DOSSIER SPECIAL – « Les défis du Mali Nouveau : 365 propositions pour l’émergence » – V pour Vision

CHEICKNA BOUNAJIM CISSE

LES DEFIS

DU MALI NOUVEAU

 

 Sans titre1

 

 365 propositions pour l’émergence

 

 

VISION 

 

 « Une vision qui ne s’accompagne pas d’action n’est qu’un rêve;                                                                                                                        une action qui ne découle pas d’une vision, c’est du temps perdu;                                                                                                                         une vision suivie d’action peut changer le monde. »

Nelson MANDELA[1]

En dédiant l’incipit de ce chapitre au « gardien de but de l’Afrique »[2], MADIBA, j’ai voulu rendre hommage à cette icône de l’humanité, qui s’est sacrificiée au point de ne jamais se départir de sa vision de « construire une nation arc-en-ciel ». Son exemple montre qu’une vision commune, portée par un leader reconnu, exerce une influence motivante, en aidant la population à suivre la bonne voie, comme une étoile par une nuit noire. La littérature sur la vision est assez prospère. Pour y accéder, nous allons nous inspirer essentiellement des travaux de recherche de Nicolas EDERLE qui propose une approche unifiée. Dans le sillage de l’épigraphe, la vision serait ainsi définie « comme étant la perception d’un futur attractif de l’organisation et/ou d’un ensemble d’éléments composant son environnement. Cette perception se fonde sur la connaissance du présent. Mais elle ne s’en extrapole pas pour autant, et fait appel tant à un certain recul qu’à une créativité mêlée de clairvoyance. Enfin, elle est orientée vers l’action »[3]. Elle donne une orientation aux objectifs et privilégie les cibles adressées. Pour Sir Arthur EDDINGTON, Prix Nobel de physique, « nous ne croyons nos yeux qu’autant que nous avons la conviction préalable que ce qu’ils semblent nous apprendre est croyable ». L’école entrepreneuriale (Schumpeter, Drucker, Kets de Vries et Miller, Bennis, …) préconise son ancrage dans le champ du leadership. Pour Ahlstrand et al., « la vision est une représentation mentale de la stratégie créée ou du moins exprimée dans l’esprit du leader »[4]. Dans ce cas, l’organisation s’adapte à la vision de son dirigeant. Mais à l’échelle d’une nation démocratique, où l’alternance politique est de règle, la vision a besoin d’être partagée par le plus grand nombre de citoyens pour susciter l’adhésion. Snyder et Graves nous offrent le mode d’emploi : « La vision est la capacité de voir le présent tel qu’il est et à formuler un futur en tenant compte de ce présent. »[5]

Ce large survol de la sémantique nous a paru nécessaire pour contextualiser le concept de la vision. Nos pères de l’indépendance avaient toujours un rêve qu’ils ont matérialisé avec des signes forts comme les symboles de l’Etat, une devise, un drapeau national, la construction d’une Afrique unie. Au Mali, il a fallu attendre la troisième république, amenée par l’avènement du multipartisme, pour bâtir une vision structurée, pensée et réfléchie de l’avenir du pays à l’échelle d’une génération (2000-2025). Mais, malheureusement, le document final a rejoint la longue liste des rapports à dire d’experts dans les tiroirs des gouvernants.

En 2012, l’Harmattan malien a balayé le peu de communication et d’enthousiasme créés autour de cette vision. Cette bourrasque qui a suscité un tsunami émotionnel dans le monde entier, a surtout démontré que le véhicule Mali avait au moins trois gros problèmes : un problème de frein, un problème de moteur et un autre de direction.

Le frein ? Depuis son élection en 2002 jusqu’à sa chute en 2012 à la faveur d’un putsch militaire, le Président élu avait fait du « consensus politique »[6] sa marque de fabrique. Ce modèle de gestion fût, en son temps, salué par plus d’un, au Mali, en Afrique et dans le monde libre. Mais, très tôt, il montra ses limites à l’intérieur de ses propres frontières: une opposition presque inexistante, des institutions fragiles et des structures de contre-pouvoirs limitées. Le véhicule Mali n’avait donc que l’accélérateur qui fonctionnait ; les temps de pause et d’arrêt étaient presque inexistants.

Le moteur ? Le Mali a vécu, pendant deux décennies, de contraignants programmes d’ajustement structurel (PAS) qui ont mis le pays à genou avec à la clé un lourd passif économique et social. Il a fallu attendre le début des années 2000 pour voir la mise en place des programmes inclusifs, mais toujours sous le contrôle des Institutions de Bretton Woods, dont le but principal est de réduire la pauvreté engendrée en grande partie par les conséquences désastreuses des précédents PAS. Or, il est prouvé que lorsque vous changez d’habits, au fond vous ne changez pas ; vous changez simplement la façon dont les gens vous regardent. Résultat des courses : en 2013, malgré les PAS « nouvelle formule », le Mali fait toujours partie des pays les moins avancés de la planète. Il pointe au 6ème rang du classement mondial de la pauvreté ! En vérité, le moteur de notre véhicule est grippé. Notre logiciel de développement – ou du moins celui qu’on nous a imposé ou qu’on a choisi ; qu’importe d’ailleurs l’un des deux – n’est pas en phase ni avec les aspirations profondes du peuple malien, ni avec l’évolution du monde. Sinon, comment comprendre qu’on impose une posture d’ « Etat gendarme » à nos pays alors que ceux qui font la prescription, leur population et leurs gouvernants, signent chez eux le grand retour de l’Etat dans les affaires ? A coup de milliards de dollars, d’euros,…on fait l’apologie de l’ « Etat providence » en Europe : intervention massive de l’Etat pour sauver les banques, les industries, création de structures publiques, protection du marché local, présence dans le conseil d’administration d’entreprises privées,etc. Bref, tout y passe. Tout, sauf ce qu’on nous impose ou propose. Et, on n’est pas loin du passage de témoin entre une Chine dite « communiste » qui se privatise et une Europe dite « libérale » qui s’extrémise. C’est dire donc que le logiciel de développement du Mali est en panne. Insister à le maintenir ou même à le retoucher, c’est condamner notre peuple à la misère. Tenez, la Banque Mondiale – principal prescripteur avec le FMI des PAS – a estimé que si le Mali continue avec le même rythme d’investissement, il va falloir plus de 50 ans pour que le pays comble son déficit en infrastructures publiques. Je vous le traduis autrement. Dans un pays, comme le Mali, où l’espérance de vie dépasse à peine les 50 ans, ce serait deux générations de maliens qui ne mangeraient pas à leur faim, qui auraient un accès limité à la santé, à l’éducation, au logement, à l’emploi et dont les villages, faute de routes praticables, resteront coupés du reste du monde le temps d’un hivernage ou d’un harmattan. Cette assertion de la Banque Mondiale n’a pas été faite dans un confessional, dans leurs bureaux feutrés aux rideaux baissés; ça a été dit, écrit, et publié sur internet[7]. Convenons, qu’il est difficile d’être plus transparent sur le sujet. Et ce n’est qu’un exemple, non choisi, parmi tant d’autres. La récente crise militaro-civile a démontré qu’en réalité les gouvernants maliens étaient assis à l’arrière d’un véhicule qui ne démarrait pas[8], ou s’il démarre avait de la peine à avancer.

