ETUDE – Les Lettres Hébraïques: un chemin de vie remarquable

*Etude rédigée par Sophie Pin

Tout au long de sa vie, l’être humain est mû, même inconsciemment, par une recherche de cohérence et d’unité intérieure qui donne à son existence du sens et le fait se sentir vivant.

Cette démarche peut devenir pleinement consciente et l’appel à la transcendance, un moteur existentiel inépuisable.

L’étude des Lettres Hébraïques propose un chemin de connaissance, de Sagesse et de compréhension des liens subtils entre le corps et l’esprit, qui nous invite à un véritable voyage intérieur et nous permet de rester pleinement présent à notre vie singulière, quoiqu’il arrive.

Dans la Tradition, la voie des Lettres fait partie de la Kabbale dite prophétique.

Elle est considérée comme une voie de communication avec le divin et comme un chemin de conscience de la présence et de l’expression visible ou audible du divin en soi.

Une prophétie est une annonce, la promesse d’un devenir, une prédiction des choses futures par inspiration divine.

Dans la voie des Lettres, la promesse est la possibilité de s’unir et d’éliminer tout ce qui nous éloigne de Dieu, en entrant dans ce qu’on appelle la voie du « deveqout » c’est à dire dans l’union, l’attachement (du verbe davaq : s’unir, s’attacher) par la recherche patiente, libre et sincère de ce lien tissé entre l’Homme et Dieu, inscription du sacré dans la matière.

Dans cette démarche chacun doit aller à son propre rythme de compréhension et d’intégration de la conscience de ce lien et doit pouvoir l’exprimer dans sa vie quotidienne, dans son corps et son esprit qui sont les lieux du « davaq ».

C’est un engagement de tous les jours qui demande une participation active de l’homme dans sa quête de Dieu car si ces liens existent pour tous les êtres, ils ne deviennent vraiment manifestes que lorsqu’ils sont conscients et vécus dans la chair.

L’étude et la méditation de la Lettre sont considérées par elles-mêmes, comme une voie de Sagesse, d’initiation et d’éveil permettant un dépassement de soi.

Elles doivent se vivre comme une véritable expérience de consciences quotidiennes qui garde l’être toujours en mouvement et en devenir différent possible, en cherchant toujours plus de cohérence et d’unité intérieure.

En cela, la voie des Lettres est plus qu’une simple voie d’étude, elle est une véritable voie d’accomplissement et une démarche de santé , « la beriyout », car elle garde l’être dans une démarche de création et de recréation constante : c’est un art de Vivre.

Cette kabbale centrée sur l’homme, sur l’individu, a été fortement développée par Isaac Louria au 16ème siècle.

Les Lettres Hébraïques font partie des langues dites sacrées à l’opposé des langues profanes ou « vernaculaires » qui n’ont gardé que le sens réduit d’échange et de communication conventionnelle par association des lettres entre elles.

La langue sacrée, véhicule de la transmission d’une révélation, est porteuse d’une Tradition. Elle permet à l’Homme de rentrer dans une forme de transcendance, un dépassement de lui-même et de son ego, par l’ouverture à plus grand que lui.

La langue sacrée possède un alphabet polysémique permettant des abords par de multiples voies permettant la communication et la compréhension. Il ouvre différents niveaux de lecture par l’appréhension des sens différents portés par un mot, par une phrase.

La langue sacrée demande de renoncer au premier regard, à l’intellect pur, pour se rendre disponible, réceptif, et ouvrir son cœur.

Les Lettres Hébraïques sont au nombre de 22, plus 6 Lettres dites finales qui sont des développements de la forme de certaines Lettres précédentes.

Toutes ensembles, elles représentent les constantes fondamentales qui structurent tant l’être humain dans son corps et son esprit, que l’Univers tout entier.

A chaque Lettre correspond un état vibratoire particulier que l’on va retrouver dans la forme, la valeur numérique, la symbolique, un son, des analogies avec le corps.

Ce sont toutes des consonnes, structures porteuses du son, qui seront « chantées » en les « voyellisant »: on dit que l’Homme chante sa Parole.

La pictographie de la Lettre est, par elle-même, porteuse de sens et sa calligraphie est déjà une démarche d’étude et de méditation ; ressentie comme une onde de forme vibratoire particulière, elle renvoie son énergie spécifique à celui qui « l’écrit ».

Chaque Lettre possède une valeur numérique, porteuse d’un potentiel énergétique et vibratoire précis.

La Guématrie étudie ce potentiel dans la lettre et dans le mot, et fait partie de la voie des Lettres.

Chaque Lettre porte une symbolique précise qui permet à chacun « d’entrer » dans la Lettre au niveau qui lui est accessible ; à chaque Lettre correspond des analogies avec la structure corporelle : chaque Lettre « résonne » en particulier avec une partie du crâne, une vertèbre, un organe ou un viscère, un os du membre supérieur et du membre inférieur.

Les Lettres deviennent parties intégrantes du corps, et chaque partie du corps est porteuse de ce lien tissé entre Dieu et l’Homme d’une façon très précise.

Chaque zone corporelle a une fonction physique, émotionnelle, psychique et spirituelle et toutes les parties du corps forment un ensemble qui s’exprime par ces différentes fonctions et dont le moteur intérieur inconscient est une recherche d’unité et de ce lien subtil.

