ETUDE – Religion et politique aux Etats-Unis : de Lincoln à Truman (1861-1953)

*Etude rédigée par Mahrukh Arif

« C’est notre destinée manifeste de nous déployer sur le continent confié par la Providence pour le libre développement de notre grandissante multitude. »

Apparue en 1844 dans l’article du journaliste new-yorkais, John O’Sullivan, paru dans le United States Magazine and Democratic Review à l’occasion de l’annexion du Texas, la destinée manifeste va décrire le caractère de « droit divin » de l’irréversible colonisation du continent nord-américain par les Anglo-saxons de la côte Est. Elle va reposer sur l’idéal selon lequel l’esprit divin avait donné les ressources suffisantes à cette nation pour conquérir le monde et convertir, afin de purger la société humaine de tous ses vices, et imposer le règne du Christianisme dans le monde entier. Cette idée, reposant essentiellement sur un mythe, va progressivement devenir un idéal pour la nation américaine. De 1861 à 1953, le religieux et le politique vont tant se confondre, se conjuguer, se entremêler que la question de la séparation de l’Eglise et l’Etat va sans cesse se poser. Le religieux va constamment influer le politique et mobiliser la société tantôt sous la forme de révolte, tantôt sous la forme de patriotisme.

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En somme, de 1861 à 1953, la religion va jouer un rôle déterminant et va demeurer omniprésente à tous les niveaux (politique , économique ou social). Dans tous les enjeux sociaux, il fallait que le gouvernement compose avec l’Eglise. Le fait le marquant va d’ailleurs être celui de la conclusion du New Deal dans la mesure où l’outil politique va devoir composer avec le religieux rendant la frontière entre les deux  nécessairement ténue. Finalement, la religion va essentiellement joué le rôle du relais entre le politique et la société.

Ainsi, notre interrogation va porté sur l’intervention et la position de la religion dans tous les débats et conflits politico-sociaux de 1861 à 1953.

I – La grande épreuve morale des Etats-Unis : esclavage, guerre de sécession et reconstruction.

 « Le fait que les Etats-Unis – la toute première nouvelle nation, la nation élue, la nation née avec l’esprit d’église, de grand modèle de démocratie moderne – ait basculé au milieu du XIXème siècle dans le plus grand et le plus cruel système esclavagiste avec une protection constitutionnelle complète représente sans aucun doute l’une des plus grande ironie du monde », Ahlstom, A Religious History of America.

La toute première grande épreuve morale des Etats Unis porte le nom d’esclavage. Aussi, est-il intéressant de s’interroger sur le rôle qu’ont joué les institutions religieuses – censée symboliser l’apogée des valeurs morales – lors de cette épreuve. En 1861, la Presbyterian Church soutenait « Nous n’avons pas le pouvoir, en tant que Clergé, d’enjoindre [esclavage] en tant que devoir ou de le condamner en qualité de péché ». La position de l’église demeure, à cette époque, suffisamment neutre et on voit que le clergé ne souhaite pas réellement se positionner sur la question.

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La guerre de sécession, plus correctement nommé « Civil War », n’est pas seulement restée comme un souvenir gravé dans le marbre pour la nation américaine en raison du nombre de morts qu’elle a laissé derrière elle mais également en raison de sa très importante portée morale. Elle n’était pas morale parce qu’il y avait « les gentils » d’un côté et « les méchants » de l’autre mais parce que cette guerre a été déclenchée par une impasse morale à laquelle les américains ne pouvaient plus échapper au milieu du XIXème siècle. S’il n’y avait pas eu d’esclavage, il n’y aurait pas eu de guerre ; s’il n’y avait pas eu la condamnation de l’esclavage, il n’y aurait pas eu de guerre. En 1860, le gouvernement a cependant été confronté à deux grandes difficultés : l’incapacité à fixer des compromis sur la questions nord-sud et, dans le même temps, ne souhaitant pas mettre un terme à l’Union, ils n’ont pas réussi non plus à régler les modalités de la sécession.

Dans les années 1840, alors que toutes les « grandes » nations sont au terme de leurs processus d’émancipation des noirs, les Etats-Unis restent ferme. Souvent, les raisons justifiant d’un tel comportement étaient principalement économiques ; on soutenait en effet que l’esclavage constituait un moyen d’enrichissement sûr pour la population américaine du sud. Si cette affirmation pouvait être considérée comme « légitime », la raison principale était que les noirs représentaient 3,5 millions de la population du sud en 1860.

Par ailleurs, l’esclavage constituait un moyen de domination d’une race considérée comme humainement inférieure. Une partie des Américain était ainsi condamnée ; ils ne pouvaient condamner l’esclavage mais ne concevaient pas non plus de vivre avec. L’autre partie des américains, fortement dépendant économiquement de l’esclavage, ne pouvait pas envisager de vivre sans tant leur pain quotidien dépendait de ce système.

