ETUDE – Passé et présent de l’Irak actuel [Partie 1 sur 2]

*Etude rédigée par Hassan Al Zaïdi

I – La Mésopotamie et l’Irak Contemporain connaît une étendue (superficie) de 450 km2. Ils partagent leurs frontières terrestres de 3 650 km avec l’Iran 1 458 km2, l’Arabie saoudite 814 km2, la Syrie 605 km2, la Turquie 352 km2, le Koweït 240 km2 et la Jordanie ,181 km2. L’Irak est composé majoritairement de plaines désertiques dans la partie occidentale du pays, fertiles à l’Est de l’Euphrate et du Tigre ; des Marais bordent, au Sud, la frontière iranienne ; une zone montagneuse s’étend au Nord-Est le long des frontières avec laTurquie et l’Iran. Le climat de l’Irak est désertique à l’Ouest, chaud et humide dans la partie Est alors que le Nord dispose d’un climat montagnard avec des hivers froids et enneigés. Le Tigre est 1 718 km dont 1 419 en Irak et l’Euphrate 2 330 km dont 1 200 km en Irak.

Le Nord de l’Irak est occupé par les hautes montagnes du Kurdistan qui, avec des sommets culminants à 3 607 mètres, le Mont Hazaret par exemple, prolongent le Taurus turc ou le Zagros iranien et en aval de Hit et de Samara,les vallées du Tigre et de l’Euphrate forment une large plaine alluviale . Aux environs de Bagdad,les deux fleuves se rapprochent puis s’étalent dans une basse plaine marécageuse, avant de former le Chatt-al-Arab débouchant sur le Golfe par un vaste delta.La violence des crues a rendu nécessaire la construction de barrages qui distribuent les surplus d’eau par exemple vers le lac Habbaniyya,vers des dépressions, des réservoirs artificiels,des canaux,afin de mettre villes et campagnes à l’abri des inondations.

La Mésopotamie et l’Irak actuel

II – La Mésopotamie est un terme vient d’une expression qui existe déjà dans les langues mésopotamiennes. En akkadien, on le retrouve sous la forme de Birīt Nārim signifiant l’intervalle du fleuve grâce à la composition de birīt, intervalle, et de nārim, fleuve. On parle aussi de Māt Birītim ou le « pays de l’intervalle » composé, à son tour de māt, « Pays » et birītim,« intervalle ».

En araméen, le mot Mésopotamie existe sous la forme de Beyn Nahrīm, « entre les deux fleuves », ce qui renvoie à celui de l’Euphrate si l’on prend en compte ses frontières de l’ Ouest et à celui du Tigre sur tous ses frontières à l’ Est.

III – Dans son ouvrage intitulé Anabase, l’Athénien Xénophon affirme que c’est Alexandre le Grand qui avait utilisé, pour la première fois, le terme de Mésopotamie en grec Μεσοποταμία / Mesopotamíos, de μεσο / meso, ce qui signifie entre ou au milieu de ποταμός potamós,« fleuves qui est un Pays / Nation/ Région du Nord-Ouest de l’ Asie située entre les Fleuves du Tigre et de l’Euphrate correspondant pour sa plus grande partie à l’Irak actuelle. L’Irak actuelle est située au Nord-Est de la Syrie, appelée aussi Djézireh ,au Nord -Ouest d’Iran et Nord de la semi péninsule de l’ Arabie.

Irak-carte

Source : Google Image

IV – C’est aux alentours de 6 000 avant Jésus-Christ (J-C) que l’on avait distinguer des Régions-Cités-Royaumes au Sud et au Nord de la Mésopotamie dont notamment:

  • la Période d’ Hassuna entre 5 800- 5 500 avant J-C
  • la Période de Samarra entre 5 600 – 5 000 avant J-C
  • la Période d’ Halaf entre 5 500 – 4700 avant J-C
  • la Période d’Obeid entre 4 700 – 4100 avant J-C
  • la Période d’Uruk entre 4100 et 2 900 avant J-C

La période historique de l’écriture commence également en Mésopotamie dés 3 400 avant J-C. Elle est divisée en plusieurs périodes  :

