DOSSIER SPECIAL – « Les défis du Mali Nouveau : 365 propositions pour l’émergence » – E pour Economie

CHEICKNA BOUNAJIM CISSE

LES DEFIS

DU MALI NOUVEAU

 

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 365 propositions pour l’émergence

 

ECONOMIE

 « L’économie ne se change pas par décret. »

Michel ROCARD[1]

 

 

 

Le Mali est un pays enclavé de l’Afrique de l’Ouest, membre de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Il dispose d’importantes potentialités économiques (agricoles et minières) et d’une main d’œuvre jeune et abondante. Ces dernières années, le taux de croissance de son économie bien que positif reste insuffisant pour venir à bout des énormes défis de son développement. Le Mali est toujours classé dans la catégorie des pays les moins avancés (PMA)[2]. Sa richesse nationale, exprimée en PIB nominal, a été évaluée à  5 012 milliards de CFA en 2011. C’est juste la moitié de celle de la Côte d’Ivoire, le quart de celle du Ghana et 23 fois moins que celle du Nigéria. D’ailleurs, l’économie malienne est à l’image de celle du continent. En effet, la production cumulée de l’Afrique, avec ses 54 Etats réunis, ne représente même pas celle d’un seul pays émergent comme le Brésil.[3]

Alors que l’économie malienne déjà vulnérable aux chocs énergétique et alimentaire peinait à se redresser, le pays a dû faire face en 2012 à une double crise politico-sécuritaire avec des conséquences humanitaires et économiques catastrophiques, exacerbées par l’effondrement des concours extérieurs, principale source de financement des politiques publiques. Pour la première fois, depuis 2000, l’activité économique au Mali s’est contractée avec un taux de croissance négatif de 1,5% en 2012.

Pour autant, les perspectives économiques du Mali, fortement tributaires de l’évolution de la situation interne et des bonnes intentions des Partenaires Techniques et Financiers (PTF), s’annoncent promotteuses. Elles confirmeraient un début de résilience[4] de l’économie malienne et aussi de la justesse des mesures[5] prises par les autorités de la Transition pour sauver la situation économique[6]. Ainsi, la croissance devrait être de retour dès 2013 en se situant autour de 5%.

 

Etat des lieux

La situation économique du Mali que nous présentons ici se focalise sur le cadre macro-économique, à travers ses quatre principales composantes : la croissance, le budget, la balance de paiements, la monnaie et l’inflation. Les secteurs de production sont abordés et développés dans les autres chapitres de cet ouvrage.

La présente présentation est, principalement, extraite des conclusions du « Mali Economic Update », rapport de janvier 2013 de la Banque mondiale[7] sur l’économie malienne et du rapport d’analyse de l’Observatoire du Développement Humain Durable, et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP)[8] sur les effets de la crise politico-sécuritaire.

Au regard de la mobilisation exceptionnelle et historique de la communauté internationale lors de la conférence des donateurs pour le développement du Mali, tenue le 15 mai 2013 à Bruxelles (siège de la Commission Européenne en Belgique), un focus est fait sur l’évènement et son document-cadre, le Plan de relance durable du Mali (PRED).

  • Croissance : Au cours de la décennie écoulée, le Mali a connu un rythme de croissance économique appréciable. Entre 2000 et 2010, le PIB a cru au taux annuel moyen de 5,7%. Le taux de croissance a été volatile au début de la période mais s’est stabilisé à environ 5% entre 2005 et 2010. Cette performance a été soutenue par des facteurs exogènes, notamment une bonne pluviométrie et des termes de l’échange globalement favorables. Elle résultait également de facteurs endogènes, entre autres la stabilité politique et une bonne gestion macroéconomique, qui ont permis un financement de l’investissement par des ressources extérieures. En 2011, la croissance a ralenti à 2,7 % du fait d’une mauvaise pluviométrie. En 2012, les plus récentes estimations tablent sur une contraction du PIB réel de 1,5 %, en relation avec les tensions d’ordre politique et sécuritaire. Les secteurs les plus affectés par la crise seraient dans le domaine tertiaire, en particulier dans le tourisme et l’hôtellerie. Dans le secteur secondaire, la contraction du BTP (-20%), lié à la baisse des investissements publics et privés, serait contrebalancé par une bonne tenue de la production minière (+7,5%). Enfin, le secteur primaire (+8%) profiterait du rebond spectaculaire de la production agricole (+13%). Ainsi, l’impact négatif de la situation d’instabilité politique sur l’activité économique en 2012 serait atténué par la bonne performance des sous-secteurs agricole et aurifère. Il convient, en outre, de relever une résilience appréciable du cadre macroéconomique.
  • Politique budgétaire[9] : L’exécution du budget de 2012 a été affectée par l’instabilité politique et la récession économique. Malgré la crise[10], le niveau des recettes totales est attendu en légère hausse en 2012 par rapport à 2011. En revanche, les dons baisseraient de près de 90%. Par conséquent, le total des recettes et dons devrait diminuer de 17 % en termes réels en 2012 par rapport à 2011. En outre, les opportunités de financement ont été sensiblement réduites, avec une baisse de 93 % du financement extérieur net (représentant 2,5 points de pourcentage du PIB). En conséquence, le déficit budgétaire global devrait passer de 3,8 % du PIB en 2011 à 2,5 % du PIB en 2012. Avec un financement limité, les dépenses publiques ont été sensiblement réduites. Les dépenses totales et prêts nets devraient ainsi baisser de 21 % en termes réels par rapport à 2011. Le secteur de l’investissement public serait le plus durement affecté avec une baisse de 60 % en termes réels. En revanche, les autorités se sont engagées à protéger les dépenses courantes, en particulier pour la prestation des services de base (éducation, santé, agriculture) et les transferts sociaux. En termes réels, les dépenses courantes ressortiraient stables en 2012 par rapport à 2011. Par ailleurs, les autorités maliennes ont décidé de continuer d’honorer le service de la dette extérieure en dépit de la suspension des programmes d’aide. Cette bonne pratique est de nature à faciliter un réengagement rapide des partenaires lorsque les conditions politiques le permettront. L’orientation prudente de la politique budgétaire du Mali, se traduisant également par un niveau d’endettement modéré, est un facteur important de la stabilité macroéconomique. La dernière analyse de soutenabilité de la dette (ASD) menée en 2012 a considéré le risque de surendettement du Mali comme modéré, inchangé par rapport à l’ASD précédente. La dette extérieure du Mali, entièrement publique, ressortirait à 29,5% du PIB en 2012, après avoir atteint 28,1% en 2011. La dette intérieure reste également faible. Elle passerait de 4,7% du PIB en 2011 à 5,1% en 2012. En termes de défis, le Mali doit encore réaliser des progrès substantiels concernant le niveau de collecte des recettes. Pour cela, la mise en œuvre du programme de transition fiscale est impérative. Du point de vue de la dépense, la composition de celle-ci devrait être fortement ajustée dans le moyen terme pour amplifier le niveau des investissements publics, tout en assurant la délivrance des services sociaux de base. Au sujet du financement, la dépendance vis-à-vis des ressources extérieures constitue une contrainte forte, qui pourrait être atténuée par l’approfondissement du marché financier domestique.

