DOSSIER SPECIAL – « Les défis du Mali Nouveau » – R pour Religions

CHEICKNA BOUNAJIM CISSE

LES DEFIS

DU MALI NOUVEAU

 

 Sans titre1

 

 365 propositions pour l’émergence

 

 

RELIGIONS           

« Nous ne pouvons ignorer les religions. Le fait que certains conflits ou tensions s’appuient sur des dissensions religieuses ne peut occulter le rôle positif qu’elles jouent un peu partout. C’est un des défis pour le monde du développement. »

Dov ZERAH[1]

Au Mali, l’immense majorité (90 à 95%) des 15 millions d’habitants est de confession musulmane. Ils pratiquent un Islam pacifique et tolérant, en parfaite cohabitation avec les autres communautés religieuses. Aussi loin qu’on puisse remonter dans l’histoire, les populations maliennes, dans leur ensemble, sont restées attachées à cette valeur que représente la laïcité[1], grâce à laquelle les différents cultes ont jusque-là vécu en bonne intelligence et en parfaite harmonie. Cette disposition a été confirmée en 1992, à la faveur de l’adoption de la nouvelle Constitution[2], où le peuple malien a fait librement le choix de construire une république démocratique et laïque.

 

Deux décennies plus tard, un nouveau phénomène est apparu, publiquement, dans la pratique cultuelle au Mali. A la faveur d’une insurrection irrédentiste dans le nord du pays, des groupes fondamentalistes se réclamant d’un « Islam originel et rigoriste », ont voulu remettre en cause cet équilibre légendaire de la société malienne. Cette tentative de déconstruction de la laïcité avait pour dessein de créer un Etat islamique au Mali où la loi fondamentale sera la « Charia ». Pour ce faire, les nouveaux maîtres des lieux avaient distribué une avalanche de châtiments à grands coups de scénarisation: la lapidation à mort pour l’adultère, les mains et les pieds coupés pour le vol, l’exécution pour le meurtre, les coups de fouet pour la pratique du football et la consommation de tabac, la destruction des mausolées, …

 

 

Etat des lieux

  • Non prise en compte du fait religieux dans la conception, la formulation, l’exécution et le suivi/évaluation des politiques sociales : Le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Dov ZERAH estime que le fait religieux, très important en Afrique, ne peut pas être ignoré des developpeurs intervenant sur ce continent. Il a livré sa pensée sur la question dans un article publié dans le journal français « La Croix » du 16 janvier 2013. En voici un extrait

« La prise en compte du religieux dans les politiques de développement en faveur de l’Afrique et de la rive sud de la Méditerranée a été mise en débat à l’occasion d’un colloque organisé le 5 décembre 2012 par l’Agence française de développement et le Collège des Bernardins, à Paris. Le fait religieux se pose à tous les développeurs pour au moins trois raisons : l’importance accordée à la religion et à la foi par les populations de ces pays ; la présence ancienne, et durable, des acteurs religieux et confessionnels sur le terrain ; la prégnance de certaines prescriptions émises par les autorités religieuses dans des domaines essentiels pour le développement (contrôle des naissances, finance, environnement…)….Quand moins d’un quart des Européens jugent la religion très importante dans leur vie, ce chiffre dépasse 80 % en Afrique du Nord et 90 % en Afrique subsaharienne. Nous ne pouvons ignorer l’attachement des populations à leur religion et l’importance qu’elle a dans leur quotidien… En Afrique, jusqu’à 60 % des soins sont assurés par des structures confessionnelles ou religieuses ; sur l’ensemble du continent, plus du tiers des personnes affectées par le VIH/sida sont prises en charge par les structures de l’Église catholique ; souvent, les meilleures écoles sont gérées par des congrégations…S’associer à des imams pour diffuser une communication en faveur de la maîtrise des naissances au Niger, voilà la modernité qui a été présentée lors du colloque du 5 décembre. De même, nous ne pouvons passer outre les réticences de certains à travailler avec des institutions financières qui ne seraient pas conformes aux lois religieuses. La micro-finance islamique constitue une réponse opportune pour ces populations. Nous, développeurs, devons écouter, innover et nous adapter, sinon, nous prendrions le risque de laisser sur le bord de la route de la croissance certaines personnes parmi les plus démunies…C’est en écoutant les autres dans le respect de leur différence que nous pourrons faire mieux connaître nos valeurs de tolérance, de respect et de progrès partagé. » [3]

Dans un dossier spécial consacré au Mali, le journal sénégalais Le Soleil [4] a traité aussi du sujet avec le président du Haut conseil islamique (structure représentative des associations musulmanes au Mali), l’Imam Mahmoud DICKO. « Dans l’espace public, la place de la religion est un sujet polémique, à côté du leadership politique. Faut-il conquérir le pouvoir, le contrôler ou l’accommoder des préceptes de la religion ? A cette question, l’Imam Mahmoud DICKO répond par une clarification préalable. La religion, à son avis, est un élément que nul ne peut exclure du quotidien du Malien. « C’est un patrimoine. Nul ne peut l’extraire de notre vie, de nos baptêmes, nos mariages et nos funérailles. Même dans nos salutations, nous disons « Assalamou Aleïkoum !» (Que la paix soit avec vous !). La question, c’est plutôt de trouver un dosage qui permet de prendre en compte ce qui fait partie de notre quotidien dans la gestion des affaires nationales. Cela dépend de ceux qui nous gouvernent », indique le président du Haut conseil islamique. Dosage ! Le mot fait partie de la panoplie qui inquiète les inconditionnels de la laïcité. Mahmoud DICKO en est conscient. La réalité, il propose que, collectivement, les Maliens la regardent ensemble sans se cacher dans les abus, les procès d’intention et les clichés. Pour lui, toutes les préoccupations des citoyens sont dignes d’attention. « Penser que l’Etat ne s’occupe pas de religion, alors que les populations en ont, est un problème », relève-t-il. » ;

