ETUDE – Le Liban face à ses minorités

*Etude rédigée par le Docteur Mehssen Macary

L’image du pluralisme libanais n’arriva pas à l’esprit occidental pour qu’il l’étudie comme un bon exemple de survie des minorités ou bien pour la donner comme un des exemples variés du pluralisme. Peut être que l’esprit occidental s’est résolu à chercher malheureusement dans les pays de l’immigration comme le Canada, les Etats Unis, l’Australie et l’Europe Occidentale, ou bien parce que le Liban est considéré comme un pays du tiers monde ce qui fait que sa démocratie n’ait pas été remarquée par les théoriciens politiques, ou alors que la teinte de la guerre et du terrorisme au Moyen orient ont  faits que les dictatures et le fanatisme l’ont gagnés sur l’image de la démocratie dans cette région. Dans notre analyse du pluralisme libanais nous mettrons en relief la réalité démographique et le rôle des autorités à maintenir la réconciliation entre droit personnel et droit public sans toutefois oublier le rôle de l’éducation constitutionnelle dans cette affaire, nous arrivons enfin à traiter tout ces dangers qui menacent le pluralisme libanais pour parfois toucher le fanatisme  ou être détruit sous l’influence de l’esprit des dictatures qui s’enflamme de temps à autre au Moyen orient et au Liban, pour en finir par les fondements d’apaisement des dangers et instaurer le Liban du pluralisme, l’Etat et la mission.

    1-La Réalité Démographique au Liban :

Tout au long de son histoire le Liban refuge a toujours été un carrefour et une station ou se sont croisés des peuples venues de l’Est comme de l’Ouest, empruntant  à son peuple et en même temps lui fournissant maintes particularités culturelles et religieuses, ce qui a permis au libanais de devenir le plus nantie, le plus rationnelle et intelligible, et davantage capable à assimiler, tout en retenant son identité collective bien  connue… Nos jours le Liban agglomère une multitude ethnique, culturelle et religieuse, et tout au sein d’une surface de 10452 km2, ce qui explique l’inaptitude de s’isoler et qui engage une rencontre quotidien, et le fait que chaque communauté s’introduit au privé des autres est une question constitutive qui ne sera jamais écarté.

Une agile aperçue sur l’actuelle réalité démographique, nous rend conscient de la présence concrète de l’arabe, du syriaque, du copte, de l’arménien, du kurde, de l’européen, de l’asiatique, de l’araméen, du phénicien, non seulement au niveau des individus mais aussi des communautés et des institutions. En plus de cette mosaïque culturelle on repère les migrations passagères et provisoires qui ont commencées à instaurer une nouvelle réalité qui à ses bienfaits ainsi qu’elle entraîne des conséquences à ne pas minimiser le danger.  Toutefois on remarque qu’un nombre des ethnicités, des minorités et des communautés présentes au Liban ont leurs extensions dans plusieurs autres pays, que se soit du moyen orient ou asiatique ou de l’ouest ou au monde arabe. Et parmi eux ceux qui ont leurs alliances tout bien comme leurs relations culturelles et religieuses qui atteignent l’adoption des mêmes choix politiques, ce qui rend la question d’une délicatesse bien élevée et aura besoin d’une minutieuse réflexion et d’un attentif dénouement. Nonobstant les missions occidentales et arabes qui ont apportées au peuple libanais dans sa totalité, des images culturelles qui se sont instaurés dans son cœur comme dans son esprit depuis de centaines d’années, et continuent à réagir et à fonctionner en matière et en conscience. Un pluralisme qui s’est reflété aux affaires de la vie quotidienne des libanais :,le mode e vie vestimentaire et culinaire tout comme dans leur vie culturelle : langage, lecture et orientation culturelle, voire même leur vie politique : emplacements et alliances, néanmoins leur vie religieuse.