Budget 2013[11] : Le Budget d’Etat 2013 (budget général et budgets annexes, comptes et fonds spéciaux), après adoption de la loi des Finances rectificative en mai 2013, se chiffre en dépenses à 1 464,596 milliards de francs CFA contre 1 057,257 milliards, initialement prévus, soit une augmentation de 407,339 milliards ou un taux de progression de 38,53 %. Les recettes passent de 1 007,080 milliards francs CFA à 1 433,036 milliards dans le budget rectifié, soit une progression de 42,30 %. Le déficit budgétaire dégagé est de 31,560 milliards de francs CFA contre 50,177 milliards prévus dans le budget initial 2013, soit une réduction de 18,617 milliards ou un taux de 37,10 %. Il sera financé par les ressources provenant des aides extérieures. La reprise de la coopération financière avec les partenaires techniques à travers des annonces d’appui budgétaire et la levée de la suspension des financements extérieurs des projets de développement ont rendu nécessaire la modification de la Loi de finances 2013 initiale. Il faut rappeler que l’adoption d’un projet de loi de finances rectificative avait été envisagée dès l’adoption de cette loi de finances en décembre dernier. Les ajustements[12] du collectif budgétaire sont destinés à prendre en compte les financements extérieurs (appuis budgétaires, projets-programmes du budget spécial d’investissement), les fonds de concours aux armées et à l’aide humanitaire, le reliquat des ressources issues de la vente de la troisième licence de téléphonie mobile. S’y ajoutent les recettes additionnelles attendues au titre des dividendes des sociétés minières et le report d’une partie des ressources de l’appui budgétaire sectoriel 2010-2011 non utilisées de la santé et des fonds d’emprunts intérieurs. Les ressources au titre des appuis budgétaires sont inscrites pour un montant de 170,65 milliards financées par les principaux PTF du Mali (Union européenne, Pays-Bas, Banque mondiale, Fonds monétaire international, Agence française de développement …). Par ailleurs il a été créé un fonds de concours aux forces armées pour un montant de 7,91 milliards dont 4,91 milliards financés par le fonds d’accès universel de télécommunication et 3 milliards de contributions volontaires prévues de personnes physiques.

 

  • Monnaie et inflation : En tant que pays membre de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), le Mali partage les arrangements institutionnels de la Zone Franc, notamment le rattachement de la monnaie commune (CFA) à l’Euro. Ce cadre institutionnel garantit un degré de stabilité monétaire appréciable, mais suppose aussi des contraintes sur l’autonomie de la politique monétaire, en particulier face à des chocs asymétriques. Le coût d’ajustement induit en termes de réduction des investissements publics est illustratif de la contrainte susmentionnée.

Entre 2010 et 2011, la masse monétaire a augmenté de 15%, entraînée principalement par la forte croissance des crédits à l’économie (+24%) et par une légère détérioration de la position créditrice du gouvernement. A fin octobre 2012, la masse monétaire a progressé de 13% en glissement annuel. Cette progression reflète principalement une détérioration plus accentuée de la position créditrice du gouvernement, tandis que la croissance des crédits à l’économie est ressortie à 8% en glissement annuel. L’objectif de stabilité des prix, défini à moyen terme est globalement maintenu, malgré certains chocs transitoires, de nature exogène. Le taux d’inflation moyen annuel est passé de 1,4 % en 2010 à 3 % en 2011 et 5,3% en 2012, principalement en raison de l’impact de la sécheresse. Depuis novembre 2011, le taux d’inflation en glissement annuel s’est maintenu au-dessus de la moyenne de l’UEMOA, avec un pic de 8,2 % à fin Mai 2012. Selon les experts de l’ODHD/LP[13], cette hausse de l’inflation n’est pas uniquement liée à la crise politique et sécuritaire. En effet, la poussée haussière des prix en 2012 par poste de produit selon leur importance est engendrée par les poissons et autres produits séchés ou fumés (32,6%), les céréales non transformées (14,9%), les poissons frais (14,9%), la viande de bœuf (8,8%) le lait (8,6%). L’augmentation des prix de ces produis s’explique par l’occupation des régions du Nord du pays qui sont à fort potentiel de bétail et de poisson et la mauvaise campagne 2011-2012 au niveau des céréales. Aussi, il convient de noter que d’autres produits ont connu une hausse modérée des prix comme les tissus et habillement (4,9%), la communication téléphonique (4,1%) et les produits pétroliers (2,6%) liée à l’augmentation des cours internationaux. En revanche, les prix de certains produits ont suivi une tendance à la baisse, il s’agit du sucre (- 9,1%) en raison des subventions de l’Etat, les légumes frais et fruits (-6,6%), les médicaments modernes (-1,4%) et le transport routier de passagers (-1,4%) en rapport avec la faiblesse du trafic routier liée à l’insécurité dans le nord du pays. Pour ce qui concerne les subventions de l’Etat, il faut préciser qu’il s’agit de subventions indirectes, sous forme d’exonération ou d’allègement de droits de douane pour éviter les pénuries, notamment pendant la période de grande consommation (jeûne). Par ailleurs, il est prévu une décélération de l’inflation en 2013 de l’ordre de 3,1 points de pourcentage en relation avec la bonne pluviométrie attendue.