Abordé de cet manière, le corps devient alors cohérent, précis et sacré.

Toutes les manifestations corporelles, qu’elles soient saines ou dites pathologiques, prennent alors un sens spécifique et permettent de guider toute personne qui le souhaite, sur un chemin d’écoute et de compréhension de ce qui lui « arrive ».

L’être devient alors participant de son Incarnation et ne « subit » plus sa vie.

En tant que soignante, les grandes questions qui m’ont toujours interpellée sont : pourquoi telle personne porte une pathologie, pourquoi une autre tel malaise etc… et quelles significations profondes peuvent avoir ces manifestations.
Ce regard sur le corps intégrant la spiritualité, a changé mon approche de l’accompagnement et m’a donné beaucoup de compréhension sur la maladie.

Celle-ci peut être abordée comme l’expression d’un manque d’unité intérieure créant une souffrance physique ou psychique et comme un appel inconscient de réajustement dans son propre axe.

La remise en mouvement du corps associée à la prise de conscience va libérer les tensions limitant le bon état vibratoire et redonner une expression vibratoire pleine.

Plus le corps et l’esprit seront libres, plus l’être sera dans la capacité d’une forme de réalisation, qui doit sans cesse être renouvelée : c’est la spiritualisation de la matière.

Nous sommes tous porteurs de ces champs de conscience mais chaque être étant unique et chaque destinée particulière, chacun va articuler en lui-même ses différentes « énergies » d’une façon qui lui est propre, en fonction des évènements, de sa naissance, de sa vie, de sa lignée, de son éducation etc…

Pour donner un exemple concret, nous sommes tous porteurs du principe de dualité porté par la Lettre Beith, de valeur 2 et dont le symbole est la maison.

La maison représente, entre autres, le corps, le réceptacle et l’expression de toute information.

L’être, par ce principe, rentre dans l’acceptation inconditionnelle de la condition humaine c’est-à-dire l’acceptation de l’incarnation, du passage sur terre avec un corps, réceptacle et révélateur de la lumière divine, et rentre ainsi dans un monde matériel.

Symbole de la la dualité archétypale nécessaire entre Dieu et sa créature, le Beith induit la promesse des retrouvailles, permet la rencontre, le face à face, le mouvement entre deux principes opposés et complémentaires.

Sans acceptation de la dualité, de la séparation, nous ne pourrions ni naître, ni rencontrer « l’autre » . Nous ne pourrions non plus entrer dans le regard, signe d’humanité, qui donne la possibilité de voir et d’être vu et donc de révéler et d’être révélé par autrui.

Le Beith ouvre la capacité d’accueil de toute vie singulière, dans ce qu’elle est porteuse de 2 polarités complémentaires et non pas opposées : jour /nuit, mâle/femelle, bien/mal, ombre/lumière, conscient/inconscient, accompli/inaccompli…

Se recevoir, c’est aussi recevoir nos dons et potentiels personnels qui seront à développer et à mettre en œuvre tout au long de la vie.

On retrouve des correspondances vibratoires de ce principe dans le corps, dans différentes zones réceptives de l’information et du germe: l’enclume (2ème osselet de l’oreille) qui reçoit le son, (information transmise par un principe d’air), la 2ème vertèbre cervicale (dont l’apophyse odontoïde informe le crâne), les cubitus aux membres supérieurs et os trapézoïde dans la main, (reçoivent et transmettent les informations du lien à l’autre), l’ovaire (reçoit le germe) et le testicule (donne le germe), les tibias et calcanéums (talons) aux membres inférieurs (reçoivent et transmettent les informations de la Terre).

Toutes ces zones seront sensibles à l’accueil et au recevoir, à l’acceptation de la dualité, et seront « blessées » à chaque défaut de ce principe vécu par tout être d’une façon différente : se sentir reçu, accueilli de manière inconditionnelle, accueillir l’autre de manière inconditionnelle, faire vivre ses dons et être valorisé dans ce que l’on est de manière unique.

Cette Lettre fondamentale, première Lettre du mot Bereshit, ברישאת , qui introduit la Torah, nous ouvre, entre autres, au principe de l’écoute active, au devenir possible, au corps comme lieu du Sacré.

Ainsi, nous pouvons apporter un regard sur chaque Lettre comme principe vivant, associant le corps et toutes les dimensions de l’être humain, tout en sachant que chaque jour peut amener une nouvelle compréhension permettant une nouvelle intégration.

* Sophie Pin est osthéopathe et organise couramment des séminaires sur Les Lettres. Elle est également co-auteur du Livre « Miroir de lÂme ». Pour contacter Sophie, merci de prendre contact à l’adresse suivante : contact@cultures-et-croyances.com

Pour citer l’étude:

Sophie Pin, « Les Lettres Hébraïques : un chemin de vie remarquable », in : www.cultures-et-croyances.com, Rubrique : Religions & Spiritualités, juin 2014.

One Response to ETUDE – Les Lettres Hébraïques: un chemin de vie remarquable

  1. Siegfried 12 novembre 2015 at 14 h 50 min

    Bonjour,
    pourriez-vous m’indiquer la signification du chemin correspondant à mon Prénom s’il vous plaît ?
    Je vous remercie…
    Je vous souhaite une belle journée.

    Répondre

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