ETUDE – L’oeuvre et l’existence du Bouddha

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Source : Google Images

*Etude rédigée le Vénérable Parawahera Chandaratana

Quand nous parlons du Bouddhisme, en premier lieu nous devons parler du fondateur du Bouddhisme, c’est-à-dire Bouddha.

Aux origines du Bouddha

Il n’était ni un dieu, ni une incarnation divine. Il n’était pas un prophète non plus. Et il n’était pas inspiré par une sorte de dieu. Il naquit comme un être humain de parents humains. Son prénom était siddhatta et son nom de famille Gotama, et il veçu en Inde du Nord au XVIème siàcle avant Jésus-Christ.

Son père Suddhodhana était le souverain du Royaume des Sakya – correspondant à une région du l’actuel Népal. Sa mère était la Reine Maya. Son père fit construire trois palais pour lui de manière à lui offrir une vie luxueuse pendant les trois saisons.Il fut élevé comme tout autre être humain, il vécut sa vie de prince dans un palais et il fut marié à l’âge de seize ans à une belle jeune princesse du nom de Yasodara. Il vécut une vie maritale pendant quelques temps.

A l’âge de 29 ans, peu de temps après la naissance de son seul enfant, Rahula, il quitta son Royaume afin de trouver une solution aux problèmes liés à la souffrance et à l’insatisfaction universelle. A tous les points de vue, il était un être humain. Il n’était ni un surhomme, ni un être surnaturel. Mais il contemplait la souffrance et l’insatisfaction de ce monde.

Ce travail de quête et de recherche du remède à cette masse totale de souffrance ne pouvait être effectué en vivant une vie de maître de maison ; cela aurait été très compliqué. A l’époque du Bouddha, les personnes qui étaient fatiguées de vivre une vie de maître de maison avaient pour habitude d’abandonner ce style de vie et de devenir des ascètes.

En conséquence, ce prince aussi abandonna sa vie de luxe et devint un ascète. Il erra alors de maîtres en maîtres de manière à recevoir des instructions aux fins de vaincre cette souffrance. En premier lieu, il alla vers Bhargava, puis vers Alara et Udaka, qui étaient de célèbres ascètes instructeurs à cette époque. Il suivit et pratiqua leurs enseignements.

L’atteinte du quatrième arupa-jhana

Bouddha atteignit le quatrième arupa-jhana, appelé la sphère de ni perception, ni non-perception. Il se soumit à des pratiques ascétiques excessivement rigoureuses ; mais il n’a pu s’en satisfaire. Aussi abandonna-t-il toutes les méthodes traditionnelles et suivit son propre chemin. Un soir, alors qu’il était assis en dessous de l’arbre Bodhi, sur la rive de la rivière Neranjana à Buddha-Gaya (près de Gaya du Bihar actuel), à l’âge de 35 ans, Gotama atteignit l’illumination.

Mais après tant d’expériences qu’il fit par lui-même, il découvrit la voie et suivit ce sentier, découvert par lui-même. Il atteignit l’illumination et il découvrit la réalisation complète du summum bonum de la vie humaine ; il découvrit la nature de la souffrance ; il découvrit comment cette souffrance était mise en branle. Il vit également le sentier et l’expérience de la délivrance de cette souffrance ; il découvrit le sentier qui conduit à la libération de la souffrance.

La naissance du Bouddha

Ce n’est qu’une fois qu’il avait atteint l’illumination et la réalisation complètes, il fut connu comme le Bouddha. Le Bouddha signifie en conséquence la personne qui réalisa la vérité ultime en contemplant la nature de la souffrance. A compter de son illumination, il parcourut à pieds toute cette région de l’Inde appelée le Majjhima Desa, correspondant aux Etats actuels du Bihar et de l’Uttar Pradesh.

Il fit part de ses enseignements et de sa découverte au plus grand nombre de personnes. Le Bouddha Gotama prononça alors son premier sermon devant un groupe des cinq ascètes, ses anciens compagnons, dans le parc aux daims à lsipatana (le village moderne de Sarnath) près de Bénarès. A partir de ce jour, et pendant 45 ans, il enseigna à toutes catégories, partant des gens ordinaires aux rois, des Brahmanes aux hors castes, des banquiers aux mendiants, des saints hommes aux voleurs, sans aucune discrimination.

L’atteinte du Mahaparinibbana

A l’âge de 80 ans, Bouddha atteignit le Mahaparinibbana, ce qui signifie le but ultime de sa vie. Normalement pour qualifier la fin de vie des êtres ordinaires nous utilisons le terme de « mort ». Mais pour le Bouddha ou un Arahant (personne illuminée) n’utilise point ce mot. Le mot mort sied aux personnes ordinaires qui tombent sous le joug de nombreuses souillures mentales ; le Bouddha et les arahants sont complètement débarrassés des souillures mentales.