  • Balance des paiements : En 2012, le déficit du compte courant (dons inclus) serait sensiblement réduit par rapport à 2011, passant de 10,4% à 5,8% du PIB. Cette amélioration du solde courant reflète principalement une augmentation significative de la balance commerciale (+287 milliards FCFA) imputable à la forte croissance des exportations en volume (+16% contre 6% pour le volume des importations) et à l’amélioration des termes de l’échange. L’or et le coton ont représenté quasiment 90% des exportations du Mali en 2012. Cependant, le solde global de la balance des paiements devrait connaitre une détérioration significative, en   raison de la baisse des flux de capitaux nets, surtout publics. Le déficit global de la balance des paiements devrait être financé par une ponction de même ampleur sur les réserves de change de la BCEAO. Le dispositif du pool commun de devises participe ainsi de la résilience du cadre macroéconomique face aux chocs externes.
  • Le Plan de relance durable du Mali 2013-2014 (PRED)[14] : Il s’inscrit dans le cadre de la Feuille de route du gouvernement de la transition et du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (2012-2017). Le PRED prend en compte trois dimensions : militaire, politique et développement. Dans la perspective de la création des bases d’une économie résiliente, le PRED comprend des éléments structurants : les programmes d’investissement en infrastructures (énergétiques, routières), les investissements pour améliorer la qualité des services de l’administration, la sécurité alimentaire, l’accès aux services sociaux de base (éducation, santé, accès à l’eau potable). Le PRED présente à la fois les enjeux de très court terme et les bases d’un développement équilibré du territoire, avec douze thématiques prioritaires à soutenir dès maintenant pour relever le Mali. Il s’agit d’assurer la paix, la sécurité et l’intervention des services de l’Etat sur l’ensemble du territoire, de répondre aux urgences humanitaires et aux conséquences de la crise, d’organiser des élections libres et transparentes, de garantir le bon fonctionnement de la justice et la lutte anti-corruption, de relever le défi de l’éducation, de garantir l’accès à des services de santé de qualité pour tous. Il s’agit également d’approfondir la gouvernance par le processus de décentralisation pour un développement équilibré du territoire et engager la réforme de l’Etat, de relancer l’économie par l’appui du secteur privé, le renforcement de l’agriculture, l’investissement en infrastructures et l’emploi des jeunes, de soutenir les projets culturels, de promouvoir la place des femmes dans tous les secteurs et d’intégrer le volet environnement dans les politiques et stratégies. Le financement total pour faire face aux priorités du PRED pour la période 2013-2014 s’élève à 2 849 milliards de francs CFA. Le besoin de financement à couvrir, après prise en compte du financement par le budget interne et des financements extérieurs correspondants aux projets et programmes en cours et de financements acquis ou partiellement acquis, se chiffre à 1 285 milliards francs CFA sur les deux ans. Ce besoin de financement intègre l’écart de financement du budget d’Etat pour un montant de 178 milliards de francs CFA sur deux ans. Le Fonds monétaire international (FMI)[15] estime que le Plan pour la relance durable du Mali, qui vise à remettre en état l’infrastructure et à accélérer le développement et la réduction de la pauvreté, de même que le troisième Cadre de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté qui en constitue la base, méritent un soutien total. Tous deux sont exhaustifs et ambitieux et ont bénéficié d’un vaste processus de consultation, et ensemble ils constituent une solide stratégie, à en croire l’institution internationale.

Financement du PRED[16] : La conférence des donateurs pour le développement du Mali, placée sous le thème « Ensemble pour le renouveau du Mali », qui s’est tenue le 15 mai 2013 au siège de l’Union européenne à Bruxelles a été un franc succès au double plan de la mobilisation des participants (108 délégations) et de la générosité des donateurs. En effet, au terme du tour de table des annonces, la conférence a engrangé la rondelette enveloppe de 3 milliards 250 millions d’Euros (pour une attente initiale d’environ 3 milliards d’euros). Tous les secteurs prioritaires sont visés par les donateurs au regard des 12 priorités qui ont été dégagées par les autorités de la Transition. Diarra DIAKITE s’interroge : Que retenir finalement de cette belle mobilisation internationale pour le Mali? Pour lui, le sort du Mali n’indiffère personne et la place centrale qu’il occupe au cœur de l’Afrique de l’Ouest est un atout que le monde entier reconnaît. Aussi, tous les orateurs l’ont admis, il n’est dans l’intérêt de personne de laisser s’installer une instabilité au Mali qui pourrait rapidement déborder de ses frontières pour gangrener une sous-région déjà assez fragile. En outre, l’histoire, la culture et la civilisation dont le Mali est l’héritier ainsi que son expérience démocratique prématurément interrompue en 2012, sont autant d’éléments qui ont fasciné et conquis la sympathie du monde entier. Un sacre assorti d’un droit de regard quant à la régularité de la gestion des fonds mis à disposition et d’une obligation de résultat quant à leur efficacité. 

