ETUDE – La place de la Femme en Islam [Reprise d’un colloque en deux parties – 1/2]

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Source : Google Images

*Débat animé par Maha Dabbous et traduit par Mahrukh Arif

Pour un bon nombre d’entre vous, dès lors que l’on aborde la question des « Femmes » et de « Islam » dans une même phrase, le mot « oppression » est généralement celui qui vient immédiatement à l’esprit.

Les femmes musulmanes sont-elles oppressées ?

Je suis entièrement d’accord pour dire que cette mauvaise conception de la femme en Islam relève essentiellement de la faute des musulmans, lesquels interprètent mal les enseignements de leur religion et, par voie de conséquence, en déforment la belle image qu’elle véhicule par leurs actes abominables.

Néanmoins, si une personne s’aventure à transgresser la loi et commet un crime, il n’est pas pour autant juste de blâmer ou de remettre en cause la loi dans son intégralité à raison de l’acte criminel. De la même manière, il n’est pas légitime d’incriminer l’Islam sur la base de notions erronées véhiculées par les adeptes et des pratiques attestant de leur mauvaise information.

Le meilleur moyen de juger l’Islam est d’en étudier ses véritables enseignements qui sont actuellement conservés, de manière totalement identique, dans le Saint Qur’an dont le texte pur est maintenu dans sa forme originale. Et c’est ce que je souhaite faire aujourd’hui.

En jetant un simple coup d’œil rapide sur l’histoire de l’Humanité, on se rend compte que les femmes avaient été exploitées et étaient constamment soumises à la cruauté et l’oppression depuis le début de la civilisation, bien avant l’avènement de cette religion qu’est l’Islam.

Mais en dépit de sa très longue histoire, cette question a été soulevée en Europe que très récemment lorsque certaines organisations féministes ont commencé à rendre compte du phénomène. Et même avec leurs efforts combinés, on s’aperçoit que nous assistons, encore aujourd’hui, à des formes d’oppressions envers les femmes.

En ce qui concerne le débat de l’oppression des femmes par l’Islam, en tant que Musulmane, mon but va être de réfuter ces a priori et démontrer que les enseignements de l’Islam ne prônent aucune forme d’oppression sur les femmes. Dans le cas inverse, comment pourrais-je, moi même, accepter et tolérer cette oppression et venir la défendre en ces lieux ? Dans le Saint Qur’an il est affirmé :

(لَا إِكْرَاهَ فِي الدِّينِ (البقرة 257

[2:257] « Il ne doit pas y avoir de contrainte en religion »

En l’occurrence, toute femme qui suit les enseignements de l’Islam doit les suivre volontairement, sans en avoir été contrainte. Cela réfute immédiatement toute idée selon laquelle l’Islam aurait pour vocation d’opprimer les femmes ; en effet, la faculté d’un choix ou la liberté de choisir ne peut pas valablement coexister avec la soumission ou la contrainte.

Toutefois, certains ou certaines pourront penser que les femmes musulmanes sont tellement opprimées qu’elles n’en sont même plus conscientes ! Et que, bien naturellement, cela les empêche de mener, à bout de bras, toutes formes de rebellions à l’égard de l’Islam !

En conséquence, la seule possibilité d’attester et de prouver la véracité de ce que j’affirme est de donner quelques illustrations tirées du fondement le plus important de tous les enseignements islamiques : le Saint Qur’an.

Le monde en 610 après J-C

L’an 610 représente l’époque à laquelle les versets du Saint Qur’an ont commencé à être révélés au Prophète Fondateur de l’Islam dont le nom béni était celui de Muhammad (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).

Quelle était, en Arabie, la condition de la femme à cette époque ?

Les femmes étaient considérées comme étant la propriété des hommes ; elles existaient alors comme simple objet d’assouvissement de leurs désirs. Soumises à leurs services, elles étaient considérées comme des « biens » à part entière[1] ; elles étaient léguées après le décès des hommes. Traitées sans aucun honneur ou respect, elles incarnaient le symbole de la honte. Ce symbole de la honte était poussé à son apothéose puisque certains pères, à la naissance d’une fille, choisissaient de l’enterrer vivante sans éprouver une quelconque forme de pitié.

Cette attitude, d’une inhumanité sans pareil, envers les femmes n’était pas seulement limitée à la terre d’Arabie. Dans d’autres parties du monde, connues de l’époque, des atrocités similaires ont été menées à l’encontre les femmes.

Bien sûr, certaines femmes ont réussi à obtenir des positions sociales qui leur ont permis de jouir de privilèges divers et vivre une vie sans subir le statut totalement déclassé qu’on leur imposait. Néanmoins, il eut fallu que cette position sociale aisée se gagnât ; elle ne pouvait pas être obtenue par une simple voie de droit.

A l’époque, aucune religion ou loi d’Etat ne leur accordait des droits constitutionnels qui pouvaient être légalement sanctionnés par un recours effectif.

Avec la révélation du Saint Qur’an, les femmes ont tout de suite été libérées du poids de ces injustices, au grand damne desquelles elles souffraient en silence pendant des milliers d’années. Les enseignements de l’Islam comprennent un ensemble complet de règles concernant les femmes dans lesquels tous leurs droits ont été déclarés, sécurisés et immédiatement mis en pratique.

De ces enseignements en résulta une transformation profonde des attitudes envers les femmes. Au lieu d’être représentées comme les possessions inférieures des hommes, les femmes ont bénéficié d’une loi d’ensemble leur permettant de partager leur héritage avec les hommes. Une fois acquis, ce droit à la possession constituait une entrave pour les hommes, lesquels n’étaient plus autorisés à s’emparer des biens des femmes sans leur consentement préalable.

