamnons les caricatures et l’usage abusive de la liberté d’expression. Un autre verset du Coran affirme clairement cette idée :

« 35. Et en vérité, avant toi des Messagers ont été traités de menteurs, mais bien qu’ils fussent traités de menteurs et persécutés, ils patientèrent jusqu’à ce que Notre secours leur vint. Personne ne peut changer les paroles d’Allah. Et des nouvelles des Messagers passés te sont déjà parvenues ».

Chapitre 6, Al-Anam

 Ici, Dieu informe le Prophète Muhammad (saw) que tous les prophètes avant lui ont été traités de menteur et ridiculiser. Mais aucun n’a répondu par la violence. Dieu enjoint à patienter et implorer Son aide. Qu’il s’agisse d’Adam, d’Abraham, de David, de Salomon, de Jacob, de Job, de Moise, de Jésus ou de Muhammad (saw), nous condamnons les moqueries et caricatures dans la mesure où cela entre en contradiction avec le respect des sensibilités religieuses.

Outre ces représentations qui sont fausses, un musulman est autant affligé si Abraham, Moise, Jésus ou autre prophète est l’objet de la moquerie que Muhammad (saw). Puisque si nous n’acceptons pas ces prophètes, nous n’acceptons pas complètement Muhammad (saw). Il nous a appris ce respect, cette tolérance et l’importance de favoriser la paix plutôt que la violence, la discorde et le conflit.

Pour appuyer cet argument avec un exemple de la vie même du Prophète Muhammad (saw), on raconte qu’une fois un juif dit que Moïse est supérieur à Muhammad. Face à cela, un musulman a répliqué « Muhammad est supérieur à Moise ». Lorsque le Saint Prophète Muhammad (saw) entendit cela, il dit « Ne dites pas aux juifs que je suis supérieure à Moise. Il nous incombe de respecter leurs sensibilités religieuses ».

Puisque l’on parle de blasphème et de la tolérance extraordinaire du Prophète Muhammad (saw), on raconte qu’une fois, un homme se réfugia dans une mosquée et commença à uriner. Les compagnons du Prophète accoururent et se mirent à crier sur l’homme. Le Saint Prophète Muhammad (saw) les arrêta et leur dit : Laissez lui finir d’uriner, si vous l’interrompez pendant qu’il urine, il peut souffrir. Quand cet homme eut fini, le Saint Prophète Muhammad (saw) lui expliqua que cela entre en contradiction avec les étiquettes à avoir dans un lieu saint quelconque, prit une bassine et nettoya l’urine lui-même.

Voici un exemple de tolérance et de compassion grandiose et le vrai visage du Prophète Muhammad (saw). Au delà des représentations que l’on en fait aujourd’hui, le Prophète Muhammad (saw) était emplie d’une tolérance et compassion pour l’humanité inégalable. Lorsque la femme qui lui jette des ordures ne vient plus le faire, il apprends qu’elle est malade et se rends aussitôt prendre de ses nouvelles, lorsqu’un homme lui annonce qu’il a enterré sa fille vivante, il pleure toutes les larmes de son corps et lui demande « Dieu ne t’a t-il pas donné un cœur?! », lorsqu’il voit comment un animal a été traité par la marque de son visage, il dit « La personne qui a commit cet acte monstrueux n’a t-il pas eu de compassion? ».

Ces représentations aujourd’hui que l’on retrouve partout sont nées d’une incompréhension voire d’une ignorance totale du caractère véritable du prophète Muhammad (saw). Au lieu de faire ses propres recherches, des recherches sont faites pour justifier ces représentations : si d’un côté les extrémistes religieux utilisent des versets sorti de tout contexte sans même connaître leur véritable signification et montre le contre-exemple du prophète Muhammad (saw) en préconisant un Islam politique qui n’a plus rien à avoir avec l’essence même de l’Islam, les caricaturistes et ceux qui font des films comme ceux-ci se rangent dans la même lignée. Ils exagèrent chaque représentations, en l’amenant, comme je le disais en introduction à son extrême.

Ces deux attitudes sont des attitudes extrémistes puisqu’elles mènent vers un même chemin : le chemin de la haine, la discorde et le trouble social et mondiale et sont à condamner de façon égale. Un musulman écrivait dans un de son article en répondant aux allégations du film : « Hate speech is not free speech » : un discours qui incite à la haine ne peut être un discours libre ». L’histoire témoigne que chaque fois que l’on a autorisé ce genre des discours basée sur des représentations menant à la haine ou a l’exclusion,  on est parvenu  à la fin de l’humanité.