Evolution des principaux indicateurs macro-économiques du Mali (1991-2011)

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Source : BCEAO (à l’exception de la dette : Banque mondiale)

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Source : BCEAO (à l’exception de la dette : Banque mondiale)

Points de vigilance

La récente crise militaro-civile a mis à nue la grande vulnérabilité de l’économie malienne. Elle a aussi confirmé la trop grande dépendance du pays à l’aide financière extérieure. Pour les experts de l’ODHD/LP[17], c’est un des enseignements clés de la crise. En effet, l’économie malienne est financée à plus de 70% par l’extérieur à travers différents modes de financement: Aide Publique Directe, Appui Budgétaire Sectoriel, Appui Budgétaire Général, l’action humanitaire (qui englobe l’aide d’urgence, la sécurité alimentaire ….), la contribution des ONG, les investissements directs privés. La suspension de la seule Aide publique directe au budget a eu des conséquences graves sur le niveau des investissements publics responsable en grande partie de la récession économique en 2012 de -1,5% ; alors qu’une suspension partielle de 50% ramènerait le taux de croissance à 1,6% en 2012, une reprise totale porterait ce taux à 4,7% en 2012.

Pour les experts de l’ODHD/LP[18], la politique d’austérité budgétaire en cours présente aussi des inconvénients. Pour eux, si la crise perdure et si le gouvernement n’agit pas sur la demande intérieure, l’économie malienne se trouvera dans un cycle de récession. En effet, bien que ne représentant que 35% de la demande intérieure, les dépenses publiques ont un important effet multiplicateur de près de 40% sur la demande privée. La baisse de la demande adressée aux entreprises affecte leur niveau de production et implique une réduction de l’investissement et de l’emploi. Ceci entraîne une diminution des revenus des ménages et alimente un nouveau recul de la demande adressée aux entreprises, et ainsi de suite. En plus d’une demande publique déjà faible, la situation des entreprises est aggravée par une accumulation d’arriérés de paiement vis-à-vis de l’Etat. Ces impayés priveraient les entreprises de recettes nécessaires à leur fonctionnement ainsi qu’au respect de leur engagement vis-à-vis des banques et au paiement des impôts. Un autre inconvénient de l’ajustement budgétaire est la baisse du financement des secteurs sociaux. L’effort de l’Etat dans ce domaine a consisté au maintien des dépenses courantes, le gouvernement ne pourra pas atteindre le niveau des investissements attendus en 2012 et 2013 en termes de construction de salles de classe pour l’éducation et de mise à niveau des centres de santé. La politique budgétaire actuelle du Mali doit chercher un équilibre entre un déficit budgétaire normé par les critères de convergence de l’UEMOA et une augmentation de la demande intérieure capable d’entraîner une croissance à 4,8% selon l’hypothèse d’une reprise de la production dans les secteurs secondaire et tertiaire en raison du calme relatif et une demande intérieure un peu plus élevée que celle de 2012 et avec le retour de l’investissement public prévu au budget 2013. Cet optimisme tient à quatre facteurs essentiels. Il s’agit de l’amorce d’une transition politique en bonne voie, de la bonne tenue du secteur agricole, de la bonne tenue des ressources internes et de la reprise du programme avec le FMI. Néanmoins, malgré cet optimisme, il n’en demeure pas moins que des incertitudes pèsent toujours non seulement sur la sortie de crise institutionnelle à travers les élections mais aussi et surtout la crise sécuritaire au nord. Bien qu’une intervention militaire de la communauté internationale soit déjà actée. De plus l’économie reste toujours vulnérable aux aléas climatiques et aux fluctuations du cours de l’or et du coton. Selon les experts de l’ODHD/LP, au vu des enseignements tirés de la crise politique et sécuritaire, des allocations supplémentaires devraient être accordées à certains axes du CSCRP pour accroître la résilience de l’économie.

Selon les économistes de la Banque Mondiale[19], les perspectives économiques à court terme du Mali dépendront fortement des évolutions sur le terrain politique et sécuritaire. Sous l’hypothèse de la poursuite du dynamisme des secteurs agricole et aurifère, le taux de croissance économique pourrait retrouver un rythme proche de son niveau tendanciel de 5% en 2013. En revanche, le PIB devrait rester en dessous de son niveau potentiel, suite aux chocs subis par l’économie en 2011 et 2012. En termes de priorités, la relance de l’économie devrait soutenir l’accès aux services sociaux de base pour atténuer l’impact des chocs sur la pauvreté et les indicateurs sociaux. De même, la remise en état des infrastructures et services administratifs pourrait relancer le secteur de la construction et les prestations de service. Le gap créé au niveau du financement des investissements, qui affecte directement le potentiel de croissance devrait être résorbé à moyen terme. Dans cette dynamique, les réformes concernant la préparation et l’exécution des projets d’investissements publics sont cruciales. A moyen terme, l’agenda des réformes structurelles devrait être renforcé pour consolider les fondements de la stabilité macroéconomique, mais aussi corriger les éléments de vulnérabilité liés à la faible diversification de la production. De même, le développement du capital humain devrait être au centre de l’agenda des réformes, en vue de la génération d’emplois productifs. Enfin, le développement des infrastructures de soutien à la production, que ce soit en matière énergétique, d’aménagement agricole ou de désenclavement des zones de production, représente un chantier majeur.