Et la direction ? Il est arrivé un moment, pas plus tard que sous la Transition et même bien avant, bon nombre de citoyens maliens et d’observateurs de la scène politique malienne s’interrogeaient : Y-a-t-il quelqu’un à la commande du gouvernail Mali ?  Ce questionnement revenait comme une psalmodie tant les « commandants de bateau » étaient nombreux, les atermoiements habituels et les dérapages fréquents.

Pour rester toujours dans la métaphore de l’automobile, je vous livre le regard critique de cet enseignant et chercheur malien, Aboubacrine Assadek Ag Hamahady: « Le Mali ressemble à un vaste champ. On espère sur une bonne récolte sans couper au préalable les mauvaises herbes, sans lutter contre les oiseaux prédateurs et les criquets. En plus, ce champ foisonne de serpents au point de ne plus savoir où mettre les pieds. Après chaque révolution dans le pays, nous faisons le plein du réservoir de la même vieille voiture, ayant procédé à de toutes petites retouches sur la carrosserie, en gardant toujours l’espoir que cette carcasse ira loin et qu’elle pourra rattraper les autres, voire décrocher le rallye Paris-Dakar. Certes la carcasse brille un peu, mais nous oublions que le moteur est pourri. Voilà pourquoi tous les 20 ans, plutôt sur chaque 20 km, la bagnole tombe en panne très grave. Les hommes politiques que nous voyons toujours sur scène sont tous des mécaniciens. Ces derniers gagnent toujours gros en faisant semblant de la réparer. Ainsi donc, ils ne souhaitent jamais une nouvelle voiture sur la piste, car dans ce cas il y aura moins de réparations et beaucoup de mécaniciens seront en chômage. »[9] Ce point de vue est autant pertinent car, non seulement il résume bien la situation, mais il schématise également assez sobrement le drame malien. Ces « mécaniciens » prospèrent grâce à un quasi-verrouillage du système qu’ils ont orchestré, mais aussi à cause de l’analphabétisme et du dénuement de la majorité silencieuse, dont la conscience est somme toute facile à acheter à la veille des échéances électorales par quelques billets de banque, des tee-shirts, des tissus et des paquets de thé.

Ce décryptage allégorique est un raccourci de la longue liste de surprises, pas toujours agréables, auxquelles le Mali a pu être exposé du fait de l’absence de vision, ou plus précisément d’une vision mal conçue, mal partagée et qui n’aurait pas été suivie d’actions durables. L’une des paroles de sagesse du Dalaï Lama nous enseigne ceci : « quand on perd, on ne doit pas perdre la leçon ». C’est pour cette raison, que nous proposons de rectifier le tir pendant qu’il est encore temps.

Nous ne voulons pas que le Mali soit pris en otage dans les tenailles d’un passé difficile et d’un présent peu lisible ; et que les générations futures soient obligées de payer une forte rançon pour libérer leur pays.

Etat des lieux

  • L’Etude Nationale Prospective (ENP) « Mali 2025 »[10] : En 1999, les autorités maliennes, avec le soutien des partenaires au développement (PNUD, BAD), ont réalisé une étude nationale prospective à l’horizon d’une génération. Cette étude, qui participait au Renouveau de la Planification, plaçait la gestion du développement dans une perspective de long terme et visait les objectifs suivants :
  1. Construire une image réaliste des futurs possibles du Mali à l’horizon d’une génération et renforcer notre capacité d’anticipation des tendances et des événements futurs ;
  1. Forger une image commune du futur et les stratégies appropriées pour la concrétiser ;
  1. Mobiliser tous les acteurs autour de la réalisation des objectifs de développement.

L’étude prospective était une réflexion globale et systémique qui embrassait tous les aspects de la vie de la société : politique, économique, social, culturel, environnemental, technologique, etc. Sa réalisation, qui a duré de 1997 à 1999, a nécessité une enquête nationale « Grand Public » menée à travers un questionnaire adressé à un échantillon représentatif (urbain, rural), de 2 654 personnes âgées de 15 ans ou plus réparties sur toute l’étendue du territoire. Les résultats obtenus ont servi de base de réflexions aux politiques publiques actuelles ;

  • Architecture du cadre national de planification : Le Gouvernement du Mali a exprimé, au cours des dernières années, sa volonté de faire de la lutte contre la pauvreté la priorité de toutes les priorités de développement. A ce titre, il a élaboré et adopté en 2002 le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) 2002-2006. A l’issue de la mise en œuvre de ce Cadre stratégique, un second CSLP dit de 2ème génération, dénommé « Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté » (CSCRP) 2007-2011, a été adopté par le Gouvernement en décembre 2006. Cinq ans plus tard, un nouveau Cadre Stratégique de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (CSCRP, 2012-2017) dit de troisième génération, voit le jour. Ce document constitue le cadre fédérateur de référence des politiques et stratégies de développement du Mali à moyen terme et le principal instrument de négociation avec l’ensemble des partenaires techniques et financiers.

Il faut rappeler que le CSCRP se fonde sur l’Etude nationale prospective (ENP) « Mali 2025 », réalisée de 1997 à 1999 et qui a permis de recueillir la perception des Maliens et leur vision de la société à l’horizon d’une génération. Le CSLP I (2002-2006) avait trois axes stratégiques prioritaires : assurer le développement institutionnel, l’amélioration de la gouvernance et de la participation ; développer les ressources humaines et l’accès aux services sociaux de base ; développer les infrastructures de base et les secteurs productifs. Il se proposait de promouvoir un taux de croissance du PIB de 6,7% par an et réduire la pauvreté de 55,6 % en 2001 à 47,4 % en 2006. Sa stratégie de mise en œuvre reposait sur un accroissement important des financements internes à travers une mobilisation importante des ressources intérieures. La revue 2007 du CSLP I a montré que le Mali a enregistré un taux croissance économique moyen de 5,2% sur la période 2002-2006. Sur la base des leçons tirées de l’expérience du CSLP I et des recommandations de la Table Ronde de Genève 2004, le Gouvernement du Mali a élaboré un cadre stratégique de deuxième génération.

