INTERVIEW – Entretien avec Qasim Rashid, auteur de l’ouvrage “The Wrong Kind of Muslim”

001260-large

Qasim Rashid

*Propos recueillis par Mahrukh Arif

A l’occasion de la parution de son livre nommé “The wrong kind of Muslim”, Monsieur Qasim Rashid a pris le temps de répondre à quelques questions posées par Cultures & Croyances.

Avant toute chose, qui est le “mauvais musulman” tel que l’annonce le titre de votre ouvrage ?

En raison de la présence des lois relatives au blasphème, le Pakistan a dû définir ce qu’il entendait par les « bons » musulmans. De ce fait, le « mauvais » musulman est représenté par toutes les personnes qui n’entrent pas dans le cadre défini par l’Etat Pakistanais. Le mauvais musulman peut être un musulman Ahmadi, un musulman Shiite, un Chrétien, un Hindouiste ou même un athée ou un agnostique.

Le « mauvais » musulman représente en réalité toute personne persécutée en raison de sa foi, pendant que le gouvernement reste impassible, ferme les yeux et approuve cette persécution. Cet ouvrage est l’histoire des oppressés. Il donne une voix à tous ces condamnés au silence depuis si longtemps simplement parce qu’on a décidé de les classer dans la catégorie des « mauvais » musulmans.


Votre ouvrage détaille la situation des Musulmans Ahmadis au Pakistan. Toutefois, il y a d’autres minorités très largement persécutées comme les Shiites, les Chrétiens et les Hindouistes ; ne pensez-vous pas qu’ils sont aussi considérés comme appartenant à une « mauvaise » religion ?

Comme l’annonce la quatrième de couverture de l’ouvrage, ce livre est destiné à unir toutes les croyances et les non croyances. C’est la raison pour laquelle, je fais plusieurs fois ouvertement référence à la persécution des Chrétiens, des Hindouistes, des Shiites et des athées et agnostiques qui résident au Pakistan.

Toutefois, en tant que musulman Ahmadi, je suis le mieux placé pour raconter ma propre histoire mais je n’oserais jamais affirmer que les musulmans Ahmadis sont les seuls persécutés. J’ai, en effet, répété à plusieurs reprises dans mon ouvrage que, pour vivre en paix et même avoir une chance d’exister, il est important que la liberté de conscience universelle puisse exister et que chaque individu en dispose, qu’il soit croyant ou non croyant.

Il ne fait aucun doute que les minorités religieuses au Pakistan sont clairement persécutées à la vue de leur foi. Votre ouvrage est-il un livre religieux se basant sur des arguments strictement religieux ou une étude purement objective ?

Je tiens à mettre au clair que “Le mauvais musulman” n’est pas un livre traitant de religion ou de théologie. Il s’agit d’un ouvrage qui défend les droits de l’Homme, lesquels devraient être garantis à chaque individu. Les lecteurs n’y trouveront aucun dogme ou arguments religieux définissant ce qu’est la « bonne » religion ou la « mauvaise » à adopter ou à avoir.

Au contraire, je soutiens fermement que, malgré les différences liées aux croyances, nous devons nous unir contre le cancer de l’oppression des consciences. C’est exactement ce que j’ai souligné le 19 juin à l’occasion de la campagne de lancement de l’ouvrage. En tant qu’écrivain  musulman, j’ai tenu un évènement dans une Eglise Presbytérienne avec un modérateur Juif et j’ai invité un Chrétien et un Athée à s’exprimer. Quatre différents point de vue universaux, unis contre l’oppression à la liberté de conscience ; ce rassemblement inter-social définit « Le mauvais musulman ».

Votre ouvrage s’intéresse à la situation des minorités religieuses au Pakistan. Comment pensez-vous que les lecteurs qui vivent en dehors du Pakistan pourront en tirer profit ?

« Le mauvais musulman » raconte une histoire à propos du Pakistan mais en propose également une à propos du monde. Selon le Pew Reseach Center, 5,25 millions personnes dans le monde vivent sous une forme d’oppression. Cet ouvrage est un combat pour les droits de toutes ces personnes et correspond à un appel aux gens dotés de fortune et vivant dans des conditions où ils peuvent penser et agir librement sans craintes constantes d’être arrêtées, d’agir. Le message de cet ouvrage est un message universel ; seule une personne approuvant sciemment une soumission arbitraire des populations pourrait formuler des objections quant à ce livre – c’est d’ailleurs contre ce genre de comportements que s’inscrit ce livre.


Quelles formes d’actions ou de réactions attendez-vous du gouvernement ou des citoyens du Pakistan à l’égards du traitements infligés aux minorités religieuses ?

J’espère que cet ouvrage sera à l’origine de l’éducation, de l’information des masses et qu’il va  permettre d’instaurer un dialogue autour des persécutions religieuses. Nous ne pouvons pas soigner un cancer tant que nous en nions l’existence. J’espère que cet ouvrage va aider les individus à comprendre que les lois sur le blasphème sont un cancer qui tue la liberté, un cancer qui, à petit feu, tue la paix. Elles sont également une entrave majeure au progrès de n’importe quelle nation. J’espère que cet ouvrage va maintenir et renforcer les discussions initiées visant à l’abrogation de ces lois sur le blasphème et ces lois anti-Ahmadi et donnera la voix à toutes ces minorités religieuses qui sont oppressées du Pakistan.

Pensez-vous que votre ouvrage va permettre de comprendre la situation des musulmans en générale et apporter un changement positif ou significatif dans la relation entre les croyants et non croyants?

Oui. Je reçois, d’ores et déjà, plusieurs messages positifs de musulmans Sunits, Shiits, Ahmadis mais également d’agnostiques ou d’athées. Je ne veux en aucun cas convaincre les individus à adhérer à une sorte de religion dans cet ouvrage, je ne suis absolument pas dans une démarche prosélyte et il ne s’agit aucunement de sa vocation.

Je pense plutôt que « Le mauvais musulman » va montrer qu’il est possible de s’unir sur des causes communes – malgré les différences résultant des acceptions religieuses – comme la liberté de conscience et d’expression.


*Qasim Rashid est un militant pour les Droits de l’Homme et plaide constamment pour un Islam modéré aux Etats-Unis. Il est titulaire d’un doctorat en droit de l’Université « The Richmond, School of Law ». Il est également le rédacteur en chef des Sections de Droit général et Business de la Revue de Richmond. Son ouvrage est actuellement le Best Seller dans la section religion sur Amazone.

Pour citer l’interview :

Qasim Rashid, « Entretien avec Qasim Rashid, auteur de l’ouvrage ‘The Wrong Kind of Muslim' », propos recueillis par Mahrukh Arif, in : www.cultures-et-croyances.com, Rubrique Interviews, juin-juillet 2013.

Cet ouvrage peut être commandé sur Amazone – Pour le commander, cliquez ici.

screen-shot-2013-06-07-at-2-10-44-pm1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sites Partenaires

Archer 58 Research - Think-Thank en économie et sciences sociales
Conseil Représentatif des Sikhs de France
Coexister - Mouvement Interreligieux des Jeunes
The Ahmadiyya Muslim Community International
Site l'Economiste - Tous les décryptages sur l'économie
Le MENA Post
UNICEF France, Association Humanitaire pour la survie des enfants dans le monde
Financial Afrik - Toute la finance africaine
Observatoire de la Laïcité - Institution rattachée au Premier Ministre
Ordre Monastique Vaisnava
Archer 58 Research - Think-Thank en économie et sciences sociales
Conseil Représentatif des Sikhs de France

Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation !