ETUDE – Les religions permettent-elles de lutter contre le diabète ?

 

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Injection d’insuline utilisée pour contrôler la glycémie chez les personnes diabétiques de Type 1.
Source : Google Images


Par Kanwal Ahmed*

Aux origine du diabète

Le diabète est une maladie métabolique viagère où la concentration sanguine en glucose est trop élevée, soit parce que le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline – l’hormone qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules du corps, où il est utilisé comme combustible pour l’énergie –, soit parce que des cellules ne répondent pas à l’insuline qui est produite ce qui signifie que le glucose ne puisse pas y entrer. Le diabète peut jouer un rôle substantiel dans le développement de problèmes cardiovasculaires et l’insuffisance rénale.

Les personnes vulnérables

Actuellement, environ trois millions de personnes au Royaume-Uni sont diagnostiquées comme souffrant du diabète et on estime qu’il y à peu près 850.000 personnes qui en sont victimes ou qui sont très vulnérables, mais elles n’en n’ont pas conscience ou on ne leur a pas diagnostiqué. Une étude menée par « Diabetes UK » et le « South Asian Health Foundation »[1] a démontré que les Asiatiques du Sud vivant en Grande-Bretagne sont six fois plus susceptibles d’avoir le diabète de type 2 par rapport à la population européenne[2]. Le rapport précise également que le diabète en Europe augmentera de 47% en 2025 ; en conséquence, il est essentiel que les personnes soient conscientes des facteurs de risques impliqués et qu’elles commencent à prendre conscience des mesures préventives à réaliser dès que l’occasion s’en présente.

Les différentes formes de diabète

Il existe deux types principaux de diabète ; le diabète de type 1 et de type 2. Le diabète de Type 1 se produit naturellement à compter de l’âge précoce et résulte de l’incapacité du pancréas à produire l’insuline suffisante pour réguler la quantité de glucose dans le sang. Il est traité par des injections quotidiennes d’insuline, une alimentation saine et une activité physique ou sportive régulière.

Le diabète de Type 2 se développe quand le corps produit une quantité insuffisante d’insuline ou quand l’insuline qui est produite ne fonctionne pas correctement – c’est également nommé résistance à l’insuline –. Habituellement, le diabète de Type 2 se produit chez les personnes âgées de plus de 40 ans. En revanche, il apparaît que chez les personnes d’origines sud asiatique et africaine, ce diabète peut être diagnostiqué de manière très précoce puisqu’on peut le constater dès l’âge de 25 ans. Il est généralement traité avec une alimentation saine et de l’activité physique accrue. Cette cure peut s’accompagner d’un traitement par des médicaments et l’insuline.

Les symptômes du diabète

Les différents symptômes détaillés ci-après sont les signes avant-coureurs du diabète. Normalement, leurs progressions est excessivement rapide dans le diabète de Type 1 ; très paradoxalement, ils se développent très lentement lorsqu’on parle de diabète de Type 2.

  • Besoin fréquent d’uriner
  • Soif inhabituelle
  • La faim extrême
  • Perte de poids inhabituelle
  • Fatigue extrême
  • Irritabilité
  • Vision floue
  • Les coupures et les ecchymoses qui guérissent lentement
  • Picotement ou engourdissement dans les mains ou les pieds
  • Infection récurrente de la peau, la gomme ou la vessie

Les facteurs de risque

Plusieurs facteurs permettent d’anticiper le risque potentiel de diabète. D’abord, le patrimoine héréditaire. Si une personne de la famille faisait du diabète, alors ses enfants ou les personnes l’environnant sont susceptibles d’en présenter les signes. Plus le rapport entre les personnes est élevé, plus le risque.

Ensuite, l’origine ethnique permet également de l’anticiper. Les pays d’Afrique, les Caraïbes ou les personnes d’Asie du Sud sont, comme rappelé plus haut dans l’étude, six fois plus susceptibles de souffrir du diabète que la population « européenne ».

Le poids est également un facteur explicatif ; on recense que dans 80% des cas, les personnes diagnostiquées avec le diabète de Type 2 sont victimes de surpoids. En sus du surpoids, si la personne est inactive, elle augmente substantiellement son risque d’être diabétique.

Pour les femmes, si le tour de taille est de 31.5in (80cm) ou plus, elles courent un risque accru d’être victimes du diabète. Pour les hommes si vous êtes d’origine « européenne » ou « africaine » et que votre tour de taille est de 37in (94cm) ou plus, vous courez un risque accru de développer un diabète de Type 2. Si vous êtes un homme d’origine asiatique, le détermination du tour de taille est de 35in (90cm) ou plus.