 

A°)Les Eglises pendant la guerre civile et la reconstruction

1. Une nation déchirée et des Eglises divisées

Au Nord comme au Sud, on était persuadé que la guerre était lancée au nom de Dieu ; Dieu allait donc décider qui en serait le vainqueur.  En avril 1865, alors que l’émancipation est proclamée et l’Union sauvée, le pasteur Phillips Brooks au nord affirme :

« Nous Te remercions pour avoir rendu la victoire au bien sur le mal (…) »

Cependant, pour le Sud, même quatre années de guerre n’ont pas réussir à diminuer leur conviction religieuse selon laquelle ils menaient eux aussi un combat moral : l’affirmation de l’Eglise Presbytérienne du Sud en 1864 le prouve :

« Nous n’hésitons pas à dire qu’il en est de la mission même de l’Eglise du Sud de conserver l’institution de l’esclavage et de faire en sorte qu’elle soit une bénédiction pour les deux parties, le maître et l’esclave ».

Les Eglises ont ainsi joué un rôle important dans la division de la nation. Elles ont en effet accentué la divergence des opinions dans la société et ont particulièrement souligner le contraste nord/sud puisqu’elles tenaient des discours opposés. Le Professeur R. L. Stanton de l’Ecole de Théologie Presbytérienne va jusqu’à affirmer que la rébellion des sudistes est née dans la « Church of God » (i.e. Eglise de Dieu), que les Eglises du Sud sont entièrement responsables dans la promotion de l’idée d’une sécession.

L’idée de désunion a donc automatiquement été synonyme de division pour les Eglises. En 1862, l’Eglise Luthérienne du nord a soutenu le président Lincoln dans sont combat, qualifiant ainsi la rébellion des Etats confédérés comme injustifiée, inhumaine, oppressive et destructrice dans ses résultats concernant le plus grand intérêt de la Morale et de la religion.

La Guerre de Sécession n’a donc pas seulement été une guerre pour les droits civiques ou pour le maintien de l’Union mais elle est devenue, à partir de 1862, dans l’esprit des Eglises, une guerre pour la religion, pour l’Eglise, pour le gospel et l’existence dans son ensemble.

Pendant le déroulement des hostilités, le département de guerre avait autorisé et nommé des membres du clergé par régiment pour soutenir moralement les combattants. Ces mêmes membres ont été en 1862 appointés dans les hôpitaux. Les Etats confédérés en ont donc fait de même. Dans le journal d’un membre du clergé méthodiste du sud, il est mentionné le nombre impressionnant de conversions des soldats entre 1863 et 1864 :

« Dans peut être toute ma vie, je n’ai jamais été le témoin d’autant de pouvoirs de Dieu dans l’éveil et la conversion des pécheurs, que lors de ces réunions prolongées pendant l’hiver et le printemps 1863-1864 ».

Des deux côtés (nord comme de sud), la responsabilité du soldat n’a cessé d’augmenter, sa foi se renforcer et sa conviction en un Dieu Tout Puissant à ses côtés qui allait apporter la victoire se concrétiser. C’est par ailleurs ce qui va expliquer le ressentiment des Sudistes après la victoire du nord en 1865. A l’issue de cette guerre, ce que le Sud s’est demandé à propos de celle-ci n’est pas tant le nombre de morts mais la signification de leurs combats. Et ce combat perdu, cette « Lost Cause » va à jamais marquer les esprits des sudistes. La victoire du nord sur le sud n’a pas seulement été une victoire militaire mais idéologique.

La victoire du nord signifiait que la morale prônée par le nord est meilleure que celle du sud et donc imposable à la nation entière. La fin de la rébellion du Sud avait été proclamée par Andrew Jackson le 20 août 1866. La victoire du nord est en effet vécue comme une perte sans nom et les sudistes nourrissent un ressentiment proche de la haine à l’égard des nordistes. C’est dans cet élan de colère que Robert Lewis Dabney, un Théologien Presbytérien du Sud, s’écria : « Je ne pardonne pas ». Selon lui, les abolitionnistes avaient provoqué les sudistes afin de recourir à la force par une « malice calculée ».

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Au nord, au contraire, on considérait que les Sudistes récoltaient seulement ce qu’ils avaient semé et étaient puni pour leurs péchés. Dans son essai intitulé « Providence and War », Theodore Thornton Munger un Pasteur et Théologien du New Haven explique « la logique divine » selon laquelle le Sud a été puni pour ses péchés et que le Nord en a simplement été qu’un instrument sacrificiel.

En somme, l’Eglise creuse le clivage. En 1865, l’Union est certes sauvée mais la nation est encore plus divisée.

2.  Lincoln : symbole de l’union politique et religieuse

Ainsi, pendant que les Eglises restent en conflit sur le détenteur de la meilleure interprétation biblique, Lincoln envisage de rétablir l’Union, non seulement politiquement mais aussi symboliquement et moralement. Il envisage une Union complète, sans divisions. Son second discours d’investiture reste de ce point de vue symbolique et mythique dû à son impressionnant recours au sacré.