Le CSLP II ou « Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP) », qui couvre la période 2007-2011 a été adopté par le Gouvernement, le 20 décembre 2006. Il repose sur trois orientations stratégiques, qui ont vocation à se renforcer mutuellement : le développement des infrastructures et du secteur productif, la poursuite des réformes structurelles et le renforcement du secteur social. Il vise deux objectifs majeurs : promouvoir une croissance annuelle de 7% par la génération de richesses et la création d’emplois à travers des secteurs porteurs de l’économie nationale tels que les productions rurales, les mines, l’énergie, les biens et services, des formes alternatives d’énergie, une maîtrise de la croissance démographique et une meilleure redistribution de la richesse pour réduire les inégalités et les distorsions sociales ; améliorer le fonctionnement de l’administration publique par la consolidation des réformes entreprises dans les domaines institutionnel (décentralisation), de la gouvernance démocratique (État de droit, lutte contre la corruption, justice, sécurité humaine, parlement), économique (micro finance, appui au secteur privé) et sociale (éducation, santé). Le CSCRP ambitionne de relever un triple défi, à savoir : réduire la pauvreté, notamment par la forte implication des pauvres dans leur propre promotion économique et sociale, assurer une croissance forte et soutenue par l’exploitation de nouveaux pôles de richesse et placer le pays sur l’orbite du développement durable.

Le Gouvernement du Mali a adopté le 28 décembre 2011, un nouveau Cadre Stratégique de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (CSCRP, 2012-2017) de troisième génération. Selon les experts de l’ODHD/LP[11], le CSCRP est le seul document de référence de la politique de développement économique et social du Mali qui met en cohérence l’ensemble des politiques et stratégies sectorielles y compris les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). De même, le Plan Cadre d’Assistance des Nations Unies pour l’Aide Publique au Développement (UNDAF 2007- 2011), est arrivé en fin de cycle. A cet effet, la formulation de son nouveau cycle UNDAF (2012-2016), a été lancée, en collaboration avec les autorités gouvernementales, pour en assurer son appropriation à tous les niveaux et son alignement aux priorités nationales inscrites dans le CSCRP. C’est au moment de mettre en œuvre ces initiatives que le pays est secoué par les évènements du 22 mars 2012 qui ont ébranlé d’une part le processus démocratique et entrainé un sérieux problème sécuritaire avec l’occupation des 2/3 du territoire national. Les objectifs qualitatifs du CSCRP et l’atteinte des OMD restent toujours pertinents et d’actualité.

  • Le Plan Décennal de réalisation des OMD (2006-2015)[12] : Le Gouvernement du Mali a élaboré un plan décennal pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ce plan fait suite à certaines actions importantes comme l’organisation d’un atelier national de lancement des OMD au Mali, l’élaboration du premier rapport national de suivi de la mise en œuvre des OMD, une campagne d’information et de communication sur les OMD. Le plan décennal de réalisation des OMD capitalise ces différentes actions ainsi que le processus d’élaboration, de mise en œuvre et de suivi-évaluation du CSLP auquel il est parfaitement intégré. Le Plan décennal concerne les 8 OMD, à savoir :

–      Objectif 1 : Eliminer l’extrême pauvreté et la faim.

–      Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous d’ici l’an 2015

–      Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

–      Objectif 4 : Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans

–      Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle

–      Objectif 6 : Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies

–      Objectif 7 : Assurer un environnement durable

–      Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

  • Le renouveau de la planification au Mali[13] : Tirant les leçons des résultats mitigés de la gestion du développement, les autorités maliennes se sont lancées dans un processus de réflexion sur l’avenir du système de planification et de gestion du développement en organisant du 15 au 18 janvier 1996 à Ségou, le séminaire national sur le renouveau de la planification au Mali. Les caractéristiques du nouveau système de planification et de gestion du développement ont ainsi été définies comme suit :

–      la planification doit être indicative et s’appuyer sur une redéfinition du rôle des acteurs du développement (Etat, Collectivités territoriales, Secteur privé, Société civile) qui fait du secteur privé la source essentielle de la production des biens et services ;

–      la planification doit s’appuyer sur la concertation, la consultation et la participation de tous les acteurs concernés, dans le cadre d’un système politique démocratique et pluraliste ;

–      la planification doit inscrire la gestion du développement du pays dans une perspective à long terme et assurer une cohérence entre les horizons temporels de long, moyen et court termes ;

–      la planification doit prendre en compte le processus de décentralisation afin d’assurer la cohérence spatiale du développement ;

–      la planification doit accorder une place essentielle à la dimension environnementale du développement ;

–      la planification doit accorder une grande importance au développement des ressources humaines avec une attention particulière au rôle de la femme ;

–      la planification doit prendre en compte le processus d’intégration régionale et sous-régionale.

 

  • L’Institut National de Statistiques (INSTAT)[14] :  L’Institut National de la Statistique (INSTAT), a été créé par l’ordonnance N°09-016/P-RM du 20 mars 2009 et placé sous la tutelle du Ministère chargé de la statistique du Mali. Il ne bénéficie donc pas de l’autonomie institutionnelle. C’est un établissement public à caractère scientifique et technologique doté d’une autonomie de gestion et d’une indépendance scientifique afin de lui permettre de résoudre les problèmes de statistiques en termes de disponibilité, d’accessibilité et de financement. Il constitue l’outil central dont dispose l’Etat pour assurer la mission de développement de la statistique publique, qui consiste à assurer la disponibilité et l’accessibilité des statistiques pertinentes et nécessaires pour la gestion économique, sociale et environnementale, au profit de tous les acteurs de la société. 

Points de vigilance

  • Carence des statistiques nationales : L’une des difficultés majeures de l’élaboration et de la conduite des politiques publiques réside dans l’indisponibilité et l’inaccessibilité des données pertinentes, fiables et actualisées. Or, il est hasardeux voire périlleux de construire puis de conduire des stratégies de développement, de monter des projets socio-économiques en 2013 avec comme base de formulation, les données des années 1990 ou même pour certaines de l’ère coloniale. Cette analyse est partagée par les experts de la FARM[15]. Pour ceux-ci, cela dénote de l’importance que l’ensemble des utilisateurs des données statistiques doivent accorder au soutien des dispositifs d’information fournissant des données primaires. De la disponibilité et de la qualité de ces données dépendent ensuite tout le système d’aide à la décision. La faiblesse de statistiques maliennes résulte d’une façon schématique de deux problèmes : le premier a trait à l’absence de recensements généraux suffisamment réguliers, permettant de faire un état des lieux complet et d’établir une base de sondage – un échantillon – pour les enquêtes régulières ultérieures, représentative de la diversité de la population adressée. En 53 ans d’indépendance, quatre seulement ont été réalisés (1976, 1987, 1998 et 2009). La deuxième difficulté a trait à la conduite et au financement de ces enquêtes périodiques.

Par exemple, lors du dernier recensement général de la population (RGPH, 2009), le Mali s’attendait à une croissance de la population de l’ordre de 2,6% et un nombre total d’environ 12,96 million d’habitants[16]. In fine, le recensement a dénombré 14,51 millions d’habitants et un taux de croissance de 3,4%. Pour faire simple, n’eut été ce RGPH, il y aurait en 2009 près de 2 millions de maliens qui ne seraient pas pris en compte par les politiques publiques. C’est juste, si je vous dis que dans le comptage de la population malienne, j’ai oublié la capitale, Bamako. Forçons encore le trait. Dans l’hypothèse où le recensement général n’avait pas eu lieu en 2009 et que l’on était resté avec les données du précédent intervenu en 1998, la population malienne sera d’un peu moins de 23 millions d’habitants en 2030 contre une projection actualisée (base 2009) de 30 millions d’habitants. Résultat : ce sont plus de 7 millions maliens qui n’auraient pas été comptabilisés dans les statistiques nationales. Autrement dit, 1 malien sur 4 n’existerait pas dans le fichier national en 2030. Dites-moi, comment un programme, un projet national peut valablement prospérer lorsque 25% de sa cible est ignorée ?