Les projections de la BCEAO[20] se présentent ainsi :

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Il faut rappeler qu’en 1999, les maliens interrogés lors de l’Etude Nationale Prospective[21] aspiraient à l’horizon 2025 :

–       à un développement du pays qui aura comme base le secteur primaire qui doit concentrer tous les efforts, rendu indépendant des aléas de la nature ;

–       à une croissance économique soutenue et génératrice de progrès social et une meilleure répartition des richesses pour une réduction significative de la pauvreté ;

–       à la décentralisation de la gestion des affaires publiques pour une meilleure gestion des ressources du pays ;

–       à la responsabilisation du monde rural et celle des paysans en particulier ;

–       à une économie forte basée sur la promotion du secteur privé ;

–       au désenclavement intérieur et extérieur du pays ;

–       à un développement plus équilibré de toutes les régions.

Enfin, un dernier point de vigilance à préciser. Beaucoup de maliens n’arrivent pas à comprendre que leur pays présente des performances  macro-économiques appréciables alors que la pauvreté ne recule pas. Pour engager  une piste de réflexion, nous allons nous autoriser les commentaires de Xavier COUPLET et Daniel HEUCHENNE[22] sur cette problématique. Pour ces auteurs, « il convient de ne pas confondre le développement avec la croissance économique bien qu’au cours des temps l’un a souvent accompagné l’autre. Si le terme croissance s’applique à une simple élévation des principales grandeurs d’un état donné, le terme développement implique des transformations plus profondes : un arbre croît mais un fœtus se développe. » D’où vient donc cette difficulté de définir la croissance ? s’interroge Christophe BORMANS[23]. Il cite Philippe d’IRIBARNE, pour qui «  la croissance ne permet nullement aux pauvres d’obtenir demain, en terme de bien-être, ce dont les riches disposent aujourd’hui ». Il précise que « quand les pauvres auront acquis les objets réservés aujourd’hui à une minorité, ces mêmes objets auront été dévalorisés par les nouveaux objets que posséderont alors les riches ». Alain BARRERE résume bien la complexité de la dualité croissance-développement. Pour l’auteur-compositeur-interprète français : « Le développement doit être saisi dans son intégralité car, dépassant les phénomènes économiques de croissance, il englobe aussi les éléments d’ordre psychologique, moral, social, culturel, politique, religieux qui concourent à la valorisation des personnes et des sociétés ».

Propositions

Objectif : Faire du Mali une économie émergente à l’horizon 2030.

L’objectif est d’assurer l’émergence économique du Mali à l’horizon 2030 grâce à une croissance robuste, durable, inclusive et génératrice de progrès social.

1-    Plan d’Emergence économique (PEMEC) : 2014-2030

Ce plan est une réponse durable aux défis prégnants du développement du Mali. Il se démarque de l’urgence en engageant l’économie sur une transformation structurelle. Il s’inscrit dans une dynamique renouvelée en rupture avec le Plan de relance durable du Mali (PRED, 2013-2014) et dans le sillage du nouveau Cadre Stratégique de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (CSCRP, 2012-2017). Il consolide les acquis et corrige les insuffisances. Il prend aussi en compte les nouveaux enjeux exposés par la récente crise militaro-civile en renforçant la résilience du cadre macroéconomique face aux chocs externes et aux pressions internes. Selon le Fonds monétaire international (FMI)[24], pour être durables la croissance et la réduction de la pauvreté doivent s’appuyer sur la viabilité budgétaire, la réforme de la gestion des finances publiques, un bon climat des affaires, un travail de lutte contre la corruption et une aide efficace.

Il est attendu du PEMEC les impacts suivants :

2-    Croissance économique : C’est le principal indicateur de la santé d’une économie. Le PEMEC prévoit de faire du Mali un eldorado de la croissance et un des principaux contributeurs de la prospérité de l’Afrique. Il s’agit d’insuffler une croissance soutenue et diversifiée en deux tranches : un taux de progression annuel de 5% à 9% sur la période (2014-2020) et à deux chiffres (10-12%) sur la seconde période (2021-2030). Dans ces conditions, le PIB (nominal) évoluera à 9 800 milliards de francs CFA à fin 2020 puis sera porté à 25 570 milliards dix ans plus tard, soit cinq fois plus que le niveau de 2011. A partir de cette date, il va falloir deux décennies au Mali pour atteindre la moitié du niveau actuel du Maroc avec, néanmoins, presque la même taille de population (32 millions d’habitants). Cette dynamique, relativement limitée, est nécessaire pour créer des emplois et assurer la prise en charge du volet social du Plan « Mali 2030 ».

3-    Inflation : Au cours de la période de mise en œuvre du PEMEC (2014-2030), la variation de la moyenne annuelle de l’indice des prix à la consommation devrait ressortir en-dessous du seuil de 3% fixé par l’UEMOA. C’est un objectif tout à fait réaliste puisqu’en moyenne sur les deux dernières décennies (1991-2011), hormis les pics de 23,9% en 1991, 12,7% en 1995 et 9,2% en 2008, l’inflation a été toujours modérée avec même des situations déflationnistes pour certaines années (1993, 1997, 1999, 2000, 2003, 2004). La poussée de 5,3% en 2012 est circonstancielle du fait des répercussions négatives de la triple crise alimentaire, sécuritaire et institutionnelle. Dès 2013, il est d’ailleurs prévu une décélération de l’inflation autour de 3,1%.

4-    Politique budgétaire : Le solde budgétaire de base en pourcentage du PIB est l’indicateur clé au niveau des critères de convergence (premier rang) dont la norme communautaire est positive ou nulle. Le PEMEC se fixe comme objectif de  réduire progressivement le déficit budgétaire et d’arriver à dégager un excédent budgétaire à partir de 2020. La tendance est déjà encourageante au regard du trend dégagé sur la période d’observation (1991-2011). Pour preuve, malgré la crise militaro-civile qui a entraîné le départ des bailleurs de fonds et le resserrement des recettes intérieures, le solde budgétaire est légèrement positif (+0,9%) en 2012 (données BCEAO) faisant du Mali le seul pays de l’UEMOA à avoir un solde budgétaire positif. Cet excédent exceptionnel dégagé par le Mali résulte d’une amputation du budget initial par la suspension ou le gel de certaines dépenses d’investissement, pour orienter les ressources anticipées vers les dépenses de fonctionnement, notamment vers des secteurs clés au vu de la conjoncture qui prévalait: agriculture, santé, éducation et sécurité. Pour autant, à l’orientation prudente de la politique budgétaire actuelle succédera une démarche plus volontariste et mesurée pour assurer le financement adéquat des politiques publiques du Plan « Mali 2030 ».