  • Création d’un département ministériel en charge du culte[5] : Sous la pression de la Communauté internationale de former un gouvernement « d’union nationale », un remaniement ministériel est intervenu le 20 août 2012 (le 2ème sous la transition) avec la création  pour la première fois dans l’histoire du Mali, d’un ministère des Affaires Religieuses et du Culte. La création de ce nouveau poste ministériel est diversement appréciée. Les avis des maliens divergent sur son opportunité. Certains pensent que les religieux doivent se mettre au-dessus des contingences politiques et craignent à la longue une interférence de la religion sur la scène politique. Ils pensent que les dignitaires religieux doivent rester dans les lieux de culte et non se mêler de la politique. Par contre, d’autres citoyens y voient une reconnaissance du rôle de la religion dans un pays à dominante musulmane ;
  • Poids des leaders religieux et influence grandissante du Haut Conseil Islamique : Le président du Haut conseil islamique, l’Imam Mahmoud DICKO refute toute idée d’ingérence de l’institution qu’il dirige dans la vie politique malienne. « Sans le vouloir, aujourd’hui, je commence à être un rival pendant que je ne le suis pas. Je ne brigue aucun poste politique. J’ai des points de vue à émettre de manière démocratique », dit-il. Le réquisitoire de ses contempteurs ne l’intimide pas. Il ne veut pas perdre pied dans le champ de la vérité. « La politique ? Non, du tout ! Beaucoup de gens ne me croient pas peut-être. Je me crois, moi ! »[6] Le journaliste malien, C.H. SYLLA est d’un autre avis. Il estime que l’interférence des religieux dans le jeu politique malien est une réalité. « En effet, des leaders d’associations religieuses sont devenus de vrais politiques. La raison ? Ils sont courtisés par des hommes politiques, surtout en cette période électorale. Aujourd’hui, les mosquées et autres lieux de culte sont envahis par des émissaires au service de candidats qui sont prêts à tout pour se hisser au pouvoir y compris sur le terrain de la religion. Seulement, voilà. Ils ne sont pas nombreux ces leaders religieux qui peuvent changer les résultats d’une élection, dans un pays comme le Mali, où les citoyens n’ont pas l’habitude d’exécuter des consignes de vote. »[7] ;
  • Montée de l’extremisme religieux dans la société : Selon l’ancienne ministre de la culture du Mali, Mme Aminata TRAORE : « la question religieuse n’a rien de nouveau. C’est une question de foi mais aussi de culture et d’héritage. C’est le radicalisme et surtout la manière dont il se traduit en ce moment au Nord de notre pays qui est inédit. Il est illusoire cependant et dangereux de croire qu’ils peuvent être extirpés et éradiqués par les armes. Car si les têtes pensantes viennent d’ailleurs, ce sont les inégalités, les injustices, le chômage qui poussent de plus en plus de Maliens et d’Africains à accorder plus d’importance aux prêcheurs qu’aux politiciens. Le radicalisme est, à mon avis, un sacré défi aux économistes et aux politiques. Il n’y a pas d’effet de contagion à circonscrire par la guerre mais un devoir de vérité et de justice, surtout envers les jeunes générations. »[8];
  • Destruction de mausolées de saints réligieux : Au Mali, l’occupation du nord du pays en 2012 par des groupes extrémistes s’est traduite par la profanation et même la destruction de plusieurs mausolées de saints à Tombouctou, classés au patrimoine mondial de l’humanité. Selon le directeur du patrimoine culturel au Sénégal, Pr. Hamady BOCOUM : « Aujourd’hui, on a eu des envahisseurs qui, pour la plupart, sont venus occuper des espaces du sahel et ont trouvé sur place des synthèses culturelles. Ils estiment que ces synthèses ne les engagent pas. A leurs yeux, Tombouctou, comme Gao et d’autres localités, est un espace de guerre comme un autre. Ce n’est pas un site du Patrimoine mondial mais c’est un territoire de guerre pour « djihadiste ». C’est la raison pour laquelle ils ont détruit de nombreux mausolées dans la ville de Tombouctou. Ces saints sont par essence une expression de l’Islam noir comme a eu à le dire, avec beaucoup de brio, notre compatriote Blondin DIOP. »[9] ;
  • Absence d’encadrement des prêcheurset des thèmes de leurs prêches et implantation de lieux de culte sans autorisation ni concertation avec les populations locales : D’après le quotidien national, L’Essor[10], l’imam de la mosquée Djingarey Ber et grand imam de Tombouctou, Abdrahamane Ben Essayouti, a imputé tout ce qui arrive à un recul de la foi, aux déviations de la droiture. « Tombouctou plus que toute autre ville a vécu l’occupation dans sa chair, Tombouctou a été touchée dans sa culture, Tombouctou a été ébranlée dans ses convictions, Tombouctou a été meurtrie dans ses pratiques, elle qui est une vitrine de l’islam, le symbole d’un islam tolérant et pacifique », a déploré l’imam de la mosquée Djingarey Ber. La prolifération des mosquées, l’irruption de prêcheurs venant de tous les horizons ont offert, selon l’imam, un champ fertile à tout ce qui est arrivé. Aussi, a-t-il souhaité, un contrôle strict des autorisations de création de mosquées, le contrôle et le suivi des prêcheurs étrangers. ;
  • Absence d’encadrement du financement des lieux cultes : le financement des lieux de culte se fait sans le contrôle ni la supervision de l’autorité publique. Dans ce cas, il n’est pas rare que le généreux donnateur impose des conditions particulières dans le fonctionnement du dit lieu de culte ;
  • Absence de politique et de promotion des évenements touristiques religieux[11] ;
  • Transformation illégale d’immeubles à usage d’habitation, implantés dans les quartiers résidentiels et souvent dans la riverraineté des écoles et lieux de culte dans à Bamako (la capitale), en lieux de dépravation de mœurs sous le couvert autorisé de « Bars-Restaurants » ;
  • Organisation des fêtes religieuses : On se rappelle de la bousculade meurtrière en 2010 lors du Maouloud (commémoration de la naissance du Prophète Mohamed (PSL)) à Tombouctou[12] : 26 morts et une quarantaine de blessés.

