COMPTE-RENDU – Ouvrage, « Jérusalem : voyage dans le passé ».

*Compte-rendu rédigé par Bina Shah

J’ai été vraiment chanceuse, hier (après l’attaque des aigles), de pouvoir me rendre, avec des mains saines et sauves, à la soirée d’inauguration d’un somptueux nouvel ouvrage intitulé en anglais Jerusalem: Journey Back in Time que l’on traduira par « Jérusalem : voyage dans le passé ». Il convient de le qualifier de livre photographique ou de carnet de voyage rédigé par mon spécialiste oto-rhino-laryngologie (ORL), Docteur Iftikhar Salahuddin. Il m’avait fait part de son ouvrage quelques mois auparavant lorsque j’avais été le visité dans sa clinique ; j’y avais vu de magnifiques photos de différents endroits du monde musulman, tout le long de ses murs.

Il m’avait demandé un peu d’aide pour la rédaction de son livre et j’avais immédiatement répondu par l’affirmative – lorsqu’il m’eût envoyé la version PDF des premiers chapitres, j’ai été émotionnellement touchée. Ils y contenaient certaines des plus belles photographies que je n’avais jamais vu de Jérusalem et du chemin qu’il avait emprunté avec sa femme depuis la Jordanie pour rejoindre Israël. L’écriture y était également exquise : réconfortante et intime, mesurée, emplie de d’informations détaillées sans pour autant que l’on sombre dans l’ennui à propos de cette magnifique ville, son histoire, sa situation actuelle et son importance à l’avenir.

J’ai fait ce que j’ai pu afin d’apporter au texte un peu de présentation et y ai ajouté quelques révisions ; j’ai également tenté de le mettre en relation avec les éditeurs du quotidien Critical Muslim. Ils y ont publié quelques photographies dans leur série The Muslim Archipelago.

Après plus d’une année, je suis allée, hier soir, au Mohatta Palace afin de participer à l’inauguration. En même temps que cette inauguration, il y avait une exposition photographique nommée Glimpses of Muslim Architecture. Les photographies du Docteur Iftikhar Salahuddin y étaient vendues afin de collecter des fonds pour le Centre Qaid-E-Azam (nom attribué au fondateur du Pakistan qui pourrait s’analyser comme celui de « Père de la Nation ») dédié à la réhabilitation d’enfants atteints de maladies spéciales ; j’ai trouvé qu’il s’agissait d’une idée somptueuse. Il y avait des photographies de Jérusalem, du Dôme du Rocher, de la Mosquée Al-Aqsa mais également de très belles photographies du Alhambra Palace à Grenade et les monuments Esfahan et Shiraz d’Iran. Mes mots ne rendraient pas justice à ces photographies et, la plupart d’entre elles, ont été vendues mais beaucoup demeurent en exposition dans la galerie du Louvre de Karachi, si jamais vous avez le temps d’y jetez un œil et que vous souhaitez en acheter quelques unes.

Il était également très intéressant d’écouter les quelques personnalités présentes et qui ont pris la parole lors de l’inauguration et, plus particulièrement, Docteur Ishrat Husain et Docteur Salahuddin lui-même. Husein a démontré comment les Juifs américains ont réussi à atteindre l’excellence dans toutes les sphères et comment cela leur permis d’exercer une influence incroyable, à travers l’AIPAC, sur la politique américaine et toutes les campagnes politiques et les élections aux Etats-Unis. C’était l’unité qu’incarnait leur communauté qui les a rendus forts, affirme-t-il, avant de souligner que le Pakistan a beaucoup à apprendre d’eux.

Le Docteur Salahuddin a, quant à lui, décrit la difficulté avec laquelle ce livre a pu voir le jour – la plupart des maisons d’édition ne souhaitent pas toucher ni même penser à toucher un sujet de la sorte dans un des pays les plus islamiques dans le monde juste après la Mecque – parce qu’il traitait directement d’Israël. Finalement, à travers une campagne de sponsoring, réalisée par des entreprises privées, le livre est passé du stade de rêve à celui de la réalité ; BBCL, une maison d’édition locale, a en effet accepté de publier le livre.

C’est alors qu’il a décrit certains aspects de son voyage – comme sa femme et lui-même et leur groupe on traversé la frontière entre la Jordanie et Israël, certaines choses qu’ils ont vu à Jérusalem, le sentiment qui était éprouvé lorsqu’ils prenaient le bus. Il a toutefois affirmé très clairement que les Arabes locaux vivaient dans des conditions désastreuses d’occupation et qu’ils étaient totalement impuissants, faisant face à la pauvreté et aux pénuries alors que les Juifs disposaient d’un très beau cadre de vie alors que de l’autre côté du mur la sécurité avait totalement assiégé la Cisjordanie. Ce faisant, il n’a pas employé une rhétorique enflammée, il a simplement témoigné de ce que ses yeux ont pu constater ; comment, tous les jours, les Palestiniens étaient harcelés par les forces de l’ordre Israéliennes dans les rues de Jérusalem, comment leurs vies respectives ont été mises sans dessus-dessous par l’occupation israélienne et comment les visiteurs du Dôme du Rocher et de la Mosquée Al-Aqsa devaient réciter des sourates du Qur’an afin de prouver qu’ils étaient musulmans afin de pouvoir accéder aux sites saints.

A aucun moment, cet homme n’inspire ce sentiment d’antisémitisme si présent lorsque vous vivez au Pakistan ; sa façon douce et sage de dire les choses sonnait comme un vent d’air frais là où la droit conservatrice et religieuse a pour habitude d’y loger le feu et la souffrance. Toutefois, le discours du Docteur Salahuddin contrastait très nettement avec celui que vouait le Docteur Husain à la communauté juive des Etats-Unis. Il a en effet soutenu que l’injustice, en Palestine, se poursuit et que l’occupation israélienne ne s’est pas arrêtée. Quoiqu’il en soit, après cette inauguration je sentais que j’avais appris quelque chose sur le monde, quelque chose qui m’échappais, que je ne savais pas ; je m’en suis allée avec une sompteuse photographie d’Alhambra qui orne désormais ma chambre, comme un porte ouverte vers un autre monde.

*Ce compte-rendu rédigé par Bina Shah. Bina est écrivain et journaliste de Karachi au Pakistan. Elle est l’auteure de six nouvelles et d’histoires courtes. Elle rédige également, sur une base mensuelle, des articles sur le Pakistan pour le International New York Times. Sa nouvelle Une Saison pour les Martyrs sera publiée en 2014.

Pour citer le compte-rendu :

Bina Shah, « Ouvrage, « Jérusalem : voyage dans le passé » », in : www.cultures-et-croyances.com, Rubrique Cultures & Partage – Compte-rendu, décembre 2013.

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