    2- Pouvoir et Pluralisme :

Les Pères fondateurs de la Constitution Libanaise ont gracieusement compris le fait de la diversité libanaise, ainsi ils ont essayés de créer deux traits qui uniront le peuple libanais dans un pays unique. La première : Les lois dont tous et sans exception seront assujetties. La deuxième : les statuts personnels livrer à chaque communauté religieuse de s’en occuper mais elle sera constamment obliger à s’entraider avec l’Etat en matière d’exécution des jugements ainsi prononcés.

Le fait à ce que La Constitution libanaise ainsi que le document de réconciliation national ou « Accord de Taef » reconnaissent la singularité du Liban et sa mission, est d’une très grande importance. Vu que le Liban constitue la société de dialogue continue entre religions et cultures, le jour même ou ce don se dissipe, le Liban perd une valeur culturelle importante ainsi que son rôle au sein de l’humanité.

La Constitution libanaise a reconnue l’Arabe comme langue officielle mais pourtant n’a pas interdit à nul individu ni groupe de parler la langue qu’il lui convient en privé comme en public. Elle n’a même pas interdit à chaque communauté d’enseigner dans ces écoles utilisant sa langue maternelle, comme en Syriaque,  Arménien et Kurde. A signaler que le Liban tout au long de son histoire a parlé 3 langages : la langue de la civilisation, la langue du commerce et sa langue maternelle. C’est pourquoi on entendrait l’araméen, le grecque et le latin, alors que nos jours : l’arabe, le français et l’anglais.  L’étrange et le ridicule est que tous les conquéreurs qui ont passés par le Liban n’ont pas pu effacer ce phénomène chez le peuple libanais, et le Liban est  resté comme il l’était, multi- langues et multiculturelle ce qui engendre son réservoir culturel à toujours protéger.  Ce qui explique cette multilingue, c’est que l’arménien, le kurde, le syriaque, le copte, l’indien et le sri-lankais ne peut pas accepter l’arabe comme langue maternelle mais ne peut jamais refuser au Liban de l’adopter comme langue officielle.  

    3- Religions et Sectes :  

La Constitution libanaise a reconnue les confessions ainsi connus au Liban à l’heure de son élaboration, et le peuple s’est repéré dans ce respect, c’est pourquoi les pratiques et symboles religieux sont des banalités de la vie quotidienne des libanais et personne ne s’y  conteste ou dénie. Les libanais ont acquis cette culture religieuse, bien avant  les constitutions écrites et même avant que leur constitution  soit rédigée, tout au long d’une malléable élaboration et une souple pratique. Voila la mission exemple dont Jean Paul II a parlé lorsqu’il a décrit : « le Liban est plus qu’un Etat, il est une mission ».

L’Etat a trouvé que la solution adéquate et la plus idéale serait de laisser à chaque communauté religieuse la fonction de régler ses statuts personnels. Une solution pourtant rarement pratiquer au sein des sociétés pluralistes, cependant l’a été avec l’Empire Ottoman en considération à la diversité de ses peuples, des ethnicités et des religions.

L’Etat libanais a saisi la nécessité que les libanais Chrétiens comme Musulmans et autres se partagent leurs fêtes, de même que les fêtes nationales, sous l’œil éveillé de l’Etat et le consentement de tout les libanais, une dualité essentielle et vitale. Le jour ou le consentement du peuple tombera , et c’est l’Etat seul qui reste éveiller, on envisagera le danger d’une artificielle convivialité et la peur d’un séisme devant les orages du fanatisme.

     4- Démocratie :

Tout ce qui a été mentionné souligne la présence d’une sorte de démocratie exceptionnelle très rare au monde surtout parmi les pays pareils dans ses attributs à la diversité libanaise. Une démocratie qui ne signifie pas nécessairement et surtout pas la gouvernance d’une majorité aux dépens des minorités, une démocratie qui a une réflexion suffisante sur la démographie et la géographie de l’Etat et qui prend en considération l’existence et la variété des ethnicités, ce qui réclame le respect du tout à la base de la fraternité humaine. Une démocratie consensuelle qui épargne la société des conflits tout en cherchant d’obtenir des bénéfices, tant que la constitution gère en égalité les droits de ses communautés, alors pas d’opportunité à un groupe de la porter aux autres, ni par son nombre ni par son pouvoir et le jour même ou cette équilibre s’effondre des tremblements et des tumultes occuperont la scène de la vie politique libanaise et éloigneront sa distincte vertu de démocratie.