Abraham_Lincoln_November_1863« Les deux camps lisent la même Bible et prient le même Dieu et pourtant chacun invoque Son aide contre l’autre» : la référence ici à la Bible ouvre un nouveau territoire puisque jamais la Bible n’a été cité lors des dix-huit discours d’investitures précédents. Après avoir reconnu que les soldats de l’un et l’autre camp lisent la Bible et font des prières analogues, Lincoln se penche sur le bon usage du texte sacré. Il laisse entendre que certains utilisent la Bible et la prière comme des armes pour attirer la faveur divine sur l’un ou l’autre camp mais il n’en résulte que des lectures contradictoires du même texte. D’un côté il ya ceux qui lisent la Bible en y voyant sans conteste une justification de l’esclavage et de l’autre ceux qui y trouvent une incitation à l’abolition de l’esclavage. A l’approche de son paragraphe final, le discours prend un tour inattendu. Alors que beaucoup s’attendaient à entendre Lincoln célébrer les succès remportés par l’Union, il évoque courageusement le mal qui affecte depuis longtemps le cœur meme de la communauté nationale américaine, avec le consentement d’un trop grand nombre de ses membres. Si Dieu veut aujourd’hui la fin de l’esclavage, « cette terrible guerre » apparaît comme « le malheur mérité par ceux qui sont à l’origine de ce péché ».

Lincoln termine en demandant à la nation d’entrer dans une nouvelle ère, sans sentiment d’hostilité mais animée d’un esprit de pardon. Ses mots « with malice toward none, with charity for all » deviendront les termes les plus mémorables de son discours. Parfaitement conscient que la nation touche au terme du conflit armé le plus destructeur de son histoire le président s’apprête à demander aux americains de faire preuve d’une incroyable compassion en les appelant à dépasser les frontières du régionalisme et à se réconcilier les uns avec les autes.

L’utilisation du religieux dans le politique n’a jamais été aussi évident et l’impact sur la nation est puissant. Ce discours sera appris par cœur aux enfants des écoles et récité haut et fort à l’occasion du Memorial Day.  Le rêve d’une nouvelle nation réellement unifiée (« one nation under God with its moral purpose ») restera cependant, pour longtemps, qu’une long idéal presque impossible à atteindre.

B°)La reconstruction et les Eglises

Une fois la guerre finie, la mort de Lincoln a laissé la nation avec la tâche d’assurer la paix. Or, la nation est restée aussi divisée qu’auparavant. Pour les sudistes la reconstruction est devenu synonyme de lutte pour revenir aux anciennes valeures sudistes « Old South ».

5541519-eglise-et-etat--les-chretiens-protestants-pavillon-sous-le-drapeau-des-etats-unis« They stacked their arms but not their principles » va affirmer un éditeur de l’eglise Presbyterienne du Nord. Après l’acceptation du Compromis de 1877, le Sud va décidé de sa propre histoire et l’émergence d’un « Solid South » redevient possible. Les conséquences sont claires : les noirs sont séparés des blancs, leurs votes ne sont pas pris en compte. Des organisations racistes émergent tel que le KKK (Ku Klux Klan) qui vont tout faire pour repousser et effrayer les populations noires du Sud. En somme, la même impasse morale qui avait rendu la guerre civile inévitable va rendre la reconstruction impossible. Les Eglises du Nord vont cependant restées contre l’esclavage et vont maintenir leurs croisades abolitionistes jusqu’au bout. Elles vont aussi permettre au parti Républicain de se renforcer pour repousser l’émergence d’un Sud puissant (Solid South).

 

II – Le temps du changement : la religion face à la modernisation du pays

 

A°) Guilded Age et Religion.

Aussi étrange que cela puisse paraître, le demi siècle qui suit la guerre de sécession, correspond à un renouveau économique et sociale sans pour autant politique. La société est toujours aussi divisée entre un nord qui se place comme garant de la liberté et un sud qui bafoue sans cesse les droits civils et instaurant la théorie du « separate but equal« , c’est-à-dire la ségrégation.

1. Immigration et industrialisation

Entre les années 1860 et 1900, environ 14 millions d’immigrants viennent s’établir aux Etats-Unis, lesquels représentent pour les migrants un nouvel espoir économique. Au cours des années suivantes, le nombre de migrants ne va cesser d’augmenter. Cette vague d’immigrants, dont la forte majorité est de confession catholique, va constituer une menace pour les Eglises protestantes fortement liées à l’Etat Républicain. De plus, les habitants des villes s’éloignaient de plus en plus de la religion, les Eglises étant majoritairement implantées dans les campagnes ce qui va les pousser à se déplacer dans les villes.

De plus, c’est dans ces mêmes années que les Etats-Unis ont connu une forte industrialisation. De plus en plus d’américains quittent leurs provinces et se rendent en ville dans l’espoir d’une vie meilleure pour s’enrichir. La première et grande conséquence morale de ce phénomène eût été la pauvreté : les migrants et la population américaine vivaient dans des quartiers bondés où la pauvreté régnait et les conditions de vies étaient déplorables. Le pays accuse un changement draconien ; la diversité augmente, les confessions se multiplient ce qui constitue, pour les Eglises, un véritable défi qui était vu comme les oppresseurs au désir de s’enrichir.