  • Conduite du changement : Dire que le peuple malien aspire au changement, au vrai changement, qui crée plus d’équité, de justice, de travail, de pouvoir d’achat, qui fait rayonner leur pays,… en un mot qui améliore leur existence et présage d’un avenir radieux pour les futures générations, sera un euphémisme. La juste question est le quand et le comment. Pour y répondre, il est nécessaire de faire bouger les mentalités qui ne sont pas, heureusement, toutes culturelles. Beaucoup de mauvaises habitudes se sont installées ces dernières décennies. Beaucoup de plis se sont formés et empilés. Et l’accoutumance a pris le dessus sur l’endurance. Et ceux qui en ont fait des rentes en formant des groupes de pression tiennent en otage l’immense majorité de la population. Les oreilles des maliennes et des maliens ont tellement été travaillées par les gouvernants, centraux comme locaux, qu’elles n’entendent plus. Pourtant, Voltaire disait que : « l’oreille est le chemin du cœur ». Et, « l’organe de la parole n’est pas la bouche, c’est le cœur » renchérit M. De Cornouardt. Le discours politique s’est totalement décrédibilisé. Il se résume : « dire ce qu’on ne fera pas, et faire ce qu’on ne dira pas ». Les importantes sommes d’argent empruntées ou reçues au nom du peuple malien ont très souvent pris des destinations inconnues et privées. Les rapports de contrôle le prouvant s’empilent dans le fonds des tiroirs. Et de temps en temps, le peuple est distrait par l’exhibition de quelques « gros poissons » ayant mordu à l’hameçon, bien visible, des vérificateurs et qui d’ailleurs au bout de longues procédures judiciaires finissent, très souvent, par être relâchés dans les eaux glauques de la corruption. Finalement, les populations maliennes ne croient plus au « miracle ». Oui le bien-être n’est plus un droit. C’est devenu un miracle. Donc, par essence difficilement accessible. Il va falloir donc une grande campagne de sensibilisation et d’information autour des nouveaux concepts de changement. Pour y arriver, il sera utile de faire appel à des « orthophonistes » d’un tout autre genre. La voix doit être portée par les femmes et les hommes maliens, et il en existe, dont le discours n’a pas encore été altéré et qui ont toujours « mouillé le maillot » pour leur pays. Dans son best-seller consacré à La Nouvelle Excellence, Hervé SERIEYX rappelle que tous ceux qui veulent bousculer les immobilismes, créer du mouvement, produire de la valeur, promouvoir des innovations, savent à quelles forces d’inertie il faut s’attaquer et combien sont nombreuses les vaines tentatives. On se rappelle le principe d’Archimède :  « Toute idée neuve plongée dans une société reçoit de celle-ci une poussée verticale inverse égale à la masse de son conservatisme ». Soyons donc lucides. « Une doctrine, quelle qu’elle soit, politique, religieuse ou sociale, ne se produit jamais sans trouver plus de contradicteurs que d’adeptes, et ne recrute quelques soldats qu’après avoir fait beaucoup de martyrs. » conseille Louis BLANC[17].
  • Gestion du temps : Il est difficile de faire comprendre aux populations que les  problèmes auxquels elles sont exposées sont tellement nombreux et pressants et qu’au regard de l’énorme retard du pays, il va falloir encore patienter. D’autant que la nature des questions à résoudre est structurelle alors que les désirs de changement des populations sont inscrits dans l’immédiateté « Tout, tout de suite ». Trouver un bon alliage entre les deux exigences n’est pas chose aisée. Et c’est là, toute la difficulté de l’exercice. Et la facilité de se lancer dans des promesses creuses et démagogiques est tentante. Il faut une certaine durabilité pour ne pas se condamner à la versatilité. Il nous faut devenir des « tortues-lièvres »[18], animaux bizarres capables de courir vite mais, également, longtemps et sans précipitation. Il faut donc deux choses : la pédagogie pour expliquer des choses sérieuses avec gravité et sans tristesse ; et aussi, c’est important, initier et réaliser des quick wins (ou victoires rapides) pour envoyer un message d’espoir et d’engagement : « Yes, we can ! »[19].
  • Victoires rapides : Surprendre et émerveiller ne suffisent plus. Il faut convaincre avec des actions concrètes. A l’image d’un projet d’entreprise, le quick wins est aussi nécessaire à l’échelle nationale. Il s’agit, dès les premières années du déploiement du projet collectif, d’arriver rapidement à des résultats tangibles, même symboliques, afin de prouver que le choix est bon, la vision juste, la promesse tenable et qu’on peut passer à la vitesse supérieure. De façon concrète, il s’agit de prévoir dans la feuille de route globale des mesures à impact rapide, qui toucheront le quotidien des populations. Ce sont des mesures incitatives qui permettent de contenir les ardeurs et de canaliser les énergies autour des grandes déclinaisons de la vision.

 

Propositions

Objectif : Construire une vision à long terme qui puisse faire du Mali un pays émergent, authentique, moderne et prospère à l’horizon 2030.

La nouvelle vision du Mali est celle d’un Mali qui dit OUI à l’union, à la liberté, à la démocratie, à la croissance, à l’emploi, à l’habitat, à la santé, à l’énergie, aux infrastructures, à la justice, à la bonne gouvernance… à la prospérité et au bien-être de sa population. Un Mali qui dit NON à la division, à la guerre, aux coups d’Etat, à la famine, à la corruption, aux épidémies, au chômage. Un Mali fier et debout, qui regarde l’avenir avec optimisme. Un Mali « arc-en-ciel » où toutes les sensibilités comptent, où toutes les différences s’expriment. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Sans distinction de sexe, de couleur de peau, de confession, de statut social et d’opinion politique. Un Mali pluriel où les minorités sont protégées. Un Mali, lavé à grande eau, qui avance. Qui ne regarde pas seulement dans le rétroviseur. Un Mali résolument engagé dans la voie du développement et du bien-être de ses enfants. Un Mali qui sait aussi se défendre contre le pillage systématique de ses terres, de ses cerveaux, de ses ressources minières, agricoles…, en un mot de ses richesses. Un Mali qui attaque, qui innove, qui dialogue dont la voix porte au-delà de la voie étriquée dans laquelle il s’est confiné depuis plusieurs décennies. Un Mali tolérant, apaisé et réconcilié avec lui-même. Et pour faire simple, un pays en phase avec sa devise : « un Peuple Uni dans sa riche diversité, tourné vers un But commun et ayant une Foi indéfectible en son avenir »[20].