Reste le nombre qui compose un élément essentiel dans l’équation de la démocratie, ce nombre qui est envisagé comme étant sa colonne vertébrale. Mais au Liban il n’est jamais arrivé à être l’axe de sa démocratie consensuelle, surtout que le nombre malgré son intérêt numérique, n’engendre pas le poids moral dans le spectacle de cette opération consensuelle, cependant ce sont les aspirations du peuple libanais a un futur meilleur et la distinction de leur pays, et non pas la domination et la supériorité d’une partie des communautés sur une autre, néanmoins les critiques de la démocratie en générale et la démocratie quantitative précisément : la démocratie a un esprit que le nombre ne peut y guider comme l’a signalé Jacques Maritain, alors que la critique de Maurras se formule sous ce contexte : « Le danger de la démocratie c’est qu’elle se transforme entre les mains des aventuriers en une démagogie, et sa faute est qu’elle considère que l’homme est capable de rédiger des lois pour qu’il puisse cheminer sous leurs ombre, sans être conscient que le nombre peut parfois mettre le pouvoir sous la pitié des gens ignorants que coutumes et traditions a voulu les nommées opinion public, pourtant ne sont qu’un groupe qui ne s’intéresse que à ses intérêts, et l’intérêt public ne lui dit rien ni le future du Nation ». Il ajoute dans un autre lieu : « Il n’est pas permis que la politique sera laisser aux désires et réactions, ni à la tyrannie du nombre, mais elle doit être abandonné à l’esprit expérimenté, le cerveau doit l’emporter sur le cœur et ses réactions dans le monde de le politique, il est le seul capable à articuler les règles et les normes ».  Alors que Charles Taylor a établit les conditions de la véritable démocratie qui se conforme avec la réalité du pluralisme libanaise : « Le fondement de la démocratie c’est la présence du dialogue, la souplesse, l’insouciance envers l’autre, l’acceptation de la diversité, et de s’engager à la liberté, la paix et la non violence, tout en espérant que ces valeurs construisent la pierre du coin dans la société pluraliste ».  Mais Kymlicka a ajouté le principe de l’Identité Commune, sans que tout fois cette identité signifie nécessairement la même ethnicité, même religion ou la même langue, cependant elle est d’une portée qui indique le même sentiment d’appartenance et de solidarité entre les communautés qui constituent l’Etat, pour lui la justice seule ne créait pas une identité commune, mais c’est la fidélité partagée des minorités entre eux et le peuple tout entier qui constitue l’Etat est le seul et véritable garant qui régit l’identité commune, et si la fidélité périra, et les minorités s’infléchiront vers des sectes et autres essaims au delà du cadre de la Nation, comme la religion, l’ethnie, la langue et le race, l’espoir de bâtir une nation pluraliste s’effondrera.  Entre les valeurs de Taylor et l’Identité Commune de Kymlicka c’est le Liban l’Etat et la Mission qui germe.

     Les Dangers qui menacent le pluralisme consensuel équilibré au Liban                                                                                     

Le Pluralisme libanais fondé sur la démocratie consensuelle, se trouve menacer à chaque fois cette dernière est en danger, ce qui signifie que les familles spirituelles et ethniques qui se sont consenties que le Liban sera pour toujours leur patrie, avec les nouveaux émigrants venus au Liban pour travailler temporairement ou pour long terme,  de soutenir cette démocratie parce qu’elle est la voie de paix et de la survie de l’Etat pour tous. Les dangers les plus amples qui menacent le pluralisme libanais sont :