2. Le « Gospel of Wealth« 

Face à ce problème, l’émergence de l’idée du Gospel of Wealth a permis à la société américaine de s’enrichir sans relâche. Les Eglises affirmaient que toute personne riche l’était selon la volonté divine. Cette idéologie va profondément marquée la nation américaine qui va d’autant plus conforter l’idée même d’être une nation choisie par Dieu. En juin 1889, Andrew Carnegie, un des business man les plus influents publie un article dans le North American Review titré « Wealth » et enjoint à tous les hommes riches le devoir de donner une part de leur fortune aux pauvres. Si Dieu les a choisis et leur a fait grâce en leur donnant de la fortune il était essentiel que cette richesse soit partagée au sein de la population. Cette même expression va être employée par de nombreuses entreprises américaines qui qualifient leurs fortunes de don de Dieu. Cela marque sans conteste, l’émergence d’une société capitaliste qui va faire davantage augmenter le fossé entre la classe aisée et la classe moyenne et ouvrière soumise à des conditions de travail de plus en plus pire, accentuant ainsi les inégalités sociales économiques justifiées par une théologie libre.

B°) Le Darwinisme social : vers une théologie libre

1. Les intellectuels face au fait religieux

Le XIXème siècle marque un tournant religieux non seulement dans l’aspect socio-économique mais aussi dans les domaines intellectuels. La théorie de Darwin sur l’évolutionnisme est apparue comme une aberration aux yeux de l’Eglise chrétienne en ce qu’elle remet en cause le principe même du créationnisme (Dieu seul a créé le monde, l’homme et tout se qui se trouve sur la terre). Bien plus que cela, la théorie de Darwin justifiait de manière scientifique l’inégalité sociale entre les hommes.

Pour plusieurs scientifiques (Spencer, Survival of the Fittest), cette théorie marquait l’évolution du pays et, tous ceux qui s’y opposaient, étaient contre le progrès du pays. En conséquence, les partisans de la théorie de Darwin soutenaient que l’Etat devait être minime et qu’il devait intervenir le moins possible à aider les pauvres. En somme, cela est un moyen de promouvoir un laissez-passer économique. Le Puritain, William Graham Sumner, va être le premier à contredire la théorie de Spencer en disant que chacun devait travailler pour réussir. Il va donner la voix à la classe moyenne américaine en soutenant que des taxes devraient être imposées aux classes aisées pour aider les populations pauvres. Cette théorie rejoint évidemment celle de Carnegie (du Gospel of Wealth) or celui-ci attribuait une responsabilité morale aux riches « the man who dies rich dies disgraced » là où Sumner va réussir à lier fortune et moral.

De façon générale, l’Eglise est restée strictement contre la théorie d’évolutionnisme pour la simple et bonne raison qu’elle remettait en cause un principe religieux fondamentale de la Genèse.

2. Religion et éducation

Si aujourd’hui l’idée d’évolutionnisme et accepter et mis à la même échelle que celle du créationnisme, le débat sur l’enseignement de cette théorie à l’école n’est toujours pas fini. Encore aujourd’hui, en 2013 il n’ y a que dans certains Etats que l’enseignement de cette théorie est tolérée. Le créationnisme, au contraire, ne consitutue pas une théorie au sens propre. A l’école, elle est certes un enseignement péremptoire mais s’affiche comme une vérité religieuse indéniable, iréfutable qui ne peut en aucun cas être remise en cause. Le créationnisme ne peut donc pas être enseigné à l’école en cours de biologie comme une théorie pouvant se substituer à l’évolutionnisme, qu’il est encore possible de réfuter. Néanmoins, dans les années 80, une telle acceptation serait impossible et seule l’enseignement du créationnisme était toléré. Les élèves devaient assistait aussi à une prière à chaque début de journée. Ce n’est qu’en 1962, avec l’arrêt Engel vs Vitale, que la prière va être interdite à l’école.

Le religieux n’a pas seulement été présent dans toutes les étapes de construction de la nation, il a structuré la nation, il lui a donné ses lignes directrices. En ce sens, la religion et la politique sont quasi intrinsèquement liées. Le religieux est à l’origine de la culture américaine, de son choix de progrès économique, garant de sa conscience morale – il est présent partout. C’est aussi ce qui va permettre aux Etats-Unis de devenir une grande puissance industrielle et surpasser l’Europe.

III – 1914-1953– De la « Destinée manifeste » au « Devoir manifeste »

Au début de ce XXème siècle, le consensus généralement approuvé, qualifiant les Etats-Unis d’une « terre promise » vouée à une destinée manifestement divine, a connu un déclin : de plus en plus, les termes d’esclavage, de racisme, de pauvreté, de rejet culturel, d’urbanisation ratée vont lui être associés. Cette période, marquée par les vagues d’immigrations créant un phénomène culturel de plus en plus important, va mettre, de nouveau, la nation américaine à l’épreuve. Une série d’événements tant sur le plan politique que social vont émergés et installé un climat de tension constante dans le rapport du politique à la morale.