  • la Période d’Uruk au Sud entre 3 400 et 2 900 avant J-C,
  • La Période de Lagash de Basse Mésopotamiem entre 2900 – 2 340 avant J-C, forme des Cités-États archaïques, divisée en trois,
  • la Période d’Akkad ,entre 2 340 et 2180 avant J.C. Le Roi Sargon d’Akkad dit l’Ancien met fin à la période des Cités-États en les incluant dans le premier Etat territorial qui se mue rapidement en un véritable Empire,grâce à l’action de son petit-fils le Roi Naram-Sin,
  • La Période de Néo-Sumérienne, entre 180 et 2 004 avant J-C. L’Empire d’Akkad s’effondre à cause des révoltes et des attaques des peuples dits « barbares », les Amorrites. Les cités-États sumériennes reprennent leur indépendance, avant d’être unifiées par les rois fondateurs de la Troisième dynastie d’Ur, Ur-Nammu et son fils Shulgi,qui établissent un nouvel empire dominant la Mésopotamie.
  • La Période de Paléo-Babylonienne ou celle des Amorrites, entre 2 004 et 1 595 avant J-C. Le Royaume d’Ur s’effondre vers 2 000 avant J-C sous les coups des Amorrites venus de l’Ouest, de la Syrie et les Élamites venus de l’Est, des Perses. Ils partagent les Royaumes de la Mésopotamie en multiples petits Etats dont celui d’Isin, de Larsa, d’Eshnunna, de Mari et de Babylone, qui devient une puissance dominente de toute la région sous le règne de Hammurabi, avant de décliner lentement jusqu’à la prise de Babylone par de nouveaux envahisseurs nommés les Hittites Perses vers 1595 avant J-C.
  • La Période Médio-Babylonienne,entre 1595 et 1080 avant J-C. La Dynastie Perse dite des Kassites dominent Babylone pendant plus de quatre siècles.
  • La Période de Néo-Assyrienne, entre 911 et 609 avant J-C. Les Assyriens rétablissent leur puissance. En 609 avant J-C, Ninive est détenue par Babylone qui dominaient sur le Pays entier et ils fondent ce qu’on appelle le Royaume de Néo-Babylonienne, entre 625 et 539 avant J-C, reprenant ainsi une partie de l’empire Néo-Assyrien grâce à l’action de leur roi Nabuchodonosor II. Très rapidement, le Royaume passe, en 539 avant J.C, sous le contrôle des Perses Achéménides ente 539 et 331 avant J-C gouverné par le roi perse Cyrus II. La langue Akkadienne demeurait toutefois cunéiforme et était réputée être une langue littéraire et savante.
  • La Période des Grecques Macédoniens et des Séleucides, entre 331 et 140 avant J-C. L’Empire Perse Achéménide était tombé sous les coups d’Alexandre le Grand et, après sa mort à Babylone en 323 avant J-C, des luttes commencèrent entre ses généraux. La culture mésopotamienne se mélangea à la culture grecque dite hellénistique,
  • la Période de la Dynastie Perse, dite les Parthes, entre 140 et 224 après J-C. Ils avaient réussi de chasser les Séleucides.

V – Des rivalités manifestes entre les Perses et Romains éclatent en 116 après J-C instiguée par le Général-Empereur Trajan qui, en 116 après J-C, prit la capitale Parthe Ctésiphon situé à 30 km au sud de Bagdad et descendit jusqu’au Golfe Persique afin de d’encercler les Perses par l’Ouest et l’Empereur Septime Sévère arrachera la Mésopotamie du Nord aux Parthes lors des campagnes de 195 / 198 après J-C.

L’Agriculture en Mésopotamie

VI – Les Agriculteurs de Basse Mésopotamie ont dû faire face à un problème de salinisation des terres irriguées, qui a parfois abouti à la mise en friche de grands espaces. La Céréaliculture est dominante en Mésopotamie ; l’orge est la plante la plus cultivée mais on fait aussi pousser du blé amidonnier, du Millet et du riz y est introduit dans la vallée. La culture du palmier-dattier occupe une place importante dans la région, puisque l’on peut se servir de ses Dattes, ses feuilles, ses bois. L’horticulture était couramment pratiquée dans le but d’obtenir des produits agricoles des fruits et des légumes, complémentaires aux céréales.