 

Points de vigilance

Religion-développement : binôme de tous les dangers ou couple de tous les espoirs ?[13] En d’autres termes, le couple religion-développement est-il un mariage contre-nature ? Et si le fait religieux était un accélérateur du développement ? Ou tout uniment les deux composantes sont-elles engagées dans une nécessaire cohabitation ?

La religion a toujours constitué un sujet sensible puisque touchant à la croyance des peuples et à l’intimité des individus. Pour autant, elle n’est plus une question tabou. Bon nombre d’ONGs, d’institutions internationales et de pays en Occident[14], pourtant très attachés à la laïcité ont fait le pas de la compréhension et de l’intégration de la dimension religieuse dans leurs programmes d’aide publique au développement. Ils n’hésitent plus à en tenir compte dans la formulation de leurs programmes sociaux en faveur des populations africaines.

Au Mali, plus que dans tout autre pays, et aujourd’hui plus que jamais, la question du culte et de l’extension de son périmètre au-delà de la sphère privée se pose avec acuité[15]. La récente crise militaro-civile a exacerbé la vulnérabilité de nos sociétés face au « fait religieux » qui a été propulsé sur la scène publique malienne. Peut-on ne pas prendre en compte les aspirations légitimes des populations dès lors que l’essentiel de leur quotidien est régi par leur croyance : manger, épargner, se financer, s’informer, se former, s’éduquer, se soigner, travailler, procréer, se marier, vivre en famille et en société, … ? Avoir peur d’aborder ces questions, n’est-ce pas là une façon de légitimer les excès et de creuser les fractures ? Se refuser de les analyser et de les intégrer dans les politiques de développement communautaire, est-ce la bonne manière de servir la laïcité ?

Comment peut-on réussir une politique de santé efficace de lutte contre le VIH/SIDA et une politique de planning familial lorsque le fait religieux s’oppose à toute idée de port du préservatif, de contraception et d’espacement des naissances ? Comment assurer la promotion de la parité sans associer le fait religieux lorsque celui-ci s’en offusque ? Comment réussir la mobilisation des électeurs lorsque le fait religieux estime ne pas être pris en compte dans les programmes des candidats et des partis politiques ? Pour être plus concret, l’Etat du Sénégal et ses partenaires techniques et financiers peuvent-ils délaisser la population de la seconde ville du pays, en l’occurrence Touba, au motif qu’elle habite dans une cité à obédience religieuse ? Au Mali, doit-on ignorer les besoins d’une frange importante de la population de Banconi (l’un des quartiers les plus populaires de la capitale, Bamako), son école, son centre de santé, du fait que ce sont les fidèles d’une association promue par un dignitaire religieux ? Autrement dit, peut-on ignorer les besoins sociaux des sympathisants d’un leader religieux qui s’est essayé à tous les stades du pays sans jamais atteindre sa capacité de mobilisation alors que les politiques, laïcs, même à l’unisson et à coup de grands renforts (frais de transport compris) arrivent à peine à remplir un stade ?

Il peut choquer, vu de l’occident, de voir un président de la république d’un pays africain en respect devant un leader religieux de son pays pour recueillir ses avis et suggestions et avoir sa baraka ? Pourtant ces mêmes yeux ne trouvent rien à redire lorsqu’un dirigeant d’un pays occidental, laïc et démocratique, va à la recherche de bénédictions d’un autre leader religieux européen adoubé du titre de Chef d’Etat. Puisque les postures sont différentes, les avis aussi divergent. Ce système de balancier (deux poids, deux mesures) n’est pas compréhensible de l’opinion publique africaine. D’autant plus que les études révèlent que 80 % des populations en Afrique du Nord et 90 % en Afrique subsaharienne jugent la religion très importante dans leur vie lorsque ce chiffre atteint à peine un quart en Europe.[16]

La prise en compte du culte dans le programme gouvernenemental n’est pas et ne saurait être une immixion de l’Etat dans l’intimité de ses citoyens, ni donner lieu à un parti pris en faveur d’une communauté religieuse particulière fut-ce t-elle majoritaire, ni donner lieu à une remise en cause des valeurs de laïcité, de tolérance, de partage et de solidarité entre les enfants d’un même pays. Chacun est et doit être libre de pratiquer la religion qu’il veut dans le respect de celle de l’autre. Pour Bakary SAMBE : « L’arrogance de ceux qui dressent encore des murs d’incompréhension entre les hommes, ne doit pas faire fléchir la volonté de ceux qui sont prêts à ériger des ponts pour favoriser la rencontre et le dialogue. »

 

Propositions

1-    Prise en compte du « fait religieux » : Intégrer l’avis et l’opinion des populations et des dépositaires du culte, dans la formulation, la réalisation et le suivi des différents programmes sociaux du gouvernement et des partenaires au développement.