Si vous avez des facteurs de risque associés au diabète, il est important de passer des tests de dépistage régulièrement – d’urine et de sang – et de tenter d’y remédier en contrôlant, de manière accrue, vos habitudes de vie.

Comment empêcher le diabète ; regards croisés avec les principes religieux

D’abord, le premier réflexe est de réduire les tailles et les portions des habitudes alimentaires. Il convient de boire un verre d’eau dix minutes avant de débuter le repas afin de réduire, autant que faire se peut, votre faim. Il faut également manger lentement, ne pas regarder benoitement la télévision pendant les repas et préférer les grillades plutôt que frits. En Islam, le Qur’an nous conseille de manger des petites portions afin de garder un équilibre dans nos habitudes alimentaires. L’excès, dans le Qur’an, y est toujours condamné. Il est soutenu :

« Mangez et buvez sans dépasser les limites ; Assurément Il [Dieu] n’aime pas ceux qui manquent de modération. »[3]

Dans la Bible, on retrouve, de manière éparse, quelques références au repas. L’eau, compte tenu de la chaleur, y est centrale. L’eau est une vertu qui permet également de limiter le diabète. Ainsi est-il rapporté :

« Et l’un d’eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant: Laissez, voyons si Élie viendra le descendre. »[4]

Augmenter l’exercice physique contribue également à écarter les risques liés au diabète. Il ne s’agit pas de parler de sport de haut niveau mais d’un simple effort ; marcher pendant une durée  d’au moins 30 minutes par jour ou prendre les escaliers au lieu de l’ascenseur peut contribuer à réduire votre risque.

L’introduction d’aliments sains dans ses habitudes alimentaires contribue à diminuer les risques de diabète. L’augmentation de la consommation de fruits et légumes, d’un repas en grains entiers d’aliments et aussi la diminution de la consommation d’aliments élevés en gras saturés, les gras, le cholestérol, le sel (sodium), et les sucres ajoutés permettent d’éviter le risque d’exposition.

Dans le Qur’an, il est recommandé de manger des aliments sains permettant de demeurer en bonne santé et de ne pas contracter des maladies du type diabète. Ainsi est-il mentionné de :

« Mangez des bonnes choses dont Nous vous avons pourvus. »[5]

Le régime alimentaire que nous suivons et auquel nous entretenons notre corps doit respecter une bonne mesure. Il permet ainsi de conserver un équilibre ; ce même équilibre que Dieu a pourvu dans toute sa création. Ainsi est-il mentionné dans le Qur’an que :

« Et il a établi une mesure ; Afin que vous ne transgressiez pas la mesure »[6]

Il est dans notre propre intérêt, afin de rester en bonne santé, de prendre soin de notre alimentation. Une maladie comme le diabète peut être facilement évitée en suivant ces simples commandes du Qur’an ou de la Bible. Comme souvent, par leurs règles, les religions permettent à l’homme de se réguler dans son être. Les religions tentent de délivrer l’homme de ses passions. La nourriture à outrance en est assurément une forme. C’est dans cette lutte constante contre notre auto destruction que nous devons prendre à cœur ces petites habitudes. Finalement, la délivrance demande parfois bien peu de concessions.

 

* Kanwal Ahmed est étudiante en Neuroscience au King’s College of London à Londres et s’intéresse aux questions liées à la santé et à la psychologie. Elle contribue couramment dans la rubrique Sciences de Cultures & Croyances. Elle est également une bloggeuse indépendante ; http://kanwalahmad.wordpress.com/

Pour citer l’étude :

Kanwal Ahmad, « Les religions permettent-elles de lutter contre le diabète ? », in : www.cultures-et-croyances, rubrique Science et Médecine, janvier 2013.

———–

[1] KHUNTI Kamlesh, KUMAR Sudhesh et BRODIE Jo, « Diabetes UK and South Asian Health Foundation recommandations on diabètes research priorities for British South Asian », 2009. Disponible en ligne : http://www.diabetes.org.uk/upload/Reports/South_Asian_report.pdf

[2] Il est à noter que la différence « raciale » ici utilisée permet simplement de démontrer un raisonnement médical et ne revoie, en aucun cas, à une discrimination opérée par l’auteur.

[3] Al A’raf [7 :32]

[4] Marc [15 : 36]

[5] Al Baqarah [2 :173]

[6] Al Rahman [55 :8-9]

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