5-    Dette publique : Dès que le PEMEC atteindra sa vitesse de croisière (à partir de 2020), le désendettement du Mali sera engagé pour assurer aux générations futures plus de visibilité, plus de marge de manœuvre. En attendant, le Mali continuera à s’endetter de façon efficace et à honorer, à termes échus, les traites de sa dette extérieure. Une priorité sera aussi accordée au traitement de la dette intérieure pour permettre au secteur privé de disposer de la liquidité nécessaire au bon fonctionnement de ses activités. Il faut rappeler, comme indiqué dans les constats, que l’analyse de soutenabilité de la dette (ASD) menée en 2012 a considéré le risque de surendettement du Mali comme modéré. La dette extérieure du Mali, entièrement publique, ressortait à moins du tiers de la richesse nationale en 2012 (29,5% du PIB), ce qui respectait la norme communautaire d’un plafond de 70% du PIB. La dette intérieure suit la même tendance avec un niveau équivalent à 5,1% de la production nationale en 2012.

6-    Politique monétaire : L’objectif du PEMEC est d’assurer à l’économie malienne une politique monétaire stable et renforcée à même d’assurer son financement sain et adéquat.  Il s’agira donc d’augmenter significativement la masse monétaire du fait essentiellement de la croissance soutenue des engagements bancaires et non d’une détérioration de la position nette du gouvernement (PNG). En effet, durant la période 1991-2011, la masse monétaire est restée contenue à moins de 30% avec un minimum de 20,7% en 1995 et un maximum de 32,0% en 2003.  Pour ce qui est du système de change fixe avec l’euro, à travers l’accord de coopération du Mali avec la France[25], toute évolution en faveur du maintien, de la révision ou du désengagement devra se faire de concert avec les autres Etats membres de l’UMOA et de façon plus globale avec les pays membres de la zone Franc.

7-    Balance des paiements : La norme communautaire de 5% maximum du PIB pour le déficit extérieur courant hors dons sera respectée et même améliorée avec les effets bénéfiques attendus du Plan Emergence Verte (PMEV). La situation exceptionnelle de 2012 présage déjà de cette tendance. En effet, l’année 2012 a enregistré une réduction significative du déficit du compte courant qui s’est fixé à 5,8% du PIB contre 10,4% en 2011 du fait du solde positif de la balance commerciale (+287 milliards francs CFA) et de l’amélioration des termes de l’échange (+16% contre 6% pour le volume des importations). En définitive, le solde global de la balance des paiements ressentira les efforts coordonnés du Plan « Mali 2030 » avec moins de pression sur les réserves de change de la BCEAO.

Conclusion : 

La crise militaro-civile de 2012 n’a pas eu que des mécomptes. Elle a eu le mérite d’exhumer, à la face des plus défiants, l’extrême fragilité de l’économie malienne. Celle-ci, sérieusement ébranlée par les différents programmes d’ajustement structurel (PAS) des années 80, peinait à se redresser avec les récentes initiatives de réduction de pauvreté (la nouvelle variante améliorée des PAS). Nos gouvernants pour magnifier la qualité de leur politique économique – et non de leur modèle économique –  financée à plus de 70% par l’extérieur, n’hésitent pas à se complimenter du titre de « bon élève » que confèrent les institutions internationales aux pays pauvres qui se seraient distingués dans la bonne application de leur prescription. Et entretemps, l’écrasante majorité de la population croule sous le poids de la misère. A quoi bon vivre pauvre si on nous promet de mourir riche ! Cela fait plus de trois decennies qu’on nous dit que nous vivons au-dessus de nos moyens et qu’il faut tantôt s’ajuster non pas à nos besoins essentiels mais à nos maigres ressources, tantôt réduire la voilure de la « pauvreté » créée par ces mêmes mesures d’ajustement. Dans ce système de balancier, chaque « tic-tac » est en réalité une « tac-tic » de plus pour endormir et appauvrir les populations africaines.

Pour l’ancienne ministre malienne, Madame Aminata TRAORE, « les acteurs politiques et sociaux ont cru et continuent de penser qu’on peut dormir sur la natte des autres, (pour employer une expression chère au Professeur Joseph Ki Zerbo), et bien s’en porter. »[26] Or qui dit emprunt aujourd’hui, dit remboursement plus tard. Ne dit-on d’ailleurs pas, en bambara[27], « se nouer une corde autour du cou » parlant de l’acte de s’endetter. Le risque majeur, au-delà de la soutenabilité de la dette, pour un pays très pauvre comme le Mali c’est de le laisser aux mains de ravisseurs peu scrupuleux – qui peut d’ailleurs croire le contraire – et que les générations futures aient besoin de consacrer leur vie, non à développer leur pays, mais à payer, en sang et en devises fortes, la rançon nécessaire pour le libérer et recouvrer ainsi leur dignité et leur honneur, sacrifiés sous l’autel de nos atermoiements d’aujourd’hui. Le temps est un grand bavard disait le poète grec Euripide. Faisons-le confiance. Il parlera sans être interrogé.

Sinon comment comprendre qu’après trois decennies de programmes contraignants sous l’égide des institutions internationales, le Mali soit toujours le 6ème pays le plus pauvre du monde (182ème/186 ; IDH 2013) et 68,4% des maliens vivent dans la précarité presque totale ?