  1. 1.     Construction de la Vision « Mali 2030 » :

La Vision « Mali 2030 » constitue le carburant de mon engagement et la trame de mon action. Une vision volontariste et ambitieuse, à l’échelle nationale, qui va fédérer les acquis et se projeter dans l’avenir avec une vision plus ambitieuse. Une vision traduite par des plans assortis d’une feuille de route consensuelle et réalisable qui tient compte de nos atouts et de nos contraintes, et en parfaite harmonie avec les aspirations profondes du peuple malien. Une vision qui s’inscrit dans la dynamique de l’Afrique conquérante et qui est ouverte sur le reste du monde, à travers des partenariats solides et équitables.

La Vision « Mali 2030 » se décline en plusieurs variantes suivant les chantiers prioritaires du pays. Les principales orientations sont ci-dessous présentées :

–       Le Plan « Mali Emergence Verte » (PMEV)[21] destiné à faire du Mali une puissance agricole à l’horizon 2030. Un objectif ambitieux et réaliste qui peut être réalisé grâce aux énormes potentialités humaines, en eaux et en terres du Mali. Le PMEV intègre le Programme «La Terre ne ment pas», destiné à promouvoir l’emploi agricole et l’Initiative 3 M « les Maliens Mangent Mieux » pour améliorer la disponibilité et l’accessibilité des produits alimentaires à la population. Le PMEV nécessitera la mobilisation d’une enveloppe financière de 6 400 milliards de francs CFA et doit toucher, à terme, 18 millions de maliens (60% à l’échelle d’une population totale de 30 millions attendue pour 2030).

–       Le Contrat-Plan avec le système bancaire[22] : Il vise un double objectif d’ici 2030. Primo, porter le taux de bancarisation à 50% à travers un réseau bancaire dense et diversifié et des opérations « compte à zéro ». Secundo, renforcer l’intervention des banques dans le financement de l’économie, en relevant son taux de participation au PIB de 26% à 60% à l’horizon 2030.

–       L’Initiative « Poches cousues »[23] : La nouvelle stratégie de lutte contre la corruption aura pour point focal le lancement d’une vaste initiative d’envergure nationale, baptisée Opération « poches cousues ». Le credo : la rupture avec l’impunité et la récompense du mérite. Le slogan : « Un Patriote ne corrompt pas et ne se laisse pas corrompre. »

–       Le Plan Emergence Economique (PEMEC)[24] est une réponse durable aux défis prégnants du développement du Mali. Il se démarque de l’urgence en engageant l’économie sur une transformation structurelle. Il s’inscrit dans une dynamique renouvelée en rupture avec le Plan de relance durable du Mali (PRED, 2013-2014) et dans le sillage du nouveau Cadre Stratégique de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (CSCRP, 2012-2017). Il consolide les acquis et corrige les insuffisances. Il prend aussi en compte les nouveaux enjeux exposés par la récente crise militaro-civile en renforçant la résilience du cadre macroéconomique face aux chocs externes et aux pressions internes.

–       Le Plan « TEA »[25] (Transports, TIC, Energie, Eau, Assainissement) pour développer les infrastructures de base dans le pays. Il nécessitera plus du doublement de l’investissement actuel soit 1 milliard de dollars par an (environ 550 milliards de francs CFA). Au total, il s’agit de mobiliser une enveloppe globale de 16 milliards de dollars pendant la durée du plan (2014-2030).

–       Le Plan « Jeunes 2030 »[26] est un pack destiné à apporter des solutions concrètes et durables aux énormes défis de notre jeunesse. L’offre de services aura son pendant l’engagement citoyen. Il s’agit, entre autres initiatives, du programme « La Terre ne ment pas »  destiné à l’installation de 50 000 exploitations agricoles par an pour la période s’étalant de 2014 à 2030. L’objectif est de favoriser le retour à la terre et de résorber en partie l’épineux problème du chômage des jeunes.

–       Le Plan « Logement pour tous »[27] : A travers des initiatives audacieuses, avec le renforcement du partenariat public-privé, une vaste campagne de construction de logements va être engagée afin de fournir à la population malienne des habitats de qualité à moindre coût. Pour renforcer les moyens des promoteurs immobiliers, il sera prévu la construction d’une seconde usine de cimenterie d’ici 2020.

–       Le Plan « SOS Ecole »[28] : Aucune nation ne peut se développer sans des femmes et des hommes bien éduqués et formés. Or le système éducatif malien est en crise profonde depuis plusieurs années. Le plan proposé, au-delà de ses mesures urgentes, s’inscrit dans une refondation totale de l’école malienne avec un accent particulier sur les deux extrémités de la pyramide (l’enseignement fondamental et l’enseignement supérieur). Il ne fabrique pas de chômeurs, il forme des citoyens aptes à servir leur pays dans des emplois d’avenir comme ceux du secteur agricole et capables de développer l’entrepreneuriat dans des secteurs porteurs à forte valeur ajoutée.

–       Le Plan « Mali Santé 2030 »[29] qui consolide tous les acquis, corrige les insuffisances et anticipe sur les grands changements d’un monde en perpétuel mouvement du fait de l’interdépendance des Etats et des migrations humaines. L’objectif du Plan « Mali Santé 2030 » est d’assurer une couverture santé à l’ensemble de la population à travers des investissements massifs dans les structures de santé, le recrutement, la formation et la motivation du personnel de santé, la disponibilité et l’accès aux soins et aux médicaments sur toute l’étendue du territoire national. Il s’agit aussi d’éradiquer sinon de réduire de façon significative l’impact des grandes pathologies sur le développement de notre pays.

  1. Renforcer les capacités d’intervention de l’Institut National de Statistiques (INSTAT) : C’est une mesure essentielle pour la réussite de la Vision « Mali 2030 ». L’objectif est de permettre au Mali, aux gouvernants, aux partenaires techniques et financiers (PTF), et aux chercheurs de disposer d’une base de données complète, fiable et régulièrement mise à jour. Pour ce faire, à l’image d’autres pays africains comme le Maroc[30], l’INSTAT doit évoluer pour avoir une autonomie institutionnelle lui permettant de dérouler son programme d’actions au-delà des contingences et variations politiques. En effet, pour traduire une vision à long terme en un plan stratégique couvrant l’ensemble des domaines de la vie de la nation, il est nécessaire de disposer des données statistiques fiables sur une période convenable, à même de servir de base de prévisions, et donc de décisions dans la perspective de la réalisation de cette vision. Avec le jeu des alternances démocratiques au pouvoir tous les 5 ou 10 ans, un consensus national sur l’essentiel pour le mettre à l’abri des contingences politiques serait également de nature à solidifier davantage la base et à l’ancrer dans l’intérêt supérieur de la nation. L’INSTAT rénové, assurera la coordination générale des plans, programmes et initiatives issus de la Vision « Mali 2030 » et fera le point régulièrement entre ce qui est promis plus haut et ce qui est vécu plus bas, sur la base de statistiques fiables et pertinentes, disponibles et accessibles à tous.

