ETUDE – Le droit des enfants aujourd’hui : une violence cachée

*Etude rédigée par le Professeure Nathalie Robisco

Si tous les jours, les films sont diffusées,  dans les pays occidentaux, avec  le logo ou la mention «déconseillé aux moins de 10 ans », « de 12ans » ou « de 16 ans », cela cache une réalité plus sordide : les violations  réelles et fréquentes du droit des enfants. Celui-ci, défini dans la Convention des Droits de l’Enfant, en 1989, établit pourtant un certain nombre de normes, parmi lesquelles on trouve : le droit à la santé, à l’éducation, à une juridiction séparée des adultes, à une assistance particulière  en cas de guerre ou d’urgence, l’interdiction du travail, et la protection contre la pornographie.

Or, si on se fonde sur les récents rapports de l’UNICEF ou de l’organisation Save the Children, la situation actuelle présente de graves atteintes à ces droits. La première est le fréquent recours au travail des enfants (personne définie par la Convention de 1989 comme ayant moins de dix-huit ans) ; si on feint de l’ignorer, des pays come la Côte d’Ivoire ou le Costa Rica font travailler des enfants au même rythme que les adultes. Seules les ONG s’en préoccupent, et, de temps en temps, quand un accident survient dans une exploitation, on « découvre », la présence de mineurs dans le personnel. Save the Children vient d’éditer un guide destiné à la surveillance de ces pratiques. Il faut par ailleurs ajouter que dans ce cas, le droit à l’éducation est, du même coup, bafoué, puisque l’enfant ne mène pas une scolarité normale. Le consommateur est-il informé ? Non, le plus souvent.

Autre type d’ « activité » que traque plus ardemment la police : le trafic  sexuel des enfants. La pédophilie, complexe à démanteler, se double d’un cyber-usage de l’image sexuelle des mineurs. Sur internet, rien à faire : les images et les vidéos circulent librement. Cette criminalité cachée est une réalité qui se développe de plus en plus ; après un début aux USA, elle touche maintenant l’Europe, via les réseaux sociaux. Pour y remédier, les établissements scolaires  affichent de façon visible des noms de liens internet ou des numéros de téléphone contre le harcèlement en ligne : violence sexuelle ou morale, l’adolescent doit pouvoir la signaler pour se défendre ; la plupart ne fera pas la démarche d’aller au commissariat ou à la gendarmerie, le portable  et internet sont plus confortables parce que discrets ; ces modes de communication respectent l’idée que le jeune se fait de sa vie privée. A destination des adultes témoins de ce genre d’agissements, il existe un site, celui du médiateur des droits des enfants, qui  donne les liens utiles  à cette défense, les noms des diverses associations susceptibles de venir en aide aux mineurs.

Par ailleurs, la situation internationale actuelle place les enfants au cœur des conflits : les Conventions des Nations Unies, en particulier celle relative aux réfugiés, adoptée en 1954,   reconnaissent pourtant que ceux-ci doivent être  tenus à l’abri en cas de guerre ou de catastrophe humanitaire ; loin de cela, les enfants-soldats sont nombreux, par exemple en Afrique ; en Palestine, leur condition a donné naissance à  une organisation, Defence for Children Palestine International : celle-ci émet un bulletin régulier sur les violences faites aux enfants, notamment dans les territoires occupés.

En effet, la Convention des Droit de l’Enfant n’énonce que celui-ci à droit à un pays, et à la sécurité : l’article 11 est consacré aux personnes déplacées, et l’article 38 à la protection des moins de quinze ans lors des conflits. Elle se veut un simple prolongement du droit international sur les Droits de l’Homme, une extension des principes de Beijing, comme dit dans le préambule.

De fait, on est très loin de ces principes : les enfants sont, comme les femmes, les premières victimes des combats ; l’actualité la plus récente en Syrie vient de le rappeler.

De même, le droit à vivre au sein de sa famille et à ne pas en être séparé fait ponctuellement surface : les enfants sans-papiers  expulsés de leur école et reconduits à la frontière  alors qu’une partie de leurs parents vivent sur le territoire en sont un exemple ; de plus, le droit à l’éducation leur est refusé, puisque leur pays de destination n’offre pas forcément un enseignement accessible.

L’organisation Human Rights Watch, qui émet tous les ans un état des droits de l’homme dans le monde, s’est, en 2013, préoccupée du mariage forcé des enfants en Afrique, plus particulièrement au Soudan.