2-    Solliciter le soutien des leaders religieux à la lutte contre la corruption, à la promotion de la bonne gouvernance, au civisme et à la réussite des différents programmes sociaux du pays.

3-    Créer la Haute Autorité de la Laïcité pour réaffirmer et promouvoir la forme républicaine et laïque[17] du Mali.

4-    Instaurer le Cadre Permanent de concertation interconfessionnelle au sein de la Haute Autorité de la Laïcité.

5-    Restaurer et préserver le statut de « ville sainte » de Tombouctou : La sacralité[18] de Tombouctou doit tenir compte de l’histoire et de la culture de la ville.

6-    Faire de la fête religieuse[19] du Maouloud à Tombouctou un évènement d’envergure internationale. L’institutionnaliser et l’inscrire dans le patrimoine culturel national.

7-    Faire de l’organisation du Pèlerinage national chrétien à Kita[20] un évènement d’envergure internationale. L’institutionnaliser et l’inscrire dans le patrimoine culturel national. Agrandir le sanctuaire avec une capacité de 20 000 personnes.

8-    Eriger la mosquée de Djingareiber[21] comme un haut lieu du culte musulman. Agrandir et moderniser la mosquée (sans transiger sur l’authenticité des lieux) pour en faire l’une des plus grandes en Afrique. Le coût des travaux est estimé à 30 milliards de francs CFA, mobilisable auprès de la communauté nationale (sous forme de contribution volontaire) et auprès des pays amis (Afrique du Sud, pays de l’OCI) et des organisations internationales (BID) et ONGs.

9-    Restaurer la mosquée de Sankoré[22] (sans transiger sur l’authenticité des lieux) comme un haut lieu du savoir islamique à travers la construction, en extension de la mosquée, de l’Institut des Hautes Etudes Coraniques (IHEC), la branche exotérique de l’Université islamique.

10- Restaurer la mosquée de Djenné[23] (sans transiger sur l’authenticité des lieux) comme un haut lieu du savoir islamique à travers la construction, en extension de la mosquée, de l’Institut des Hautes Etudes Théologiques (IHET), la branche ésotérique de l’Université islamique

11- Organiser la collecte de la « zakat » au niveau de la communauté islamique en créant au sein du Haut Conseil Islamique, le Fonds National de la Solidarité, pour la lutte contre la pauvreté, la mendicité et le financement des projets sociaux au bénéfice de toutes les communautés sans distinction de confession (école, centre de santé, orphelinat, …).

12- Organiser et développer le tourisme religieux dans certaines villes maliennes comme Tombouctou, Djenné et Kita (liste non exhaustive) en total respect des traditions et cultures des lieux adressés. Une bonne organisation des évènements religieux avec le soutien des pouvoirs publics pourrait être une source de rayonnement culturel pour le pays et générer des ressources importantes avec les produits dérivés

13- Dépolitiser les structures représentatives des confessions religieuses.

14- Aucune aide ou aucun financement ne devrait être recevable dans le domaine religieux s’il est fait mention par le donateur et/ou le bénéficiaire d’une conditionnalité portant atteinte à la laïcité ou qui transgressera la pratique islamique des lieux adressés.

15- Respect strict du cahier de charges des bar-restaurants et appliquer les sanctions prévues par les dispositions légales pour les contrevenants.

16- Fermeture immédiate de toutes les « maisons closes » construites par la transformation illégale des immeubles d’habitation

17- Ne pas autoriser la construction de lieux de jouissance à côté des écoles et crèches d’enfants. Recenser les cas qui existent déjà et les traiter conformément aux lois en vigueur.

Conclusion

 

Oui, la religion est de la sphère privée de chaque individu. Mais lorsqu’elle régente une bonne partie de la vie sociale, politique, économique (et bientôt financière) de notre pays, il me semble qu’elle revêt une donne essentielle de compréhension, de formulation, d’intervention et de suivi pour l’Etat et les développeurs qui interviennent dans les sphères de vie des populations.

Que de sommes importantes ont été investies par les institutions internationales au Mali et cela au bénéfice des couches vulnérables. Mais, dites à ces populations de vous parler de leur ressenti par rapport à ces projets et à ses financeurs. Elles les connaissent peu. Elles y adhèrent donc moins. Dès lors, la prise en compte de la dimension religieuse dans l’approche du développement me paraît importante.[24] Il faut travailler avec les leaders religieux pour qu’ils servent de relais de proximité. On sait depuis peu que la lutte contre la pauvreté est un atténuateur de risques de l’extrémisme religieux. Mais on sait moins, que la prise en compte de la dimension religieuse est une composante essentielle de la lutte contre la pauvreté. Tout au moins, certains développeurs occidentaux et bon nombre de nos concitoyens le récusaient. Au nom de la laïcité. Mais la population malienne, dans son immense majorité, l’a toujours réclamée. Au nom du développement.