 

  1. Conduire une Etude Nationale Prospective « Mali 2030 » : Elle doit être faite par l’INSTAT révisé, avec le concours de toutes les forces vives du pays. Elle s’inscrira dans la continuité de l’ancienne initiative ENP « Mali 2025 », non pas en la retouchant mais en revisitant ses fondements et sa méthode. Dans la perspective du Plan Madiba « Africa 2030 »[31], elle s’inspirera des autres plans similaires sur le continent dont celui du Maroc[32], en cours de gestation. Elle prendra en compte les évolutions démographique, sécuritaire, politique et économique en cours dans le pays et aussi du contexte international qui a profondément changé et qui n’est plus celui de la fin des années 90 (base de la réflexion de l’ENP 2025)

 

Conclusion :

Construisons ensemble le Mali de demain ! Tel pourrait être l’étendard de la Vision « Mali 2030 ». Et pour s’y engager, il faut d’abord aimer le Mali et être fier d’en appartenir. En cela, nous pourrons nous inspirer de cette belle histoire du handisport contée par Christian Godefroy qui au-delà de sa véracité parle à notre conscience collective. Un moment émouvant de grande humanité.

Il y a quelques années pendant les Paralympiques, neuf participants, tous déficients mentaux ou physiques, se sont alignés pour le 100 mètres haies. Ils se sont élancés au signal, pas exactement en bon nombre…mais tous avaient la volonté de terminer la course et de gagner. Tous, à l’exception d’un jeune sportif qui s’est étalé sur la piste au passage de la première haie. De douleur et de dépit, il s’est mis à pleurer. Les autres l’ont entendu et se sont retournés. Ils ont ralenti et ont fini par s’arrêter. Alors, une chose inédite s’est produite : les huit sportifs sont revenus sur leurs pas pour aider celui qui était tombé. Une jeune fille avec le syndrome de down s’est même penché sur le blessé pour lui donner un baiser et l’encourager : ‘’T’inquiètes pas, maintenant ça va aller‘’. Ce jour-là, le record du monde n’a pas été battu, mais les neufs sportifs ont passé la ligne d’arrivée ensemble, bras dessus bras dessous. Le stade entier était débout et a applaudi à tout rompre pendant plusieurs minutes…Ils étaient encore plus enthousiastes que pour un record battu.

Nous serons à la ligne d’arrivée en 2030. Fermer les yeux et pensez au Mali debout, défraichi de ses ondes négatives, qui applaudit le Mali qui gagne ensemble. Edgar MORIN, cité par Hervé SERIEYX[33], estime que l’étoile seule peut polariser nos diversités, nous conduire à dépasser nos dissemblances. Elle doit être à la fois belle pour tous, visible par tous et perçue par tous à la fois comme proche et hors d’atteinte. Il faut que l’étoile soit haute pour que chacun puisse y projeter son rêve. Pour l’auteur français, le choix du chef d’orchestre est fondamental. Tous les membres de l’orchestre, polarisés par une même étoile – l’excellence d’une réalisation musicale – et réunis par la connaissance de la partition, inégalement approfondie par chacun mais pour chacun globale, peuvent harmonieusement interagir, même si leurs compétences, leurs fonctions, leurs places et leurs rôles sont différents. L’économiste américain, Peter DRUCKER, conclut, après nous avoir fait accédé à ces hauteurs, par une phrase de TOSCANINI : « J’ai connu deux types de chefs d’orchestre : ceux qui avaient la partition dans la tête et ceux qui avaient la tête dans la partition ».

La Vision « Mali 2030 » prend en compte les priorités nationales et les exigences d’un monde en mouvement. Elle va au-delà d’un horizon temporel à moyen terme, dans lequel les différents programmes économiques et sociaux actuels sont inscrits. Elle constituera le principal pilier pour l’édification de l’avenir du Mali à long terme. Elle est certes ambitieuse mais elle n’est pas hors de portée. Georges-Bernard SHAW disait que « Dans la vie, il y a deux catégories d’individus : ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent : pourquoi ? Ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et qui se disent : pourquoi pas ? ». Je m’évertue à faire partie du second groupe, et c’est aussi le sens de mon invite. Mon optimisme, je le tiens d’Albert GUINON pour qui « Les passionnés soulèvent le monde et  les sceptiques le laissent retomber. » Et je suis d’accord avec l’ancien premier ministre sénégalais, Souleymane NDIAYE « Nous pouvons y arriver, avec plus de volonté, d’organisation et de méthode, en mettant l’accent sur l’harmonisation des statistiques et la convergence des politiques et des performances macroéconomiques. » Maintenant, il s’agit de mettre en pratique, ensemble, ce qui a été conçu, en partage, en laboratoire.

Le Mali renaîtra de ses cendres comme le phénix ! Il a toujours vaincu. Et il vaincra.

Cheickna Bounajim CISSE, est un banquier malien de 45 ans. Il est diplômé en gestion des entreprises de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA de Bamako). Il possède un diplôme d’études supérieures en banque de l’Institut Technique de Banque (ITB – CNAM) et est titulaire d’un Master professionnel en Sciences politiques et sociales, spécialité Journalisme de l’Institut Français de Presse (IFP – Université Panthéon-Assas). Il détient un MBA de l’Université Paris Dauphine et de l’IAE de Paris (Université Sorbonne).

Sur le plan professionnel, après un bref passage dans un cabinet d’expertise comptable, l’auteur a développé une solide expertise dans le domaine de la finance. Il a exercé dans le secteur bancaire au Mali pendant une vingtaine d’années avant d’entamer une carrière internationale au sein d’un groupe bancaire et financier, leader de son secteur d’activités au Maghreb et acteur de référence en Afrique. Il a conduit et participé à des projets structurants de grande envergure comme le redressement accéléré d’une banque en difficulté, son processus de privatisation et son plan de transformation ainsi que l’implantation en « green field » d’unités bancaires.

Ambassadeur de Dauphine Alumni Afrique pour le Mali, il est membre de plusieurs organisations et associations internationales dont l’IIA (audit interne) et l’ACFE (lutte contre la fraude). Il a participé ou animé plusieurs séminaires et conférences au Mali, en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord.

Il est l’auteur de plusieurs articles et dossiers relatifs au système bancaire ouest-africain et à l’émergence économique de l’Afrique. Il est l’inventeur du concept « MANGANESE », un acronyme qui désigne neuf pays africains (Maroc, Angola, Nigéria, Ghana, Namibie, Egypte, Afrique du Sud, Ethiopie) regroupant plus de la moitié de la population africaine et représentant près de 70% de la production du continent.