Pour l’opinion publique, le droit des enfants représente des  enjeux variés ; telle catégorie de la société, qui s’inquiète beaucoup de la diffusion des images à caractère sexuel, ne se préoccupe pas nécessairement des enfants de la bande de Gaza ; celui qui boycotte les produits issus du travail des mineurs ne s’indigne pas devant les expulsions …

En fait, la variété des  Conventions internationales qui régissent son statut (celle, spécifique, de 1989), et la Convention Universelle des Droits de l’Homme de 1948, auxquelles il faut ajouter les différents traités issus des conflits serbes, et autres, protègent tout particulièrement l’enfant : dans le travail, dans l’éducation , dans les conflits ; mais, de facto, ce droit est bafoué  dans la plus parfaite indifférence. Seuls quelques faits divers font remonter à la surface l’écume du phénomène.

*Nathalie Robisco est docteure en philosophie politique et enseignante à Bastia.

Pour citer l’étude :

Nathalie Robisco, « Le droit des enfants aujourd’hui : une violence cachée », in : www.cultures-et-croyances.com, Rubrique Droit Public – Education, février 2014.

Bibliographie

Children for Palestine International,   http://www.dci-palestine.org

Convention des Droits  de L’Enfant, 1989

Convention sur le Statut des Réfugiés, 1954

Convention Universelle des Droits de l’Homme, 1948, http://www.ohchr.org

Human Rights Watch, http://www.hrw.org

Médiateur du droit des Enfants, http://www.defenseurdesdroits.fr/connaitre-son-action/la-defense-des-droits-de-lenfant

Save the Children, Children’s Rights and Business Principles

UNICEF, http://www.unicef.org

One Response to ETUDE – Le droit des enfants aujourd’hui : une violence cachée

  1. Véronique 18 février 2014 at 14 h 45 min

    Malheureusement ce qui se passe pour les enfants (travail alors que mineur, mariage calculé, inconsidéré, etc) ce sont aux gouvernements à gérer convenablement ces graves problèmes.
    Il devrait y avoir pétitions des parents si il y a un « ras le bol » général, il existe des organismes très sérieux pour en lancer sur le plan mondial.
    J’en ai déjà signé comme par Avaaz pour la jeune fille qui s’est faite violée et elle a été reconnue coupable donc la punition fut qu’elle épouse son violeur.
    Ses parents, complètement abattus, n’ont pas eu le choix que de laisser faire.
    De là est partie une pétition internationale pour dénoncer ce procédé.
    Il y a des moyens de se faire entendre, ces pétitions avec des milliers de signatures de tous les pays sont remises à ou aux personnes contre qui s’applique ces dites pétitions (président de la république, Ministres, etc..).
    Il y a Avaaz.com et Change.com
    En ce qui concerne Internet et les enfants là je dis STOP.Je pense que les parents devraient être plus responsables et bloquer PC et Mobile afin que leurs progénitures ne puissent pas avoir accès à Internet lorsqu’ils ne sont pas avec leurs parents.
    Et dans les lycées il devrait être interdit d’être en possession d’un portable ou alors de les confisquer a leur arrivée et leur redonner lorsqu’ils repartent en fin d’étude.
    C’est mon avis bien sur et n’engage que moi mais…..
    Je voulais ajouter que la peur d’aller contre ces vilaines lois, ces vilaines choses pour les enfants ne fera pas avancer les choses. Donc il y a cette motivation que tout cela cesse et enlever cette peur qui ne sert à rien pour lancer des pétitions internationales auxquelles des personnes de tous les pays vont signer , commenter également Pour Changer Les Choses.
    D’autres l’ont fait et ça à fonctionné.

    « Nos doutes sont des traites qui nous conseillent de ne pas attaquer alors qu’une bataille promptement engagée nous assurerait la Victoire » Shakespeare.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sites Partenaires

UNICEF France, Association Humanitaire pour la survie des enfants dans le monde
Site l'Economiste - Tous les décryptages sur l'économie
Observatoire de la Laïcité - Institution rattachée au Premier Ministre
Conseil Représentatif des Sikhs de France
Financial Afrik - Toute la finance africaine
Archer 58 Research - Think-Thank en économie et sciences sociales
Le MENA Post
Coexister - Mouvement Interreligieux des Jeunes
Ordre Monastique Vaisnava
The Ahmadiyya Muslim Community International
UNICEF France, Association Humanitaire pour la survie des enfants dans le monde
Site l'Economiste - Tous les décryptages sur l'économie

Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation !