Turquie : Tout a commencé un 31 mai

 

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Source de l’image : The Huffington Post

Au commencement, la protestation ne visait qu’un sombre projet immobilier (la destruction du parc Gezy) qui, s’il avait toute son importance au début des manifestations, a complètement été noyé par le flot des contestations.

La manifestation qui, au début, n’était que très minime, a amplifié à la fois du fait de la contestation populaire croissante contre Erdogan mais également en raison de l’attitude très stricte de celui-ci et de sa volonté de s’imposer par la puissance, comme le montrent les discours prononcés durant cette semaine et l’attitude des forces de police à l’encontre des manifestants.

Les dizaines de milliers de manifestants demandent aujourd’hui la démission du premier ministre de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003. Les protestations se sont concentrées sur la place Taksim, lieu emblématique et espace public ‘sacré’ de la ville d’Istanbul, symbole de la République turque et qui, depuis fort longtemps, est l’épicentre de la protestation contre le gouvernement d’Erdogan.

Pourquoi demander la démission d’Erdogan, démocratiquement élu ?

Erdogan, autrefois brutalisé par le tout puissant Etat turc tenu d’une main de fer par l’armée, s’est peu à peu transformé en autocrate recourant de plus en plus à la force, concentrant les pouvoirs et muselant la presse ; il y aurai ainsi en Turquie autant de journalistes emprisonnés qu’en Chine, pays particulièrement actif dans la répression de la liberté de la presse. Ainsi, depuis qu’Erdogan est au pouvoir, la liberté de la presse en Turquie n’a eu de cesse de régresser.

Le modèle turc, islamo modéré qui représentait une habile cohabitation entre tradition et modernité, notamment via la laïcité qui était prônée en exemple par les occidentaux aux pays de la ‘révolution arabes’, est désormais ébranlé. Les manifestations actuelles sont le résultat de plusieurs mois de réformes et de mesures très impopulaires émanant du gouvernement Erdogan, comme l’autorisation de porter le voile pour les femmes à l’université, la restriction de vente d’alcool ou encore son refus de reconnaître officiellement l’existence culturelle et religieuse de la minorité Alévie.

La minorité alévie, de confession musulmane chiite et ultra libérale, elle également particulièrement discriminée puisqu’elle n’est pas reconnue en Turquie. Cette situation a empiré depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP et son islamisme modéré.

Lydia El Halw

Pour retrouver l’article de Lydia El Halw sur la Turquie, cliquez ici.

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