La religion doit avoir sa place, toute sa place, dans la reconstruction du Mali nouveau. Sans tabou et sans discrimination. Tout en veillant à préserver la laïcité qui est un choix fondamental et souverain du peuple malien.

Sans titre2Cheickna Bounajim CISSE, est un banquier malien de 45 ans. Il est diplômé en gestion des entreprises de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA de Bamako). Il possède un diplôme d’études supérieures en banque de l’Institut Technique de Banque (ITB – CNAM) et est titulaire d’un Master professionnel en Sciences politiques et sociales, spécialité Journalisme de l’Institut Français de Presse (IFP – Université Panthéon-Assas). Il détient un MBA de l’Université Paris Dauphine et de l’IAE de Paris (Université Sorbonne).

Sur le plan professionnel, après un bref passage dans un cabinet d’expertise comptable, l’auteur a développé une solide expertise dans le domaine de la finance. Il a exercé dans le secteur bancaire au Mali pendant une vingtaine d’années avant d’entamer une carrière internationale au sein d’un groupe bancaire et financier, leader de son secteur d’activités au Maghreb et acteur de référence en Afrique. Il a conduit et participé à des projets structurants de grande envergure comme le redressement accéléré d’une banque en difficulté, son processus de privatisation et son plan de transformation ainsi que l’implantation en « green field » d’unités bancaires.

Ambassadeur de Dauphine Alumni Afrique pour le Mali, il est membre de plusieurs organisations et associations internationales dont l’IIA (audit interne) et l’ACFE (lutte contre la fraude). Il a participé ou animé plusieurs séminaires et conférences au Mali, en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord.

Il est l’auteur de plusieurs articles et dossiers relatifs au système bancaire ouest-africain et à l’émergence économique de l’Afrique. Il est l’inventeur du concept « MANGANESE », un acronyme qui désigne neuf pays africains (Maroc, Angola, Nigéria, Ghana, Namibie, Egypte, Afrique du Sud, Ethiopie) regroupant plus de la moitié de la population africaine et représentant près de 70% de la production du continent.

L’ouvrage « LES DEFIS DU NOUVEAU MALI : 365 propositions pour l’émergence » est un livre-programme, une contribution de l’auteur à la reconstruction de son pays en proie à la crise la plus importante de son histoire contemporaine. C’est le regard intéressé d’un malien, loin de ses terres, sur son pays pour plus de justice et de progrès. Son ambition pour le Mali transcende les alternances et variations politiques. Il propose une nouvelle vision destinée à faire du Mali un pays émergent à l’horizon 2030.

Rédigé sous la forme abécédaire, cet ouvrage comprend 26 chantiers prioritaires qui englobent l’essentiel des secteurs stratégiques du Mali actuel et de demain avec des suggestions et des propositions audacieuses et réalisables. Les thèmes abordés sont notamment l’Agriculture, les Banques, la Corruption comme conséquence à la mauvaise Gouvernance, la Démocratie, l’Economie, la problématique du genre à travers la Femme, l’épineux problème du Travail, la Jeunesse comme l’avenir du pays, l’amour du pays à travers l’Hymne national, les Infrastructures, la Jeunesse, le Logement, les maliens du monde à travers la Migration, la boussole de la paix qui indique le Nord, les ressources minières à travers l’Or, la Presse, l’école (une véritable Quadrature du cercle), la Religion, la Santé, l’armée avec le Wargame… Et Z comme culture,  ce qui reste que lorsque l’on a tout oublié.


[1] – Le principe de la laïcité n’échappe pas à ce nécessaire équilibre entre le dogme, les traditions et les principes codifiés en textes règlementaires. « Entendons-nous sur ce qu’est la laïcité. Ce n’est pas compris de la même manière. Ce concept est différent selon les pays. Ici, il n’y a aucun problème. Avant la colonisation, la laïcité était en vigueur au Mali. C’était aussi le cas dans les empires. Naturellement, le pays est laïc. Si la laïcité signifie le respect des religions dans l’organisation de l’Etat, je suis d’accord. Religions et croyances ont toujours cohabité dans une harmonie parfaite », assure-t-il. Une question arrive, déboulant au cœur du flot d’interrogations : la religion d’Etat. Le président Mahmoud DICKO est accusé, par ses contempteurs, de rêver d’un Etat islamique. Une dichotomie entre République et allégeance religieuse ? Il l’écarte tout en se gardant de franchir le pas ! « L’Etat n’a pas de religion ? Chez les Américains, l’Etat a une religion. Chez les Britanniques également. Ceux qui prônent la Charia peuvent toujours rêver. Nous sommes dans un pays où, même s’il n’y avait qu’un seul individu qui ne serait pas musulman, il devrait vivre avec ses croyances. C’est de cette manière que nous pouvons harmoniser le vivre ensemble », corrige-t-il. (Source : Habib Demba FALL, Interview de l’Imam Mahmoud DICKO, président du Haut Conseil Islamique, Spécial Mali, Le Mali face à ses urgences, Le Soleil International, décembre 2012).

[2] – La Constitution malienne du 25 février 1992 précise en préambule que le peuple Souverain du Mali s’engage solennellement à défendre la forme républicaine et la laïcité de l’Etat. Plusieurs autres dispositions de la Constitution consacrent la laïcité notamment l’article 25 : « Le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque et sociale. », l’Article 4 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion, d’expression et de création dans le respect de la loi. » et Article 118 : « La forme républicaine et la laïcité de l’Etat ainsi que le multipartisme ne peuvent faire l’objet de révision. »

[3] – Source : Dov ZERAH, L’aide au développement de l’Afrique ne peut plus ignorer les religions, journal « La Croix » du 16 janvier 2013 (www.la-croix.com).