L’ouvrage « LES DEFIS DU NOUVEAU MALI : 365 propositions pour l’émergence » est un livre-programme, une contribution de l’auteur à la reconstruction de son pays en proie à la crise la plus importante de son histoire contemporaine. C’est le regard intéressé d’un malien, loin de ses terres, sur son pays pour plus de justice et de progrès. Son ambition pour le Mali transcende les alternances et variations politiques. Il propose une nouvelle vision destinée à faire du Mali un pays émergent à l’horizon 2030.

Rédigé sous la forme abécédaire, cet ouvrage comprend 26 chantiers prioritaires qui englobent l’essentiel des secteurs stratégiques du Mali actuel et de demain avec des suggestions et des propositions audacieuses et réalisables. Les thèmes abordés sont notamment l’Agriculture, les Banques, la Corruption comme conséquence à la mauvaise Gouvernance, la Démocratie, l’Economie, la problématique du genre à travers la Femme, l’épineux problème du Travail, la Jeunesse comme l’avenir du pays, l’amour du pays à travers l’Hymne national, les Infrastructures, la Jeunesse, le Logement, les maliens du monde à travers la Migration, la boussole de la paix qui indique le Nord, les ressources minières à travers l’Or, la Presse, l’école (une véritable Quadrature du cercle), la Religion, la Santé, l’armée avec le Wargame… Et Z comme culture,  ce qui reste que lorsque l’on a tout oublié.

 


[1] – Nelson Rolihlahla MANDELA est né le 18 juillet 1918 à Mvezo (Afrique du Sud). Son nom du clan tribal est « Madiba », un nom qu’il affectionne et qui a été adopté par la « nation arc-en-ciel ».  Il a été condamné à la détention à perpétuité le 12 juin 1964 et n’a été libéré que le 11 février 1990. Il a été emprisonné dans l’île prison de Robben Island, sous le numéro de matricule 46664, où il reste dix-huit de ses vingt-sept années de prison. Il est désigné prix Nobel de la paix en 1993 et devient le premier président de l’Afrique du Sud post-raciale lors des premières élections générales multiraciales du 27 avril 1994. En tant que symbole de résistance, de réconciliation et de paix, Nelson Mandela a une notoriété reconnue dans le monde entier. Pour son compatriote et nobéliste, Desmond Tutu, Nelson Mandela est un  « colosse moral ». Pour le président américain, Barack Obama, la vie de l’icône sud-africaine «  nous enseigne que l’impossible peut se réaliser ». Quant au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, Mandela est « un citoyen du monde exemplaire » et « l’incarnation vivante des plus hautes valeurs des Nations unies ». Pour le président de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, Nelson Mandela est « le plus grand homme encore vivant sur Terre ».

 

[2] – Formule empruntée au sculpteur sénégalais, Ousmane SOW qui voudrait dire rempart, pilier. L’artiste expose du 15 juin au 15 septembre 2013 à la citadelle et au musée des Beaux-Arts de Besançon (France), presque toutes ses œuvres dont  la sculpture géante de Nelson MANDELA, appartenant à la série en cours de création « Merci – Les grands hommes », présentée pour la première fois au public. En vêtements de gardien de but de l’Afrique, Mandela fait un « geste de la main droite pour écarter les chefs d’Etat africains pourris », explique Ousmane SOW, connu pour ses statues monumentales créées avec une pâte granuleuse particulière, faite de matériaux divers. (Source : Sculpture: dernière exposition d’Ousmane Sow en France, 15 juin 2013, http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20130615.AFP6310/sculpture-derniere-exposition-d-ousmane-sow-en-france-avant-son-retour-au-senegal.html).

 

[3] – Source : Nicolas EDERLE, Vision et pilotage de l’entreprise, CREPA, cahier de recherche n° 64, 2001.

 

[4] – Source : Ahlstrand (B.), Lampel (J.) et Mintzberg (H.), Safari en pays Stratégie, Village mondial, 1998.

 

[5] – Source: Snyder (N.) et Graves (M.), Leadership & Vision, Business Horizon, Jan-Feb 1994.

 

[6] – « Après mon élection en 2002, j’ai proposé à la classe politique malienne une gestion consensuelle du pouvoir dont la philosophie essentielle tient en cette formule : gouverner ensemble, dans le respect de nos différences ». Ce sont là les propos du président Amadou Toumani TOURE (ATT), candidat indépendant, porté au pouvoir par une partie de la société civile et de partis politiques, à l’occasion de son entrée à l’Académie des sciences d’Outre-Mer à Paris, le 26 octobre 2007. (Source : Denis KONE, Dossier, Le consensus politique de 2002 A 2007, La camisole de force d’ATT, 18 juin 2010, http://www.bamanet.net/index.php/actualite/les-echos/9532-dossierle-consensus-politique-de-2002-a-2007la-camisole-de-force-datt.html).

 

[7] – La comparaison des besoins de dépense avec le total des dépenses actuelles et des gains d’efficacité potentiels fait apparaître un écart de financement d’environ 283 millions de dollars EU par an, soit 5,1 % du PIB, principalement dans le domaine de l’eau et assainissement, et, dans une moindre mesure, des transports. Il faudra probablement plus de dix ans au Mali pour atteindre les objectifs infrastructurels. Dans l’hypothèse d’un maintien de la dépense et de l’efficacité actuelle, il lui faudrait plus de 50 ans. Néanmoins, en combinant une augmentation du financement, une amélioration de l’efficacité et des innovations destinées à réduire les coûts, il serait possible de ramener ce délai à 15 ans. (Source : Banque Mondiale, Africa Infrastructure Country Diagnostic (AICD), en français Diagnostic des infrastructures nationales en Afrique, Rapport Pays, Infrastructure du Mali: Une perspective continentale, Cecilia M. Briceño-Garmendia, Carolina Dominguez et Nataliya Pushak. Washington, Juin 2011, http://www.infrastructure.africa.org).

 

[8] – L’expression est inspirée de celle de l’homme politique français, François GOULARD qui disait: « Être ancien ministre, c’est s’asseoir à l’arrière d’une voiture et s’apercevoir qu’elle ne démarre pas ». Cette phrase lui a valu d’être primé lauréat du Grand prix 2012 du Press Club, Humour et Politique. (Source : Wikipédia)

 

[9] – Source : Parti en exil à Dakar : Des internautes commentent pour nous le départ d’ATT.

 

[10] – Source : Etude Nationale Prospective « Mali 2025 », Rapport de Synthèse, Présidence de la République, Secrétariat Général, juin 1999.

[11] – Source : Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LP), Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali: analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, Rapport Final, Février 2013.

 

[12] – Source : Ministère de l’Environnement et de l’Assainissement (MEA), Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), Projet Initiative Pauvreté et Environnement (IPE) – Mali, Rapport Final, Analyse de l’intégration de la dimension environnementale dans les politiques et stratégies de développement au Mali, octobre 2008.

[13] – Source : Ministère de l’Environnement et de l’Assainissement (MEA), Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), Projet Initiative Pauvreté et Environnement (IPE) – Mali, Rapport Final, Analyse de l’intégration de la dimension environnementale dans les politiques et stratégies de développement au Mali, octobre 2008.

