ETUDE – Du difficile accès des ahmadis à l’éducation au Pakistan

Source : Ahmadiyya Times
Etude rédigée par Asif Arif*

Loin derrière nous est la période des grands discours de liberté de Muhammad Ali Jinnah, éminente personnalité à l’origine de la création de l’Etat du Pakistan. Les problématiques politiques du Pakistan sont désormais connues du grand public ; choquantes et grossières, les limites aux libertés fondamentales de l’Homme sont constamment relatées par la presse mondiale qui les dénonce régulièrement[1]. Une minorité, sévèrement réprimandée par l’appareil Etatique, est au cœur de la problématique ; les ahmadis. Outre les sanctions aberrantes liées à la loi relative au blasphème dont fait l’objet cette minorité, il semble que l’Etat pakistanais se soit inscrit dans une nouvelle forme de restriction des droits élémentaires de l’Homme ; faire de l’accès à l’éducation un « enfer » pour les ahmadis.

On ne peut pas affirmer, sans émettre quelques doutes, que ce mode de persécution soit nouveau. En effet, on se souvient de cette nomination en qualité de professeur de sport du Docteur Abdus Salam qui deviendra, par la suite, prix Nobel de physique… D’abord, le système éducatif pakistanais, tel qu’il est aujourd’hui présenté, prête sérieusement le flanc à la critique. Le Pakistan, signataire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, a également paraphé, lors de la signature officielle, l’article suivant :

« Article 26

1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.

2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »[2]

Avant de pouvoir accorder une quelconque matérialité à ces droits, encore faudrait-il que l’accès à l’éducation au Pakistan soit épuré de tous ses vices. Il faudrait repenser le système dans son intégralité ; la corruption, le trafic d’influence est le lot quotidien des organismes qui se penchent sur la question. Dans le cadre d’une campagne de communication, le Gouvernement a certes tenté de promouvoir l’ouverture institutionnelle à travers la nomination de Shahbaz Bhatti en qualité de Ministre des Minorités. La tentative sera finalement avortée, puisque ce Ministre Chrétien sera atrocement assassiné par deux inconnus pour avoir tenu « des propos blasphématoires »[3] dans la droite ligne du Gouverneur du Penjab, Monsieur Salman Tasseer.

Face au silence des autorités, le couteau s’enfonce dans la plaie. Alors que le continent asiatique est celui qui comprend le plus d’analphabètes[4], il est difficile de concevoir que l’Etat, lui-même, soit à l’origine de restrictions quant à l’accès à l’éducation. D’autant plus que l’Inde, le Pakistan et le Bengladesh représentent, à eux seuls, 45% de la population analphabète. Le Pakistan s’enlise dans une crise institutionnelle profonde conjuguée aux effets dévastateurs d’une économie régressive et d’une négligence totale pour la question de l’éducation[5] se traduisant nécessairement par une crise sociale[6].

Aux origines du système éducatif pakistanais

Avant la partition, le système éducatif des musulmans était organisé selon trois niveaux – le primaire, le secondaire et le supérieur. Lorsque Muhammad Ali Jinnah devint, en 1947, le premier gouverneur du Pakistan indépendant, il décida d’accorder une place substantielle à l’éducation, placée sous la tutelle bienveillante de l’Etat. Il convoque, en 1947, la All Pakistan Educational Conference censée promouvoir les bases du système éducatif pakistanais à venir[7]. De beaux principes y ont été développés tels que l’augmentation de la connaissance, l’investissement du peuple pakistanais dans la recherche, les nouvelles technologies etc. La base de l’éducation devait, au regard des décisions arrêtées lors de cette conférence, s’inspirer de l’Islam.

En 1951, sera réunie la National Education Conference ; en 1959, sera créée la National Commission of Education dont le rôle sera de proposer des recommandations afin d’améliorer le système éducatif ou le rendre conforme aux exigences de la politique nationale. Plusieurs lois amenderont le système éducatif pakistanais pour y introduire des grands principes. Les amendements seront fluctuants, selon le charisme du président ou la popularité du militaire ayant réalisé le putsch ! Lorsqu’Ayub Khan prit le pouvoir, il décida de lancer une nationalisation massive des écoles religieuses du pays mais également de moderniser le système éducatif, lequel mélangeait âprement religion et Etat[8]. En 1962, 247 écoles ont été nationalisées ; or, les ulémas religieux, puissants au niveau local, réussirent à ralentir cette mouvance en se fédérant et affichant une position unique. Les écoles primaires non religieuses – donc Etatiques – se voient imposer l’enseignement de la religion.

Avec l’arrivée du dictateur Zia Ul-Haq, lequel lança une politique d’islamisation radicale du pays, le système éducatif en prit pour son grade… L’enseignement des matières islamiques devint obligatoire et une Université Islamique fut créée. Les fondamentalistes n’avaient plus besoin de se regrouper sous forme associative afin de s’afficher en contre-pouvoir organisé dans la mesure où l’Etat coopérait ouvertement avec eux.

