ETUDE – Oui, l’œcuménisme existe !

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Source : Google Images

*Etude rédigée par Florence B.

 

Définition et précaution

Qu’est-ce que l’œcuménisme ? C’est, selon le Dictionnaire de la langue française, « un mouvement visant à rassembler les Eglises chrétiennes en une seule ». On pourrait croire alors que ce rassemblement, qui regroupe les différentes Eglises catholiques, protestantes et orthodoxes vise à effacer les particularités de chaque confession. C’est en réalité bien plutôt un dialogue entre chrétiens, qui se font instrument de paix en effaçant les divisions qui peuvent se dresser comme des fossés infranchissables.  C’est ainsi qu’il faut comprendre le prix Nobel de la paix reçu en 1929 par le luthérien Lars Olof Jonathan de Söderblom, fondateur moderne de l’œcuménisme. Non, il ne s’agit pas comme on l’entend souvent, de renier ses différences et de faire croire qu’en fait on est d’accord sur tout. Il s’agit bien plutôt de se rencontrer, de se connaître, d’accepter les différences et de se rassembler autour de ce qui est le fondement de la foi des chrétiens : le Christ. L’œcuménisme n’est donc pas perte de son identité et de ses croyances, mais l’accueil de l’autre dans sa différence.

Mais… concrètement ?

L’œcuménisme est une réalité que l’on retrouve ainsi dans la communauté des frères de Taizé. Elle est située en Bourgogne et les moines sont chrétiens, catholiques, protestants et orthodoxes, venus du monde entier. La fondation de la communauté se comprend comme un acte de paix puisque c’est en 1940, alors que l’Europe se déchire que Frère Roger achète une maison dans le village de Taizé. Placée non loin de la ligne de démarcation, la maison devient un lieu d’accueil des réfugiés. Mais en 1942 Frère Roger, inquiété par la Gestapo trouve refuge pendant  la guerre à Genève. A son retour, la communauté se crée et, en 1949, elle compte neuf frères. La règle de Taizé, selon laquelle les frères vivent, est écrite en 1952-1953. Au centre de la vie partagée, frère Roger veut placer « la bonté de cœur et la simplicité ». La communauté accueille tout au long de l’année,  notamment des jeunes du monde entier, qui peuvent participer aux trois prières communes de la journée, aux groupes de réflexion biblique et aux services, tels que la vaisselle, la distribution de nourriture ou encore le très prisé nettoyage des toilettes.

Une réalité internationale ? C’est possible, par exemple grâce aux rencontres européennes, « pèlerinage de confiance » : le temps de quelques jours avant le nouvelle an, chaque année, des jeunes de toute l’Europe sont accueillis par les habitants d’une grande ville européenne. Ils se retrouvent pour prier, échanger, rencontrer. L’an dernier c’était à Berlin, cette année à Rome et l’an prochain à Strasbourg. Ils appartiennent aux différentes confessions chrétiennes. Je présente ici mon expérience vécue à Berlin et à Rome.

La rencontre de l’autre se noue avant tout grâce à l’accueil, qu’il se déroule dans les familles ou les paroisses. Les hôtes qui reçoivent les jeunes de façon complètement gratuite sont toujours extrêmement prévenants et chaleureux. Ils prennent le temps de parler, ou d’essayer de communiquer de toutes les façons possibles quand l’anglais fait défaut, préparent des repas gargantuesques, laissent un paquet de bonbons près du lit le soir, proposent d’accompagner en voiture….en toute objectivité ils sont adorables !

 Le séjour est également organisé de façon à ce que l’on rencontre les jeunes de pays différents qui, comme nous, ont passé de nombreuses heures à parler, essayer de dormir, regarder la télé, dormir enfin dans un car qui a traversé l’Europe pendant de longues heures. Le matin, on échange avec eux autour d’un thème dans un anglais souvent plus comique que technique, et on se rend compte que les interrogations sont évidemment les mêmes, que l’on soit orthodoxe, catholique ou protestants.

Quelle forme peut prendre une prière qui rassemble des membres de communautés différentes, ne partageant même pas tous la même langue ? Très simplement en revenant à un noyau, essentiel et commun qui s’exprime dans les chants, le silence et la réflexion autour de la Bible. Le silence comme parenthèse, toujours singulière et surprenante. Les heures de sommeil, la digestion, le coussin que l’on a oublié de prendre, et, surtout les pensées que l’on a l’habitude d’enfouir…mille éléments nous dépassent et font déborder le vide. On se décharge, on se dessaisit, on se regarde toujours un peu étonné que ce soit passé si vite. Et pour ce qui est de la traduction des réflexions bibliques, elles sont disponibles sur des fréquences radio, il faut simplement se munir de son portable et d’oreillettes !

Pour conclure ces quelques pistes de façon un peu abrupte, mais tant pis, je dirai: Taizé nous montre que l’œcuménisme est construction de paix, avec soi et les autres.

* Florence B. est étudiante en Master de philosophie. Elle contribuera régulièrement dans les colonnes Littérature & Philosophie de Cultures & Croyances.

Pour citer l’étude :

Florence B., « Oui, l’œcuménisme existe ! », in : www.cultures-et-croyances, rubrique Thèmes de société, janvier 2013.

One Response to ETUDE – Oui, l’œcuménisme existe !

  1. r4i gold 29 mars 2013 at 8 h 18 min

    Nice…thanks for this.

    Répondre

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