[4] – Source : Habib Demba FALL, Interview de l’Imam Mahmoud DICKO, président du Haut Conseil Islamique, Spécial Mali, Le Mali face à ses urgences, Le Soleil International, décembre 2012.

[5] – En France, sous la Troisième République, avant 1905 et la séparation des Églises et de l’État, il existait un ministère de l’Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts. La suppression définitive de ce ministère intervient en 1912 et ses attributions sont dévolues au ministère de l’Intérieur.

[6] – Source : Habib Demba FALL, Interview de l’Imam Mahmoud DICKO, président du Haut Conseil Islamique, Spécial Mali, Le Mali face à ses urgences, Le Soleil International, décembre 2012.

[7] – Source: C.H. SYLLA, Élections générales : Menaces sur la présidentielle, L’Aube du 13 juin 2013, http://www.maliweb.net/news/politique/2013/06/13/article,152338.html.

[8] – Source : Sidy DIOP et Habib Demba FALL, Entretien avec Mme Aminata TRAORE, membre de la société civile malienne, Spécial Mali, Le Mali face à ses urgences, Le Soleil International, décembre 2012.

[9] – Source : Entretien avec Pr. Hamady BOCOUM, directeur du patrimoine culturel au Sénégal, Spécial Mali, Le Mali face à ses urgences, Le Soleil International, décembre 2012.

[10] – Source : S. DOUMBIA, journal L’Essor du 09 mai 2013.

[11] – Le Maouloud à Tombouctou est une sorte de pèlerinage, sinon un pèlerinage. Les nuits symbolisant la naissance et le baptême du Prophète Mohamed (PSL) sont exceptionnelles dans la cité mystérieuse. Si vous n’avez pas eu l’occasion de les vivre, cherchez-en car aucun écrivain journaliste soit-il, ne pourra vous décrire la beauté et la richesse de ces nuits. En tout cas, l’organisation du Maouloud 2006 à Tombouctou a permis aux citoyens de la ville Sainte de comprendre qu’ils ont une richesse inexploitée. Si les autorités maliennes prennent elles-mêmes l’initiative de l’organisation, les retombés pourraient doubler dans les années à venir. Alors, le Maouloud est un patrimoine qui peut faire le bonheur des régions du Nord et particulièrement de Tombouctou. (Idrissa MAIGA, Maouloud à Tombouctou : une richesse inexploitée, journal Le Republicain du 18 avril 2006, http://www.afribone.com/index.php/local/spip.php?article3412).

[12] – Dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 février 2010, la bousculade s’est produite aux alentours de la grande mosquée de Djingarey-Ber à Tombouctou, entre 21 et 22 heures, au moment où des milliers de fidèles (environ 4 000) étaient regroupés pour la veillée de lecture du saint Coran et de prières à l’occasion du Maouloud. Il faut d’abord rappeler que la mosquée est en rénovation grâce à un appui du groupe Aga Khan. Pour les besoins de ces travaux, des rues ont été barrées. Les fidèles ne pouvaient donc pas emprunter la voie qu’ils utilisent d’habitude pour faire le tour de la mosquée. Du coup, ceux-ci, dont une grande majorité de jeunes devaient passer par une ruelle très étroite de 3,5 à 4 m sur une distance de d’environ 50 m. Un petit mouvement de panique a été le déclencheur du drame. Circonstance aggravante, d’autres gens venaient en sens inverse. « Les gens se sont croisés dans la ruelle. Il y a eu une bousculade. Les premières victimes sont mortes suffoquées », témoigne un habitant de la ville qui a perdu sa belle-sœur dans la tragédie. L’imam de la mosquée de Djingarey-Ber Abdrahamane Ben Essayouti a expliqué que la fête du Maouloud est célébrée de la même manière à Tombouctou depuis le 16è siècle et que jamais une tragédie de cette ampleur n’était arrivée. (Source : Madiba KEITA et Oumar DIOP, Maouloud tragique à Tombouctou : Un message fort de la solidarité nationale, journal L’Essor du 01 Mars 2010).

[13] – Dans les approches de la relation entre la religion et l’économie, on trouve toutes sortes d’explications. Certaines postulent que la religion dépend des développements que connaît la vie économique et politique. Ainsi, les variables économiques – niveau de vie ou intervention de l’Etat dans l’économie – influencent certains facteurs comme la pratique ou les croyances religieuses. D’autres approches considèrent, à l’inverse, que la religion a un effet sur les performances économiques, et, éventuellement, les institutions politiques. Elles supposent qu’au fur et à mesure qu’une économie se développe, les individus deviennent «moins religieux». D’autres enfin supposent que la religion a un impact sur l’économie par le biais de comportements individuels. En règle générale, la religiosité, en véhiculant les principes moraux de l’honnêteté et de l’éthique, influence la volonté de travailler et la productivité. (Source : Débat & chroniques, Religion et développement, http://www.lavieeco.com/news/debat-et-chroniques/religion-et-developpement-5193.html). Le manque d’attention aux religions ne rend pas justice au rôle que la religion et la spiritualité jouent dans la vie de la majorité des personnes, notamment de celles vivant dans les régions les plus concernées par la coopération au développement. (Source : http://poldev.revues.org).