Maintenant, il est temps – et il est même grand temps – que les gouvernants maliens deviennent de « bons élèves » du Mali, tant par la pertinence de leur modèle économique que par les résultats tangibles et mesurables des actions menées au profit des populations maliennes et de tous les « partenaires » qui ont fait le choix de la « destination Mali ». C’est la grande ambition du Plan Emergence Economique (PEMEC) : construire un pays émergent, attractif et compétitif à l’horizon 2030.


[1] – Michel ROCARD, né le 23 août 1930 à Courbevoie (Seine), est un homme politique français, membre du Parti socialiste. Il a été Premier ministre de France de juin 1988 à mai 1991 sous la présidence de François Mitterrand. La fin des années 1970 marque l’avènement du rocardisme, un courant au sein du Parti socialiste qui affiche une tendance décentralisatrice (congrès de Nantes, 1977), puis ouvertement hostile aux nationalisations intégrales préparées par les mitterrandistes (congrès de Metz, 1979). La citation est extraite de son ouvrage « Rendre ses chances à la gauche ». (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Rocard#Le_.C2.AB_rocardisme_.C2.BB).

[2] – L’expression pays les moins avancés (PMA) désigne une catégorie de pays créée en 1971 par l’Organisation des Nations unies (ONU), regroupant les pays les moins développés socio-économiquement de la planète. Dans sa définition de 2003, le Conseil économique et social des Nations unies a retenu trois critères pour déterminer la liste des PMA : revenu par habitant basé sur une estimation moyenne du produit intérieur brut par habitant pendant trois années, s’il est inférieur à 900 $ US, le pays est retenu pour la qualification de PMA ; retard dans le développement humain basé sur un indice composite incluant des indicateurs de santé, nutrition et scolarisation ; vulnérabilité économique basé sur un indice composite incluant des indicateurs sur l’instabilité, la production et les exportations agricoles, le manque de diversification de la production, et le handicap d’être un petit pays. En appliquant ces critères, on compte, depuis 1er janvier 2012, 49 PMA : 34 en Afrique, 9 en Asie, 5 en Océanie et  1 en Amérique. Ils étaient 25 lors de la création de l’appellation PMA en 1971. Trois pays ont quitté le groupe des PMA suite à leur croissance économique : le Botswana en 1994, le Cap-Vert en 2007 et les Maldives en 2011. Depuis 2009, les Samoa sont en attente d’une décision qui pourrait en faire le quatrième pays à quitter le groupe. (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_les_moins_avanc%C3%A9s).

[3] – Source : Cheickna Bounajim CISSE, Après les BRICS, voici le MANGANESE, journal Les Afriques n° 237 du 28 mars 2013.

[4] – Si le Mali a enregistré une contraction de 1,5% ou de 1,2% de son PIB réel,  selon les toutes récentes estimations datées de mars 2013, l’impact négatif de la situation politique sur l’activité économique a été considérablement atténué par un rebond spectaculaire de la production agricole en 2012 (+14%) ainsi que par la hausse de la production aurifère (+9%).  « Sans cette conjonction de facteurs exogènes, la chute du PIB aurait été beaucoup plus spectaculaire », précise Cheikh DIOP, économiste à la Banque Mondiale et auteur du dernier rapport économique sur le Mali. (Source : L’économie malienne est résiliente face à la crise, http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2013/03/14/the-malian-economy-holds-steady-in-the-face-of-crisis, 14 mars 2013).

[5] – Pour les experts de l’ODHD/LP, cet ajustement budgétaire présente des avantages. Il a permis d’éviter l’accumulation des déficits budgétaires qui vient gonfler l’encours de la dette publique et augmente les charges futures de l’État. Il a surtout contribué à maîtriser les dépenses de défense et de sécurité en une période de crise sécuritaire. (Source : Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP), Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali: analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, Rapport Final, Février 2013).

[6] – Le Gouvernement de Transition a pour missions principales la gestion de la crise dans le Nord, l’organisation d’élections libres, transparentes et démocratiques et la gestion d’une économie en récession pendant la période de transition. (Source : Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP), Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali: analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, Rapport Final, Février 2013).

[7] – Source : Banque Mondiale, Mali Rapport économique bi-annuel, janvier 2013.

[8] – Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP), Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali: analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, Rapport Final, Février 2013.

[9] – La politique budgétaire constitue, avec la politique monétaire, l’un des principaux leviers de la politique économique de l’État. Elle consiste à utiliser certains instruments budgétaires (dépenses publiques, endettement public, prélèvements fiscaux) pour influer sur la conjoncture économique. Le Mali qui se trouve en situation de conflit armé, de crise politique et institutionnelle entraînant une récession économique n’a eu d’autre choix que de mettre en œuvre une politique budgétaire basée sur la réduction du déficit pour se rapprocher de l’équilibre budgétaire. Ce choix s’explique par le fait que : – les politiques budgétaires nationales demeurent pour les pays membres de l’UEMOA le principal instrument pour faire face à des chocs économiques, en effet, le gouvernement de transition, dans le cadre de l’UEMOA ne peut pas recourir à la politique monétaire pour influer sur les variations de la conjoncture économique, – le Mali non seulement n’a pas accès au marché financier international, mais aussi n’a aucune possibilité d’emprunter auprès de ses Partenaires Financiers à cause de la suspension de la coopération. (Source : Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP), Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali: analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, Rapport Final, Février 2013).

[10] – Selon, le Fonds monétaire international (FMI), les autorités maliennes ont réagi de manière rapide et efficace avec un budget qui a sauvegardé les priorités absolues. (Source : Allocution du Directeur général adjoint du FMI, M. Min Zhu, Ensemble pour le renouveau du Mali, Conférence des bailleurs de fonds pour le développement du Mali, Bruxelles, 15 mai 2013, http://www.imf.org/external/french/np/speeches/2013/051513bf.htm).