C’est cette découverte faite par le Bouddha que ce dernier a exposé au monde que nous appelons le Bouddhisme.

Aspects particuliers liés à la nature du Bouddha

Maintenant en considération de son enseignement que nous avons reçu, nous pouvons voir quelques aspects particuliers de la nature du Bouddha. Comme illustration, je me permets de vous exposer un incident.

Un jour le Bouddha visita un certain village. Ce village s’appelait Kesaputta dans le Royaume de Kosala. Les habitants de ce village vinrent rencontrer le Bouddha et dirent:

« Vénérable, de temps à autre des maîtres divers viennent dans notre village ou notre ville et ils donnent diverses sortes d’instructions ». Un maître enseigne une chose, ensuite un autre maître vient enseigner quelque chose de totalement différent. Tant de maîtres de temps à autre viennent dans notre village et nous prodiguent tous des enseignements différents. Quelques-uns d’entre eux condamnent les doctrines professées par les autres. Désormais nous sommes assaillis par le doute et perplexes. Nous ne savons pas lequel est correct et lequel est erroné. S’il vous plaît enseignez nous quelle voie est correcte et quelle voie est erronée ».

Le Bouddha leur donna les conseils suivants uniques dans l’histoire des religions :

« Oui, peuple de Kalama, il est légitime que vous ayez des doutes. En fait, vous avez entendu des enseignements divers et contradictoires et il est naturel que vous ayez des doutes dans un tel cas. Mais je vous dis quelque chose: ne croyez pas en quelque chose seulement parce que c’est transmis par la tradition. Ne croyez pas en quelque chose parce que c’est mentionné dans vos écritures. Parfois dans vos écritures il pourrait y avoir quelque erreur. Ne croyez pas en un enseignement simplement parce que c’est donné par votre Guru parce que parfois aussi votre Guru pourrait faire une erreur. Ne croyez pas sur la base des rumeurs planant au dessus de cet enseignement. Ne me croyez pas de façon aveugle. Quoique vous entendiez, mettez le par écrit et essayez de l’expérimenter par vous-même. Quand vous l’expérimentez et vous le « goûterez », si vous trouvez que c’est bénéfique et que cela vous fait du bien, alors adoptez-le, et quand vous savez pour vous-mêmes que certaines choses sont malsaines, erronées et mauvaises, alors vous devriez les abandonner. Quand vous savez pour vous-mêmes que certaines choses sont bonnes et saines, alors acceptez-les et suivez-les. »

Ainsi en est-il de l’enseignement du Bouddha. A une autre occasion le Seigneur Bouddha conseilla ses disciples de la manière suivante :

« Ô moines ! de l’or est examiné par un joailler, par martelage, en coupant, en chauffant, par tant de méthodes quelqu’un examine si cet or est artificiel ou authentique. De la même manière, n’acceptez pas nies enseignements parce que vous éprouvez beaucoup de respect ou beaucoup d’amour envers moi. L’amour et le respect seuls ne sont pas suffisants pour croire en mes enseignements. Mettez en pratique mon enseignement et « goûtez » le. Si vous sentez que c’est bénéfique pour votre coeur et votre esprit, alors acceptez-le et suivez-le. Petit à petit par la pratique vous pouvez comprendre si c’est bénéfique ou non. Si cela ne vous convient pas abandonnez-le. Il n’y a pas d’objection. »

‘Bouddha ne souhaitait pas convertir’

Le Bouddha ne souhaitait pas convertir qui que ce soit. Simplement, il exposait et faisait part de ses expériences. Si quelqu’un voulait suivre ce sentier, qu’il le suive. Il ne souhaitait pas que les autres le vénèrent. Or, les adeptes du Bouddha vouent beaucoup de respect et de gratitude à l’instructeur (le Bouddha) ainsi nous pourrions appeler cela le culte bouddhique sans pour autant qu’il s’agisse d’un culte.

Les Bouddhistes ne vénèrent pas le Bouddha. Il rendent juste hommage à ce grand maître. Ils lui manifestent toute leur gratitude. Mais le Bouddha n’accepta même pas cette petite forme de reconnaissance. D’après lui, vous pouvez vénérer qui vous voulez, c’est sans importance. Ce qu’il espérait du monde, c’est que ce dernier pratique les vertus.