A°) La Grande Guerre, la Crise et le rôle du religieux

1. De la guerre d’Espagne à la Première Guerre Mondiale : « The Little War » et « The Great War »

‘The Little War », ainsi que la nomme les américains, renvoie à la guerre contre l’Espagne qui va largement constituer un moyen d’évangéliser la population espagnole. Le mythe de la « manifest destiny » toujours présent dans la mentalité américaine va pousser les Eglises, par un consensus général, à changer la nature de la guerre en une croisade et rationaliser l’impérialisme naissant comme une mission obligatoire. C’est d’ailleurs, sans relâche, ce que le président Mc Kinley va répéter dans une réunion en face de Méthodistes :

« Je ne suis pas éhonté de vous dire, Chers Messieurs, que je suis tombé sur mes genoux, bien plus d’une nuit, afin de prier le Tout-Puissant Dieu pour qu’il m’éclaire et me guide. (…) Il ne nous restait aucune autre solution que de les prendre tous, d’éduquer les Philippins et les accroître, les civiliser et les christianiser et, par la grâce de Dieu, nous l’avons fait dans la limite de nos capacités, comme nos semblables pour lesquels le Christ décéda ».

Très vite, les Eglises vont passer de « la Petite Guerre » à la « Grande Guerre » qui va constituer une plus grande croisade. Les années 1880 et 1890 marquent (comme vue précédemment) le libéralisme, le Social Gospel, et une volonté de progrès.

Au début des conflits, le président Wilson a strictement appelé à la neutralité en excipant cette phrase culte : « we have nothing to do with this war » « ses causes ne peuvent nous atteindre ». La population ne désire pas non plus la guerre : les conditions de vie après la guerre d’Espagne étant plus que précaires, une autre guerre d’une ampleur plus globale n’était nullement envisageable. C’est d’ailleurs cette position de stricte neutralité qui lui fait gagner les élections de 1816. Ce n’est que le 2 avril 1917 que le Président va soumettre l’existence à une intervention au Congrès. Il n’a pas seulement proclamé son intention d’intervenir mais aussi qualifié cette guerre de « holy war » « guerre sainte » à but moral.

«   C’est une chose bien effrayante que d’induire ce peuple épris de paix dans une guerre, dans la plus terrible et la plus désastreuses des guerres… Mais le droit est plus précieux que la paix et nous allons nous battre… pour une domination universelle du droit par le concert de peuples libres et ces mêmes peuples amèneront paix et sécurité à toutes les nations et feront en sorte que le monde soit, lui-même, plus libre ».

Ce discours montre à quel point le religieux a enrichi le discours politique, a quel point le politique a instrumentalisé le religieux pour transmettre un message de guerre morale qui assurerait le triomphe du bien sur le mal. On ressent d’ailleurs, encore une fois, cette idée de peuple choisie par Dieu pour assurer la stabilité morale du monde dans sa globalité. C’est d’ailleurs ce que va dire William Leuchtenburg dans son livre The Perils of Prosperity :

« L’entrée des Américains dans les méandres de la guerre ne peut pas se concevoir sans le sens du devoir de mission Américain. Les Etats Unis croit en un idéalisme moral lié censé être incarné par l’Etat Américain ; cet idéalisme est censé s’exporter partout de sorte que l’idée commune était d’affirmer que la démocratie chrétienne Américaine peut et doit être appliquée universellement. »

L’idée de la « destinée manifeste » ne reste plus strictement théologique : il ne s’agit plus seulement d’exporter le modèle religieux américain dans le monde mais aussi le modèle politique. La démocratie se voit être le seul régime moral et bon qui puisse exister. Combattre l’Allemagne va donc prendre toute une autre signification dans la mentalité américaine : il va s’agir de combattre le barbare allemand, d’éduquer l’allemand sauvage. Dans ce débat, tous les dirigeants religieux – Juifs, Catholiques, Protestants et autres clergés – vont soulever de façon collective leur consentement à la guerre.

Ainsi, le Federal Council of Churches a pu affirmer :

« La guerre pour la vertu sera remportée ! Laissons l’Eglise en être une partie prenante ».

Une telle affirmation pose nettement la question de la séparation de l’Eglise et l’Etat sans pour autant douter une seconde que ces institutions entretiennent des liens intimement liés, pour ne pas dire qu’elles se confondent dans un intérêt commun.

Dans le même ordre d’idée, Shailer Matthews, exégète du Social Gospel :

Seuls les endroits où l’esprit de la démocratie fonctionne, il y a une pensée religieuse créative. C’est seulement ici qu’il y a l’union derrière le patriotisme et la religion de demain ».