[11] – Source : Assemblée nationale : La loi des finances rectificative adoptée, 13 Mai 2013, http://www.primature.gov.ml/index.php?option=com_content&view=article&id=10055:assemblee-nationale-la-loi-des-finances-rectificative-adoptee&catid=5&Itemid=100037.

[12] – Le gouvernement a augmenté à trois reprises la taxe sur les produits pétroliers afin d’améliorer les recettes fiscales. De plus, le gouvernement a décidé de réduire la subvention du gaz butane afin d’obtenir des économies. Par nature de dépenses, le réajustement a été marqué par la prise en compte de la situation particulière d’occupation des régions nord, les budgets de la Défense et de la Sécurité ont même été revus à la hausse d’environ 30 milliards de FCFA. Aussi, la masse salariale n’a pas été touchée par la réduction. De même, la politique de subvention des intrants agricoles (9 milliards FCFA) a été reconduite pour éviter la situation de crise alimentaire de 2012. Aussi, la subvention à l’électricité (EDM) a été ajustée à la hausse passant de 20 milliards de FCFA à 30 milliards de FCFA pour soutenir la fourniture de l’électricité. Pour amoindrir le manque des ressources extérieures au niveau des secteurs sociaux, des dépenses spéciales au niveau de l’éducation (les frais scolaires, les bourses etc.) et de la santé (subvention des hôpitaux, la subvention au VIH, le paludisme, la césarienne, la tuberculose etc.) à défaut d’être augmenté, ont été maintenues à leur niveau initial. Globalement, l’ajustement des dépenses a accordé la priorité au paiement des salaires, au fonctionnement minimum de l’Administration, les dépenses militaires pour la reconquête des régions du nord, le maintien dans la mesure du possible du financement des services sociaux de base, l’humanitaire et au paiement de la dette extérieure afin de préserver la crédibilité de l’Etat. (Source : Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP), Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali: analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, Rapport Final, Février 2013).

[13] – Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP), Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali: analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, Rapport Final, Février 2013.

[14] – Source : M. KEITA, Les 12 grands objectifs du Plan de Relance, Journal l’Essor du jeudi 16 mai 2013.

[15] – Source : Allocution du Directeur général adjoint du FMI, M. Min Zhu, Ensemble pour le renouveau du Mali, Conférence des bailleurs de fonds pour le développement du Mali, Bruxelles, 15 mai 2013, http://www.imf.org/external/french/np/speeches/2013/051513bf.htm.

[16] – Source : Diarra DIAKITE (communication de la Présidence de la République), http://www.koulouba.pr.ml/.

[17] – Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP), Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali: analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, Rapport Final, Février 2013.

[18] – Source : Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP), Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali: analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, Rapport Final, Février 2013.

[19] – Source : Banque Mondiale, Mali Rapport économique bi-annuel, janvier 2013.

[20] – Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Perspectives économiques des Etats de l’union économique et monétaire ouest africaine en 2013, janvier 2013.

[21] – Enquête nationale « Grand Public » à travers un échantillon représentatif (urbain, rural) de 2 654 personnes âgées de 15 ans ou plus réparties sur toute l’étendue du territoire national. (Source : Etude Nationale Prospective « Mali 2025 », Rapport de Synthèse, Présidence de la République, Secrétariat Général, juin 1999).

[22] – Source : Xavier COUPLET et Daniel HEUCHENNE,  Religions et Développement, Economica, Paris, 1998. http://www.religionsetdeveloppement.com/controler.php?to=page&tpl=std_frame&data=RDFR_introduction.

[23] – Source : Christophe BORMANS, 400 citations d’économie: commentées & analysées, Levallois-Perret : Jeunes Éditions : Studyrama, 2001.

[24] – Source : Allocution du Directeur général adjoint du FMI, M. Min Zhu, Ensemble pour le renouveau du Mali, Conférence des bailleurs de fonds pour le développement du Mali, Bruxelles, 15 mai 2013, http://www.imf.org/external/french/np/speeches/2013/051513bf.htm

[25] – Les traités de coopération monétaire signés entre la France et les pays africains de la zone franc (Afrique de l’ouest, Afrique centrale et les Iles Comores) ont été maintenus lors du passage à l’euro en janvier 1999. La France a négocié et obtenu de ses partenaires européens le maintien de cet Accord, avec juste un devoir d’informer les autres Etats membres de la zone euro sur l’évolution de sa coopération avec les pays africains et une substitution du franc français comme monnaie ancre par l’euro. Ainsi, la BCEAO, la BEAC et la Banque Centrale des Comores sont en relation avec la Banque de France et non avec la BCE. Cette concession avait été faite à la France en raison de ses liens historiques avec ces pays et surtout la masse monétaire (franc CFA et franc comorien confondus) qui était très peu significative (moins de 5%), par rapport à la sienne. L’hypothèse faite étant qu’en cas de difficultés majeures, la France sera à même d’y faire face seule, vu le poids relatif de la zone Franc sur le plan monétaire.

[26] – Source : Sidy DIOP et Habib Demba FALL, Spécial Mali, Le Mali face à ses urgences, Le Soleil International, décembre 2012. Interview de Madame Aminata Traoré, de membre active de la Société civile et ancienne ministre de la République.

[27] – le bambara est la langue nationale la plus utilisée au Mali.

 

 

One Response to DOSSIER SPECIAL – « Les défis du Mali Nouveau : 365 propositions pour l’émergence » – E pour Economie

  1. voyage iles luxe maldives hotel 6 octobre 2016 at 16 h 20 min

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