L’esclavage noire est née d’une représentation : celle que les noirs ne sont pas des êtres humains et chaque type de torture était justifiée. Le génocide des juifs pendant la seconde guerre mondiale est née d’une représentation : celle que les juifs sont des êtres fourbes qu’il faut exterminer.

Il devient ainsi impératif que l’on fasse un choix : sacraliser la liberté d’expression et remettre en cause la paix mondiale ou fixer des limites pour maintenir une cohésion mondiale. 1400 ans avant, le prophète Muhammad (saw) avait favoriser la paix, il n’avait en aucun cas fait recours à la force et s’était tourné vers Dieu. Ce noble geste mériterait qu’aujourd’hui, ce respect lui soit retourné, tant par les musulmans eux-mêmes que par les non musulmans. Cet homme qui 1400 ans avant avait lutté non pas seulement pour la liberté d’expression des musulmans, mais des juifs, des chrétiens et des païens et non croyants au prix de persécutions, d’insultes sans pareil mais qui n’avait jamais fait manque de compassion et perdu espoir en l’être humain. Il ne s’agit plus d’une question de croyance ou d’incroyance mais de respect. Le respect et la tolérance des sensibilités religieuses et non religieuses sont la seule voie qui permettrait de maintenir la paix au détriment d’une liberté d’expression qui permet de les heurter et compromettre la paix.

L’idée dans le dernier sermon du prophète est bien celle-ci : ne trouvons plus de cause de discorde mais rassemblons-nous sur nos points communs. Le plus grand des points commun est que nous sommes humain, l’humanité est avant tout ce qui prédomine.

Dans le Saint Coran, Dieu affirme au sujet de Muhammad (pssl) :

« Et nous t’avons envoyé comme une Miséricorde pour l’humanité ».

La question se pose ainsi de savoir comment et pourquoi des extrémistes religieux, qui se prétendent être des disciples de Muhammad (pssl) peuvent employé des moyens aussi monstrueux?

La grande controverse du Djihad en Islam : réponse de l’Islam Ahmadiyya

Dans la partie traitée par Aneeqa Rehman, on a vu la mention du Djihad : les musulmans devaient, suite à la volonté de Dieu, combattre pour protéger la liberté de religion, de conscience et d’expression. Pourtant, aujourd’hui encore on trouve des extrémistes que l’on appelle d’ailleurs des Djihadistes > pratiquent le Djihad tuer des innocents et justifie très facilement cela par le Coran.

Pour étudier cette question j’aimerai prendre l’exemple la plus récente de ce cas en France qui a été l’Affaire Mehra. Pour ceux qui ne connaissent pas l’affaire, Mohamed Mehra était un jeune toulousain qui a tué de jeunes enfants, un professeur d’une école juive et des membres du Régiment des parachutistes et s’est déclaré être un martyre de l’Islam. L’enquête a révélé qu’il avait été en Afghanistan et au Pakistan plusieurs fois où il avait été formé à être un djihadistes et un martyre au nom de l’Islam. Ce qu’il faut savoir c’est que ce qu’il prétends être n’a rien à voir avec l’Islam. Mohamed Mehra n’a en réalité rien saisi à l’Islam et à sa profonde philosophie. En tuant ces personnes, il a en réalité tuer toute l’humanité. A t-il oublié que le fondateur même de l’Islam avait dit « Tuer un homme revient à tuer l’humanité toute entière ». Ce que suivait Mohamed Mehra n’était pas l’Islam mais un Islam inventé de chaque pièce. Il a présenté l’Islam comme une religion incitant à se parer d’un arsenal d’armes afin de semer la discorde entre les peuples et créer la division, comme une religion ne proclamant aucune égalité entre les peuples, quelles que soient leurs croyances.

A l’époque du Saint Prophète (pssl), les persécutions étaient immenses et visaient à faire disparaître l’Islam de la surface de la terre. Puisque les musulmans au début de l’ère préislamique étaient peu nombreux les opposants les avaient traités avec une hostilité très violente. Les orphelins et les femmes ont été abattues dans les rues. Après l’époque du Saint Prophète Muhammad (saw) et de ses successeurs qu’on appelle les Califes bien guidés se sont malheureusement mépris sur sa définition. C’est ainsi que l’on a commencé à assimiler la tuerie injuste des créatures de Dieu à une marque de vertu religieuse.

Dans la mesure où cette conférence vous ait présenté par les femmes de l’Association Musulmane Ahmadiyya, il incombe que nous présentions la vision du Djihad par le fondateur du mouvement islamique Ahmadiyya. Le mouvement Ahmadiyya est né en 1889 par Hadhrat Mirza Ghulam Ahmad qui s’est proclamé être le Messie Promis attendu par toutes les religions. Il défends la thèse que les conditions du Djihad défensif que les terroristes prétendent utiliser ne peuvent plus être réunie et de cette façon il est strictement défendu aux musulmans Ahmadi de pratiquer ce Djihad. Par contre, le Djihad bin Nafs, lutte contre son égo continuera éternellement. Au lieu de répondre aux allégations en prenant les armes, il prône un Djihad par la plume, répondre intellectuellement aux allégation faite à l’encontre de l’Islam et son Saint Fondateur.