Les vertus, essence d’une bonne moralité

Vous pourriez vivre une vie de bonne moralité. Vous pourriez bâtir en vous-même un caractère fait de bonne moralité. Essayez de purifier votre coeur, votre esprit de toutes les souillures du mental et des tentations. Essayez de purifier votre coeur. Indépendamment de cela, essayez d’examiner les profondeurs à l’intérieur de vous-même.

Essayez d’examiner la nature de votre vie, d’utiliser le pouvoir de vos raisonnements et de comprendre ce que vous êtes réellement. Si vous faites ceci avec prudence, après quelques temps vous réaliserez ce que vous êtes vraiment. Comme vous ne pouvez pas comprendre ce que vous êtes vraiment cette ignorance cause tant de troubles dans votre esprit.

La chose la plus proche de nous et de chaque être humain est notre existence individuelle. Je dois comprendre ce que c’est réellement. Si nous ne réalisons pas sa nature exacte; cette non-réalisation concernant mon existence, cette ignorance cause tous mes troubles. Si je réalise la nature exacte de ma vie, alors aucune passion ne se manifeste en moi.

Aucune souillure ne surgit dans le coeur et l’esprit carje connais ma propre vie. Cette connaissance complète de ma vie est une conséquence naturelle du développement de la sagesse. Quand cette sagesse éclot en moi de façon parfaite, toutes les ténèbres de l’ignorance disparaissent. Par cela je deviens parfait et j’atteins la réalisation complète. Alors il n’y a plus aucune souffrance. Une telle personne nous l’appelons un ou une Arahant. Il peut affronter tous les troubles avec joie. En conséquence, le but ou la voie des enseignements du Bouddha conduit à cet état de perfection sans Soi. Une personne énergique qui pratique ou se meut le long de ce sentier peut atteindre cet état dans cette vie même. C’est l’enseignement du Bouddha.

Quand le Bouddha donne son enseignement il utilise des paraboles. Parfois il raconte des histoires. Parfois, quand il rencontre des personnes de haut niveau intellectuel, il emploie des méthodes philosophiques pour leur expliquer ses enseignements. Quand bien même quelqu’un n’accepterait pas ses enseignements, il ne le force pas à les accepter.

Je vous donne une illustration. Une fois le Bouddha, étant accompagné par certains de ses disciples, visita un certain village. La nuit, ils dormirent en un certain lieu. Pendant ce temps des maîtres ascètes appartenant à une autre secte demeurèrent au même endroit et s’y installèrent pour la nuit. La nuit, des disciples du Bouddha marchaient en bas et aux étages de ces lieux.

Alors qu’ils marchaient, ils entendirent des débats houleux qui avaient lieu entre d’autres maîtres ascètes et leurs élèves. Ils allèrent les écouter. Le maître critiquait le Bouddha avec sévérité. Il dit du mal du Bouddha, de ses disciples et de son enseignement. Mais certains de ses disciples louaient le Bouddha et ses disciples. Cela signifie simplement qu’il y avait des opinions contradictoires parmi les disciples des maîtres ascètes.

Les disciples du Bouddha entendirent cette discussion et revinrent silencieusement vers leur lieu de résidence. Le matin suivant, ces moines évoquèrent la discussion de la nuit précédente contre l’enseignement du Bouddha, ils expliquèrent les opinions contradictoires existant parmi les disciples du maître ascète. Entre temps le Seigneur Bouddha vint à cet endroit et demanda à ses disciples ce de quoi ils avaient parlé. Ils lui dirent ce qu’ils avaient entendu le soir précédent, c’est à dire cette discussion entre le maître ascète et ses élèves, ils lui ont en fait rapporté la totalité de l’histoire.

Le Seigneur Bouddha leur conseilla:

« Mes disciples, quand vous entendez d’autres personnes me critiquer ou dire du mal de moi, ou me dénigrer, ne vous mettez pas en colère. Ne faites pas de mal à vos propres sentiments. En supposant que vous vous mettiez en colère ou que vous blessiez vos propres sentiments, pouvez-vous correctement comprendre s’ils ont raison ou tort. Vous ne pouvez le comprendre. Par conséquent ne vous mettez pas en colère, soyez impartial.

Essayez de comprendre s’ils ont raison ou bien tort. S’ils ont tort, il est nécessaire d’aller à leur rencontre et de les corriger calmement. Sinon, gardez le silence. Si vous êtes dans une telle situation, si vous vous mettez en colère, alors ce sera un obstacle pour vous-mêmes et votre développement spirituel. Par conséquent ne vous mettez jamais en colère. Ne blessez jamais vos propres sentiments, quand d’autres personnes me critiquent, critiquent mes enseignements ou mes disciples.