Le Religieux va désormais prendre une autre nature : il va être le reflet d’une tradition patriotique. Religion et patriotisme vont tellement se mêler que faire la distinction va devenir quasiment impossible : pour Matthews « For an American to refuse to share in the present war … is not Christian ». Ainsi, la société américaine, au départ pacifiste, va progressivement cautionner la guerre dans le but moral de la prédominance du bien sur le mal, dans la nécessité d’instaurer la démocratie dans le monde pour la prédominance de la liberté, de la civilisation sur le barbarisme allemand et enfin pour montrer son patriotisme envers la nation américaine. Le religieux est ce qui va forger l’opinion publique et soutenir le politique : il va devenir la force centrifuge qui va lier politique et société. C’est d’ailleurs ce qui va permettre à W.W Sweet de dire :

« A tout le moins, pendant la période de la Première Guerre Mondiale, la séparation de l’Eglise et de l’Etat avait été suspendue.« 

L’armistice et les conditions imposées à l’ennemi vont permettre aux Etats-Unis de reprendre confiance quant à leur poids sur la scène mondiale. Les Etats Unis vont connaitre quelques années de prospérité économique. Seulement tout bascule après le crack et l’entrée des Etats-Unis dans la période de « Grande Dépression » où l’idéal américain « sa destinée manifeste » – auquel le religieux a largement contribué – va être complètement remis en question.

2. « The Great Depression » : l’idéal religieux américain remis en question

Si pour les conservateurs, la Grande Dépression représente les années du Jazz, de l’abondance et de la débauche de la société américaine, pour les libéraux et radicaux, c’était la manifestation d’une chute de la classe bourgeoise et le début d’un changement social radical.

Mais, plus généralement, la Grande Dépression était une défaite du système capitaliste, de l’individualisme, du libre capital ou de toutes les valeurs sur lesquelles la prospérité des Etats-Unis avait fait sa fortune. Ainsi, le krach boursier est apparu comme un choc pour les américains qui pensaient qu’il s’agissait simplement d’une fausse alerte.

Le revenu national passait de 83 billion de dollars en 1929 à 40 billion de dollars en 1932. Evidemment, les Eglises étaient directement concernées dans la mesure où la pauvreté frappait la population de façon radicale. Non seulement la pauvreté mais les conflits sociaux tels que le racisme, les conflits ethniques et un clash des classes supérieures aux classes moyennes.

Les points de vues politiques et religieux gravaient d’un extrême à l’autre et l’idée de « la religion du business » sombrait. Or, paradoxalement, la dépression unissait aussi les hommes dans leurs misères mutuelles. Un mouvement de solidarité se développe très rapidement contre les individualistes essentiellement composées de travailleurs, fermiers et petits commerçants. Ces liaisons sociales eurent un retentissement religieux. Plusieurs Eglises du nord et du sud – notamment la Southern and Northern Methodist Church – ont fusionné pour former une Eglise réunie en 1939. Comme dans chaque crise sociale, le Social Gospel a réapparu.

La majorité des méthodistes ont ouvertement condamné le capitalisme comme seul cause de la Grande Dépression : en 1934, le National Council of Methodist Youth durant sa première convention nationale promeut le socialisme et rejette le capitalisme comme étant non chrétien :

«  J’abandonne ma vie au Christ. Je renonce au système capitaliste… ».

Les Eglises ont d’ailleurs fait pressions sur le gouvernement de Hoover pour qu’il mène des actions sociales alors qu’il incombait au gouvernement d’agir sur des problèmes sociaux aussi importants. C’est d’ailleurs en réponse à ces pressions que Roosevelt, durant son premier mandat, propose le New Deal (Nouvelle Affaire) qui est une politique interventionniste ayant pour objectif de soutenir, par une série de réformes, les couches sociales les plus défavorisées.

Concernant cette proposition, Benson Y. Landis, se définissant comme un Leading Congregational Social Actionist, publie un livre intitulé « The Third American Revolution » dans lequel il s’interroge sur la nature du Deal et ses effets mais dit être fier du « gouvernement fédéral qui appliquent plusieurs politiques pour lesquelles les Eglises ont lutté depuis deux siècles ».

Dans le Sud, les méthodistes avaient gardé leur tradition ecclésiastique à garder le silence sur les phénomènes sociaux. Seulement, une question qui a définitivement prouvé à quel point la religion et la politique étaient liées et sur lesquelles toutes les Eglises se sont unies est la loi sur la Prohibition de l’alcool (1920-1933) par le 18ème amendement de la Constitution. Les statistiques des élections de 1928, 32 et 36 montrent que c’était la seule idée/raison pour laquelle les Protestants choisissait de voter pour un candidat plus que pour des raisons économiques. Cette loi a encore une fois montré le triomphe de la religion et l’idée puritaine de maintenir un cadre moral à la nation qui disparaissait de plus en plus avec l’arrivée du Jazz, d’Hollywood et l’essor du féminisme.

Cette crise économique nationale a non seulement briser le mythe de la destinée manifeste dans la mentalité de la population qui s’appauvrissait de plus en plus et qui renversait tous les idéaux que ce « Promised Land » avait fait naitre.