Dans les pays pauvres, l’église, la mosquée ou le temple constituent parfois la seule structure solide de la société. Pour que la coopération au développement et le travail de développent soient efficaces il faut que la religion devienne un élément important dans l’analyse et la base de nos stratégies de développement. Des questions telles que l’égalité, l’éducation, le VIH-Sida et d’autres questions de santé, ne peuvent pas être traitées si la religion n’est pas prise en compte comme facteur important. Dans beaucoup de pays, une grande partie de toutes les actions dans le domaine médical et sanitaire sont réalisées par les Églises et d’autres organisations religieuses. Sans connaissance de ces arènes, ou si on n’y a pas accès, l’aide au développement devient inefficace. (Source : Religion et développement, http://www.missioncouncil.se/verksamheter/religion-utveckling/?lang=fr).

[14] – Depuis 2000, les grands programmes de recherche sur les relations entre religion et développement ont été lancés avec les fonds du DFID et du Ministère néerlandais des affaires étrangères, les réflexions engagées par l’agence suisse de coopération (DDC) et des ONG suisses, ou la recherche conduite par l’ISEAT de La Paz. (Source : http://poldev.revues.org). La Banque Mondiale, le Fonds de développement de la population de l’ONU, l’organisation de coopération au développement anglais, DFID, le ministère norvégien des Affaires étrangères et beaucoup d’autres font de la recherche dans ce domaine et n’hésitent pas à accorder des ressources aux organisations confessionnelles. Dans la coopération suédoise au développement collabore avec Diakonia, PMU et l’Église de Suède pour une aide efficace au développement, pour mieux faire connaître le rôle de la religion dans la coopération au développement. (Source:  http://www.missioncouncil.se). Pour le Directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD), dans bien des endroits dans le monde, la question de la procréation est extrêmement sensible. Elle se heurte très rapidement à des sensibilités culturelles, en particulier en Afrique, où le fait religieux influence les comportements. Pour élaborer des réponses adaptées, il nous faut travailler main dans la main avec les représentants des communautés religieuses, avec la société civile au sens large, en associant les femmes. (Source : Dov ZERAH, Afrique: les femmes au cœur du développement, http://www.huffingtonpost.fr/dov-zerah/femmes-developpement-afrique_b_1935752.html, 06/10/2012)

[15] – Selon l’imam Mahmoud DICKO, le président du Haut conseil islamique malien (Hcim) « Au Mali, la religion est un patrimoine. Elle fait partie de notre vie. La question est de savoir comment trouver un dosage entre cette partie de nous et la préoccupation des politiques. » (Source : Sidy DIOP, Entretien Mahmoud DICKO, président du Haut conseil islamique malien, Spécial Mali, Le Mali face à ses urgences, Le Soleil International, décembre 2012).

[16] – Source : Dov ZERAH, L’aide au développement de l’Afrique ne peut plus ignorer les religions, journal « La Croix » du 16 janvier 2013, www.la-croix.com.

[17] – La laïcité n’est pas et ne doit pas être une nouvelle forme de réligion. C’est la neutralité de l’Etat vis-à-vis de toutes les confessions.

[18] – A l’exemple de Touba. C’est une ville sénégalaise et la capitale de la confrérie musulmane des mourides qui représente 35 % de la population du Sénégal. Elle a été fondée en 1887 par le cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul. Touba est de nos jours la deuxième plus grande ville du Sénégal après l’agglomération de Dakar Pikine, de par son activité économique et sa démographie (1 584 132 d’habitants en 2010, la population a été multipliée par 141 dans les trente-cinq dernières années.). Bien que administrativement, Touba est encore considérée administrativement comme un village (le plus gros du monde) tout en bénéficiant d’un statut d’extraterritorialité officiellement reconnu : l’usage du tabac et de l’alcool, les jeux de hasard, le football, le cinéma sont interdits dans la limite du statut particulier. Même la construction d' »écoles françaises » a été refusée. Seules les écoles coraniques sont admises dans la ville. Touba a été consacré comme « ville modèle » à l’occasion du sommet organisé par l’Organisme des Nations Unies pour les Etablissements Humains à Istanbul en 1996. (Source : www.wikipedia.org). Le Khalife général des Mourides ne veut plus de politique à Touba. Et à ce dessein, il a pris une fatwa confirmant les interdits faits par ses prédécesseurs à la tête de la confrérie mouride. Mieux, il a tout bonnement exigé la fermeture des permanences et sièges de partis politiques établis dans la ville sainte. C’est pour rappeler la sacralité de la ville et réactualiser les interdits en cours (source : La ville de Touba, http://neyloulawtaar.hostei.com/touba.html).

[19] – Par exemple, l’essor de la ville de Touba (Sénégal) est lié au grand pèlerinage qui célèbre chaque année le départ en exil du fondateur de la confrérie des mourides. Ce pèlerinage est appelé le magal.

[20] – C’est en 1963 que les évêques du Mali ont institué pour la première fois un pèlerinage marial à Kita, la plus ancienne paroisse du Mali (20 novembre 1888) qui abrite une statue de Marie notre Dame du Mali. Pendant des années, tout se déroulait sous les manguiers. A partir de 1994, un nouveau sanctuaire fut inauguré. (Source : http://www.mariedenazareth.com/9737.0.html?&L=0).