 

[14] – Les textes spécifiques relatifs à l’organisation et au fonctionnement de l’INSTAT comprennent : l’Ordonnance N°09-016/P-RM du 20 mars 2009, portant création de l’Institut National de la Statistique ; le Décret N°09-126/P-RM du 20 mars 2009, fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de l’Institut National de la Statistique ; et l’Arrêté N°09-363/MEF du 08 décembre 2009, portant Nomination des Membres du Conseil d’Administration de l’Institut National de la Statistique. (Source : site institutionnel de l’INSTAT, http://instat.gov.ml/contenu_page.aspx?pa=51).

 

[15] – Source : Roger Blein, Bio Goura Soulé, Benoît Faivre Dupaigre et Borgui Yérima, Les potentialités agricoles de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde (FARM), Février 2008.

 

[16] – Source : Cellule de planification et de  statistique du secteur santé, développement social, promotion de la famille, Evaluation du plan de développement sanitaire et social, Ministère de la santé, Mali, 6 juin 2011.

[17] – Louis BLANC (1811-1882), historien et homme politique français. Citation extraite de son ouvrage Organisation du travail.

 

[18] – l’expression est empruntée à Hervé SERIEYX (2000).

 

[19] – Slogan de campagne du candidat-président américain Barak OBAMA.

 

[20] – Source : Etude Nationale Prospective « Mali 2025 », Rapport de Synthèse, Présidence de la République, Secrétariat Général, juin 1999.

 

[21] – Le PMEV est détaillé dans le chapitre « A » consacré à l’Agriculture.

 

[22] – Le Contrat-Plan est détaillé dans le chapitre « B » consacré aux Banques.

 

[23] – L’Initiative « Poches cousues » est détaillée dans le chapitre « C » consacré à la lutte contre la Corruption.

 

[24] – Le PEMEC est détaillé dans le chapitre « E » consacré à l’Economie.

 

[25] – Le Plan TEA  est détaillé dans le chapitre « I » consacré aux Infrastructures.

 

[26] – Le Plan « Jeunes 2030 » est détaillé dans le chapitre « J » consacré aux Jeunes.

 

[27] – Le Plan « Logement pour tous » est détaillé dans le chapitre « L » consacré au Logement.

 

[28] – Le Plan « SOS Ecole » est détaillé dans le chapitre « Q » consacré à l’Education.

 

[29] – Le Plan « Mali Santé 2030 » est détaillé dans le chapitre « S » consacré à la Santé.

 

[30] – Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) est une structure ministérielle érigée en septembre 2003 en une administration de mission, sous l’autorité d’un Haut-Commissaire au plan nommé, avec rang de Ministre, par Sa Majesté le Roi. C’est une institution jouissant d’une indépendance institutionnelle et intellectuelle dans l’établissement de ses programmes et la conduite de ses travaux d’enquêtes et d’études. Il est le principal producteur de l’information statistique économique, démographique et sociale et chargé de l’établissement des comptes de la nation marocaine. Le HCP se conforme dans ses statistiques et ses études aux normes internationales et est admis depuis 2005 à la Norme Spéciale de la Diffusion des Données du FMI. Il est nommé au Comité Directeur du Partenariat statistique au service du développement à l’aube du XXIe siècle (PARIS21). Le Maroc est élu, pour la deuxième fois depuis 2000, membre de la Commission Statistique des Nations Unies et ce, lors de la réunion du Conseil Economique et Social des Nations Unies tenue le 18 mai 2009 à New York. (Source : extrait du site institutionnel du HCP, http://www.hcp.ma/Haut-Commissariat-au-Plan_a709.html).

 

[31] – Le Plan Madiba « Africa 2030 » est développé dans le chapitre « X » consacré à l’ouverture, à l’intégration africaine.

 

[32] – Sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi, le Haut-Commissariat au Plan (HCP), conduit, depuis 2004, une réflexion prospective sur le Maroc 2030. Une telle réflexion est, aujourd’hui, arrivée à la phase d’élaboration des scénarios, exploratoire, alternatif ou de rupture, dans l’un ou l’autre desquels le Maroc, après débats, pourrait choisir d’inscrire l’itinéraire stratégique de son développement économique et social, conformément à une planification rénovée qui répond aux exigences du monde moderne. Ces travaux ont donné lieu à plusieurs forums, séminaires et études. Ils ont porté sur l’environnement géostratégique et géoéconomique, la société marocaine, les structures économiques et les sources de croissance, les rapports entre croissance et emploi, croissance et développement humain ou encore sur certains secteurs privilégiés en raison de leur impact actuel ou futur sur le développement de notre pays tels que l’énergie, l’agriculture ou le tourisme. Ces études constituent, aujourd’hui, les composantes de ce qu’on appelle « la base » dans le jargon de la prospective. C’est là, une somme de connaissance, d’analyse et de réflexion sur le passé, le présent et les futurs possibles de chacune de ces composantes.

A cet effet, le programme de prospective du HCP est focalisé sur la construction des scénarios sur les futurs possibles qu’offrent au pays l’évolution de son environnement régional et international et la dynamique du changement au sein de la société marocaine et ce, afin de disposer de bases pertinentes pour des choix stratégiques de plans à moyen terme. Dans ce cadre, plusieurs scénarios sont examinés, en particulier, le scénario tendanciel (que pourrait devenir le pays si les tendances lourdes se poursuivaient et quels en seraient les implications et les risques) et les scénarios alternatifs, le souhaitable et le possible, pour inscrire les grandes Orientations Royales dans le cadre d’un développement durable pour le Maroc en en dégageant les effets et les implications. Les travaux consacrés à ces réflexions et mis à contribution pour l’exploration des options prospectives et des scénarios relatifs à la géostratégie, à l’économie mondiale, aux secteurs porteurs, au fonctionnement de la société et aux acteurs et opérateurs socio-économiques sont conduits dans des forums et animés par d’éminents experts internationaux et nationaux de différents horizons. Par ailleurs, des études thématiques sur les principaux champs sectoriels et transversaux sont réalisées au sein du Haut-Commissariat au Plan ou avec la contribution de chercheurs marocains sur la base de termes de références précis, alors que des conférences-débats sur des thèmes spécifiques sont organisés pour sensibiliser un public plus large aux changements majeurs et enjeux à caractère économique, social et culturel que connaissent ou connaîtront le Maroc et son environnement régional ou international. Ces travaux permettent de constituer une base de données d’informations et d’enseignements qui seront mis à profit pour l’élaboration du futur plan de développement économique et social, lorsque les institutions nationales compétentes en auraient fixé les objectifs et les horizons. (Source : extrait du site institutionnel du HCP, http://www.hcp.ma/Haut-Commissariat-au-Plan_a709.html).

 

[33] – Source : Hervé SERIEYX, La Nouvelle Excellence, Maxima Paris, 2000.

 

 

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