      La lésion du dialogue

Le dialogue doit engendrer la ligne première de liaison entre le nombre de cultures présent dans un même pays. Et le dialogue ne signifie pas de parler le même langage mais de parler sur la même onde, c’est-à-dire à partir des traits  communs qui rassemblent sinon pas tout les citoyens au moins la majorité écrasante d’entre eux. Mais si ses traits communs se renversent et parler de dialogue devient juste une enseigne parmi les vides enseignes, et les groupements  révèlent des attitudes crispées et aigues, cela annonce la diminution de toute possibilité de dialogue. Les raisons qui mènent à un dialogue stérile sont :

a-   L’absence du libre jugement chez les deux parties ou chez une partie des interlocuteurs. Puisque le libre jugement est une demande nécessaire et fondamentale pour la question de dialogue, car celle-ci touche à des notions au niveau des relations internationales comme au niveau national. Alors si les volontés sont façonnées alors les dispositions seront d’avance retenues, et comme on arrive à la table de dialogue identiquement on se retire. Parmi les signes verbaux des positions préalablement formulées, l’usage d’un langage « moulé »  ou « Stéréotypé » qui lui manque le gout personnel et particulier, comme si la parole a des limites à ne pas dépassées et également elle lui manque le bon logique, des signes qui dévoilent la peur de la réalité.

b-   Les préjugées, sont d’un extrême danger puisqu’elles rendent les parties comme si elles connaissent en avance le résultat du dialogue entre eux, ou comme si elles connaissent leur impuissance à changer une attitude ou de modifier une idée. Alors l’une se prononce préalablement à l’encontre de l’autre interlocuteur, ainsi elles décident l’échec du dialogue.

c-    Le non division du contenu du dialogue, et le mettre en intégralité à accepter ou à refuser, annonce une impuissance chez les interlocuteurs de suivre une véridique échelle pour résoudre leurs problèmes. La réalité est qu’à chaque épreuve ses fils nouées, ainsi la résolution sera graduelle et croissante, sauf à défaut de l’intention d’arriver à une solution, ainsi on pose le problème sous l’insigne : »à ne pas toucher ».

d-   La citoyenneté exagérée, qui pousse une partie à diminuer l’importance du rôle de l’autre en matière d’édifier les fondements de la nation, ce qui rend facile de l’isoler ou même de l’annuler, alors en quoi sert le dialogue ?

e-    De débuter par le principe d’assurer les droits d’une communauté, et non pas de protéger le droit de la nation et du peuple en général, mène à chercher des profits personnels et non pas à garantir l’intérêt commun de la nation et des citoyens.

f-    La ténacité en attitudes synonyme de l’arrogance devant l’opinion public que se soit local ou régional, afin de démontrer une telle communauté ou une telle personnalité qui représente cette communauté comme ayant « une attitude » sans aucune considération si son attitude est dans l’intérêt du pays ou l’intérêt d’une fraction de ses citoyens ou de celui d’une tierce personne connue ou inconnue.

g-   D’accuser et de dénoncer  » en gros », et d’essayer de convaincre l’autre qu’il est un adversaire et non pas un partenaire en citoyenneté qui a ses droits comme la liberté d’opinion, et qu’il a ses obligations dont la sauvegarde de son pays.

h-   La malveillance qui laisse les cœurs enflammés et les esprits bornés, et permet à l’émotion et à la réaction de prendre la place du raisonnement.

i-     D’être convaincu par le fait conclu et le consentement indecis et de laisser passer les choses comme s’il est impossible de les améliorer, et ainsi de se contenter par l’atmosphère régnant et d’y succomber, en plus essayer à convaincre l’autre partie que cette réalité est en faveur du pays et d’y sortir est détruisant pour l’ensemble, en défaillance de tout logique et juste argument et sous l’égide des émotions.

j-     De délaisser l’éducation au dialogue dans les écoles, les universités, les partis politiques et les organisations et d’y émettre l’esprit crispé d’intolérance.                                       

    Les attirances régionales   

La réalité politique des pays indique un rattachement et une interférence dans les intérêts des pays du monde entier, surtout ceux qui se rejoignent géographiquement ou qui s’allient économiquement. Une interférence qui nécessite des amendements dans les stratégies pour s’y adapter aux demandes régionales et mondiales.