En 2012, pour le 42è pèlerinage national catholique, le ministre des Affaires religieuses et du Culte, Dr Yacouba TRAORE a relevé les avancées enregistrées dans l’organisation du pèlerinage d’année en année, en soulignant qu’en 1966, 200 pèlerins avaient fait le déplacement de Kita. Cette année, ils étaient plus de 11 000. Il s’est réjoui du dispositif sécuritaire déployé autour de l’événement. En effet, mesure exceptionnelle, plus de 730 agents tous corps confondus ont assuré le maintien d’ordre. Le ministre a félicité les différentes délégations venues du monde entier, en précisant que le gouvernement a pris des dispositions nécessaires pour apporter un nouveau souffle à l’organisation de ce rendez-vous annuel de la foi. Abordant le thème du pèlerinage, le ministre a signifié que malgré les difficultés (occupation des régions Nord, problèmes au niveau des forces armés et de sécurité) notre pays aspire à recouvrer sa dignité, rien que sa dignité. (Source : J. M. FABRICE, Pèlerinage catholique de Kita : UNE BELLE COMMUNION FACE AUX EPREUVES, AMAP-Kita, journal L’Essor du 26 novembre 2012, http://bamada.net/pelerinage-catholique-de-kita-une-belle-communion-face-aux-epreuves).

[21] – La Grande mosquée Djingareyber de Tombouctou a été construite à partir de 1325 sous l’empereur Mansa Moussa par un architecte andalou, Abou Ishaq es-Sahéli, à qui l’empereur offrit 40 000 mitqals (200 kg) d’or pour la construction. C’est la plus grande mosquée de Tombouctou. Elle peut accueillir la prière du vendredi qui rassemble jusqu’à 12 000 fidèles. Elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 1989 et bénéficie depuis 1996 d’un financement du Fonds du patrimoine mondial de l’UNESCO pour un projet intitulé « Sauvegarde des mosquées de Tombouctou ». En 2012, cet édifice a été mis sur la liste du patrimoine mondiale en péril durant l’insurrection au Nord du Mali, les islamistes détruisant le patrimoine culturel de Tombouctou, ne répondant pas, selon eux, aux critères de l’Islam rigoriste. . (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mosqu%C3%A9e_Djingareyber).

[22] – La mosquée de Sankoré a été construite au XVe siècle (qui comprend une medersa et est aux dimensions de la Kaaba). Elle est à l’origine d’une université islamique de très grande renommée dans toute l’Afrique. Jusqu’à 25 000 étudiants fréquentent la ville sous le régime de Sonni Ali Ber (Sonni Ali le Grand). (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tombouctou).

[23] – La Grande mosquée de Djenné est le plus grand édifice du monde en terre crue adobe (on dit aussi Banco en Afrique) ; elle est considérée par de nombreux architectes comme la réalisation majeure du style architectural soudano-sahélien, tout en reflétant des influences islamiques. Un premier édifice fut construit en ce lieu au XIIIe siècle, mais la construction actuelle date seulement des environs de 1907. Marquant le centre de l’agglomération de Djenné, c’est aussi l’un des symboles les plus remarquables de l’Afrique subsaharienne. De concert avec la ville de Djenné elle-même, elle est inscrite depuis 1988 à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Vers 1280, Koi Komboro, roi de Djenné, se convertit à l’islam. Il détruit son palais et y fait construire à la place une grande mosquée. En 1819, Djenné est annexée à l’Empire peul du Macina de Sékou Amadou. Le conquérant peul Amadou Lobbo, qui enleva Djenné à la suite d’une guerre sainte, fit démolir cette mosquée. Il estimait que le bâtiment d’origine, qui était un palais transformé, était trop riche. La seule partie de ce bâtiment qui ait été conservée est un enclos contenant les tombes de chefs locaux. Une restitution de l’édifice, à l’identique, fut terminée en 1896, mais fut ensuite démolie à nouveau pour faire place au bâtiment actuel alors que Djenné relevait du territoire de l’Afrique-Occidentale française. En 1906, le gouverneur colonial français William Ponty accepte, à la demande du marabout Almamy Sonfo, de reconstruire à l’identique l’ancienne mosquée du roi Koi Komboro. Les travaux, commencés en octobre 1906, seront terminés le 1er octobre 1907. Cette construction fut supervisée et dirigée par le chef de la corporation des maçons de Djenné, Ismaïla Traoré. La grande mosquée peut accueillir environ 1 000 fidèles. Elle mesure 75 mètres de côté et 20 mètres de hauteur. Son toit est soutenu par 100 piliers. Entièrement réalisée en banco, la mosquée bénéficie chaque année d’un crépissage auquel participent tous les habitants de la ville. C’est le plus grand édifice du monde entièrement construit en banco. Bien que la Grande Mosquée ait été équipée d’un système de haut-parleurs, les habitants de Djenné ont privilégié la conservation de l’intégrité historique du monument par rapport à une modernisation hasardeuse. (Source : http://fr.wikipedia.org/).

[24] – Au début du siècle passé Max Weber disait “Fût-il pétri de bonne volonté, l’homme moderne est incapable d’accorder aux idées religieuses l’importance qu’elles méritent pour les conduites, la culture et le caractère national.”

 


[1] – Dov ZERAH, né le 31 juillet 1954 à Tunis (Tunisie), est directeur général de l’Agence française de développement (AFD), et président de PROPARCO. La citation en incipit est extraite de l’article signé : « L’aide au développement de l’Afrique ne peut plus ignorer les religions.» publié dans le journal « La Croix » du 16 janvier 2013 (www.la-croix.com).

 

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