Supposez que vous entendiez d’autres personnes en train de Me louer, louer mon enseignement et mes disciples, ne soyez pas fiers. Soyez impartial. Si vous devenez fier cela sera aussi un obstacle à votre développement spirituel. »

L’enseignement du Bouddha est juste comme une science médicale. La science médicale traite de quatre choses. La première consiste à diagnostiquer une maladie. Cela signifie savoir si les gens souffrent d’une maladie ou non ; cela signifie trouver la cause de cette maladie. Ensuite de savoir si oui ou non c’est guérissable. Ensuite de trouver éventuellement un traitement. Sans cela il n’y a pas de science médicale.

L’enseignement de Bouddha est également comme cela. Il est destiné à soigner les souillures du mental et ses troubles. Par conséquent, il traite de seulement quatre choses. La première consiste à faire comprendre aux personnes leur souffrance nées de types divers de troubles dans cette vie. Bien que nous pourrions vivre une vie heureuse, au final elle se terminera par la mort. Tout notre luxe et nos plaisirs seront réduits à néant au moment de la mort.

D’après toutes les religions, la vie est imparfaite. Parce que ce monde est rempli de souffrances. C’est pour cette raison, la plupart des religions croient en un salut après la mort appelé le paradis ou le Ciel. C’est pourquoi les gens suivent différentes religions. La première vérité de la souffrance est acceptée par toutes les religions. Le Seigneur Bouddha nous a enseignés la première noble vérité de la souffrance. Cela signifie que nos vies ne sont pas parfaites.

Il y a tant de faiblesses, de troubles et à la fin nous devons faire face à la mort. Donc la continuité de cette souffrance est liée à notre ignorance. Si nous mettons fin à cette ignorance, si nous nous ouvrons à la connaissance de la vraie nature de cette souffrance, nous pouvons nous libérer de la souffrance. Il existe un sentier appelé le noble sentier octuple. Mais avec lui seules trois choses sont développées:

  • S’abstenir de tout mal
  • Bâtir un bon caractère.
  • Essayer de calmer notre esprit des tentations.
  • Essayer d’ouvrir notre esprit à la compréhension correcte et complète de votre nature.
  • Pratiquer l’investigation de nous-mêmes de manière à comprendre ce que nous sommes réellement.

Nous savons que conformément à notre expérience nous avons un corps. C’est l’aspect matériel de notre vie et en même temps il existe une dimension immatérielle à l’intérieur de nous-mêmes, l’esprit et les états du mental. Nous devons faire des investigations de manière à rendre les choses compréhensibles. Nous devons analyser notre corps, concernant la manière dont il fonctionne et comment il est soumis au changement. Concernant toutes ces choses nous devons conduire une investigation, de manière à réaliser de façon ultime ce qu’elles sont. Ensuite nous devons examiner l’aspect immatériel de notre vie et procéder au même examen.

Jusqu’à ce que nous atteignions l’accomplissement en soi de notre nature, nous devons avancer pas à pas. Cette troisième phase du sentier, nous l’appelons la méditation vipassana dans notre terminologie bouddhique. Il convient donc de bâtir un bon caractère, garder l’esprit sous contrôle et investigation de soi-même, ce sont les trois facteurs du sentier indiqué par le Bouddha.

Donc l’enseignement du Bouddha n’est pas dirigé contre la moindre religion. C’est juste comme une science médicale. C’est destiné à tous les êtres, que vous rendiez un culte au Bouddha ou non. Cela ne fait rien si quelqu’un accepte le Bouddha ou non, ce qui est réellement important c’est de bâtir un bon caractère, une bonne vie sur le plan moral, avoir un discours agréable, cultiver des pensées positives et purifier son esprit et son coeur.

C’est la voie bouddhique.

*Le Vénérable Parawahera Chandaratana est le fondateur du Centre Bouddhique International en France situé dans la ville du Bourget en Seine-Saint-Denis. Il intervient régulièrement dans le dialogue interreligieux afin, notamment, de présenter le centre, ses activités et ses croyances.

Pour citer l’étude :

Parawahera Chandaratana, « Qu’était et qui était le Bouddha ? », in : www.cultures-et-croyances.com, Rubrique Religions – Bouddhisme, octobre 2013.

3 Responses to ETUDE – L’oeuvre et l’existence du Bouddha

  1. Murat 8 décembre 2014 at 18 h 26 min

    C’est simple l’homme souffre et il y a un remède à la souffrance: ÊTRE JUSTE

    Répondre
  2. Pingback: ETUDE – Une « vision » du chamanisme - | Cultures & Croyances

  3. Pingback: Le Bouddhisme entre géopolitique et fouille archéologique | Cultures & Croyances

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