Dans tout ce système complexe qui est fonction de l’état des institutions pakistanaises, les minorités religieuses ont été très largement discriminées. Ces discriminations se sont intensifiées à mesure de la croissance inquiétante du fondamentalisme religieux. Alors que le Pakistan signe, en 2011, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, plusieurs questions se posent quant à l’effectivité de l’article 26.

 

Gratuité et libre accès à l’éducation

Il est nécessaire, tout en gardant à l’esprit l’article de la Déclaration, de l’appliquer à la situation des ahmadis au Pakistan. Le premier paragraphe traite de la gratuité de l’éducation ainsi que du libre accès à celle-ci. En d’autres termes, l’éducation doit être accessible et gratuite – avec la limite, bien connue, liée à la perception d’un droit d’inscription minimum afin de satisfaire aux exigences du fonctionnement administratif.

A la lecture de l’article, une limite peut être apportée ; celle liée au mérite. Dès lors qu’une personne satisfait aux conditions et aptitudes nécessaires, l’accès au système éducatif ne peut pas lui être refusé, sur aucune base légale à tout le moins. Il semble que le Pakistan ait développé une pratique contra legem excluant clairement les ahmadis de la rétribution au mérite. Les campagnes de haine à l’encontre des ahmadis – ou, péjorativement, des qadianis – jonchant les ruelles du Pakistan sont des facteurs d’exacerbation d’un tel mouvement.

Depuis les années 70, années au cours desquelles les ahmadis ont été excommuniés de la communauté musulmane et ont subi (et subissent toujours) plusieurs contraintes au regard de leurs libertés fondamentales, les tensions, les menaces, les assassinats sont le pain quotidien de cette minorité. Alors qu’ils sont persécutés sur le fondement de la liberté de religion, cette dernière semble, ces derniers temps, se propager pour également atteindre le droit à l’éducation.

Pourtant, l’éducation, pour ne prendre que l’exemple de la loi française[9], est garantie « afin de permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale, d’exercer sa citoyenneté ». C’est ainsi que le Conseil d’Etat rappelle constamment cette définition, laquelle fait largement écho à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, posée par la loi[10]. Le Pakistan lui-même dans son fameux « Education Policy and Nationalisation 1972 » prévoit qu’un des buts assignés à l’éducation est que « l’éducation s’inscrive dans une perspective de changement et dynamisme social et comme un facteur de démocratie sociale à travers la garantie et l’accès à l’éducation et à toutes les opportunités y relatives. »

Néanmoins, dans les villages reculés du Pakistan, les ahmadis subissent des inégalités de traitement liées à leur appartenance à cette minorité religieuse. Les groupes religieux étant influents jusque dans les écoles, certains se sont récemment arrangés afin de procéder à l’expulsion de 23 étudiants en médecine, comprenant 8 hommes et 15 femmes, pour leur appartenance à l’ahmadiyya[11], en fin d’année 2011.

Cette différence de traitement pratiquée à l’encontre des ahmadis rappelle, de manière flagrante, un principe directeur en matière de Droits de l’Homme ; la non-discrimination. Ce même principe est rappelé par la lettre de l’article 26 de la Déclaration qui stipule : « l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite ».

 

L’absence de discrimination au Pakistan : un leurre ?

Lutter contre les discriminations et, plus spécifiquement, contre les restrictions à l’accès à l’éducation sur le fondement d’une discrimination sont les champs de bataille communs de la majorité des organisations internationales ; l’UNESCO[12], le Conseil de l’Europe[13], la Commission Asiatique des Droits de l’Homme[14] se sont d’ores et déjà inscrits dans ce dynamisme.

Le droit à la non-discrimination couvre tous les aspects et « vise à garantir à tous les individus un accès équitable et juste aux opportunités qui se présentent dans une société »[15]. Ainsi, dans notre vie, toute situation qui suppose un choix doit être traitée de manière à ce qu’aucune discrimination ne soit pratiquée. Cela suppose que deux personnes qui se trouvent dans une même situation, soient traitées de manière identique. Dans l’affaire des 23 étudiants expulsés, la Commission Asiatique des Droits de l’Homme affirme que certains ahmadis se sentent obligés de cacher leur appartenance religieuse afin qu’un meilleur accès à l’éducation leur soit concédés[16]. D’autres préfèrent quitter les villages pour se rendre dans les grandes villes, où la discrimination est moins courante.