Les élections de 1936 vont marquer pour les Etats-Unis un retour sur leur politique étrangère. Fervents défenseurs de la démocratie et la liberté, l’Europe « envahit » par des dictatures appelait à l’aide. Franklin Roosevelt a confié en privée que la situation devenait de plus en plus grave mais la disposition des Etats-Unis le condamnait à minimiser ses inquiétudes. Cependant, des voix commençaient à se soulever soutenant que la civilisation occidentale est en pleine crise et appelait les Etats-Unis à se rallier à la cause démocratique. Néanmoins, même pendant le troisième mandat de 1940, Roosevelt restait ferme dans sa position « keep our boys home ». Pour le Professeur Miller, la confusion entre guerre et paix émanait d’un débat essentiellement des églises protestantes :

« Pour parler crûment, la confusion entre la guerre et la paix semble être plus fermement ancrée dans les Eglises Protestantes que dans la société américaine prise dans son ensemble – il s’agit d’une très bonne comparaison ».

B°) La Seconde Guerre Mondiale : les américains grands sauveurs moraux

Après le 7 décembre 1941, ce qui relevait de la confusion devient clair, ce qui était encore de l’ordre du débat se transforme en conviction. L’attaque de la flotte américaine, Pearl Harbor, qui va compter environ 2000 morts, est une raison largement suffisante pour qu’une population, toute pacifiste qu’elle soit, s’engage de manière active à cautionner la guerre.

1. Une Eglise en faveur de la guerre au nom de la morale

Les Eglises – protestante, catholique – sans distinction n’ont montré aucune réticence et ont soutenu cette décision politique avec fermeté en envoyant des membres de l’Eglise au front en rassemblant des fonds pour la guerre, en envoyant des volontaires dans les agences de guerre, en distribuant massivement des Bibles et à consoler ceux qui restaient à l’arrière. L’attaque du Pearl Harbor a été une attaque surprise à laquelle les Etats-Unis n’étaient pas du tout préparés et a été immédiatement subie comme une grande honte par les Etats-Unis. Seulement vingt-sept heures après l’attaque, l’Amérique déclare la guerre au Japon. La Guerre va littéralement transformer les Etats-Unis et la situation sociale de la main d’œuvre au travail : tous les secteurs se mettent au travail et fait l’expérience de la puissance de l’industrie américaine, immense machine qui va, pendant les années de la guerre, produire en masse.

L’arrivée d’Hitler au pouvoir et d’autres idéologies extrémistes vont pousser les Américains à renforcer leur tradition religieuse. Ainsi, les Etats-Unis, au départ seulement en guerre contre le Japon, va combattre l’Allemagne non pas par solidarité envers l’Europe mais pour une cause morale. La décadence de l’Europe, du système démocratique et le nazisme vont pousser les Etats-Unis a faire revivre le mythe de la Destinée Manifeste, du devoir morale envers le monde que le peuple Américain se doit d’assurer qui va servir à nourrir ; comme pour la première guerre mondiale, le patriotisme américain. Les américains vont d’ailleurs assurer ce devoir, avec l’URSS, par la dénazification découverte des camps de concentrations et d’exterminations. Ce n’est qu’après la libération des camps nazis que l’étendue des horreurs nazies apparut pleinement laissant un choque psychologique dans le monde entier.

2. La plus grande impasse morale : la bombe nucléaire

Plus que jamais, les Américains voulaient en finir avec la guerre, or il restait encore le Japon.  L’ampleur de la guerre augmentait et de plus en plus de civils des grandes villes étaient touchés.  Les Américains désiraient produire une arme qui obligerait les Japonais à capituler rapidement. En effet, ce moment marque dans l’histoire américaine un tournant moral. Les Etats-Unis, qui venaient tout juste de gagner le statut de sauveur mondial, de garant de la moral du monde vont utiliser une arme qui en une demi seconde va détruire toute une ville : la bombe nucléaire. Deux jours après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, le Japon capitule immédiatement. Pourtant, si l’utilisation de cette arme de destruction massive va devenir synonyme de paix et mettre fin aux longues années de guerres, elle remet en cause tout ce rôle morale symbolique que les Etats-Unis prétendent incarner. Dans tous les cas, à partir de 45, les Etats-Unis devienne non seulement une superpuissance mondiale industrielle, économique mais se confère un statut international de grand sauveur moral de la guerre contre le fascisme, le nazisme et symbole politique parfait de démocratie. Or, elle n’est pas la seule elle partage ce statut de superpuissance avec l’URSS qui a pourtant un modèle politique, social et religieux aux antipodes du sien.

C°) Guerre Froide : Les Etats Unis , seule grande puissance mondiale

1. Etats-Unis vs. URSS : le conflit inévitable

Et si l’idée de Manifest Destiny, de nation divinement choisie n’était qu’un mythe? C’est la question qui se pose naturellement après le constat que l’URSS – différente dans tous ses aspects  aux Etats-Unis – émerge comme super puissance égale aux Etats-Unis. Le « glacis » protecteur demandé par Staline en 1945 accélère grandement la formation des « deux Grands ». Durant le conflit entre le bloc occidental et le bloc communiste, le monde n’a jamais été aussi près d’une Troisième Guerre mondiale, cependant, la peur d’une Troisième Guerre mondiale après deux grandes guerres moralement insupportables, alimente le désir de supprimer les tensions, ce qui amène une détente. Ces deux modèles étaient antagonistes sur tous les plans : politique et idéologique : L’« Ouest » défend le capitalisme et la démocratie occidentale, tandis que l’Est défend le socialisme et la démocratie dite « populaire » ; Affrontement économique : L’« Ouest » se base sur la propriété privée et défend le plan Marshall, tandis que l’Est crée le COMECON et prône le régime socialiste (capitalisme d’État).Un affrontement économique basé sur la possession de l’énergie comme le pétrole ou les matières pour produire l’arme nucléaire se met en place dans cette guerre froide.