Dans son ouvrage « Le gouvernement britannique et le Djihad », Mirza Ghulam Ahmad (as) affirme que l’interprétation du djihad est tout à fait incorrecte et qu’en fait son premier volet est la destruction de toute sympathie pour l’humanité. Leur croyance est que le Djihad devrait être légalisé comme il l’était au début de l’Islam est totalement erronée et cela pour les deux raisons suivantes

Premièrement, en aucun cas, notre Saint Prophète (pssl) n’avait brandi l’épée contre quiconque à moins que ce dernier n’eut préalablement fait pour massacrer des innocents sans aucune pitié avec une brutalité telle qu’elle fait froid au dos.

Deuxièmement, l’arrivée du Messie Promis devait mettre fin aux guerres de religion. Il écrit : « le commandement ne serait plus de rigueur car il est écrit que le djihad violent et la guerre religieuse cesseront avec la venue du Messie qui ne brandira pas l’épée ni aucune arme matérielle. La prière sera son seul argument et la détermination ferme sa seule arme. Il établira la paix et réunira la chèvre et le lion. Son époque sera celle de la paix, de la gentillesse et de la sympathie pour l’humanité. Hélas! Pourquoi ces gens ne réfléchissent ils pas à ces parole du Saint Prophète Muhammad (pssl) prononcées il y a plus que 13 ans en l’honneur du Messie Promis « Yada dul Harb » : il mettra fin aux guerres ».

Hadhrat Mirza Ghulam Ahmad parle même d’une violation des droits de l’homme au sujet des musulmans qui ont brandi l’épée injustement et on appelé cela le djihad. Qu’avait fait les trois enfants et le professeur à Mohamed Mehra? Tuer un innocent sans aucune raison n’a rien à voir avec la religion, l’humanité et la compassion – tous ces enseignements que le prophète Muhammad avait enseigné. Mohamed Mehra n’a en rien suivi les principes de l’Islam et de son Fondateur, au contraire, il n’a fait que de les salir par l’assouvissement d’un désir égoïste d’accéder au paradis.

Hadhrat Mirza Ghulam Ahmad affirme : « Pourrait-on qualifier de bonne action le geste de tirer sur un étranger absorbé par ses pensées, avec l’intention de le tuer? Est-ce de la religiosité? Si ce sont là des actes de quelques vertu alors les animaux sont plus vertueux que les êtres humains ».

Il affirme que les musulmans devraient au contraire prendre exemple sur la façon dont le Prophète Muhammad et ses compagnons ont subit les 13 ans de persécutions avec une patience, une conduite morale noble et le seul recours à Dieu. Tandis que

« la doctrine du djihad telle qu’elle est comprise et véhiculée par les théologiens musulmans de cette époque, que l’on appelle les Maulvis (ou Mollahs) est entièrement fausse. Leur prédication rigoureuse ne peut avoir d’effet, si ce n’est de changer les gens ordinaires en bêtes féroces, les dépourvoyant de toutes les vertus qui caractérisent les êtres humains. Et cela a déjà eu lieu. J’ai la conviction que le fardeau des péchés commis par ceux qui, par ignorance, tuent sous l’influence de ces homélies, et qui méconnaissent les raisons pour lesquelles à ses débuts l’Islam avait été obligé de se battre, retombera sur les épaules de ces Maulvis qui n’arrêtent pas de prêcher secrètement ces doctrines dangereuses qui font tant de victimes… »

A cet effet, lorsque le film anti-musulman est sorti le successeur actuel de la commaunuté musulmane ahmadiyya, Mirza Masroor Ahmad (atba), a dit que la communauté musulmane ahmadiyya ne répliquera jamais par de la violence. Au contraire, il appelé les musulmans à envoyer plus de louanges sur le Prophète Muhammad (saw) et écrire, avertir, informer et combattre ces représentations en montrant le véritable caractère du Saint Prophète Muhammad (saw) qui a conquis les cœurs n’ont pas par l’épée mais par son inégalable compassion.

*

FIN DE LA CONFÉRENCE

**

Pour citer le compte-rendu :

Mahrukh Arif, « Muhammad, au-delà des représentations », in : www.cultures-et-croyances.com, Rubrique Cultur & Partage – Compte-rendu, mai 2014.

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