Mais à ce que le rattachement international devient un danger qui menace le vivre ensemble des communautés qui constituent une nation, cela signifie que les limites acceptables de rattachement se trouve dépassés et que tout le monde doit prévoir le danger, sauf en l’absence de l’impression d’un danger, ce qui est plus dangereux. En d’autres termes plus visibles, les ethnies au Liban doivent vivre ensemble, comme au sein de tout autre pays pareil, et au premier lieu qu’elles s’engagent à tout ce qui est de l’intérêt du Liban, politiquement, économiquement, militairement et socialement, et qu’elles ne laissent aucun autre intérêt y dominer quelque soit les relations qui les relient et à n’importe qui que se soit en dehors des frontières, quelque soit fort le lien qui unie une communauté libanaise à une autre communauté à l’étranger que se soit un lien religieux, familial, ethnique, culturel, linguistique ou sanguin, alors c’est pas permis aux Arméniens de réaliser l’intérêt de l’Arménie avant celle du Liban, sous l’instar du lien linguistique et de fraternité, comme il n’est pas permis aux Catholiques d’œuvrer pour Rome, ni les Orthodoxes pour Athènes, ni les Chiites pour Iran, ni les Sunnites pour l’Arabie Saoudite, ni le Musulman en général pour n’importe quel pays Musulman, et ni le Chrétien pour n’importe quel pays Chrétien tout cela sous prétexte du lien religieux. La loi des minorités est qu’elle œuvre avant tout pour le bien vital de son pays, viendra ensuite l’assistance humaine des autres. Exprimant cette réalité, ne nie nullement pas la solidarité avec le bien ou il se trouve et de combattre le mal n’importe ou subsiste que se soit au niveau individuel ou communautaire, sans jamais oublié que le bien primordial c’est être fidèle à son pays, et le mal premier c’est de détruire notre pays pour les autres qu’on soit conscient ou pas.

        Confessionnalisme

Au Liban des échos se répètent incitant à dénier le confessionnalisme, et à se méfier de ses dangers sur la société libanaise et sur la possibilité de vivre ensemble entre les minorités dans un pays pluraliste. Ce qui nous oblige de s’arrêter devant cette expression emblème.

Au sens péjoratif du mot, le confessionnalisme signifie la ferveur chez un individu ou chez une communauté pour une confession et à qui il appartient religieusement, comme il signifie le fait à ce que ces adhérents réclament les droits qui les rendent égaux en citoyenneté avec toutes les autres communautés en droits également en obligations, et la possibilité d’accéder et de se partager avec les autres la fonction publique au sein de l’Etat et y profitent et laissent aux autres de profiter.

Ce qui est bien, mais mieux encore de soutenir le citoyen en général sans recours à sa  religion ni à sa confession, ce qui se trouve accepter dans les communautés pluralistes où chacune d’entre elles cherche à assurer ses intérêts, mais l’infâme est d’arriver à un point de transgresser les autres et à nier leurs faveurs pour le Liban. Subséquemment le confessionnalisme a deux visages : Bien et mauvais, un fait appel au bien d’une communauté alors que l’autre offense et blesse les autres communautés. Ce qui est sollicité est non pas d’annihiler en général le confessionnalisme, une invalidité dans une société pluraliste, mais d’effacer le visage infecté de ce confessionnalisme et de protéger le bon. Pourtant, ceux qui demandent d’annuler le confessionnalisme politique, le savent sûrement qu’elle sera un processus qui atteindra l’anatomie de toute une société et qui énonce une aventure non calculée et une impuissance dans une société théocrate comme la société libanaise.