2. Un affrontement religieux

C’est un grand affrontement religieux. La démocratie était pour les églises le seul modèle dans lequel l’Eglise pouvait prospérer. Dans les années 50, être membre de l’Eglise signifiait être partisan du mode de vie américain. D’autant plus que l’URSS et ses alliés communistes étaient majoritairement athées, la peur du rouge s’était naturellement installée. Les moyens de communications ayant évolué, une grande propagande s’est mise en place des deux côtés. Du côté des Etats-Unis, le rouge était vu comme un tyran athé, sans aucune morale et incarnant tout ce que rejette les Etats-Unis. A l’issue de la guerre froide, avec l’éclatement de l’URSS, les Etats-Unis vont devenir la seule superpuissance mondiale. Or, avant d’acquérir cette « reconnaissance », les Etats-Unis vont connaître, pendant les années 1950 un renouveau. Ses innovations techniques et l’évolution de la mentalité de la société deviennent de plus en plus libres et cela va sans cesse se heurter aux valeurs religieuses puritaines. C’est ainsi que dans les années 1950, on assiste à un dépassement du puritanisme par la pluralité des cultures et des religions qui émergent avec l’immigration. Néanmoins, le pays reste profondément ancré et attaché aux valeurs puritaines qui sont parties intégrantes de l’histoire et la tradition de cette nation.

La religion aux Etats-Unis a été durant toute la période étudiée omniprésente. Que ce soit dans les décisions politiques ou dans les débats sociaux. Le religieux constitue une grande partie de la vie américaine parce qu’elle s’inscrit dans une tradition chère aux américains. Le puritanisme et le protestantisme ont fondé la mentalité du pays en instrumentalisant le religieux. L’idée de destinée manifeste, de nation choisie par Dieu sera sans cesse utilisée pour nourrir le patriotisme du pays. Encore aujourd’hui, le rôle des Etats-Unis comme garant de la morale du monde est une réalité. C’est la raison pour laquelle on parle de « civil religion » ; bien que le nombre de croyants diminue, bien que l’Etat américain se dit séparé de l’Eglise, l’Eglise est là, le religieux est là : par fois sous la forme de morale, parfois sous la forme de patriotisme se mêlant subtilement au politique et rendant l’ambigüité encore plus évidente. De Lincoln à Truman, la destinée manifeste des Etats-Unis, cet idéal auquel ils n’ont jamais cessé de croire à été mis à l’épreuve, interrogé mais éventuellement acquis.

*Après avoir obtenu son baccalauréat Littéraire, Mahrukh Arif s’est destinée aux classes préparatoires « Grandes Ecoles ». Actuellement en troisième année de classes préparatoires littéraires avec comme spécialité l’anglais. Mahrukh prépare les concours pour entrer à l’Ecole Normale Supérieure. Mahrukh est la Responsable Communication et la Secrétaire Générale du site Cultures & Croyances.

N.B. Cultures & Croyances : Images, Google Images

Pour citer l’étude :

Mahrukh Arif, « Religion et politique aux Etats-Unis : de Lincoln à Truman (1861-1953)« , in : www.cultures-et-croyances.com, Rubrique Education – Histoire, Décembre 2012

4 Responses to ETUDE – Religion et politique aux Etats-Unis : de Lincoln à Truman (1861-1953)

  1. ELPATATORDELMUERTA 19 novembre 2015 at 10 h 59 min

    JE SUIII BO COM UNE PATATE

    Répondre
  2. pataterotie 19 novembre 2015 at 10 h 57 min

    ui j4im les pates roti et alor ?????????????????????????????????

    Répondre
  3. legamerdu246 19 novembre 2015 at 10 h 55 min

    ta cru tété une patate toa ausi

    Répondre
  4. Nemrod 24 février 2014 at 15 h 18 min

    Une étude très intéressante. Etant moi-même bi-carré, je constate que vos recherches ainsi que votre réflexion ont été particulièrement denses. Un beau travail, merci de le proposer en ligne. Je dois cela dit me faire l’avocat du diable (en vue du concours, toute critique est à mon sens bonne à prendre) et vous signaler plusieurs fautes d’orthographes brûlantes qui vous font perdre en crédibilité
    . Vous avez par ailleurs, il me semble, traduit certaines citations de l’anglais : le résultat semble parfois assez loin de l’original. Petit conseil, étayez plus votre bibliographie, et n’hésitez pas à laisser la langue originale ; si vous présentez Ulm, ca fait bon genre.
    Très cordialement.

    (EDIT : Je pensais pouvoir me relire et éditer, il semble que non. Je repost donc après correction, laissant à la modération le choix du bon commentaire 😉 )

    Répondre

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