Le commerce en Mésopotamie

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VII – Le Commerce est, grâce aux archives des marchands d’Assur, retrouvé à Kültepe en Cappadoce. Les archives témoignent de l’existence d’un commerce très élaboré et fructueux en matières premières de pierre, de métal, de bois mené par des marchands (Sumérien, Akkadien et Tamkāru(m)). La documentation abonde sur les systèmes commerciaux privés à Larsa, Sippar et surtout à Assur en échangeant de l’étain d’Iran contre du cuivre d’Anatolie par exemple.

VIII – Les Mésopotamiens avaient inventé des poids de demi-mine (poids réel: 248 gr.) que l’on utilisait pour l’évaluation des marchandises.

Stratification sociale

IX-La Société, mésopotamienne se divise en plusieurs groupes,

1- Les hommes libres (les awīlu(m) selon le Code de Hammourabi et les Lois assyriennes). Ils correspondent aux hauts fonctionnaires des Palais, aux Prêtres aux Soldats, aux Artisans, aux  Scribes, aux Artistes et aux Médecins.

2- Les esclaves (sumérien ÌR, akkadien (W)ardu(m)) sont considérés comme des objets au service de leurs maîtres. S’il ne s’agit pas d’esclaves de naissance, la majorité sont des prisonniers de guerre ou des hommes libres tombés en servitude à cause de dettes impayées. Autrement dit, la stratification sociale ne se fait pas autour d’une conception idéologique de la société distinguant des classes mais ils sont les moyens financiers qui paraissent faire la différence.

3- Les Nomades occupent une place importante durant toute l’histoire mésopotamienne. Ils vivent dans un cadre tribal, organisé autour de tribus et ils sont dirigés par un chef.

4- Les Femmes en Mésopotamie. Les codes d‘Urukagina, de Lipit-Ishtar et de Hammourabi montrent l’évolution de la société vers une famille et organisation patriarcale. La Femme est souveraine, elle s’occupe de l’éducation des enfants et d’instruire son homme ; certaines femmes laissaient cependant leur homme s’occuper de postes de direction, dans des domaines politiques et sociaux. Les femmes étant institutrices, professeurs, médecins, scientifiques, écrivains. Il existait certains interdits sexuels notamment le viol et l’inceste qui ne sont pas permis chez les dieux. La prostitution et les maisons de rendez-vous sont également interdites.

X – Les Ethnies en Mésopotamie étaient, au IIIe millénaire avant J-C, divisées entre trois grandes catégories : les Sumériens, au Sud, parlaient une langue sans racine ou sans référence connue et les Akkadiens, dont le Roi Sargon d’Akkad, à la fin du XXIVe avant J-C parlaient une langue sémitique. A la fin du IIIe millénaire, les Amorrites qui s’établissent dans toute la Mésopotamie parlaient une langue sémitique et les Perses occupaient la Mésopotamie après 539 avant J-C. Après qu’ils aient été chassés par Alexandre le Grand, la majorité de la population restante était sémitique.

XI – Dès le courant du IVe millénaire avant J-C, les Sumériens avaient connu un Système Étatique avec des premiers Cités-États et ils avaient connu une sorte de « démocratie primitive », dirigée par un souverain, le Roi-Prêtre ou le Roi- Dieu à limage, un peu plus tard, de certains Pharaons.

*Cette étude a été rédigée par Hassan Al Zaidi. Hassan est en docteur en Histoire et Président de l’Association des Irakien(ne)s et leurs Ami(e)s de France (A.I.A.F.). Il a longtemps enseigné en Irak avant de venir s’installer en France.

Pour citer l’étude :

Hassan Al Zaidi, « Passé et présent de l’Irak actuel [Partie 1 sur 2] », in : www.cultures-et-croyances.com, Rubrique Education – Histoire, novembre 2013.

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