Le Saint Qur’an a permis et assuré la sécurité financière de la femme en toutes circonstances. Même lorsqu’une femme possédait des terres ou gagnait un salaire, il demeurait du devoir de l’homme de subvenir à ses besoins financiers.

Toute forme de comportement dégradant ou inapproprié d’un homme envers une femme n’était, en aucun cas, toléré. Les femmes avaient obtenu le droit de déposer des plaintes ayant force légale devant un tribunal représentant la justice.

Des droits ayant trait au mariage ont aussi également été établis pour la femme ; son consentement au mariage était devenu une condition nécessaire afin qu’il soit considéré comme valable. De plus, l’attitude correcte du mari envers la femme constituait une obligation essentielle permettant la continuation du mariage. Le cas échéant, la femme avait tous les droits de divorcer. En cas de survenance d’un divorce, la sécurité financière de la femme devait être assurée. La garde des enfants était accordée à la mère jusqu’à un certain âge alors que leur entretien et les contributions financières relevaient de la seule responsabilité du père. Les veuves ont également vu leur droit établi.

Il était fait la promotion de l’éducation des femmes et elles pouvaient participer, de manière active, à la vie sociale. Tous ces Droits de l’Homme, qui peuvent paraître quelque peu « bateaux » et banales aujourd’hui, faisaient l’objet d’une grande fascination lorsque l’on considère que ces droits, sécurisés par l’Islam, n’étaient pas reconnus par les lois civiles des Etats du monde même après le passage de plusieurs milliers d’années.

A titre d’illustration, le droit pour la femme d’hériter ou d’être propriétaire de ses propres biens a été reconnu dans certaines parties de l’Europe que très récemment, pas plus tard que le XXème siècle. De même que pour le droit de mettre fin à son mariage par le divorce.

Mais le Saint Qur’an a accordé ces mêmes droits aux femmes treize siècles plus tôt, à une époque où l’attitude de l’humanité envers les femmes était complètement dégradée. L’Islam a accordé ces droits à la femme sans qu’elle ait eu le besoin de se révolter ou de lutter pour les obtenir.

Ces droits n’ont pas seulement été déclarés et établis, ils ont également été mis en œuvre de manière effective par les instructions et la pratique du Prophète Fondateur de l’Islam lui-même (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), ne laissant ainsi aucune place à la spéculation ou la distorsion. Mais ce n’est pas tout.

Outre les droits financiers et sociaux, la condition spirituelle de la femme a également été établie. Le Saint Qur’an proclame l’égalité spirituelle absolue entre l’homme et la femme affirmant que hommes et femmes peuvent atteindre un même rang spirituel. Le Saint Qur’an déclare en effet que :

مَنْ عَمِلَ صَالِحًا مِنْ ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَلَنُحْيِيَنَّهُ حَيَاةً طَيِّبَةً وَلَنَجْزِيَنَّهُمْ أَجْرَهُمْ بِأَحْسَنِ مَا كَانُوا يَعْمَلُونَ (النحل:98)

[16:98] « Quiconque agit avec droiture, homme ou femme, et qui est croyant, Nous lui accorderons assurément une vie pure; et Nous accorderons assurément une récompense à ceux-là conforme à la qualité de leurs œuvres ».

Aux yeux de Dieu Tout-Puissant, les hommes et les femmes étaient égaux. On ne pouvait plus dire que les hommes étaient supérieurs aux femmes. Les hommes ne pouvaient plus dominer par la force ou dicter sans pitié. Tout cela a pris fin lorsque Dieu proclama dans le Saint-Coran:

يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُمْ مِنْ ذَكَرٍ وَأُنْثَى وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِنْدَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ

[49:14] « Ô Homme ! Nous vous avons crées d’un homme et d’une femme ; et Nous avons fait de vous des clans et des tribus afin que vous puissiez vous reconnaître. En vérité le plus honorable d’entre vous aux yeux d’Allah est celui qui est le plus juste. Assurément, Allah est Omniscient, Tout-Conscient ».

Mais ce n’est encore pas tout.

Jusqu’à présent, j’ai simplement fait mention des injonctions de l’Islam qui ont été reconnues par le reste du monde et des civilisations que plus de treize cents ans après. Mais il existe d’autres privilèges et d’autres libertés civiles que l’Islam a accordés aux femmes par voie légale  – c’est-à-dire par le droit – qui ne sont toujours pas reconnu par d’autres lois civiles dans le monde en dehors du domaine de l’Islam – même à notre époque.

Bien entendu, j’ai l’intention d’illustrer ceci par plusieurs exemples mais, avant de le faire, il est nécessaire de définir le rôle des femmes dans la société islamique – comme présenté dans le Saint Qur’an.
Pour réaliser cela, il est indispensable d’élargir la question et commencer par s’interroger sur le but de la création des êtres humains.

Fin de la première partie. La seconde sera publiée très prochainement.

*Maha Dabbous est Professeure et Ecrivain en Grande-Bretagne. Elle est membre de l’Association Musulmane Ahmadiyya de Grande Bretagne. La traductrice, Mahrukh Arif, est étudiante en Khâgne, spécialité « anglais ». Elle se destine aux concours de grandes écoles.


[1] On remarquera qu’aujourd’hui, en droit français, on considère les animaux comme des biens meubles. La similitude de traitement est flagrante [Note du Traducteur]

One Response to ETUDE – La place de la Femme en Islam [Reprise d’un colloque en deux parties – 1/2]

  1. Frankie 15 mars 2013 at 2 h 45 min

    You can always tell an eexprt! Thanks for contributing.

    Répondre

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