La discrimination concernant les ahmadis au Pakistan est largement exacerbée par les pressions courantes exercées par les ulémas religieux. Toujours dans le même communiqué de presse, l’Autorité Asiatique des Droits de l’Homme informe qu’à la suite d’une campagne de haine contre les ahmadis le 22 septembre 2011 à Dharanwali, dans le Punjab, appelant, entre autre, à fouetter les ahmadis et à ne pas laisser un seul étudiant ahmadi dans leurs écoles, 10 étudiants et un enseignant ont été expulsés de l’école[17]. Pis encore, ce fondamentalisme croissant prend toute son importance lorsque certains étudiants veulent « tuer de sang froid » certaines personnes qui tiennent des propos blasphématoires à l’encontre du fondateur de l’Islam afin de se conformer à celui qui a sauvagement assassiné le Gouverneur du Penjab, Monsieur Salman Tasseer.

 

Conclusions

Discrimination, persécution, nuisance, trouble dans l’exercice des droits élémentaires – les expressions et le vocable sont riches pour désigner ce que subit la minorité ahmadi. Alors que l’Etat Pakistanais affiche, dans ses rapports annuels relatifs à l’éducation, la position du très bon élève avec des résultats à la hausse[18], la population, quant à elle, dégrade la note de l’Etat et estime que les conditions pour une éducation saine, paisible et accessible à tous ne sont pas réunies.

Alors que la mention « religion » sur les passeports n’a pas fait l’objet d’une modification malgré une volonté de Pervez Musharaf de la supprimer, des systèmes accessoires sont introduits à l’instar de la mention « religion » sur les numéros de « rôle » de chaque élève. Exerçant leur liberté de croyance, de conscience et de religion, les ahmadis refusent de se considérer comme « non musulmans ». Ce subtil mélange entre procédés administratifs et loi relative au blasphème crée un cocktail explosif dont les seules victimes sont les musulmans ahmadis pour un slogan appelant pourtant à la paix : « amour pour tous et haine pour personne ».

*Asif Arif est Elève-Avocat. Il est également le Représentant de la Section « Persécutions Internationales » de l’Association Musulmane Ahmadiyya de France et coordinateur principal du site Cultures & Croyances.

Pour citer l’étude :

Asif Arif, « Du difficile accès des ahmadis à l’éducation au Pakistan », in : www.cultures-et-croyances, rubrique Géopolitique, novembre 2012.

 


[1] BOUVIER Délou, BOGGIO-COSADIA Fatma, FIDH, Pakistan : une longue marche pour la démocratie et l’Etat de droit, 2007-2008.

[2] Assemblée Générale des Nations Unies, Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée le 10 décembre 1948.

[3] LE MONDE, Asie Pacifique, Pakistan : Le ministre des minorités religieuses a été assassiné, 2011.

[4] UNESCO, Le droit à l’éducation – Vers l’éducation pour tous et tout au long de la vie, Rapport Mondial sur l’éducation,  2000, p. 17-18.

[5] RACINE Jean-Luc, Le Pakistan après le coup d’Etat militaire, sortie de crise, enlisement ou radicalisation ? p. 24, Contre-jour.

[6] ZACHARIEV Zacharie, Les droits à l’éducation et au développement, « Le Pakistan ne consacre que 2,7% de son PIB à l’éducation »,  p. 368.

[7] KHAN Akhtar Hasan, Education in Pakistan : Fifty Years of Neglect, The Pakistan Development Review, 36 : 4, Part II (Winter 1997), p. 647-667.

[8] BOIVIN Michel, L’Etat et les oulémas : enseignement religieux et construction nationale au Pakistan, Journal des anthropologues, accessible en ligne.

[9] Code de l’éducation, article L111-1.

[10] Pour une illustration récente concernant les enfants handicapés : CE, 8 avril 2009, n°311434 M. et MME L.

[11] AHRC (Asian Human Right Commission), Communiqué de presse n°AHRC-STM-139-2011

[12] L’UNESCO dénonce constamment les pratiques discriminatoires, notamment à travers ses travaux  spécifiques sur la question ou à travers ses rapports annuels.

[13] Le Conseil de l’Europe s’est engagé dans une campagne « Dites non à la discrimination » sous la direction de Madame Gabriella Battaini-Dragoni, Directrice Générale éducation, Culture & Patrimoine, Jeunesse & Sport. Pour plus de détails – http://www.coe.int/t/dg4/anti-discrimination-campaign/default_fr.asp

[14] Cette institution spécialisée dans les problématiques des Droits de l’Homme en Asie dénonce couramment les discriminations réalisées par les différents Etats en matière d’accès à l’éducation.

[15] Conseil de l’Europe, Manuel de droit européen de la non-discrimination, en partenariat avec la Cour Européenne des Droits de l’Homme, p. 23. Rappelons que le Conseil de l’Europe est une organisation internationale non communautaire.

[16] Il faut avouer que la loi imposant la mention « religion » sur les passeports n’aide pas réellement les ahmadis.

[17] Herald Tribune International, Tribune Express, 8 octobre 2011.

[18] Ministry of Education, Pakistan, National Report on the Development of Education, November 2008, p. 12 and following.

13 Responses to ETUDE – Du difficile accès des ahmadis à l’éducation au Pakistan

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