Mohammad Mehdi Chamess El Dine, l’ancien Président du Haut Conseil Chiite Musulman au Liban, l’avait déjà annoncé : « j’étais parmi les fervents soutiens d’annuler le confessionnalisme politique…et j’ai mis mon propre projet loi à propos de la démocratie quantitative, c’est-à-dire de rayer l’organisme du confessionnalisme politique et d’adopter le citoyen comme unité politique…mais dans mes dernières années j’avais distinctement révisé le sujet. Je me suis arrêté de défendre mon projet et je me sens dans le penchant d’adopter le confessionnalisme comme indispensable système pour le Liban, avec quelques modifications…j’ai délaissé le projet de la démocratie quantitative pour le système du confessionnalisme politique….je veux bien garantir plus de représentation pour les libanais, comme je cherche des assurances sans nulle réprimande de n’importe quel confession qui se sent objet de la tyrannie d’une majorité ».

La réalité pluraliste du Liban a pu rendre Mr Chamess El Dine comme tant d’autres à retourner pour s’y rattacher comme une véridique solution pour la convivialité entre minorités. Mais, si les libanais choisiront de formuler leur constitution selon le  modele francais  ou espagnole où c’est l’endroit à la citoyenneté en général, et où tout les citoyens, peu importe leur religion, leur couleur ou leur race, tous se soumettent aux lois de l’Etat, alors pas de légalité privée ou exceptionnelle, pas de statuts personnelles sous maîtrise des confessions, et pas de lois qui réglementent la succession autre que les lois civiles, subséquemment le confessionnalisme politique s’abat de fait et ne sera plus jamais utilisé comme carte politique. Mais la réalité libanaise ne permet pas, plus encore lui est impossible d’être autre qu’une réalité pluraliste, et en cela constitue un étalon mondial de convivialité, que les pays qui se sont transformer  en pays pluraliste ou qui est pluraliste de naissance cherche à y implanter le système.

Je voudrais vous signaler que la radicalisation des attitudes politiques, tant des groupes que des individus, a été l’une des tragédies du Liban  les années de guerre. Nous avons souffert d’une tendance partagée par toutes les communautés à voir les choses en termes de jeu à somme nulle, un conflit dans lequel tout avantage consenti à un groupe l’est ipso facto aux dépens d’un autre. Cette attitude politique doit être formellement rejetée. Si une des communautés se sent frustrée de ses droits à l’occasion de la conclusion d’une solution ou si elle est méfiante à son égard, alors cette solution échouera et tout progrès dans la résolution du conflit comme dans le développement socio-économique du pays sera arrêté. L’exemple de Taëf est, à cet égard, suscitant. Une autre tragédie qui se résume par le fait que les libanais n’ont jamais été satisfaits ni assouvis par les expériences loupées et dévastatrices mener par plusieurs d’entre eux, et ils cherchent toujours même de nos jours à déchaîner le Liban vers des actes irresponsables et l’entrainer dans des aventures sans lendemain au profit de leur religion ou d’un autre pays en faisant perdre à leur pays et son système politique pluraliste son équilibre déjà si fragile et sa valeur.

Les libanais perdront ils un jour ce que les autres cherchent à procurer ?

*Mehssen Macary est Professeur, consultant privé en politiques publiques, stratégie de négociations et diplomatie. Il a commencé sa carrière en qualité d’avocat, métier qu’il a exercé pendant près de 8 ans avant de se lancer dans la formation de pointe. Mehssen est titulaire d’une Licence de la Holy Spirit University de Jounieh, d’un Mastère de l’Université de Beyrouth, d’un Mastère en stratégie de négociation et diplomatie de l’Université Jean Monnet (Paris-Sceaux) et d’un doctorat (PhD) de la Harvard Law School. 

Depuis janvier 2014, il est également Ambassadeur de Cultures & Croyances au Liban. Pour le joindre, n’hésitez pas à nous écrire : contact@cultures-et-croyances.com

Crédit Photo à la Une : L’Orient le Jour.

Pour citer l’étude :

Mehssen Macary, « Le Liban face à ses minorités », in : www.cultures-et-croyances.com, Laïcité – Moyen-Orient, janvier 2014.


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